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05/04/2013

CREDO POLITIQUE.

  

eric de beukelaer, credo politique, démocratie, primauté de la conscience, société de consommation

ERIC de BEUKELAERE, né en 1963, est curé-doyen au centre de Liège. Il a été de 2002 à 2010, porte-parole de la Conférence épiscopale de Belgique. Historien,  il s’est toujours intéressé à la politique.

CREDO POLITIQUE.

Les thèmes abordés sont sérieux : civilisation, démocratie, spiritualité, justice, écologie, médias. L’auteur nous livre sa réflexion sur le monde d’aujourd’hui, sur ce qu’il apprécie ou regrette Il fait aussi des propositions, donne des conseil aussi bien aux hommes, croyants ou athées, qu’aux politiques ou aux journalistes. Sans pédanterie, avec le sourire et beaucoup d’humour.

Côté chrétien : des citations de Benoît XVI, admirables d’ailleurs, quelques références à l’évangile ou à la doctrine de l’Eglise mais sans appuyer. Ce n’est pas un livre polémique et si l’auteur titre son livre « credo » il a bien fait d’ajouter « politique ».

Pour l’auteur, l’avènement de la démocratie moderne date du 28 mai 1940 quand Winston Churchill a décidé de déclarer la guerre à l’Allemagne. Sans cela, Hitler aurait peut-être gagné la guerre. Et adieu la démocratie !

Ainsi le livre commence par un rappel historique et c’est, à mon avis, la partie intéressante du livre que le retour à l’histoire pour expliquer ses positions. Mais, il dit en s’adressant aux politiques, il faut connaître l’histoire pour nourrir sa réflexion, évidemment pas pour la copier.

Les exemples abondent dans ce qui a changé. La conception du bonheur par exemple, est bien différente de celles de nos grands-parents, la société de consommation a fait de notre monde un tout autre monde. Pas de condamnation mais pas non plus l’affirmation qu’elle n’est pas acceptible à tous !

 L’auteur est plus sévère sur mai 68 et la liberté sexuelle qui, d’après lui, a engendré des bouleversements de la famille où les enfants et les adultes sont souvent perdants. Je trouve son analyse un peu courte. Les divorces ne sont pas seulement imputables à mai 68 et, pour moi, la liberté de la femme est une valeur essentielle.

Le credo de l’auteur est la justice. Ce serait trop long à expliquer et hélas ! impossible à résumer.

Le plus important est un appel à la spiritualité. L’auteur cite Malraux sans le déformer comme c’est souvent le cas. Sans dogmatisme mais avec une insistance sur le droit de chacun de pouvoir s’exprimer. Ainsi, s’il admet que la foi relève d’une conviction personnelle, il revendique le droit pour les chrétiens d’affirmer leurs opinions, même de peser sur les décisions politiques tout en affirmant qu’une fois la loi votée, elle doit être respectée. Ce qui est primordial pour lui est d’agir selon sa conscience. Un exemple : l’euthanasie, il la rejette au nom de sa foi chrétienne et trouve que les médecins ont le droit de refuser de la pratiquer. Nuance importante, l’obligation d’orienter leurs patients vers un autre collègue D’accord, mais c’est théorique car une fois hospitalisé, c’est bien difficile d’aller ailleurs...

Je dirai quand même que je suis bien d’accord sur la primauté de la conscience mais je redoute les dérives. Le jihadiste qui se fait sauter obéit à sa conscience : est-ce bien ? Je pourrais donner d’autres exemples tout bêtement pratiques où la primauté de la conscience rendrait toute vie communautaire impossible... Et, il le souligne bien, les hommes ne sont pas tous des « justes » D’accord, mais je ne crois pas au péché originel. L’homme est ce qu’il est attiré par le bien ou le mal. C’est une évidence.

Comme j’ai un peu peur d’avoir d’avoir eu une lecture du livre trop personnelle, je vais lui laisser la parole.

EXTRAITS.

« La société semble en panne de valeurs qui puissent servir de boussole dans la tempête. »

« Quand un éclésiastique est convié sur un plateau c’est plutôt à titre d’ajout...folklorique. »

« Je pense qu’il s’agit de faire de cet élan spirituel un enjeu public – une « culture d’état » à inscrire en-tête de nos constitutions et à enseigner dans nos programmes scolaires avec autant de sérieux que le calcul ou la grammaire. »

« Je suis opposé à une législation sur le blasphème. »

« N’est-il pas curieux de constater qu’à l’époque de la communication, le premier cancer ce nos sociétés soit la solitude ? »

« Le bien commun est cette notion morale qui rappelle que l’économie est faite pour l’homme et non pas l’homme pour l’économie. »

« Avec d’autres traditions religieuses ou humanistes, la vision chrétienne de l’homme énonce que celui-ci n’est ni ange, ni bête. Il est une créature capax Dei, c’est-à-dire capable d’avoir des actions dignes de Dieu, mais en même temps abîmée par une blessure archaïque – que la tradition chrétienne nomme le péché originel. »

 J’ai aimé le livre, je ne regrette pas ma lecture même si je n’adhère pas à tout ce que dit l’auteur. J’aurais souhaité plus de souffle, des convictions mieux affirmées, plus convaincantes. Un véritable appel à la spiritualité. L’auteur a, me semble-t-il, préféré la tolérance, voire la tiédeur qui n’était pas celle du Christ.

 

19/08/2010

ELIO : SAUVEUR OU FOSSOYEUR ?

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Elio Di Rupo, après son rapport au Roi, a donné sa deuxième conférence de presse. Les commentaires divergent. Je ne suis pas politologue mais, comme citoyenne, je tiens à mon petit commentaire.

 

Quand j'ai ouvert la télévision, à six heures trente, sur la Une, Elio Di Rupo s'exprimait en flamand, avec une traduction simultanée. Contrairement à ce qui se fait d'habitude, on entendait les deux discours, néerlandais et traduction alors que généralement quand il y a traduction, on n'entend que celle-ci. J'ai donc trouvé cela très désagréable. De plus, il paraît que s'exprimer en néerlandais était voulu, une manière de faire du charme aux Flamands. Bien, mais à contrario, très déplaisant pour une francophone. Une manière de confirmer que contenter les Flamands est vraiment la priorité des priorités !

 

Je n'ai pas le texte du discours et mon décodeur, pourtant flamand, était en panne. Impossible d'enregistrer. De mémoire, avant d'aborder le fond, je dirai que cette manière de se présenter comme le sauveur de la Belgique, d'insister sur le "devoir" qu'il s'impose, le bien que la réforme représente pour le pays qui sera enfin ! débarrassé des problèmes constitutionnels, m'ont agacée. Pourquoi ? Je ne crois pas que la réforme permettra de vivre en paix, ni, même réussie, qu'elle sera la dernière. Or, je trouve que le prix à payer est énorme pour les Francophones.

 

Il a repris la comparaison d'une réforme copernicienne, le centre de gravité de la Belgique se déplaçant du Fédéral vers les régions, commenté longuement les compétences quittant le Fédéral et insistant sur le fait "historique" des milliards que cela représente. Bravo ! Pourtant, avant les élections, les partis politiques parlaient de la dette abyssale, de la difficulté de retrouver l'équilibre financier exigé par l'Europe alors que les caisses du Fédéral étaient vides. Je ne vois pas comment en versant autant d'argent aux entités fédérées (lesquelles d'ailleurs ?) le Fédéral ira mieux. Si les régions pourront créer des emplois de fonctionnaires, le Fédéral gardera les siens.

 

Une autre affirmation m'a paru utopique ou mensongère : "personne ne peut être appauvri". Donc pas d'appauvrissement des ménages wallons si les AF sont supérieures en Flandre, si l'impôt des sociétés permet une concurrence déloyale, si les soins de santé sont remboursés différemment, si et si.... Ceci affirmé au moment où la Région wallonne taxe le gaz plus fort qu'en Flandre...

 

Mais, pour moi, le plus incroyable est l'annonce faite de l'intention de revoir la loi de financement. Il me semblait pourtant que c'était le "non" francophone qui avait provoqué le blocage ! Et surtout, qu'après les concessions faites par les Francophones, beaucoup trop de mon point de vue, c'était une nouvelle revendication de la N-VA. Une de plus : Bart De Wever voit que cela marche, alors pourquoi ne pas en profiter ?

 

Je ne comprends pas qu'Elio Di Rupo demandant aux partis de prendre leurs responsabilités, certains l'interprètent comme un message envoyé à la N-VA. Dans le sens "cela suffit" alors que le préformateur annonce qu'il accepte de discuter de leur nouvelle, xième demande ? 

 

Rien sur Bruxelles. Et de nouveau, même ce matin, à la RTBF, le constitutionnaliste, Hendrik Vuye, professeur universitaire à Namur, conseiller de la NV-A  (comment est-ce possible ?) réaffirmait que Bruxelles était une ville spécifique et admettait implicitement la tutelle des deux régions. Cela valait la peine de bloquer la scission de BHV pendant des années pour que lors d'une réforme où l'on renforce les régions, Bruxelles ne puisse toujours pas être une région comme les autres.

 

Il y aurait encore beaucoup à dire, politologues et journalistes s'en chargeront.

 

Ce que je regrette le plus est que si le moment était vraiment venu de faire une grande réforme de l'Etat, cela se fasse sous la pression de la N-VA, selon ses diktats et que ce ne soit pas  l'occasion de redessiner une autre Belgique, plus équitable, au lieu de poser les jalons souhaités par Bart De Wever pour lui permettre, à plus ou loin long terme, de casser le pays.

 

Un mot encore, sur mon incompréhension totale de ce que fait Elio Di Rupo. Il renie ses promesses électorales, par exemple "jamais de scission de la sécurité sociale", victoire socialiste depuis 150 ans !

 

La démocratie, c'est bien sûr, le respect du voeu exprimé par les électeurs. Ce que je constate c'est que, cette réforme, seuls les partis flamands l'avaient mise au programme de leur campagne électorale. 70 % des Belges sont trompés.

 

Et que dire de la discrétion poussée jusqu'à l'absurde ? Un silence antidémocratique. Que penser de l'éviction absolue des autres partis ? Inédit, dit-on, oh oui ! mais une manière de rejeter des électeurs qui pourraient espérer, au moins, être tenus au courant.

 

C'est le "top" pour la Flandre. Même la RTBF a trouvé malin de faire la promotion de la côte tout l'été. Pas de carte touristique tronquée, non, de la pub, c'est tout.

 

12/08/2010

TREIZE MILLIARDS D'EUROS !

"La dictature, c'est "ferme ta gueule" et la démocratie c'est "cause toujours." (Woody Allen)

 

Treize millards de transferts pour :

 

- vider l'état fédéral de sa substance, en faire une coquille vide, à terme, mettre fin à la Belgique.

 

- pour répondre aux souhaits de Bart De Wever, acceptés par Elio Di Rupo : "Vu les résultats électoraux en Flandre, nous savons que le centre de gravité de la Belgique se déplacera de l'Etat fédéral vers les entités fédérées". (conférence de presse).

 

- pour sacrifier la sécurité sociale dont le PS avait fait un slogan de campagne : "150 ans de sécurité sociale".

 

- pour qu'un enfant ne soit plus égal à un enfant. (protestation du CDH à propos de l'enseignement.)

 

- pour mettre définitivement Bruxelles sous tutelle flamande et wallonne au lieu d'en faire, une région comme les autres, comme ce serait logique dans un pays devenu confédéraliste.

 

- pour que les Bruxellois soient forcés de se précipiter pour demander une carte d'identité flamande, tout bénif pour la Flandre.

 

- pour qu'Elio Di Rupo puisse devenir Premier ministre en reniant sa campagne électorale et le programme de son parti.

 

- pour que la Wallonie soit en plus grande difficulté économique, la Flandre pouvant attirer les entreprises en accordant des avantages fiscaux.

 

- pour donner satisfaction aux patrons flamands dont Bart De Wever est le porte-parole.

 

- pour que les Flamands puissent repeindre leurs signaux routiers.

 

- pour sans doute bien d'autres choses dont nous ne savons encore rien : il faut savoir doser l'annonce des catastrophes.

 

Tout cela sans qu'on ait abordé le vrai problème : le déficit abyssal de l'Etat.

 

Tout ce que l'on sait, c'est qu'il y a divergences entre ce que seront les entités fédérées, régions ou communautés. La Libre de ce matin pose la bonne question : "se dirige-t-on, finalement, vers un fédéralisme à 2, à 3, à 4 ?" Le confédéralisme à 4 serait un moindre mal mais cela m'apparaît bien peu probable vu la volonté des socialistes et des Flamands de mettre Bruxelles sous tutelle. Je rappelle que c'est au mépris de l'avis du Conseil d'Etat que les Flamands ont pu en faire leur capitale. Et comme disait quelqu'un, les Flamands n'y vivent pas ; non, ils se contentent de rafler les emplois sous prétexte de leur bilinguisme.

 

D'après les journaux, les Ecolos seraient prêts à monter au gouvernement si Groen obtient un poste de ministre et non un secrétariat d'Etat ! Autrement dit, les Ecolos seraient prêts à assurer les 2/3 au gouvernement, les 2/3 indispensables pour faire voter cette calamiteuse réforme de l'Etat, en échange d'un poste de ministre ! Désolant !

 

La seule chose que Bart De Wever n'ait pas obtenu, c'est la participation du MR. Pourquoi ? Parce que la haine qu'éprouve Elio Di Rupo envers Didier Reynders est plus forte que tout. D'où l'essai de Daniel Ducarme de bouter Didier Reynders hors du MR, maintenant. J'espère que le MR sera dans l'opposition et ne trempera pas ses mains dans cette boue.

 

Je dis souvent que l'histoire montre bien qu'elle est faite par quelques hommes. Hélas ! pas  les plus "vertueux". Je pense à Napoléon, un héros sanguinaire, à Hitler, à bien d'autres...

 

Comment comprendre que parce que la NV-A a fait un score que certains qualifient d'historique parce que la montée est spectaculaire, je dirais plutôt, parce que c'est un parti nationaliste, elle puisse imposer tout son programme ?

 

28,2 % mais pas 28,2 % d'accord avec son programme. Beaucoup ne l'ont pas lu, beaucoup n'ont retenu que le slogan une Flandre plus riche, fin des transferts scandaleux vers la Wallonie, d'autres l'ont rallié parce que devenue plus attractive que le Vlaams Belang, d'autres, comme dans toutes les élections, pour exprimer un vote contre les partis au pouvoir.

 

36,6 % pour les socialistes. Comment comprendre qu'ils pèsent moins lourd que les 28,2 % de la NV-A ? L'hypothèse la plus vraisemblable c'est que les socialistes approuvent le programme de la NV-A, même s'ils ne l'ont pas dit lors de leur campagne électorale. Et cela, c'est grave.

 

Je reprends le slogan de Woody Allen "la démocratie, c'est cause toujours". Non, nous ne pouvons pas nous taire. S'ils changent la constitution, il faut qu'ils en fassent une valable, non celle qui va à l'encontre de ce que la majorité des citoyens souhaite. Il suffit de lire les forums.

 

A propos d'internet, une anecdote : plus de trace sur le site PS des slogans électoraux, même du programme, plus grave même le lien d'un site qui comparaît les différents programmes électoraux est corrompu pour le PS ! On a compris.