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28/07/2012

JEUX OLYMPIQUES 2012.

jeux olympiques, 2012, Londres

 

jeux olympiques, 2012, Londres

 

jeux olympiques, 2012, Londres

Photo Libre Belgique.

jeux olympiques, 2012, Londres

 

Devise olympique : "Citius, Altius, Fortius". (Plus vite, plus haut, plus fort)

Maxime proposée par Pierre de Coubertin à la création du Comité international olympique en 1894.

Bonne chance à tous unis dans le respect de la diversité.


03/11/2011

MARIO VARGAS LLOSA.

 

conception de la littérature,tours et détours d'une vilaine fille,pérou,paris,madrid,londres,amour fou

 Né en 1936 au Pérou, Mario Vargas Llosa passe une partie de son enfance en Bolivie. Dès l'âge de quatorze ans, il est placé à l'Académie Militaire de Lima qui lui laisse un sinistre souvenir. Parallèlement à des études universitaires, il collabore à plusieurs revues littéraires et, lors d'un bref passage au Parti communiste, découvre l'autre visage du Pérou. Il se lance dans le journalisme comme critique de cinéma et chroniqueur. Il obtient une bourse et part poursuivre ses études à Madrid où il passe son doctorat en 1958.

 

L'année suivante, il s'installe à Paris. Il a écrit de nombreux romans couronnés par des prix littéraires prestigieux. Devenu libéral après la révolution cubaine, il fonde un mouvement de droite démocratique et se présente à l'élection présidentielle de 1990. Il est battu au second tour. Romancier, critique, essayiste lucide et polémique, il est considéré comme l'un des chefs de file de la littérature latino-américaine.

 

En 2010;  il a reçoit le Prix Nobel de littérature. Son discours à Stockholm est intitulé "Eloge de la lecture et de la fiction."

 

Le Point du 20 octobre publie un extrait de son discours : "Celui qui cherche dans la fiction ce qu'il n'a pas exprime, sans nul besoin de le dire ni même de le savoir, que la vie telle qu'elle est ne suffit pas." "Combien séditieuses deviennent les fictions quand le lecteur compare la liberté qui les rend possibles et s'y épanouit avec l'obscurantisme et la peur qui le guettent dans le monde réel. Qu'ils le veuillent ou non, qu'ils le sachent ou pas, les fabulateurs, en inventant des histoires, propagent l'insatisfaction en montrant que le monde est mal fait, que la vie de l'imaginaire est plus riche que la routine quotidienne."

 

Une déclaration qu'il explicite dans l'entretien donné au Point. La littérature donne au lecteur la conviction que le monde n'est pas à la mesure de ses ambitions ou de ses rêves. Et "cette insoumission au monde" fait désirer une autre vie que la vie réelle, forge, des esprits critiques épris d'idéal. "Lire c'est se mettre en état d'alerte permanent contre toute forme de tyrannie, c'est se blinder contre la manipulation de ceux qui veulent nous faire croire que vivre entre les barreaux, c'est vivre en sécurité."

 

"Lire, c'est protester." Une conception déconcertante de la littérature.

 

TOURS ET DETOURS DE LA VILAINE FILLE.

 

La vilaine fille est Lili que Ricardo rencontre à Lima, en 1950. Il en tombe éperdument amoureux. Elle lui fait croire qu'elle est chilienne alors qu'elle habite un quartier très pauvre de la ville. C'est son premier mensonge.

 

Tout le roman est le récit de l'amour fou de Ricardo pour la petite chilienne de son enfance. Il la retrouvera à Paris, devenue la camarade Arlette. Elle a réussi à quitter le Pérou par le biais d'une bourse devant aider sa formation de futur maquis révolutionnaire.

 

Que désire Lily ? Les voyages et la richesse.. Elle deviendra Madame Arnoux en épousant un diplomate qui l'a aidée à sortir de Cuba et à s'installer à Paris. Elle le quittera après avoir vidé son compte... Ricardo la retrouvera à Londres où elle est devenue une aristocrate, épouse de  David Richardson, un homme riche qui ne pense qu'aux chevaux mais avec qui elle voyage. Celui-ci apprendra qu'elle était déjà mariée et elle devra s'enfuir. Elle tombera sous la coupe d'un Japonais pervers, Fukuda, qu'elle parviendra à quitter, complètement démolie, physiquement et psychiquement.

 

Ricardo, traducteur, puis interprète, reste amoureux fou de la "vilaine fille" qui refuse de l'épouser parce qu'elle ne peut se contenter d'être une simple épouse. Il lui pardonne tout et se contente de ses brèves apparitions pendant lesquelles il lui fait l'amour avec tendresse.

 

La fin du roman est assez surprenante. Lily mourra d'un cancer peu après avoir rejoint Ricardo à Madrid. Avant de mourir, elle lui dira : "... Tu as toujours voulu être écrivain sans l'oser jamais. Maintenant tu vas te retrouver tout seul, tu peux en profiter, et ainsi tu me regretteras moins. Avoue, quand même, que je t'ai donné un sujet en or, pour ton roman, hein, mon bon garçon ?"

 

En parallèle, si je puis dire, de cette histoire d'amour, l'auteur plonge dans ses souvenirs. Lima, Paris, Londres, Tokyo, Madrid sont décrits à des époques différentes ainsi la vie à Paris, dans les années soixante, la communauté hippie à Londres dans les années septante.

 

L'histoire du Pérou  revient comme un leitmotif sur le demi-siècle que dure le roman. L'auteur revient aussi sur ses utopies de jeunesse.

 

Lily ne trouvera pas le bonheur dans sa recherche de richesses, dans sa vie mouvementée et mensongère. Elle sera pourtant plus humaine à la fin du livre. Un passage émouvant est celui où elle arrive à faire parler Ylal, un Vietnamien adopté, considéré comme muet. "Ni ses parents, ni moi n'avons jamais entendu sa voix."

 

  Ricardo se contente d'une vie simple, n'a d'autre ambition que de vivre à Paris "J'entrai bientôt dans une routine de travail qui tout en me barbant parfois, ne me déplaisait pas. Etre interprète me semblait une profession anodine, mais aussi celle qui pose le moins de problèmes moraux à celui qui l'exerce. Et elle me permettait de voyager, de gagner assez bien ma vie et de prendre autant de congés que je voulais".  Le bonheur il le trouvera essentiellement dans son amour pour sa petite Péruvienne.

 

Un roman très dense, plus de quatre cents pages, d'une écriture rapide, d'une imagination débordante.