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18/12/2012

MARCOURT ET L'ENSEIGNEMENT.

jean-claude marcourt, formation des enseignants, prolongation des études, échec scolaire, logopédie

Jean-Claude Marcourt est né à Awans, le 16 octobre 1958. Licencié en droit, il a exercé le métier d'avocat pendant trois ans. La ronde qu'il a effectuée dans les ministères est impressionnante. Willy Claes, Guy Mathot, Bernard Anselme, Jean-Claude Van Cauwenberg, Elio Di Rupo, Laurette Onkelinx.

Il est actuellement à la Fédération Wallonie-Bruxelles avec des compétences, je dirais, multiples. Vice-Président, Ministre de l'Economie, des PME, du Commerce extérieur, des Technologies modernes et... de l'enseignement supérieur. Je ne vois pas très bien le lien entre ces différents portefeuilles. Mais, c'est comme cela.

J'avais déjà dans de précédents billets ( 4/8/2011 – 3/9/2012) critiqué son projet de prolongation des études des enseignants. Il remet le couvert avec une idée nouvelle qui m'a fait rire. Comme toute personne de bon sens souligne que la réforme coûtera cher, il répond qu'elle sera compensée par la suppression des échecs scolaires. Rien que cela.

Ainsi, une fois de plus, ce sont les enseignants qui sont les responsables de l'échec scolaire, beaucoup trop important, dans notre enseignement. Ce ne sont pas les programmes, les différentes réformes, les consignes données par les inspecteurs, les difficultés rencontrées par les élèves qui, parfois, ont directement accès au secondaire en venant d'un pays où ils ne parlaient pas la même langue, le manque d'attrait pour des études qui ne garantissent plus l'accès à l'emploi comme dans les "bonnes" années, non, ce sont les enseignants qui sont tellement mal formés qu'ils ne savent plus enseigner. Merci, Monsieur le ministre.

Une question me taraude : ces enseignants dont le ministre a une si piètre opinion deviendront-ils des super enseignants parce qu'ils seront restés deux années de plus dans... l'enseignement ?

Une autre question très simple : le problème de l'échec scolaire ne se situe-t-il pas d'abord dans l'enseignement primaire et secondaire avant de l'être dans l'enseignement supérieur ? Malgré ses multiples compétences, ce n'est pas lui qui est en charge de cet enseignement mais Marie-Dominique Simonet. Un détail ! Je serai de bon compte, il propose la réforme mais elle sera discutée collégialement et devra être votée par des élus.

Je ne vais pas redire tout ce que j'ai déjà dit mais tout de même. Cinq ans d'études au lieu de trois, c'est une charge financière pour les contribuables et pour les parents. Tout le monde n'a pas envie d'aller à l'université, certes, mais rendre la formation d'enseignant aussi longue et aussi coûteuse que les études universitaires fera certainement réfléchir les jeunes et leurs parents. Le prestige d'un diplôme universitaire existe bel et bien. Tous les enseignants seront  payés au barème 501 comme les licenciés actuellement mais seront-ils considérés par la société comme ceux qui sortent de l'UCL ou de l'ULB ? J'en doute. Le métier d'enseignant sera-t-il revalorisé pour autant ? J'en doute aussi. Ce sera plutôt une injustice de plus.

Un autre argument du ministre Jean-Claude Marcourt m'a vraiment choquée : les vétérinaires font bien cinq ans d'études, les jeunes ne sont-ils pas aussi précieux que les animaux ? Vous ne rêvez pas, il l'a dit !

Le ministre ne présente plus sa réforme comme un remède contre la pénurie de professeurs mais je crois qu'elle va l'aggraver sérieusement. J'irai même plus loin, les stages répétés toute la dernière année (si j'ai bien compris) risquent de dégoûter les jeunes car les conditions d'un stage sont souvent pénibles, bien plus que d'enseigner dans "sa classe".

Enseigner actuellement est beaucoup plus difficile qu'il y a vingt ans parce que la société a changé. Mais, ne peut-on réfléchir à la formation des enseignants non par la durée des études mais par le contenu ? Ne peut-on pas combattre l'échec scolaire en étudiant sérieusement les causes et les moyens d'y remédier ?

J'ai toujours pensé et dit que la liberté de pédagogie était très importante. L'enseignant doit pouvoir tenir compte de son public. C'est indispensable bien plus que le programme. Chaque enseignant pourrait pouvoir l'examiner comme il l'entend, établir des priorités, des hiérarchies. Or, la seconde réforme prévue par le ministre gomme cette liberté pédagogique. C'est un des arguments avancés par ceux qui la combattent. Elle vaut aussi pour l'enseignement primaire et secondaire.

Une autre réforme cette fois de Laurette Onkelinx suscite la polémique. Elle concerne aussi l'amélioration de l'enseignement puisqu'il s'agit de limiter la séance de logopédie. Trente minutes au lieu d'une heure. Pourtant ces professionnels essaient de remédier aux lacunes de certains élèves et font du bon travail.

Décidément, après avoir clamé que l'enseignement était une priorité, voilà deux ministres socialistes qui prouvent le contraire.

Je reconnais que je suis en colère comme chaque fois que je suis en désaccord avec les réformes envisagées pour l'enseignement. Je l'ai été pour le fameux décret d'inscription qui a fait de nombreux dégâts, a suscité beaucoup d'opposition mais que nos ministres refusent de supprimer pour de mauvaises raisons. Quel mal une certaine idéologie ne commet-elle pas !

Je n'en dirai pas plus aujourd'hui. Différents débats doivent être menés, dit-on. Idéologiques ? Réalistes ? A suivre !

04/08/2011

REFLEXIONS SUR L'ENSEIGNEMENT.

décret d'inscription, pénurie de profs, prolongation des études, cours de langues, ordinateur

Est-ce opportun de parler de l'enseignement pendant les vacances ? Pourquoi pas ? Un petit tour d'horizon des problèmes ne peut pas faire de tort...

 

DECRET D'INSCRIPTION.

 

Le Moustique consacre un article aux élèves sans école. 330 élèves ignorent encore dans quelle école ils seront en septembre. 330 dont 312 à Bruxelles. C'est énorme. Je relève la phrase d'une petite fille reprise dans l'article : "Je me sens un peu triste mais je me dis que je vais quand même bien avoir une école." Ophélie espérait rejoindre ses copines. Ce ne sera pas le cas.

 

J'ai déjà dit tout le mal que je pensais de ce décret d'inscription instauré en 2007, revu chaque année, amélioré mais certainement pas parfait. Le pire est qu'il a été pensé pour créer plus de mixité sociale et cet objectif, de l'avis de tous, n'a pas été atteint. Or, malgré les critiques, la Communauté française s'acharne à le défendre, tant pis pour les dégâts collatéraux. (voir billet du 13/11/2009)

 

PENURIE DE PROFESSEURS.

 

Le problème n'est pas neuf, manque d'instituteurs, de profs de langues, de maths, de sciences. Même si j'ai quitté l'enseignement depuis très longtemps, je me souviens de jeunes collègues débarquant avec anxiété ou enthousiasme mais cherchant un autre travail après quelques mois. Ceux qui restent le font parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Plus facile pour un prof de langues ou de math de trouver un autre job que pour un prof de français. Appréciable aussi comme mère de famille d'avoir les vacances scolaires pour s'occuper de ses enfants. Bien sûr, heureusement, il y a des profs heureux.

 

 La violence régnant dans certaines écoles rend le travail pénible. J'en ai vu des profs sortir du cours les larmes aux yeux. Et cela n'a fait que s'amplifier. Attaques verbales, même physiques, classes jonchées de pelures d'oranges, bagarres entre élèves, comment pourrait-on enseigner dans de telles conditions ? La réponse donnée à cette violence est facile : "C'est un problème de société. La violence est partout." Vrai mais les enseignants paient un lourd tribut.

 

PROLONGATION DES ETUDES

 

Le ministre Marcourt (PS) en charge de l'Enseignement supérieur avait annoncé qu'il réfléchissait à rallonger les études des instituteurs de 3 à 5 ans. Comment peut-on avoir aussi peu de bon sens ! A la pénurie, on instaure un système qui retardera de deux ans l'entrée dans les écoles ! Le Ministre croit-il sérieusement que les études étant aussi longues que celles des universitaires, les jeunes vont se précipiter ? Et le coût ? Pour les parents d'abord. Les droits d'inscription sont très élevés, cinq ans d'études au lieu de trois. ! Idem pour la Communauté française qui éprouve déjà de sérieuses difficultés financières. Je souhaite au Ministre de profiter de ses vacances pour retrouver un peu de bon sens.

 

COURS DE LANGUES

 

N'importe quel parent ou étudiant s'est toujours demandé comment après quatre heures de néerlandais par semaine, pendant six ans (neuf à Bruxelles) on ne devenait pas bilingue. Mystère. Les méthodes d'apprentissage ont changé, sans résultat. Je ne suis pas assez spécialiste pour proposer des solutions. Mais, je constate que les formations ONEM sont plus performantes, même la méthode Assimil !

 

ORDINATEURS.

 

Encore une idée lumineuse de je ne sais qui rejetée à cause du coût. Les enfants, les ados se servent très bien de l'ordinateur, pour jouer, parfois rechercher des renseignements, surtout pour les réseaux sociaux. Les psychologues et les parents regrettent souvent les heures passées par leurs enfants devant l'ordi. Ils n'ont absolument pas besoin de l'école pour apprendre à s'en servir. Et c'est au moins un domaine où la solidarité joue. Un problème ? Une question posée dans un forum et les réponses fusent. Que dire des difficultés que rencontreraient les profs devant donner cours à "l'ancienne".

 

Je pourrais parler du niveau de notre enseignement, des échecs, des programmes, des instructions parfois débiles données par les inspecteurs. Cela m'entraînerait trop loin. Je ne vais pas m'imposer un trop long devoir de vacances...