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24/02/2011

MYTHES ET LEGENDES : EXTRAITS.

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Mon billet sur le livre d'Henri Pena-Ruiz m'a laissé une certaine frustration. Impossible de tout dire. Pour ceux que cela intéresse, je vais reprendre quelques extraits que je trouve significatifs.

 

A propos de la souffrance, l'éternel débat de l'intervention ou non intervention de Dieu ou encore quel sens lui donner quand rien ne paraît la justifier ?

 

"Cette capacité d'aimer la vie sans condition est sans doute une des formes de courage de vivre. Et l'on peut supposer, avec Emmanuel Kant, que celui qui est capable d'aimer la vie de façon désintéressée sera aussi capable de désintéressement dans ses actions morales. (...) N'est-ce pas d'ailleurs une des grandes formes de la liberté que de ne pas maudire ce qui nous atteint, d'être capable de se révolter sans abdiquer le courage de vivre ?"

 

Sur l'homme responsable de sa vie.

 

"Les aventures d'Ulysse ont façonné un nouvel Ulysse qui est à la fois le même et un autre. Comme si l'identité  personnelle se construisait au fur et à mesure des choix que l'on accomplit."

 

L'homme est mortel, quel sens peut avoir sa vie dans l'histoire du monde ?

 

"Le monde est un tout, qui transite par la succession des situations singulières, des histoires personnelles intrelacées dont se compose le devenir commun. Chaque destinée peut bien se produire comme le déroulement d'une liberté qui enchaîne action après action, la cohorte des destinées n'en esquisse pas moins la grande aventure de l'humanité entière."

 

Débat aussi sur le déterminisme, la fatalité : le scénario du monde serait-il écrit ?

 

"Admettre la différence entre le probable et le nécessaire, c'est admettre qu'il y a une possibilité pour la liberté de produire ses effets. L'initiative humaine peut enrayer ce qui se donnait comme fatal. Rien de ce qui touche les hommes ne se trouve donc déjà écrit. Le livre de l'histoire est d'abord fait de pages blanches."

 

Cette anecdote très connue de Socrate.

 

"Socrate s'était dit serviteur du dieu Apollon. Il avait répondu un jour, à l'oracle, qu'il ne savait qu'une chose, c'est qu'il ne savait rien. Et on avait dit de lui, alors, qu'il était le plus sage des hommes, car au moins être conscient de son ignorance, c'est en savoir plus que ceux qui croient savoir et déguisent un faux savoir en une connaissance."

 

Les émotions qui laissent en nous une trace comme un clou dans du bois.

 

"Les douleurs ressenties et les joies éprouvées tissent en effet une mémoire dense qui s'installe durablement dans l'intériorité de chacun. Brûlures et blessures y forment leur cicatrice, plaisirs et bonheurs y inscrivent leur trace."

 

Le piège de l'imagination qui amplifie si souvent notre angoisse.

 

"Mais ne faut-il pas chercher à s'affranchir de ces tourments de l'imagination ? Epicure avait entrepris de soigner l'homme de vaines frayeurs qui le prennent, qui l'assaillent, en le ramenant à la réalité indubitable, sobrement délimitée, de ce qu'il ressent."

 

A méditer par ceux qui détiennent le pouvoir, cette réflexion inspirée de Marc Aurèle.

 

"Le sérieux de la fonction et du pouvoir pourrait faire croire à l'homme qui le détient sous le titre d'imperator qu'il est une sorte de surhomme, voire une médiation vivante de quelque divinité. La distance intérieure, cultivée avec constance, le ramène à soi, loin des fastes. Alors le regard sur tous les autres hommes se délivre de la tentation du mépris ou de la morgue. C'est cette difficile liberté de la distance intérieure qui, en fin de compte, peut être un fondement d'humanité et de justice."

 

Je me suis plongée dans la philosophie comme antidote à la désespérance. Dans le monde arabe, des hommes courageux se battent pour la démocratie malgré la répression sanglante. Que de morts ! En Belgique, le spectacle est toujours aussi navrant. Chaque jour apporte son lot de déclarations mensongères ou suspectes, de démentis, de supputations, d'analyses de spécialistes aussitôt contestées. "Cela pourrait être pire. Le gouvernement travaille. Laissez-nous du temps. On y arrivera" entend-on. Vraiment ?