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11/10/2011

LIBRES PROPOS 3.

Elio Di Rupo vient donc de présenter à la presse l'accord institutionnel. Il était entouré de tous les négociateurs très souriants.

 

D'emblée, il présente la portée de l'accord. "Enfin, nous avons un accord institutionnel global. Un accord pour faire évoluer notre pays et le stabiliser. Un accord qui répond aux souhaits de changement profond exprimés en Flandre. Un accord qui répond à la volonté de stabilité exprimée en force en Wallonie et à Bruxelles."

 

Je me réjouis bien sûr qu'après une crise aussi longue un accord soit conclu. Pourtant cette première phrase a créé chez moi un certain malaise. Je m'explique. Stabiliser le pays était certes le premier objectif à atteindre. Il paraît l'être mais le bémol de "l'évolution" pourrait laisser supposer que cette réforme, la sixième, ne sera pas la dernière. Beaucoup le craignent. Je vais être optimiste en pensant qu'il s'agit d'une évolution du pays par rapport à la situation actuelle.

 

Ce qui me gêne plus est le parallèle entre les souhaits de la Flandre et ceux de la Wallonie. C'est incontestable que la réforme constitutionnelle était voulue par la Flandre comme le fait que "le centre de gravité va se déplacer de l'Etat fédéral vers les Régions et les communautés". Mais, la volonté de stabilité de la Belgique n'était pas voulue uniquement par la Wallonie et Bruxelles. Même si la NVA pèse lourd en Flandre, les sondages ont bien montré qu'une grande majorité de Flamands était pour le maintien de la Belgique.

 

Que BHV soit enfin scindé ne peut que me réjouir. Ce dossier pèse lourd depuis trop longtemps. L'essentiel a été préservé même si d'aucuns regrettent le non élargissement de Bruxelles. J'ai toujours été convaincue qu'exiger cela était rendre tout compromis impossible. A ceux qui disent que le droit du sol l'a emporté sur le droit des gens, je dirais : les Wallons auraient-ils accepté que la communauté germanophone sorte de la Wallonie ? Et affirmer que sans élargissement de Bruxelles la frontière linguistique devient une frontière d'Etat est aller un peu vite. Depuis quand la frontière linguistique existe-t-elle ? Faut-il conclure un accord constitutionnel pour renforcer le pays ou pour préparer une scission ? Poser la question est y répondre.

 

Bien entendu le transfert des compétences vers les régions, le financement de ces compétences ne me font pas bondir de joie. Je souhaite que, comme l'affirme le formateur, cela rendra le pays plus efficace, qu'un Etat fédéral plus compact sera plus efficient. Mais, c'est vrai, je ne suis pas totalement rassurée.

 

J'espère aussi que Bruxelles soit vraiment devenue, comme l'affirment les négociateurs, une région à part entière.

 

Certes, un grand pas vient d'être fait mais la route reste longue et pleine d'embûches. Réussir une réforme économique efficace sera peut-être encore plus difficile que l'accord constitutionnel.

 

Et le gouvernement ? Les avis divergent quant à la participation des Verts. Et, les arguments des uns et des autres paraissent aussi pertinents. Les Verts ont participé aux négociations institutionnelles, il paraîtrait donc normal qu'ils soient au gouvernement. Par contre, trop de partis peuvent nuire à l'efficacité. Je suis moins sensible à l'argument d'une opposition nécessaire pour la démocratie. Je ne puis pas accepter non plus que leur participation au Fédéral soit indispensable parce qu'ils sont au pouvoir dans les régions. C'est au nom de l'Olivier que les libéraux avaient été écartés du gouvernement... Bref, c'est difficile et je ne voudrais pas devoir trancher.

 

Elio Di Rupo a aussi rappelé qu'il s'était engagé à la transparence car les citoyens avaient le droit de savoir. J'ai déjà dit que pour moi c'était important même si les spécialistes seront bien nécessaires pour comprendre les textes.

 

Même une citoyenne lambda peut se permettre de remercier tous ceux qui ont oeuvré à cette réforme et leur souhaiter le courage qu'il leur faudra pour continuer.

 

Gouverner, dit-on, c'est prévoir. Mais soyons justes, prévoir le long terme, avec certitude, est une mission impossible. Mais, comme le dit Aristote : "Dans toute action, dans tout choix, le bien est la fin, car c'est en vue de cette fin qu'on accomplit tout le reste."