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29/08/2011

C'EST LA RENTREE !

 

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Rentrée de vacances pour ceux qui ont eu la chance d'en prendre, rentrée scolaire, rentrée politique et retour des débats dominicaux.

 

CONTROVERSE.

 

Le thème est le slogan d'Anne Demelenne mais sous la forme interrogative : Faut-il faire payer les riches ?" Un oui sans surprise au premier tour de table. Très vite, l'unanimité craque. Qu'est-ce qu'un riche ? A partir de quels revenus ? Biens immobiliers + revenus professionnels ? Brouillard. Il est vrai que la question, si simple dans la bouche des syndicats, devient drôlement compliquée quand il s'agit d'être précis. Rappel de ce qu'on entend souvent : "Attention à la fuite des capitaux. Certains postes à responsabilité méritent bien un salaire élevé. Les politiques n'ont rien à dire dans le privé. Seuls devraient être concernés les entreprises publiques où l'état est actionnaire."

 

Je ne vais pas refaire le débat d'ailleurs peu audible. Je retiendrai seulement que l'écart entre hauts et bas revenus s'est agrandi et que c'est insupportable. De plus, c'est important, n'importe quelle taxe sur les riches rapporterait bien peu par rapport aux millards nécessaires. Dire, comme le martèle la FGTB, que cela règlerait tout est une tromperie.

 

Pour preuve que rien n'est simple, la proposition d'Etienne Davignon d'une cotisation de solidarité temporaire est jugée, par certains, être une aumône. Je repense à la fameuse déclaration de François Hollande : "Je n'aime pas les riches."

 

MISE AU POINT.

 

Thème du débat, les négociations. Il était faussé dès le départ puisque tous ont bien dit que les négociations ne se faisaient pas sur un plateau de télévision et que la discrétion était indispensable pour  la réussite. Seule exception, Olivier Maingain et, ce qui était assez marrant, c'est de constater que finalement, le débat tournait autour de lui. Tout le monde connaît ses propositions. Il les a rappelées assez souvent. L'élargissement de Bruxelles, la ratification de la convention-cadre sur la protection des minorités, la nomination des bourgmestres dans les communes à facilités.

 

Les politiques sur le plateau ont été d'une grande prudence. L'élargissement de Bruxelles ? Il y a différentes formules, on verra en négociations...

 

Je m'attendais à ce qu'on rappelle ce que les francophones ont toujours dit : compensations si BHV est une scission pure et simple, non négociée et surtout, l'indispensable, le refinancement de Bruxelles.

 

Olivier Maingain, a été beaucoup plus loin que ce qu'il dit d'habitude. En périphérie, si la scission de BHV, se fait, même négociée, un francophone ne pourrait plus passer son permis de conduire, comme c'est le cas actuellement, à Bruxelles. Pas de réaction, je pense que l'argument n'était pas connu, du moins c'est mon impression. Alors, tant qu'il y était, Olivier Maingain a été beaucoup plus loin, en demandant qu'il y ait des écoles francophones en périphérie, ajoutant avec l'air sérieux qu'il a habituellement, que cela ne le gênait pas qu'il y ait des écoles flamandes en Wallonie ! Là, je crois qu'il a perdu des points car ce n'est évidemment pas une revendication des francophones de la périphérie et il sait très bien que c'est surréaliste. Pour moi, il a perdu en quelques phrases toute crédibilité.

 

J'ai déjà dit que je ne voyais vraiment pas en quoi l'élargissement de Bruxelles, autrement dit, trois ou six communes, qui deviennent bruxelloises, était vital pour la survie du pays. Je dirais même le contraire. On sait que c'est un tabou flamand infranchissable, donc qui compliquerait encore la recherche d'un compromis. De plus, la volonté de rattacher Bruxelles à la Wallonie, m'apparaît bien comme prémisse de scission du pays.

 

Je ferais remarquer à Olivier Maingain que l'exemple de son permis de conduire n'est pas propre à la scission de BHV mais aux transferts des compétences aux régions, or, paradoxalement, il affirme haut et fort qu'il est régionaliste !

 

Pour moi, je n'ai pas changé d'avis. Il faut scinder BHV, sans toucher aux limites territoriales de Bruxelles, en préservant comme la note Di Rupo le prévoit, les droits d'être jugé dans sa langue.

 

Je regrette toujours que les partis au nord comme au sud, n'aient pas plutôt concentré leurs efforts sur une Belgique à quatre régions, non à deux. Cette hypothèse n'a jamais été retenue. Pourquoi ? En arrière fond, on sent bien que la scission du pays plane comme une menace. Elle pèse lourd, même si les politiciens savent bien qu'elle n'est pas réelle. Cela a été assez démontré. Il y a surtout, ce qui ne se dit pas, la crainte de pertes électorales, de pouvoir.

 

Les politiciens évoquent aussi le danger d'une cogestion de Bruxelles par la Flandre. Or cet argument devrait justement les inciter à travailler pour l'autonomie entière de Bruxelles. Plus les francophones affirment que Bruxelles leur appartient, plus les flamands tiennent à la cogérer. La logique voudrait que Bruxelles soit rendue aux Bruxellois.

 

Je voudrais aussi insister sur les compétences supplémentaires données aux régions. Celles-ci sauront-elles les assumer ? Que deviendra le Fédéral ? La Belgique sera-t-elle encore viable quand le fossé nord/sud se creusera davantage ? Je sais que l'on nous dit le contraire. Les réformes entreprises doivent faire de la Belgique un état moderne. Peut-être, mais viable ?

 

04/04/2011

LA BELGIQUE IMMOBILE.

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Des ennuis familiaux m'ont fait déserter mon blog. J'y reviens brièvement. Malgré ma ferme volonté d'oublier la politique, je n'ai pas pu empêcher des phrases de heurter mon tympan. Petit florilège.

 

Wouter Beke reçoit Di Rupo et De Wever.

 

Entendu tous les deux ou trois jours depuis un mois.

 

Le climat est constructif.

 

Phrase culte depuis les élections.

 

Semaine cruciale, décisive.

 

Antienne récurrente. Je propose quelques synonymes : déterminant, capital, principal, critique. (A garder en réserve : concluant.)

 

Tout est sur la table. On négocie.

 

Variante : on ne négocie plus depuis le 3 septembre ou, mieux encore, on n'a jamais négocié !

 

Impossible de ne pas tenir compte de tout le travail accompli. Refus d'une autre méthode ou d'une autre manière d'envisager l'avenir du pays.

 

Les psychologues nous ont enseigné que confrontés à un échec, il fallait en tirer les leçons et  repartir autrement. Trop simple.

 

Bart De Wever a lancé un ultimatum. Tout doit être terminé pour fin avril.

 

Plus récent : le CDH a lancé un ultimatum : l'offre francophone expire à la fin de l'été.

 

Sérieusement, qui peut croire aux ultimatums ? Ce n'est pas propre à la Belgique. Je me demande d'ailleurs combien d'ultimatums sont lancés par jour dans le monde...

 

Au risque de ma répéter, je reprends mes questions. Pourquoi un parlement d'une région peut-il décréter que ses dix résolutions sont applicables à tout le pays, même si elles impliquent un changement de la constitution ? Pourquoi les parlements wallon-bruxellois-germanophone n'ont-ils pas fait la même chose ? Octopus contre dixopus ? Pourquoi face à la "révolution copernicienne" voulue par les Flamands n'ont-ils pas proposé "une révolution newtonnienne" ?

 

Une réponse qui sera sans doute jugée trop simpliste : les Francophones n'étaient pas contre des compétences accrues pour leur région et n'ont pas mesuré le danger : de concessions en concessions ils allaient être entraînés trop loin, puis enfermés dans une logique de blocage.

 

Je sais, bien sûr, qu'il est impossible de former un gouvernement sans les Flamands. Que ceux-ci ont répété qu'ils n'entreraient pas dans un gouvernement sans une réforme constitutionnelle importante. Leçons retenues du passé, disent-ils. Mais, tout de même, le gouvernement est tombé sur la scission de BHV et apparemment, c'est le dossier qui a été examiné le plus tardivement.

 

Bruxelles. Région à part entière disent maintenant les Francophones mais après avoir créé leur fédération Wallonie-Bruxelles. Idée lancée en 2008 par le FDF puis vite reprise par Rudy Demotte.

 

Que l'élargissement de Bruxelles soit logique comme pour toutes les capitales, oui, mais vital, je ne comprends pas. Les trois communes intégrées dans Bruxelles ne deviennent-elles pas d'office bruxelloises ? En quoi cela renforce-t-il les liens avec la Wallonie ? Cela vaut vraiment une guerre ? (Je laisse volontairement de côté les considérations juridiques qui m'entraîneraient trop loin.)

 

Autre sujet de discussion, le nombre de partenaires. Les sept partis ne sont pas arrivés à un accord, on a fait mine d'ouvrir la porte aux Libéraux. Et bien entendu, BDW refuse de négocier avec un plus grand nombre encore de partis. Il préfère négocier avec le seul Di Rupo, c'est plus confortable et, bien sûr, cela se fait de manière constructive !

 

Je pourrais continuer. Rappeler le lyrisme d'Elio Di Rupo après les élections qui semble bien s'être transformé, je le comprends, en un profond découragement.

 

Une seule question : pourquoi continuent-ils à négocier l'impossible ? Qu'espèrent-ils ? Je voudrais pouvoir croire qu'ils ne sont pas en train de tromper toute la population et qu'ils espèrent vraiment aboutir à un compromis acceptable. Mais, hélas ! j'en doute.

 

Dans les pays arabes, des hommes meurent pour la démocratie. Chez nous, elle est bafouée. Les manifestations-frites, organisées par les jeunes pour "Une Belgique unie" n'ont suscité bien souvent que des sourires narquois. Comment ne pas désespérer ?

 

31/08/2010

ELIO, BART ET LES AUTRES.

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J'avoue que dimanche soir, en apprenant qu'Elio Di Rupo allait remettre au Roi sa démission de préformateur, j'étais très contente. Naïvement, j'imaginais qu'un autre préformateur serait désigné et pourrait, presque, repartir d'une feuille blanche. Le lendemain, à mon réveil, la phrase qui tue : le roi a refusé la démission !

 

J'ai donc assisté au concert de louanges du travail accompli par Elio Di Rupo et attendu avec impatience la conférence de presse. Je suis bien d'accord qu'Elio Di Rupo a fait un énorme travail, avec dit-on, patience et obstination. Mais j'ai sur le coeur les concessions énormes faites par les Francophones.

 

Dans sa conférence de presse, il s'est une nouvelle fois exprimé d'abord en néerlandais. Cela commence à bien faire. Le discours est le même qu'à la première conférence de presse. Il a accepté de continuer par "devoir" pour "sauver" le pays, éviter le "chaos" dans lequel la Belgique serait plongée s'il échouait. Il a insisté sur "la confiance" indispensable.

 

La réponse de Bart De Wever ne s'est pas fait attendre. Nous voulons des garanties pour le financement de Bruxelles et la loi de financement. Il ajoute qu'il veut négocier uniquement avec Elio Di Rupo, car un accord est impossible en prenant en compte l'avis de sept partis, même des petits !!! Cela peut paraître surprenant mais m'apparaît logique quand je me rappelle comment Elio Di Rupo a commencé sa mission de préformateur.

 

1. Il loue le travail de l'informateur. Je rappelle que Bart De Wever s'est contenté de recevoir les présidents de parti, d'écouter, de noter et de se taire.

 

2. Elio Di Rupo a rencontré longuement Bart De Wever avant d'entamer sa mission. Ils se sont donc mis d'accord pour commencer par la régionalisation, avant de parler de BHV, avant de se préoccuper des problèmes sociaux économiques.

 

3. Cette stratégie acceptée, il ne restait à Elio qu'à persuader le CDH et les Ecolos que transférer énormément de compétences aux régions était bon pour tous. Treize milliards d'euros !

 

4. Oubliés les tabous comme la sécurité sociale qui devait intégralement rester au Fédéral, la fiscalité, et tout le reste qui, de facto, fait du Fédéral, ce que voulait Bart De Wever, une coquille vide.

 

5. Bart De Wever a donc, de l'avis même des politologues et éditorialistes flamands obtenu beaucoup mais surprise ! il revient sur son accord avec Elio, et veut revoir la loi de financement.

 

6. Colère d'Elio mais il cède. Prudemment ils s'en tiennent à des énoncés de principes, avec comme d'habitude, une interprétation différente au nord et au sud. Même l'ordre, dira Dave Sinardet, est important et différent de chaque côté de la frontière linguistique.

 

7. Ils abordent le dossier BHV, avec confiance du côté francophone, puisqu'ils ont déjà tellement donné. Et c'est l'échec. Le CDH tient bon. Il s'agit de son avenir.

 

8. Nouvel essai d'Elio Di Rupo, nouvelles concessions, même les allocations familiales sont scindées à Bruxelles, une absurdité pourtant dénoncée par les spécialistes. A ma grande stupéfaction, les partis sont d'accord, sauf la N-VA et le CD&V.

 

9. Le préformateur admet son échec et se rend chez le roi.

 

Ce rapide résumé met bien en lumière ce qu'est la grande réforme de l'état. Une réforme copernicienne, le centre de gravité de la Belgique se déplaçant vers les régions.

 

Cette façon d'envisager la future Belgique a l'air de rencontrer l'adhésion. Mais, le hic, c'est qu'en ne voulant pas faire de Bruxelles une région à part entière, on se retrouve devant le même blocage, BHV et le refinancement indispensable de Bruxelles.

 

Je pourrais presque dire, heureusement ! car à long terme, les Wallons et les Bruxellois allaient finir par voir qu'ils avaient été bernés. Les dégâts engendrés par une réforme constitutionnelle ne sont parfois visibles qu'à long terme. Il suffit de relire l'histoire de ces cinquante dernières années.

 

Je voudrais aussi revenir sur un point important, la discrétion absolue imposée pour réussir. Je pense toujours qu'il fallait éviter les petites phrases prononcées après des réunions dans lesquelles les nerfs des négociateurs sont mis à rude épreuve. Cependant, je continue à dire que pousser jusqu'à l'absurde, c'était une erreur. Il y a quand même eu des fuites, des interprétations, des démentis. Je pense par exemple à la scission des allocations familiales qui avait suscité un tollé, le démenti d'Elio et finalement la certitude que c'est bien cela qui est envisagé.

 

Et maintenant ? Elio et Bart sont brouillés, paraît-il, mais les journalistes et politologues continuent à affirmer qu'ils sont obligés de s'entendre. Une autre arme a été trouvée, la menace d'un chaos qu'on nous présente comme irréversible parce qu'il n'y a pas de solution B. Vraiment, les Francophones ne peuvent pas présenter un schéma de la Belgique autre que celui voulu par les Flamands, pire par les nationalistes ? Alors, c'est grave.

 

Elio Di Rupo est régionaliste depuis toujours. Les socialistes sont demandeurs d'un  état wallon, donc ils soutiennent leur patron. Mais les autres ? Comment ont-ils pu accepter tout ce qu'on leur a fait avaler ? Comment peuvent-ils lire tous les jours que les Francophones ont fait beaucoup de concessions, les Flamands, aucune ?

 

Pour moi, c'est un mystère. J'espère que la volonté d'Elio Di Rupo d'être Premier ministre et d'entrer dans l'histoire comme celui qui a réussi où tout le monde a échoué, ne nous mènera pas trop loin, vers des rivages d'où on ne revient pas.

 

12/08/2010

TREIZE MILLIARDS D'EUROS !

"La dictature, c'est "ferme ta gueule" et la démocratie c'est "cause toujours." (Woody Allen)

 

Treize millards de transferts pour :

 

- vider l'état fédéral de sa substance, en faire une coquille vide, à terme, mettre fin à la Belgique.

 

- pour répondre aux souhaits de Bart De Wever, acceptés par Elio Di Rupo : "Vu les résultats électoraux en Flandre, nous savons que le centre de gravité de la Belgique se déplacera de l'Etat fédéral vers les entités fédérées". (conférence de presse).

 

- pour sacrifier la sécurité sociale dont le PS avait fait un slogan de campagne : "150 ans de sécurité sociale".

 

- pour qu'un enfant ne soit plus égal à un enfant. (protestation du CDH à propos de l'enseignement.)

 

- pour mettre définitivement Bruxelles sous tutelle flamande et wallonne au lieu d'en faire, une région comme les autres, comme ce serait logique dans un pays devenu confédéraliste.

 

- pour que les Bruxellois soient forcés de se précipiter pour demander une carte d'identité flamande, tout bénif pour la Flandre.

 

- pour qu'Elio Di Rupo puisse devenir Premier ministre en reniant sa campagne électorale et le programme de son parti.

 

- pour que la Wallonie soit en plus grande difficulté économique, la Flandre pouvant attirer les entreprises en accordant des avantages fiscaux.

 

- pour donner satisfaction aux patrons flamands dont Bart De Wever est le porte-parole.

 

- pour que les Flamands puissent repeindre leurs signaux routiers.

 

- pour sans doute bien d'autres choses dont nous ne savons encore rien : il faut savoir doser l'annonce des catastrophes.

 

Tout cela sans qu'on ait abordé le vrai problème : le déficit abyssal de l'Etat.

 

Tout ce que l'on sait, c'est qu'il y a divergences entre ce que seront les entités fédérées, régions ou communautés. La Libre de ce matin pose la bonne question : "se dirige-t-on, finalement, vers un fédéralisme à 2, à 3, à 4 ?" Le confédéralisme à 4 serait un moindre mal mais cela m'apparaît bien peu probable vu la volonté des socialistes et des Flamands de mettre Bruxelles sous tutelle. Je rappelle que c'est au mépris de l'avis du Conseil d'Etat que les Flamands ont pu en faire leur capitale. Et comme disait quelqu'un, les Flamands n'y vivent pas ; non, ils se contentent de rafler les emplois sous prétexte de leur bilinguisme.

 

D'après les journaux, les Ecolos seraient prêts à monter au gouvernement si Groen obtient un poste de ministre et non un secrétariat d'Etat ! Autrement dit, les Ecolos seraient prêts à assurer les 2/3 au gouvernement, les 2/3 indispensables pour faire voter cette calamiteuse réforme de l'Etat, en échange d'un poste de ministre ! Désolant !

 

La seule chose que Bart De Wever n'ait pas obtenu, c'est la participation du MR. Pourquoi ? Parce que la haine qu'éprouve Elio Di Rupo envers Didier Reynders est plus forte que tout. D'où l'essai de Daniel Ducarme de bouter Didier Reynders hors du MR, maintenant. J'espère que le MR sera dans l'opposition et ne trempera pas ses mains dans cette boue.

 

Je dis souvent que l'histoire montre bien qu'elle est faite par quelques hommes. Hélas ! pas  les plus "vertueux". Je pense à Napoléon, un héros sanguinaire, à Hitler, à bien d'autres...

 

Comment comprendre que parce que la NV-A a fait un score que certains qualifient d'historique parce que la montée est spectaculaire, je dirais plutôt, parce que c'est un parti nationaliste, elle puisse imposer tout son programme ?

 

28,2 % mais pas 28,2 % d'accord avec son programme. Beaucoup ne l'ont pas lu, beaucoup n'ont retenu que le slogan une Flandre plus riche, fin des transferts scandaleux vers la Wallonie, d'autres l'ont rallié parce que devenue plus attractive que le Vlaams Belang, d'autres, comme dans toutes les élections, pour exprimer un vote contre les partis au pouvoir.

 

36,6 % pour les socialistes. Comment comprendre qu'ils pèsent moins lourd que les 28,2 % de la NV-A ? L'hypothèse la plus vraisemblable c'est que les socialistes approuvent le programme de la NV-A, même s'ils ne l'ont pas dit lors de leur campagne électorale. Et cela, c'est grave.

 

Je reprends le slogan de Woody Allen "la démocratie, c'est cause toujours". Non, nous ne pouvons pas nous taire. S'ils changent la constitution, il faut qu'ils en fassent une valable, non celle qui va à l'encontre de ce que la majorité des citoyens souhaite. Il suffit de lire les forums.

 

A propos d'internet, une anecdote : plus de trace sur le site PS des slogans électoraux, même du programme, plus grave même le lien d'un site qui comparaît les différents programmes électoraux est corrompu pour le PS ! On a compris.

 

19/07/2010

IMPOSSIBLE D'ETRE PLUS CLAIR !

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Ce matin, dans Matin Première Bertrand Henne recevait Eric Defoort, historien, cofondateur de la NVA dont il est l'éminence grise, ami de Bart De Wever, Président de l'Alliance libre européenne qui regroupe une série de partis nationalistes ou indépendantistes, au sein de l'Union européenne.

 

En quinze minutes, il est arrivé à redire ce que veut toujours la NV-A. Deux régions fortes : la Flandre et la Wallonie. Bruxelles ? Pas de réponse sauf le principe de territorialité réaffirmé. Ce qu'on appelle le premier paquet de réformes? Des Zakousis. Cette réforme sera-t-elle la dernière ? Non, évidemment même si on arrivait à se mettre d'accord, la Belgique devra évoluer, comme l'Europe. L'amnistie ? Cela ne nous intéresse pas. Elio au 16, oui, car "Leterme s'est déculotté pour pouvoir rester au 16, on ne va pas imiter ce mauvais exemple". Elio Di Rupo devra améliorer son néerlandais pas comme sa compatriote Paola ! Il faut régionaliser le marché du travail, les soins de santé, les allocations familiales. Donc la sécu ? Oui, mais pas complètement. Il ajoute que le Vlaams Belang a perdu parce qu'il se préoccupe d'immigration plutôt que de l'avenir de la Flandre. Il insiste : la Flandre ne cherche pas à être indépendante, mais une région intégrée comme région dans l'Union européenne..

 

Ce bref entretien a le mérite d'être clair mais il ne donne que le point de vue de la NV-A. Je le relaie donc comme information. Nous ne savons rien de ce que se sont dit Bart et Elio. La discrétion est peut-être une bonne tactique mais elle a ses limites. Nous devrions savoir ce qui se prépare. Je m'inquiète de l'affirmation d'Elio Di Rupo qu'il garde des contacts constants avec Bart De Wever dont il loue le travail fait comme informateur et qu'il insiste sur la confiance installée entre les deux partis.

 

Le comique, si je puis dire, est que le seul point de divergences connu est la composition du gouvernement : MR et pas Groen, pour Bart ; Ecolo et pas le MR pour Elio.

 

J'avoue que je ne vois pas bien les convergences auxquelles le deux seraient arrivés. Bruxelles est-elle toujours une priorité pour les socialistes ? Pas sûr, Charles Picqué a l'air bien seul dans son parti et Rudy Demotte est assez naïf pour croire que sa fédération Wallonie-Bruxelles est bénéfique pour Bruxelles. La Flandre a besoin de Bruxelles pour se vendre à l'étranger. La fameuse carte qui avait fait scandale était bien intentionnelle. Pour les nationalistes,  Bruxelles est en Flandre. Si Bruxelles ne devient pas très vite une région à part entière, la Flandre se l'appropriera, tôt ou tard. Les Flamands ont fait de Bruxelles leur capitale, la preuve qu'ils ne la considèrent pas comme une région ! Seul le Parlement bruxellois, ayant les mêmes compétences que les autres parlements, pourra éviter une tutelle flamande.

 

Reste la périphérie. Pour Eric Defoor, pas de problème, elle est et restera en Flandre et, a-t-il ajouté, la reconnaissance des droits des minorités, comme le veut l'Europe, est une absurdité.

 

Je ne crois pas à une réforme constitutionnelle équilibrée. Sincèrement, pour moi, si ce qui est mis sur la table des négociations est le programme décrit par Eric Defoor, alors il faut refuser cette réforme et les partis qui accepteront d'aller au gouvernement pour assurer les 2/3 porteront une lourde responsabilité. Je regarde comme un rêve de la NV-A que la Flandre puisse être intégrée comme région dans l'Union européenne mais le reste...

 

Je sais que les éditorialistes flamands nous répètent que c'est la dernière chance qu'ont les Wallons d'avoir une bonne réforme. Je crois qu'un mauvais accord serait pire que tout. Si nous devions revoter, la NV-A devrait bien admettre son échec.

 

En Flandre toujours, on se réjouit de ce que les Francophones aient enfin compris qu'une réforme de l'Etat était nécessaire et acceptent le confédéralisme. Les Francophones disent qu'ils ne l'acceptent pas mais dans les faits, ils l'acceptent, en l'appelant autrement. Pour eux, la sécurité sociale doit rester fédérale mais s'ils acceptent qu'elle soit amputée, ce sera grave.

 

Elio Di Rupo, nous dit-on, ne veut pas rééditer ce qui s'est passé en 2007. C'est piquant quand on se rappelle que l'orange bleue a été sabotée pour que les socialistes reviennent au pouvoir...

 

Encore une fois, pourquoi le confédéralisme à quatre n'est-il pas possible ? Poser la question c'est y répondre, ni les Flamands, ni les Wallons, ne le souhaitent, pour des raisons différentes. Faut-il pour cela accepter n'importe quoi ? Quid des programmes économiques ? Quid du déficit ? Je souhaite un accord mais je reste sceptique.