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29/06/2014

COMPRENDRE ?

gouvernement fédéral, partis politiques, tractations

Un dilemme pour moi, me taire ou m’exprimer sur la situation politique actuelle.

Me taire : le plus simple. Je ne risque pas de dire des bêtises, je vis en paix, je pense à autre chose qu’à la politique qui actuellement m’empoisonne la vie. Heureusement, pour certains, le football est là !

M’exprimer : exactement l’inverse. Dire ce que je pense alors qu’au fond je ne suis pas du tout une spécialiste. Rien qu’une citoyenne qui vit mal ce qui se passe actuellement.

J’ai regardé Controverse comme je le fais chaque dimanche. J’ai renoncé, pour le moment, à visionner Mise au point car mon courage a des limites.

Je vais me borner à quelques réflexions.

Un plateau assez curieux, des sages, c’est-à-dire des personnalités censées l’être par leur expérience. OK.

Première surprise : Francis Delpérée fait partie des sages ! Je ne l’aurais pas classé dans cette catégorie malgré son âge. J’avais – naïvement sans doute – cru qu’il avait traité la NV-A, que tout le monde reconnaît comme parti démocratique, de parti raciste, un peu dans l’émotion ou pour faire un scoop. Ces phrases que l’on dit un peu rapidement, puis qu’on essaie à postériori de justifier. Effectivement, il maintient mais sans aucun argument ! Il va plus loin puisqu’il trouve impossible que le parti le plus important de la Belgique fasse partie du gouvernement fédéral ! Un comble. « Cadeau pour la NV-A » diront certains, à juste titre, comme Marcel Cheron et Dave Sinaret.

Je trouve aussi qu’écarter la NV-A du fédéral est non seulement antidémocratique mais est surtout une gifle administrée à la Flandre qui ne mérite pas cela.

Affirmer que la NV-A au gouvernement c’est faire de la Belgique un pays confédéral est stupide si on se réfère à la définition :

« Le confédéralisme est un système politique qui consiste en l’association de plusieurs états souverains et indépendants »

La Flandre est-elle devenue, sans que je m’en aperçoive un état souverain et indépendant ? Je croyais qu’elle était une entité fédérée comme la fédération Wallonie-Bruxelles.

Je vais être de bon compte et dire que c’est ce que craint Francis Delpérée qui rappelle qu’une Flandre indépendante est dans les statuts de la NV-A. Oui, mais statut et programme de gouvernement sont deux choses distinctes. C’est faire bien peu confiance aux partis francophones et aux autres partis flamands que de donner à Bart De Wever le pouvoir de transformer par un coup de baguette magique la Flandre en un état souverain.

Je rappelle que même les sondages ont montré que ce n’est pas ce que les Flamands veulent.

Je vais pousser l’analyse plus loin. Le PS veut bien gouverner avec la NVA mais ne veut pas que le MR le fasse. Où est la logique ?

Dans un pays normal, disait Elio Di Rupo, on aurait reconduit le gouvernement sortant. Ah bon ! Qui s’est empressé de former très rapidement un gouvernement régional PS/CDH pour écarter, une fois de plus les libéraux ? Paul Magnette avait pourtant déclaré, avant de se rétracter, qu’il fallait d’abord penser au fédéral avant de former des gouvernements fédéraux. Encore une fois, les Flamands n’ont formé leur gouvernement régional qu’après avoir vu ce que le PS avait fait.

Je peux comprendre que le CDH, n’ait pas voulu participer à un gouvernement de centre- droit étant dans un gouvernement de gauche, mais les arguments évoqués par Benoît Lutgen ne tiennent pas. La note de Bart De Wever écartait le communautaire et était de l’avis de tous presque suicidaire pour son parti. Je crois que c’est Dave Sinardet qui a dit « elle aurait été écrite par Di Rupo, on l’aurait acceptée. »

A court d’arguments on repart sur des suppositions : il dit que mais… et si cette phrase disait autre chose que ce qui est écrit… si, si, si… Un seul argument, le manque de confiance. Alors, là, on atteint les sommets. Cela me fait penser à ce que je disais dans un autre billet : l’amour existe-t-il en politique ?

Allons plus loin. Le MR écarté volontairement de la région, aurait au Fédéral, trop de pouvoirs, trop de ministres… Et en bonnes âmes, ils font remarquer qu’il y aurait trop de francophones qui l’attaqueraient. Joli ! Exactement comme si, une fois de plus, les Flamands comptaient pour du beurre.

Dixit donc, il faut reconduire une tripartite, écarter la NV-A, car c’est impensable que le PS ne soit pas partout !

Au fond, pourquoi votons-nous si la logique est de refaire ce qui existe sans tenir compte des résultats électoraux ? Le CDH a perdu mais peu importe. Ecolo, lui, a perdu mais le reconnaît et ne revendique pas de refaire un Olivier. Chapeau !

Avec tout cela, nous sommes bel et bien repartis pour une longue crise. Et, pour reprendre l’humour de quelqu’un, 300 jours, ce serait bien, car le record des 541 ne serait pas battu !

Pauvre pays !

Ne vous en faites pas, dans quelques jours, ils vont nous resservir le couplet de l’importance de l’économie, du chômage, de l’emploi. Ne riez pas !

 

09/02/2014

ANNIVERSAIRES.

En tant que fidèle téléspectatrice, je tiens à souhaiter un bon anniversaire à Controverse qui fête sa millième émission.

Je ne suis pas toujours d’accord – et c’est normal – avec ce qui est dit à l’émission mais je la trouve souvent intéressante. Le choix des invités me laisse parfois perplexe mais je comprends que l’animatrice tienne à avoir un plateau qui suscitera la « controverse ». Je n’apprécie pas toujours la mauvaise foi de certains, les dénis, les attaques de personnes mais c’est la politique !

 

controverse, l'invité, RTL

 

Je n'apprécie pas la nouvelle formule de Controverse. Trop de sujets, une course contre la montre, des journalistes qui posent une question, qui relance le débat pour... quelques minutes. L'animatrice n'aurait-elle pu poser la question elle-même ?

 

Je tiens particulièrement à remercier Pascal Vrebos qui a animé l’émission pendant très longtemps avec un professionnalisme exemplaire.

 

Aujourd’hui, il fête la 600ème émission de « L’invité » une émission dans laquelle les invités éprouvent beaucoup de difficultés à pratiquer la langue de bois. Bravo aussi pour son sérieux et pour son sourire !

controverse, l'invité, RTL

14:35 Publié dans Culture | Tags : controverse, l'invité, rtl | Lien permanent | Commentaires (0)

23/09/2013

CONTROVERSE.

Dominique Demoulin, Controverse, RTL

Comme je regrette Pascal Vrebos ! Je comprends qu’il ait choisi de mettre fin à l’animation de « Controverse » mais pour moi c’est bien dommage.

Dominique Demoulin l’a remplacé et pour moi, ce n’est pas un succès. Au lieu de se limiter à un seul sujet pour son débat, elle les multiplie. Débattre pendant 45 minutes lui semble impossible donc elle se hâte de passer « à autre chose ». Les yeux fixés sur sa montre, elle annonce : « Il est x minutes, l’heure de passer à y ». Elle me fait penser à un jeune prof qui de peur de ne pas avoir assez de matière en prévoit trop.

De plus, cette année, elle a ajouté la présence de journalistes, censés écouter le débat pour le commenter. Les pauvres prennent des notes et ont quelques minutes pour s’exprimer. Résultat, comme dimanche dernier, une question posée, laissée sans réponse et la parole qui revient aux débatteurs ! Au mieux, quelques phrases, vite coupées. Le temps, n’est-ce pas !

Je crois que Dominique Demoulin pourrait être une bonne animatrice. Elle a acquis de l’autorité, connaît son sujet, distribue plus ou moins équitablement la parole, est toujours aimable et souriante. Alors ? Elle doit revoir sa méthode et cesser de vouloir traiter tout ce qui fait l’actualité. Choisir…

Je profite de ce billet pour dire combien je regrette qu’il n’y ait pas en Belgique, à la télévision, de débats sur l’actualité internationale comme en France. L’information est donnée dans les journaux télévisés mais je souhaiterais un approfondissement.

Commenter ce qui se passe dans le monde me semble indispensable. Je regrette de ne pouvoir être informée que sur les chaînes françaises.  

24/06/2013

LES MEDIAS.

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Je voudrais revenir très loin, dans le temps. Les journaux étaient la seule source d’information. Je parlerai des plus connus. « Le peuple » socialiste, « La Libre » PSC, « Le Soir » neutre. Simple pour le lecteur qui choisissait son journal d’après ses opinions.

A y regarder de plus près, ce n’était pas aussi simple. Je prends le cas du Soir, qui justifiait sa neutralité par le pluralisme de ses journalises. En réalité, les questions sociales étaient traitées par une socialiste, l’enseignement par un PSC, il n’y a guère que l’économie qui était neutre.

Je me souviens d’une anecdote amusante. J’étais dans le bureau d’un syndicaliste CSC réputé,  lorsque le journaliste de La Libre lui a téléphoné. Démarche logique, l’information  doit bien se trouver. Ce qui l’est moins, c’est que, le lendemain, j’ai lu l’article, un copier/coller de la conversation téléphonique ! Je n’ai jamais oublié cet incident.

Quand la télévision est apparue, très vite, la RTBF a été considérée comme socialiste mais sérieuse, RTL était la TV «  de faits divers ». Les intellos regardaient la RTBF plutôt que RTL. Cela a bien changé.

Je sais que la ligne éditoriale était censée être fixée par un comité mais dans les faits, les journalistes jouissaient d’une grande liberté. Tout le monde se souvient des remous engendrés quand le journal changeait de propriétaire, les journalistes craignant pour leur liberté éditoriale.

Les temps ont bien changé. Les journaux n’ont plus la même étiquette et de ce fait, l’information est souvent la même. Ce n’est pas toujours vrai.

J’ai assisté ces dernières semaines à une véritable campagne du Soir contre Albert II. Elle a commencé par les rumeurs relayées de l’abdication possible cette année. La Libre les a très bien analysées et l’éclairage était fort différent.

Je passe sur les autres attaques pour en venir à l’affaire Delphine Boël. Sa décision de recourir au tribunal pour obtenir l’ADN du roi, d’Astrid et de Philippe, a été un véritable choc dans la population. Le Soir en a remis une couche en sollicitant sa mère pour une « interview exclusive » qui a finalement été reprise dans les journaux et à la télévision.

Hier, lors des débats télévisés, j’ai appris que le roi ne pouvait, à l’époque, ni maintenant reconnaître Delphine puisqu’elle est légalement la fille de Jacques Boël. Pourquoi une information aussi importante n’a-t-elle pas été diffusée ? Cela me pose un réel problème car la population s’est enflammée sur ce qu’elle a perçu comme une « abomination » royale.

La vérité étant connue, il me semble que les journaux devraient la diffuser. Je ne sais pas ce que fera Le Soir, rien sur le site internet et renvoi à l’édition pour les abonnés. Rien dans La Libre qui se contente de parler de la démarche de mardi. Pourquoi ?

Le plus curieux, c’est que RTL sur son site fait un compte rendu du débat absolument inadmissible. Deux tiers sont consacrés aux propos de Van Uytendaele, rien sur l’impossibilité royale de reconnaître Delphine. Pourtant plusieurs personnes l’ont affirmé mais rien. Le résumé de la RTBF, très court, est plus objectif et reprend l’information.

Je n’ose imaginer que Le Soir soit devenu républicain mais pourtant je ne comprends pas cet acharnement contre Albert II assortie d’une hypocrisie qui me met hors de moi. Albert II a été un grand roi, mais oust, qu’il s’en aille !

Et si je juge cette manière d’agir hypocrite c’est qu’elle est assortie d’un éloge de Philippe qu’on n’a jamais entendu. Il est, paraît-il, méconnaissable. La ficelle est un peu grosse !

Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, je dirai que je n’ai rien contre l’abdication du roi mais que, comme beaucoup, je pense que la décision lui appartient et que ces pressions sont intolérables. Je n’ai rien non plus contre Philippe mais le changement de ton à son égard me paraît suspect.

Internet est considéré par tous comme un formidable outil d’information mais où les dérives peuvent être dangereuses. Je revendique la liberté des twittos et des blogueurs car tout le monde sait qu’il parle en leur nom. Je suis moi-même blogueuse et je sais que je ne serai pas, même si je fais attention, nécessairement objective. Je le dis d’ailleurs souvent même pour une présentation d’un livre.

Ce qui me pose aussi problème pour l’information est la composition des plateaux de télévision lors des débats. Le choix n’est jamais innocent. Pour les politiques, c’est clair, ils représentent leur parti. C’est moins évident pour les spécialistes. Inviter un constitutionnaliste plutôt qu’un autre, un psychiatre plutôt qu’un autre a des répercussions sur l’information qui va être donnée. L’animateur est là pour veiller à un minimum d’objectivité ne fût-ce que dans le temps de parole mais encore faut-il qu’il le veuille et qu’il ait assez d’autorité pour qu’il y ait un minimum d’objectivité.

Nous sommes saturés d’information mais ne sommes-nous pas, trop souvent, manipulés ? je le crains. Et ces dernières semaines ont renforcé ma crainte.

Je m’en voudrais de ne pas mentionner combien j’ai apprécié les reportages de la RTBF sur nos rois sauf bien sûr le tout premier dont j’ai parlé dans mon blog. (billet du 28 mai).

Les journalistes font un métier difficile. Je suppose qu’ils ne sont pas toujours vraiment libres de dire ce qu’ils pensent. Je ne sais pas.

La presse hebdomadaire me semble plus claire. On sait très vite quelle est la « couleur » du magazine. On distingue aussi facilement la presse « people » de la presse sérieuse.

Je dirai, qu’heureusement, le lecteur a toujours le choix de son quotidien et peut exercer son esprit critique même si ce n’est pas toujours facile. Ne nous laissons pas manipuler !

31/10/2012

INDIGNATIONS.

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La polémique enfle sur le livre de Frédéric Deborsu. Le débat de Controverse de dimanche dernier avait déjà été sujet d'affrontements sur le rôle de la famille royale. "Un brouhaha royal" titrait Le Soir le 28 octobre. C'est vrai. Marc Uyttendaele clamait fièrement : "La famille royale n'a pas la fonction cruciale que certains voudraient lui attribuer, elle est seulement utile en cas de crise mais n'importe qui pourrait assurer ce rôle de la même manière." D'où la réponse d'Armand De Decker à Marc Uyttendaele et  José Dubié qui veulent faire de la Belgique une république "un président de la république belge auquel de toutes façons personne n'aurait confiance. La monarchie reste indispensable."

Je me demande comment on peut parler de république dans un pays où il faut des semaines pour arriver à former un gouvernement et à se mettre d'accord sur un Premier ministre ! Très habilement, les deux républicains reconnaissent la Monarchie indispensable en temps de crise mais c'est tout. Pas d'autre argument que de critiquer la fonction royale parce qu'elle est héréditaire. Heureusement, car c'est un gage de stabilité. De plus, après les élections communales, qui ont magistralement démontré comme on se fichait de l'électeur, affirmer qu'un président élu serait plus démocratique est vraiment aberrant.

Le Vif  du 26 octobre titrait : "Famille royale : un bon filon pour le business" Et encore sur le livre de Frédéric Deborsu "Plus riche en insinuations qu'en révélations, un brûlot qui laisse beaucoup de questions sans réponse."

Le livre s'est bien vendu comme se vend bien la presse people. Tout bénéfice pour l'auteur et l'éditeur.  La RTBF s'est contentée de se distancier de son journaliste, de l'interdire d'antenne et de l'envoyer au Service de documentation où, disait quelqu'un, il aura tout le loisir de consulter les archives pour écrire un autre livre !

Ce matin, Le Soir publie une lettre ouverte à Frédéric Deborsu écrite par le pédopsychiatre Jean-Yves Hayez et Françoise Leurquin, psychologue parlant de "l'énorme coup de poing au ventre que vous infligez aux quatre enfants de Philippe et Mathide. En pâture pour l'opinion publique, vous lancez qu'ils ont été conçus par fécondation artificielle – soit, ils ne sont pas les seuls à notre époque où la fécondité moyenne est en baisse – mais surtout, qu'ils l'ont été parce qu'il n'y avait pas d'amour entre leurs parents. Quelle information invérifiable et horrible ! La difficulté de rumeurs étant ce qu'elle est, on la leur lancera à la figure ou ils en prendront conscience tout seuls avant la fin de leur adolescence. Et ensuite, au moins un doute grave viendra empoisonner le reste de leur vie, poison dont vous serez largement responsable." Verdict terrible venant d'un psychiatre dont la compétence et l'honnêteté ont toujours fait l'unanimité.

Ce même jour, Le Soir nous apprend que le comte Thomas de Marchant et d'Ansembourg, cité dans le livre de Frédéric Deborsu comme ayant une relation intense avec le prince Philippe envisage de saisir le Conseil de déontologie journalistique. "Je suis effaré d'apprendre que, dans son enquête, l'auteur s'est contenté de deux à quatre témoignages concordants pour estimer que telle ou telle info était vraie." Ce psychothérapeute renommé souligne aussi le mal fait à sa femme et à ses enfants et, comme il avait déjà fait, nie qu'il ait été homosexuel.

Je pourrais penser que Frédérique Deborsu regrette au moins ce qu'il a écrit. Pas du tout. Il nie avoir porté atteinte à la vie privée et, le comble, affirme que son retrait de l'antenne n'est pas une sanction mais une protection que lui offre la RTBF face à la tempête médiatique. Il est serein et affirme qu'il retrouvera bien vite sa fonction. Ses confrères, eux, parlent "de malaise".

Pour moi, le tort fait à la crédibilité des journalistes de la RTBF est réel même si, bien sûr, tous ne sont pas comme leur confrère. Tout de même, j'aurais espéré une attitude plus ferme de la direction.

Je me pose pas mal de questions sur la personnalité de Frédéric Deborsu. On le dit jaloux du succès de son frère, en quête de notoriété, soit. Mais, qu'il affirme qu'il défend la Monarchie, lui rend service, dépasse tout ce que je peux entendre. Est-il stupide, naïf ? fieffé menteur, inconscient ? Je ne sais pas mais j'ai une certitude, il ne mérite plus le nom de journaliste.