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21/11/2013

TENTATIVE DE SUICIDE DE LEA.

Le journal Charleroi Centre relate un événement tragique. Léa, quatorze ans, a sauté du quatrième étage de son immeuble. Fort heureusement, elle a atterri sur une plate-forme au premier étage. La mâchoire fracturée, elle est hors de danger. Elle a été transportée assez rapidement dans un hôpital où elle sera opérée.

La police de Charleroi a rapidement compris que cette tentative de suicide était due à des harcèlements odieux de ses compagnons de classe de l’institut Joseph de Charleroi. Elève en deuxième secondaire, elle recevait des SMS et des emails de certains de ses condisciples bien décidés à lui pourrir la vie. Ce harcèlement a été très loin puisque certains n’ont pas hésité à lui dire qu’elle « qu’elle n’avait qu’à se pendre ou à se suicider »

La police locale de Charleroi mène l’enquête.

Comment ne pas être secoué par un pareil drame ? Je pense à la douleur de ses parents, ses oncles et tantes, ses amis, ses camarades de classe. Comment comprendre que des adolescents  puissent agir ainsi ? Comment comprendre qu’ils n’aient pas mesuré qu’ils allaient trop loin ? Comment comprendre leur attitude irresponsable ?

Le site Santé médecine rappelle que le nombre de suicides d’adolescents augmente régulièrement depuis 1970. Aujourd’hui ce sont, d’après le site, près de 1.000 décès par an pour 80.000 tentatives. Un chiffre effrayant. Les causes de ces morts tragiques volontaires sont complexes. Je recommande le site qui analyse ces drames et donnent des conseils pour les éviter. http://sante-medecine.commentcamarche.net/

Le harcèlement des adolescents a toujours existé, même si on ne l’appelait pas ainsi. Moqueries, insultes, bagarres.

Le développement des réseaux sociaux, des SMS et des emails a certainement amplifié le harcèlement. Quoi de plus facile que d’envoyer des messages injurieux ou de se moquer sur les pages Facebook !

Même les adultes ne se rendent pas toujours compte de la portée de ce qu’ils écrivent. On le sait, la haine est omniprésente sur le net.

Les enseignants peuvent-ils se rendre compte ? Ils ne savent que ce qui se passe dans les classes. Et c’est bien difficile d’intervenir. Même si « la victime » est repérée, les interventions se heurteront très souvent à un déni. « On la/le taquine… ou cyniquement, mais on l’aime bien » La victime elle-même ne démentira pas face au groupe. Il faut beaucoup de courage pour dénoncer et ce sont les adolescents fragiles qui sont visés.

Tout le monde sait qu’un enfant ou un adolescent tait souvent la violence dont il est l’objet dans sa famille. Alors le harcèlement !

Je ne suis pas psychologue mais ma carrière de prof m’a appris beaucoup sur la violence dont font preuve les enfants ou les adolescents entre-eux. Et sur la difficulté qu’ils ont à se confier à un prof ou même aux parents.

J’imagine que pour certains harceleurs, c’est un jeu, amplifié par l’assentiment du groupe. Pensent-ils aux conséquences ? Je ne crois pas.

Le langage violent s’est banalisé dans la société, à tous les échelons. Les enfants et adolescents d’aujourd’hui baignent dans ce climat.

Il est temps de prendre ce problème au sérieux, de chercher les causes et les remèdes.

J’espère que Léa, sa famille, son entourage rencontreront les bonnes personnes qui pourront les aider. Je ne peux que leur souhaiter de trouver le courage nécessaire pour assumer ce drame.   

10/05/2011

DELPHINE de VIGAN.

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Delphine de Vigan, née le 1er mars 1966, vit à Paris. Elle est mère de deux enfants. Le succès de No et moi, récompensé par le Prix des Libraires  lui a permis de se consacrer entièrement à la littérature. Les Heures souterraines  est son cinquième roman, publié chez Lattès  en livre de poche. (Voir billet du 25 novembre 2010).

 

LES HEURES SOUTERRAINES.

 

Mathilde Debord, la narratrice, est veuve et vit avec ses trois garçons. Elle est l'adjointe du Directeur Marketing de la principale filiale Nutrition et Santé d'un groupe alimentaire international. Elle collabore activement et en bonne entente avec son directeur Jacques Pelletier depuis plus de huit ans.

 

Un jour, tout va basculer. Jacques et elle accueillent un institut renommé, venu leur présenter les résultats d'une étude commandée deux mois plus tôt. Mathide trouve l'étude excellente; Jacques, de manière inattendue, la critique. Mathilde, qui d'habitude est d'accord avec lui, ne comprend pas. "Mais cette fois, l'attitude de Jacques lui avait paru d'une telle injustice qu'elle n'avait pas pu s'empêcher de reprendre la parole. Sur le ton de l'hypothèse, sans le contredire directement, elle avait expliqué en quoi il lui semblait que les orientations proposées (...) méritaient d'être étudiées." Jacques l'avait regardée longtemps puis avait quitté la salle sans la saluer.

 

Depuis ce jour, l'attitude de Jacques à l'égard de Mathilde se modifie. Si bien qu'elle s'interroge et demande à un collaborateur, Eric, son avis. "A voix basse, Eric lui avait répondu qu'elle avait agi ce jour-là, comme aucun d'entre eux n'avait osé le faire, et c'était bien."

 

Tout aurait pu en rester là. Mais, sans qu'elle comprenne pourquoi, Jacques va enclencher une véritable persécution tout en refusant de s'expliquer.

 

Delphine de Vigan va décrire minutieusement la stratégie du directeur. Il ne l'invite plus aux réunions, lui enlève ses dossiers et va même profiter de son absence pour la remplacer. Il la relègue dans un cagibi, appelé "les chiottes", le local 500-9, sans fenêtre, situé à côté des toilettes et de la photocopieuse. Il va justifier cette décision par une soi-disant réorganisation au sein de l'entreprise.

 

Mathide tombe en pleine dépression. "Elle a cru qu'elle pouvait résister. Elle a cru qu'elle pouvait faire face. (...) Elle ne savait pas qu'une entreprise pouvait tolérer une telle violence" "Avant, elle prenait des nouvelles de ses amis. Elle téléphonait. (...) Aujourd'hui, elle n'appelle plus. Elle ne sait plus quoi leur dire. Elle n'a rien à raconter. Elle refuse les dîners, les soirées, elle ne va plus au restaurant, ni au cinéma, elle ne sort plus de chez elle."

 

Elle a cherché l'appui du syndicat, qui lui a conseillé de construire un dossier et surtout de ne pas démissionner. Eric, à qui elle demande de témoigner de la manière dont elle est traitée, refuse : "Je ne peux pas, Mathilde. Tu sais que je ne peux pas me permettre de perdre mon boulot. Je suis désolé, je ne peux pas."

 

Mathide se rend compte qu'elle a laissé Jacques construire un système d'exclusion, système efficace contre lequel elle ne peut rien.

 

Elle fait appel à la DRH, Patricia Lethu, qui affirme qu'elle va l'aider. Mais, elle finit par lui avouer que Jacques Pelletier s'est plaint de ce qu'elle était agressive à son égard, qu'elle n'adhérait plus aux orientations de l'entreprise etc. Il a rédigé une note qui figure dans son dossier.

 

 Patricia va lui proposer de postuler dans une autre filiale du groupe. Ce qu'elle fait. Sa candidature est acceptée mais Jacques Pelletier refuse de la laisser partir. "Selon lui, aucune mutation ne peut être envisagée avant quatre ou cinq mois".

 

Sa vengeance, il la pousse jusqu'au bout. Il a décidé qu'il aurait sa "peau", il a réussi.

 

Mathilde se décidera à démissionner...

 

En parallèle, Delphine de Vigan, décrit la vie d'un médecin généraliste, Thibaud, déprimé par une déception amoureuse et qui n'arrive plus à assumer son métier.

 

Mathide et Thibaut se rencontreront...

 

Le harcèlement au sein d'une entreprise, l'abus de pouvoir, la volonté de déstabiliser, voire de détruire quelqu'un est malheureusement, parfois, une réalité. Sans aller aussi loin que ce que décrit Delphine de Vigan, directeur ou collègue peuvent pourrir la vie de n'importe qui. Parfois, insidieusement et faire face est toujours difficile. Combien " de victimes"se culpabilisent, arrivent à perdre toute estime de soi ?

 

Que dire ? La vie professionnelle est souvent difficile. Nous ne sommes, tout compte fait, que des hommes, comme le disait Alain, des animaux énigmatiques !