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24/06/2013

LES MEDIAS.

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Je voudrais revenir très loin, dans le temps. Les journaux étaient la seule source d’information. Je parlerai des plus connus. « Le peuple » socialiste, « La Libre » PSC, « Le Soir » neutre. Simple pour le lecteur qui choisissait son journal d’après ses opinions.

A y regarder de plus près, ce n’était pas aussi simple. Je prends le cas du Soir, qui justifiait sa neutralité par le pluralisme de ses journalises. En réalité, les questions sociales étaient traitées par une socialiste, l’enseignement par un PSC, il n’y a guère que l’économie qui était neutre.

Je me souviens d’une anecdote amusante. J’étais dans le bureau d’un syndicaliste CSC réputé,  lorsque le journaliste de La Libre lui a téléphoné. Démarche logique, l’information  doit bien se trouver. Ce qui l’est moins, c’est que, le lendemain, j’ai lu l’article, un copier/coller de la conversation téléphonique ! Je n’ai jamais oublié cet incident.

Quand la télévision est apparue, très vite, la RTBF a été considérée comme socialiste mais sérieuse, RTL était la TV «  de faits divers ». Les intellos regardaient la RTBF plutôt que RTL. Cela a bien changé.

Je sais que la ligne éditoriale était censée être fixée par un comité mais dans les faits, les journalistes jouissaient d’une grande liberté. Tout le monde se souvient des remous engendrés quand le journal changeait de propriétaire, les journalistes craignant pour leur liberté éditoriale.

Les temps ont bien changé. Les journaux n’ont plus la même étiquette et de ce fait, l’information est souvent la même. Ce n’est pas toujours vrai.

J’ai assisté ces dernières semaines à une véritable campagne du Soir contre Albert II. Elle a commencé par les rumeurs relayées de l’abdication possible cette année. La Libre les a très bien analysées et l’éclairage était fort différent.

Je passe sur les autres attaques pour en venir à l’affaire Delphine Boël. Sa décision de recourir au tribunal pour obtenir l’ADN du roi, d’Astrid et de Philippe, a été un véritable choc dans la population. Le Soir en a remis une couche en sollicitant sa mère pour une « interview exclusive » qui a finalement été reprise dans les journaux et à la télévision.

Hier, lors des débats télévisés, j’ai appris que le roi ne pouvait, à l’époque, ni maintenant reconnaître Delphine puisqu’elle est légalement la fille de Jacques Boël. Pourquoi une information aussi importante n’a-t-elle pas été diffusée ? Cela me pose un réel problème car la population s’est enflammée sur ce qu’elle a perçu comme une « abomination » royale.

La vérité étant connue, il me semble que les journaux devraient la diffuser. Je ne sais pas ce que fera Le Soir, rien sur le site internet et renvoi à l’édition pour les abonnés. Rien dans La Libre qui se contente de parler de la démarche de mardi. Pourquoi ?

Le plus curieux, c’est que RTL sur son site fait un compte rendu du débat absolument inadmissible. Deux tiers sont consacrés aux propos de Van Uytendaele, rien sur l’impossibilité royale de reconnaître Delphine. Pourtant plusieurs personnes l’ont affirmé mais rien. Le résumé de la RTBF, très court, est plus objectif et reprend l’information.

Je n’ose imaginer que Le Soir soit devenu républicain mais pourtant je ne comprends pas cet acharnement contre Albert II assortie d’une hypocrisie qui me met hors de moi. Albert II a été un grand roi, mais oust, qu’il s’en aille !

Et si je juge cette manière d’agir hypocrite c’est qu’elle est assortie d’un éloge de Philippe qu’on n’a jamais entendu. Il est, paraît-il, méconnaissable. La ficelle est un peu grosse !

Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, je dirai que je n’ai rien contre l’abdication du roi mais que, comme beaucoup, je pense que la décision lui appartient et que ces pressions sont intolérables. Je n’ai rien non plus contre Philippe mais le changement de ton à son égard me paraît suspect.

Internet est considéré par tous comme un formidable outil d’information mais où les dérives peuvent être dangereuses. Je revendique la liberté des twittos et des blogueurs car tout le monde sait qu’il parle en leur nom. Je suis moi-même blogueuse et je sais que je ne serai pas, même si je fais attention, nécessairement objective. Je le dis d’ailleurs souvent même pour une présentation d’un livre.

Ce qui me pose aussi problème pour l’information est la composition des plateaux de télévision lors des débats. Le choix n’est jamais innocent. Pour les politiques, c’est clair, ils représentent leur parti. C’est moins évident pour les spécialistes. Inviter un constitutionnaliste plutôt qu’un autre, un psychiatre plutôt qu’un autre a des répercussions sur l’information qui va être donnée. L’animateur est là pour veiller à un minimum d’objectivité ne fût-ce que dans le temps de parole mais encore faut-il qu’il le veuille et qu’il ait assez d’autorité pour qu’il y ait un minimum d’objectivité.

Nous sommes saturés d’information mais ne sommes-nous pas, trop souvent, manipulés ? je le crains. Et ces dernières semaines ont renforcé ma crainte.

Je m’en voudrais de ne pas mentionner combien j’ai apprécié les reportages de la RTBF sur nos rois sauf bien sûr le tout premier dont j’ai parlé dans mon blog. (billet du 28 mai).

Les journalistes font un métier difficile. Je suppose qu’ils ne sont pas toujours vraiment libres de dire ce qu’ils pensent. Je ne sais pas.

La presse hebdomadaire me semble plus claire. On sait très vite quelle est la « couleur » du magazine. On distingue aussi facilement la presse « people » de la presse sérieuse.

Je dirai, qu’heureusement, le lecteur a toujours le choix de son quotidien et peut exercer son esprit critique même si ce n’est pas toujours facile. Ne nous laissons pas manipuler !

25/06/2012

DEBATS DU 24 JUIN.

MISE AU POINT.

Le débat était consacré à l'enseignement. Rien de très neuf. La carte sur les échecs plus fréquents dans les zones défavorisées n'apprend que ce tout le monde sait depuis longtemps. Idem pour notre enseignement inégalitaire et le taux d'échecs très important.

Un échange de vues qui n'a rien apporté de neuf. La remédiation, tant prônée, n'est pas une réussite. Le décret d'inscription n'a pas été une solution à l'inégalité sociale. Il ne faut pas être spécialiste pour constater cela. J'ai déjà dit le mal que je pensais de ce décret, je n'y reviens pas.

Une idée neuve, la prolongation du tronc commun jusqu'à seize ans. Pas d'unanimité chez les invités et une question de bon sens : ne devrait-on pas revoir ce qui existe déjà ?

Opinions très partagées sur les redoublements. Avec des réponses de normand : bon parfois, pas toujours, cela dépend.

La question du financement a aussi été posée. Injecter plus d'argent, à mon avis, ne changerait rien. On a déjà fait des efforts pour les écoles en difficulté avec un succès mitigé.

Une idée lancée par l'Appel, un nouveau mouvement, ajouter des cours techniques au premier degré, présenté comme un remède à l'enseignement professionnel, je n'y crois pas. Je caricature mais j'entends déjà les gosses dire : je ne viens pas à l'école pour jouer avec des bouts de bois !

Vouloir solutionner des questions aussi multiples par un débat est évidemment utopique. Je ne vais pas non plus avoir la prétention de le faire en un billet sur un blog. Je pourrais simplement dire que j'ai toujours été contre le redoublement, que je ne crois pas, je trouve même cela injurieux, que le regard que la société porte sur les enseignants est une des causes de l'échec de notre enseignement. Il faudrait parler programme y compris et surtout pour l'enseignement professionnel. Admettre que l'inégalité est constitutive de l'humain. Le slogan :"réussite pour tous" restera ce qu'il est : un slogan.

Il y a des gros, des minces, des forts, des faibles, des blonds, des bruns, des peaux fonçées, des peaux claires, des doués et des moins doués. Pour moi, tous les gosses sont intelligents mais de manière différente, avec des aptitudes différentes. Vouloir classer tout le monde dans le même moule, c'est cela, la véritable injustice.

CONTROVERSE.

"Faut-il avoir une carte de parti, la bonne, pour être nommé à une haute fonction". Autrement dit, les nominations sont-elles toujours politiques ? Le constat de départ est que 88 % des hauts fonctionnaires wallons sont PS ou CDH. Ajoutons la polémique faite autour de la désignation d'un socialiste, premier du classement, refusée par le ministre Vincent Van Quickenborne. Entretemps, un compromis à la belge a été trouvé.

Le débat ne pouvait qu'être très animé. et tellement peu clair que j'avoue que je n'ai rien compris aux procédures actuelles pour la nomination des fonctionnaires.

Personne n'a quand même osé dire qu'il n'y avait jamais eu de nominations politique. Il est vrai qu'un ministre qui a son administration contre lui a les mains liées. De là à réserver tous les postes aux mêmes partis, il y a de la marge.

Ce que les médias ont retenu, c'est le clash entre Michel Legrand, président du Gerfa et Jacky Leroy, président du SFP Personnel et Organisation. Jacky Leroy affirmant, pour les téléspectateurs, qu'il ne tenait jamais compte de l'appartenance politique des candidats. Je le crois volontiers. Michel Legrand l'a traité d'homme sandwich du PS ce qui a mis Jacky Leroy vraiment en colère. Les deux se sont affrontés, penchés l'un sur l'autre, le téléspectateur pouvait craindre un vrai pugilat. Dominique Demoulin s'est empressée de mettre fin à la discussion.

J'ai connu Jacky Leroy quand il était chef de cabinet d'Elio Di Rupo. Il est très compétent mais il est de notoriété publique qu'il doit son exceptionnelle carrière au PS.

J'ai lu qu'un journaliste disait qu'il avait "pété les plombs". Pour ma part, je l'ai toujours connu comme cela. Homme de conviction, il n'accepte pas facilement la contradiction.

Ce qui m'a amusée, ce sont les propos d'André Flahaut, repris d'ailleurs ce matin dans un article de la DH. Une série de questions posées à Michel Legrand dont il connaît très bien les réponses. Willy Borsu a parlé "d'un lynchage".

Amusant quand on sait qu'André Flahaut a bien connu les nominations politiques et que le Gerfa est la bête noire des socialistes. L'entendre dire qu'il craignait pour la démocratie parce que le Gerfa faisait état de l'appartenance politique des nominés m'a fait bien rire.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, je précise que le Gerfa a été créé en 1981 par quelques fonctionnaires en réaction à la politisation massive des services publics. Il est devenu organisation syndicale agréée en 1990. Il ne reçoit aucun subside et est fier de son indépendance.

Pour vous faire rire, je vais me permettre de raconter une anecdote personnelle. Lors d'une réunion au cabinet d'Elio Di Rupo, sur je ne sais plus quel sujet, j'avais déclaré ne pas pouvoir me faire une opinion faute de renseignements. Jacky Leroy est parti et est revenu avec une pile de dossiers qu'il a posée sur mes genoux. "Tu veux des renseignements, lis tout cela".  J'étais complètement ahurie. Comme quoi, il y a des souvenirs qui vous restent !

 

29/08/2011

C'EST LA RENTREE !

 

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Rentrée de vacances pour ceux qui ont eu la chance d'en prendre, rentrée scolaire, rentrée politique et retour des débats dominicaux.

 

CONTROVERSE.

 

Le thème est le slogan d'Anne Demelenne mais sous la forme interrogative : Faut-il faire payer les riches ?" Un oui sans surprise au premier tour de table. Très vite, l'unanimité craque. Qu'est-ce qu'un riche ? A partir de quels revenus ? Biens immobiliers + revenus professionnels ? Brouillard. Il est vrai que la question, si simple dans la bouche des syndicats, devient drôlement compliquée quand il s'agit d'être précis. Rappel de ce qu'on entend souvent : "Attention à la fuite des capitaux. Certains postes à responsabilité méritent bien un salaire élevé. Les politiques n'ont rien à dire dans le privé. Seuls devraient être concernés les entreprises publiques où l'état est actionnaire."

 

Je ne vais pas refaire le débat d'ailleurs peu audible. Je retiendrai seulement que l'écart entre hauts et bas revenus s'est agrandi et que c'est insupportable. De plus, c'est important, n'importe quelle taxe sur les riches rapporterait bien peu par rapport aux millards nécessaires. Dire, comme le martèle la FGTB, que cela règlerait tout est une tromperie.

 

Pour preuve que rien n'est simple, la proposition d'Etienne Davignon d'une cotisation de solidarité temporaire est jugée, par certains, être une aumône. Je repense à la fameuse déclaration de François Hollande : "Je n'aime pas les riches."

 

MISE AU POINT.

 

Thème du débat, les négociations. Il était faussé dès le départ puisque tous ont bien dit que les négociations ne se faisaient pas sur un plateau de télévision et que la discrétion était indispensable pour  la réussite. Seule exception, Olivier Maingain et, ce qui était assez marrant, c'est de constater que finalement, le débat tournait autour de lui. Tout le monde connaît ses propositions. Il les a rappelées assez souvent. L'élargissement de Bruxelles, la ratification de la convention-cadre sur la protection des minorités, la nomination des bourgmestres dans les communes à facilités.

 

Les politiques sur le plateau ont été d'une grande prudence. L'élargissement de Bruxelles ? Il y a différentes formules, on verra en négociations...

 

Je m'attendais à ce qu'on rappelle ce que les francophones ont toujours dit : compensations si BHV est une scission pure et simple, non négociée et surtout, l'indispensable, le refinancement de Bruxelles.

 

Olivier Maingain, a été beaucoup plus loin que ce qu'il dit d'habitude. En périphérie, si la scission de BHV, se fait, même négociée, un francophone ne pourrait plus passer son permis de conduire, comme c'est le cas actuellement, à Bruxelles. Pas de réaction, je pense que l'argument n'était pas connu, du moins c'est mon impression. Alors, tant qu'il y était, Olivier Maingain a été beaucoup plus loin, en demandant qu'il y ait des écoles francophones en périphérie, ajoutant avec l'air sérieux qu'il a habituellement, que cela ne le gênait pas qu'il y ait des écoles flamandes en Wallonie ! Là, je crois qu'il a perdu des points car ce n'est évidemment pas une revendication des francophones de la périphérie et il sait très bien que c'est surréaliste. Pour moi, il a perdu en quelques phrases toute crédibilité.

 

J'ai déjà dit que je ne voyais vraiment pas en quoi l'élargissement de Bruxelles, autrement dit, trois ou six communes, qui deviennent bruxelloises, était vital pour la survie du pays. Je dirais même le contraire. On sait que c'est un tabou flamand infranchissable, donc qui compliquerait encore la recherche d'un compromis. De plus, la volonté de rattacher Bruxelles à la Wallonie, m'apparaît bien comme prémisse de scission du pays.

 

Je ferais remarquer à Olivier Maingain que l'exemple de son permis de conduire n'est pas propre à la scission de BHV mais aux transferts des compétences aux régions, or, paradoxalement, il affirme haut et fort qu'il est régionaliste !

 

Pour moi, je n'ai pas changé d'avis. Il faut scinder BHV, sans toucher aux limites territoriales de Bruxelles, en préservant comme la note Di Rupo le prévoit, les droits d'être jugé dans sa langue.

 

Je regrette toujours que les partis au nord comme au sud, n'aient pas plutôt concentré leurs efforts sur une Belgique à quatre régions, non à deux. Cette hypothèse n'a jamais été retenue. Pourquoi ? En arrière fond, on sent bien que la scission du pays plane comme une menace. Elle pèse lourd, même si les politiciens savent bien qu'elle n'est pas réelle. Cela a été assez démontré. Il y a surtout, ce qui ne se dit pas, la crainte de pertes électorales, de pouvoir.

 

Les politiciens évoquent aussi le danger d'une cogestion de Bruxelles par la Flandre. Or cet argument devrait justement les inciter à travailler pour l'autonomie entière de Bruxelles. Plus les francophones affirment que Bruxelles leur appartient, plus les flamands tiennent à la cogérer. La logique voudrait que Bruxelles soit rendue aux Bruxellois.

 

Je voudrais aussi insister sur les compétences supplémentaires données aux régions. Celles-ci sauront-elles les assumer ? Que deviendra le Fédéral ? La Belgique sera-t-elle encore viable quand le fossé nord/sud se creusera davantage ? Je sais que l'on nous dit le contraire. Les réformes entreprises doivent faire de la Belgique un état moderne. Peut-être, mais viable ?

 

27/09/2010

DEBATS DU DIMANCHE 26 SEPTEMBRE.

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Le philosophe André Comte-Sponville avoue qu'il déteste les dimanches. "Le dimanche. Pour quoi ?Pour le repos. Pour attendre le lundi. Pour rien." (Le goût de vivre). Bien entendu, il développe son point de vue mais ce n'est pas mon sujet.

 

Chez nous, les débats Controverse et Mise au point suscitent souvent beaucoup d'intérêt. Une manière de décrypter l'information, d'écouter les politiques, journalistes ou politologues, l'espoir de comprendre un peu mieux l'actualité.

 

Ce dimanche, les deux débats étaient consacrés à Bart De Wever. Que veut-il ? Est-il capable de compromis ? En cas d'échecs des négociations se dirige-t-on vers de nouvelles élections ?

 

Questions, on s'en doute, restées sans réponse. Sauf une. Jean-Marie De Decker, à RTL, affirme avec son assurance habituelle, que Bart De Wever souhaite des élections. Inutile de préciser le peu de fiabilité du président de la LDD qui ne représente plus rien. Je me demande encore pourquoi il est invité, parlant sans y être autorisé, coupant la parole à tout le monde sans qu'aucun de ses propos ne soit intéressant. L'inviter parce qu'il est le seul Flamand à accepter de participer me semble peu probant. D'autant plus que, Eric Donckier, éditorialiste flamand, pouvait avantageusement jouer "le Flamand de service". Pour clore ce chapitre, j'ai été étonnée d'entendre Pierre Vercauteren, politologue à la Fucam, dire que la probabilité d'élections était de 50/50.

 

En réalité, le débat à RTL comme à la RTBF, portait sur la chronique de Bart De Wever sur la collaboration. Indignation générale sur le contenu. Accusation de provocation. Boule puante. Moment inopportun.  La question de fond me semble être l'argument qu'un homme politique ne peut pas écrire de chroniques. Là, je m'étonne. Un homme politique peut donner des entretiens, des conférences de presse mais ne peut pas s'exprimer librement dans un journal ! Je dirais qu'écrire une chronique est bien plus périlleux que de répondre à des questions de journaliste. Pratiquer la langue de bois lors d'entretiens est un exercice auquel tout politicien est rodé et si, bien sûr, le mensonge est toujours possible quel que soit l'exercice auquel on se livre, j'ai l'impression qu'une chronique révèle mieux ce que le signataire pense vraiment. Bart De Wever réagissait à quelques minutes de reportage sur son grand-père, collabo, réalisée par la RTBF et reprise par la VRT. C'est donc bien l'homme qui s'exprimait. Pourquoi n'en aurait-il pas le droit ? Au lecteur d'exercer son sens critique.

 

Patrick Roegiers, écrivain, a rappelé le livre d'Hugo Claus Le Chagrin des Belges qui, pour moi, est très éclairant sur la collaboration en Flandre et le nationalisme flamand. "Les Allemands sont nos cousins." Mais, bien entendu, la collaboration restera toujours un sujet sensible et il faut laisser les historiens faire leur travail et admettre qu'ils ne sont pas toujours objectifs.

 

Olivier Maroy, avait invité René Zayan, qui s'est livré à son exercice habituel sur la personnalité de Bart De Wever. Je ne reprendrai pas ses propos, que je ne puis considérer comme crédibles, mais je soulignerai la réaction des invités : le rire ! J'ai bien aimé la remarque de Guy Vanhengel : il faudrait se livrer au même exercice pour Elio Di Rupo. Je crains, cher Guy, qu'à la RTBF cela soit impossible !

 

En résumé, deux débats décevants. Un mot sur la non-participation des socialistes "pour ne pas jeter de l'huile sur le feu". Très amusant quand on se rappelle les déclarations de Laurette Onkelinx et de Rudy Demotte sur le plan B ! Il est vrai qu'Elio Di Rupo a l'habileté de laisser parler ses scribes sans se manifester. Du grand art. Une manière de préparer l'opinion ou de la tester; la discrétion est de mise, mais les négociateurs peuvent, comme le dit si bien Laurette Onkelinx, s'exprimer sous le coup de la colère... Je ne crois pas qu'il s'agissait d'un coup de gueule. Comme on a pu le voir, l'effet médiatique a été immense, même à l'étranger.

 

Une semaine commence. Fête de la Communauté française, commentaires des sondages, travail des experts de "haut niveau", elle sera sans doute fertile en débats. Pour me faire plaisir, je vais reprendre la formule devenue rituelle : elle sera décisive !

 

06/06/2010

DEBATS ELECTORAUX.

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Que de débats décevants ! Aujourd'hui, à la RTBF, une vraie partie de ping-pong ! Des accusations et toujours les mêmes réponses. Nous, nous...... Les autres...... Normal, direz-vous mais aucun argument et quand il y en a, aucune cohérence.

 

Prenons d'abord ce qui pourrait paraître comme positif. D'après Laurette Onkelinks, très en forme comme d'habitude, les socialistes flamands et francophones sont d'accord sur tout. (A ce moment-là, on ne parle pas de BHV, mais passons). Les socialistes prennent la parole et expliquent comment il faut régionaliser l'emploi. Pas de réaction. J'en conclus que les socialistes francophones ne considèrent plus comme tabou la scission de la sécurité sociale ! Nous voulons le refinancement de Bruxelles et d'ajouter :  c'est un scoop, les Flamands sont d'accord avec moi. Deux minutes plus tard, même pas, les Flamands redisent qu'ils n'admettront le refinancement de Bruxelles que si la réforme de l'état est telle qu'ils la souhaitent. Ce que tout le monde sait, sauf apparemment Laurette.

 

Joëlle Milquet, apparemment très touchée, des attaques dans la presse, explique pour la xième fois, que ses propos ont été déformés et qu'elle a dit ce que tous les Francophones disent depuis toujours. C'était vrai, jusqu'aujourd'hui où les Ecolos et les Socialistes mettaient des nuances, que je ne qualifierai pas de bémols, nuances étant même un euphémisme.

 

Olivier Maingain, comparé une fois de plus à Bart De Wever, alors qu'il fait partie du MR, que Didier Reynders dit et redit qu'ils sont d'accord, essaie d'expliquer que des allocations familiales différentes pour des familles bruxelloises, habitant le même immeuble mais étant de régime linguistique différent, c'est une aberration... Il n'a pas le temps de finir, le journaliste lui coupe la parole....

 

Le CD&V, l'Open Vld, les socialistes ont exactement le même discours. Ce n'est pas une surprise, alors pourquoi ne pas l'admettre ? Même Guy Vanengel a complètement changé !

 

Ecolo, comme d'habitude, met l'accent sur son accord avec Groen. Très bien. Mais, Groen veut la scission comme les autres partis. Nuance donc.

 

Le plus comique, était l'insistance mise sur "la famille libérale" et évidemment dans un sens négatif, notamment pour la chute du gouvernement. Pas sur les programmes économiques où il serait légitime de souligner les ressemblances.

 

Donc un débat qui servait plus à des règlements de compte qu'à permettre à chacun d'expliquer son programme sur un point précis. Un débat pollué... Décevant.

 

A propos de la RTBF, quelle mouche les a piqués de faire du débat du soir, un jeu de lettres. Cela n'apporte rien puisque les politiques savent, et c'est normal, quelle lettre sera tirée. Seul l'ordre change. Je ne sais plus quel professeur flamand, opposé à Monsieur Delperée, disait qu'il ne savait pas qu'il n'y avait que quatre lettres en français... Cela m'a bien fait rire.

 

Quelle idée aussi d'appeler le débat du soir "Huis Clos" comme la pièce, très noire, de Jean-Paul Sartre. Huis clos, quand on est censé s'adresser à des milliers de spectateurs !

 

Toujours dans la même ligne. Le débat qui précède "Mise au Point" s'appelle "Revu et corrigé". Titre copié du débat français, sur France5, animé par Paul Amar. Mon décodeur Telenet, qui présente toutes les émissions, fait d'ailleurs de celle-ci la copie-conforme du débat de Paul Amar. Mais, allez, c'est une machine...

 

J'ai apprécié l'entrevue "Septième jour" où, bizarrement, le journaliste a laissé Didier Reynders s'exprimer, du moins, presque. Didier Reynders dit que la fraude fiscale de vingt milliards pointés par un rapport FGTB concerne surtout le travail au noir. Si c'est vrai, les socialistes devraient cesser d'en parler.

 

Comme j'aimerais pouvoir dire des choses positives. "Je ne savais pas cela, j'ai appris quelque chose, je suis d'accord ou je ne le suis pas...." Ce serait trop beau. Je pourrais peut-être ne pas les suivre, ne voir que ce qui est comique, ou encore, compter les points comme dans un match : un, moins un, plus un.... Mais, voilà, je ne regarde pas le sport à la TV.