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03/02/2015

CLAUDE MONIQUET.

Claude moniquet, ma menace terroriste

 

Claude Moniquet est né à Bruxelles le 3 mars 1958. Il a été un journaliste spécialisé dans les questions de sécurité et a travaillé plus d’une vingtaine d’années pour les médias notamment « Le quotidien de Paris » « Le Point » « L’Express ».

Il a été vingt ans à la DGSE (service de renseignements français) et a parcouru la planète entière : URSS puis la Russie, les Balkans, Israël, les Pays arabes, la Chine, le Vietnam, le Caucase, l’Amérique du nord. Il est considéré comme un spécialiste du terrorisme international.

En 2002, il a fondé l’ESISC, service de renseignements privés.

Il est l’auteur d’une vingtaine de livres portant sur l’histoire, l’espionnage, le terrorisme. « Les dossiers noirs de la Belgique » « Histoire de l’espionnage mondial » « Printemps arabes, printemps pourri » « Le Djihad, histoire secrète des hommes et des réseaux en Europe » « Neo-Dijadistes » « Services secrets pour les Nuls ».

LA MENACE TERRORISTE.

Le livre est une série d’entretiens avec le journaliste Jacques Bredael.

Dans le premier chapitre, Jacques Bredael l’interroge sur son passé. Son père était sous-directeur d’une compagnie d’assurances, sa mère, d’origine française, mère au foyer.

A quinze ans, il se révolte contre son milieu bourgeois et fréquente l’extrême-gauche. Il va même quitter l’école pour travailler dans une imprimerie, ce qu’on appelait alors dans le milieu « s’installer » c’est-à-dire quitter la bourgeoisie pour rejoindre la classe ouvrière.

Il avoue qu’il se déclarait marxiste-léniniste sans savoir exactement ce que cela voulait dire. Il participait aux manifestations et rendait des « services ».

Il lisait beaucoup et était impressionné par un héros des livres de Roger Martin du Gard « Les Thibault » dont le héros Jacques, est en rupture avec son milieu. (Des livres que j’ai beaucoup aimés.)

La rupture se fera en 1979 au cours d’une discussion avec un camarade qui trouvait acceptable la tuerie d’enfants israéliens « pour faire avancer la révolution ».

Il part alors en Israël, pour vivre dans un kibboutz et se donner le temps de réfléchir.

Il y restera longtemps et écrira des papiers pour des journaux. C’est le début de sa carrière de journaliste.

A propos d’Israël, même s’il est très attaché à ce pays, il a toujours soutenu une solution négociée du conflit israélo-palestinien qui aboutirait sur la création d’un état palestinien viable. Il est d’ailleurs opposé à l’occupation en Cisjordanie.

Revenu en Europe, il a travaillé pour une quinzaine de journaux différents et a effectué plusieurs reportages en Pologne et en URSS publiés sous un pseudonyme. Déjà, à l’époque, il écrivait beaucoup sur le terrorisme. (Brigades rouges en Italie, IRA, les CCC en Belgique)

Il devient anticommuniste en constatant que l’URSS n’est  guère le paradis décrit à l’époque.

Il est recruté par la DSGE et pratique le métier dangereux d’informateur. A l’époque, des agents étaient régulièrement arrêtés. Il raconte comment il lui arrivait de faire trois ou quatre heures de déplacement en alternant voiture, marche à pied, tramway, train avant de retrouver son contact.

Déjà, à l’époque, les services secrets étaient intéressés par les réseaux islamistes après les attentats commis en France.

Comme vous avez pu le constater par les livres publiés, il a beaucoup étudié les islamistes et insiste sur les attentats déjoués par les services de renseignements.

Jacques Bredael lui demandera ce qui pourrait arriver chez nous. Je recopie pour ne pas déformer.

« Nous devons faire face à deux menaces distinctes et complémentaires. D’une part, il y a toujours al-Quaïda, c’est-à-dire une mouvance dirigée par Ayman-al-Zawahiri, l’ancien idéologue de Ben Laden, devenu son successeur. Ces gens-là visent, essentiellement, à commettre des attentats massifs, extrêmement traumatisants pour la société du fait de leur ampleur et du nombre de victimes comme le « 11 septembre », Madrid en mars 2014, Londres en juillet 2005. (…) Et puis, il y a la deuxième menace, celle de l’Etat Islamique, l’EL. Ici, pas de grande machine, pas de vaste complot. (…) Lorsque Mehi Nemmouche tue quatre personnes, à Bruxelles, le 24 mars 2014, il est seul. (…) C’est ça la menace de l’EI : le risque à la fois d’actions bien préparées, comme l’attentat de Bruxelles et d’actes isolés mais qui entretiennent la tension et sèment la terreur. (…) Ce que l’on sait, c’est que sur les milliers de djihadistes occidentaux présents en Syrie et en Irak aujourd’hui, un certain nombres sont prêts à commettre et préparent des attentats en Europe et aux Etats-Unis. »

La position de Claude Moniquet est très claire : « Tous ceux qui reviennent doivent être considérés et traités comme des suspects, sans aucun doute. Le risque est trop grand pour se laisser aveugler par un humanisme angélique, qui n’est plus de saison. Il faut d’abord faire le tri… » « Nous avons légalement la possibilité de les mettre en prison, d’examiner leur cas calmement, en prenant du temps, de manière à déterminer qui mérite de rester un certain temps derrière les barreaux, et qui peut être remis en liberté. C’est la seule manière raisonnable d’agir ; on ne peut pas les laisser dans la nature car nous n’avons pas les moyens de les surveiller. »

Cela peut paraître dur mais je pense que Claude Moniquet qui a une très grande expérience du terrorisme ne parle pas à la légère.

Le salafisme ? C’est revenir à un islam des premiers temps, un islam pur, comme celui des « salafs » les pieux compagnons du prophète.

Que veulent-ils ? Détruire  l’occident comme on le dit souvent ? Pour Claude Moniquet, ce que veulent les idéologues c’est que l’occident se dégage, qu’ils puissent établir des régimes islamiques.

Il y a encore beaucoup de points traités par Claude Moniquet et Jacques Bredael, mais c’est impossible de les résumer.

Si j’ai voulu écrire ce billet, c’est pour faire connaître Claude Moniquet que tout le monde voit à la télévision sans savoir, à part sa réputation d’expert en terrorisme, qui il est.

Nulle arrogance chez lui, au contraire, il répond aux questions posées, d’un air calme et je me dis souvent qu’il doit parfois avoir envie d’intervenir beaucoup plus que ce que l’animateur des débats lui permet.

Comme le livre est un entretien mené par un journaliste, il se lit facilement, c’est presque du langage parlé. Je suppose qu’il a été construit à partir d’enregistrements.

Je voulais aussi recommander ses livres et en quelque sorte lui rendre justice car peu de personnes le connaissent.

A titre de comparaison, deux lignes dans Wikipédia contre combien pour d’autres célébrités ?

 

28/01/2015

COMMEMORATION.

Auschwitz.jpg

 

« Plus jamais ça »

Il y a septante ans, le 27 février 1945, l’Armée rouge découvrait le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz, en Pologne, qui allait devenir le symbole de la barbarie nazie.

Survivants de l’Holocauste, chefs d’Etat et têtes couronnées se sont réunis hier rappelant l’horreur des camps mais affirmant aussi leur crainte de voir monter l’antisémitisme. Un million et demi d’humains y ont été exterminés provenant de plusieurs pays d’Europe, des Juifs mais aussi des Tsiganes, des résistants polonais et russes.

La Belgique était représentée par le roi Philippe et la reine Mathilde, Charles Michel et Didier Reynders.

Camp.jpg

Le plus grand et le plus meurtrier de tous les camps d’extermination et de concentration nazis, Auschwitz-Birkenau, est le seul à avoir été préservé tel qu’il avait été abandonné par les Allemands en fuite devant l’Armée rouge. Il reste les ruines des chambres à gaz et des fours crématoires que les nazis ont fait sauter avant de fuir.

D’autres camps d’extermination nazis en Pologne  ont été complètement détruits par les Allemands pour en effacer les traces.

Pas de discours politiques, seuls les survivants ont raconté l’enfer qu’ils ont vécu et demandé que ce ne soit pas oublié.

Madame Simone Veil avait prononcé un discours lors de la cérémonie internationale du 27 janvier 2005 :

« Plus d’un million et demi d’êtres humains avaient été assassinés : le plus grand nombre simplement parce qu’ils étaient juifs. Sur la rampe, toute proche d’ici, les hommes, les femmes, brutalement débarqués des wagons, étaient sélectionnés en une seconde, sur un simple geste des médecins SS.

Que serait devenu ce million d’enfants juifs assassinés, encore bébés ou déjà adolescents, ici ou encore les ghettos, ou dans d’autres camps d’extermination ? Des philosophes, des artistes, de grands savants ou plus simplement d’habiles artisans ou des mères de famille ? Ce que je sais, c’est que je pleure encore chaque fois que je pense à tous ces enfants et que je ne pourrai jamais les oublier. »

Nous, les derniers survivants, nous avons le droit et même le devoir, de vous mettre en garde et de vous demander que le « plus jamais ça » de nos camarades devienne réalité. »

N’ont pas été oubliés les milliers qui ont sauvé les Juifs et ont été sacrés « Justes parmi les Nations »

Image du diplôme et de la médaille :

Médaille et diplôme.JPG

De nombreux livres ont été consacrés à la Shoah parmi lesquels celui de Primo Lévi « Si c’est un homme » témoignage majeur et glaçant de son expérience dans le camp.

La veille des commémorations, le réalisateur américain, Steven Spielberg, auteur du film « La Liste de Schindler » avait affirmé dans un discours que les Juifs étaient encore aujourd’hui confrontés aux « démons vivaces de l’intolérance » « Antisémites, extrémistes radicaux et fanatiques religieux commettent de nouveau des crimes. »

« Le plus jamais ça » est non seulement un appel à se souvenir de l’horreur mais aussi un appel à la tolérance et au respect de la dignité de l’homme.

 

14/11/2014

DOUNIA BOUZAR.

dounia bouzar, ils cherchent le paradis ils ont trouvé l'enfer, départ des enfants pour la Syrie, endoctrinement, internet, islam

 

Dounia Bouzar (Dominique Amina Bouzar) est née à Grenoble en 1964, d’un père maroco-algérien et d’une mère française d’origine corse.

Docteur en anthropologie, elle est spécialisée dans l’analyse du fait religieux. Elle a publié de nombreux articles, livres, essais et tribunes libres dans les médias.

D’abord éducatrice, elle a été chargée d’études « laïcité » au Ministère de la Justice, a siégé au Conseil français du Culte musulman, puis a été auditrice à l’Institut des hautes études de la défense nationale.

Elle a créé en 2009, avec sa fille Lydia, juriste, un cabinet spécialisé dans l’application de la laïcité et la gestion des convictions auprès des entreprises, des institutions et des politiques.

Œuvre : « L’islam des banlieues : Les prédicateurs musulmans, nouveaux travailleurs sociaux ? » « Etre musulman aujourd’hui » « L’une voilée, l’autre pas » « Quelle éducation face au radicalisme religieux ? » « Etre musulman aujourd’hui » « L’intégrisme, l’islam et nous »

ILS CHERCHENT LE PARADIS ILS ONT TROUVE L’ENFER.

L’auteur a recueilli le témoignage de plusieurs parents dont les enfants sont partis en Syrie pour y trouver le paradis.

L’héroïne principale du livre, si je puis dire, est Adèle, fille de Philippe, psychanalyste et Sophie, enseignante.

Adèle n’est pas rentrée, sa mère s’inquiète. Elle apprend qu’elle a souvent été absente au lycée. En fouillant sa chambre, elle découvre une longue lettre qui lui apprend qu’Adèle s’est convertie à l’islam et est partie pour la Syrie : « Je serai sur la Terre Promise, le Sham en toute sécurité. Parce que c’est là-bas que je dois mourir pour aller au Paradis. Et même si tu n’es pas musulmane, je me suis bien renseignée, je vais pouvoir te sauver. (…)J’ignore quand mon heure viendra. En attendant, je vais soigner les enfants blessés par Bachar el-Assad, puisque toute la terre s’en fout. »

Les parents signalent la disparition à la police, qui, malgré la lettre, répond simplement qu’elle est partie de son plein gré. Sophie apprend aussi, avec stupéfaction, que depuis 2013, les mineurs peuvent quitter le territoire français, avec un passeport valide, sans autorisation parentale.

Sophie va découvrir qu’Adèle avait un second profil Facebook où, convertie à l’islam, elle s’appelle Oum Hawwa et converse avec Abou Moustapha qui la presse de venir en Syrie.

Sur sa page Facebook, des photos de tués en Syrie, des armes, le drapeau d’Al-Quaïda.

Elle va apprendre qu’Adèle est détenue par Al-Nostra, une filière d’Al-Quaïda moins sanguinaires que l’EHL (Etat islamique du l’Irak et du Levant) dont les massacres d’otages ont été diffusés à la télévision.

Abu Oumma est le chef du groupe Al-Nostra français, un ancien bandit, spécialiste des braquages, incarcéré plusieurs années puis converti au jihadisme. C’est lui qui maintient les mineurs en Syrie.

Un long calvaire commence pour les parents d’Adèle. Celle-ci leur téléphone répétant comme un robot : « Je ne manque de rien, je mange bien, je suis dans une belle villa, Allah veille sur moi. » La communication téléphonique est chaque fois coupée.

Sophie n’a plus la force d’affronter ses étudiants, elle est en congé de maladie. Elle reprendra son travail plus tard.

Elle multiplie les appels aux forces de sécurité, dans les médias mais sans succès. Adèle lui téléphonera d’ailleurs pour lui reprocher d’avoir parlé d’elle à la télévision.

Sophie va rejoindre un groupe de parents dont les enfants sont partis en Syrie, qu’ellesappellent « Le rendez-vous des mères orphelines. »

Elle y retrouve la maman de Célia, partie depuis six mois, la maman d’Asia, âgée aujourd’hui de vingt-trois mois, enlevée par son père, pour mourir tous les deux en martyrs. Beaucoup d’autres.

Toutes voudraient aller rechercher leur fille mais Samy, leur déconseille formellement. Musulman pratiquant, il est parti chercher son frère mais est revenu bredouille après avoir failli mourir dix fois.

Le pire pour ces mamans est peut-être la réaction des autorités que résume Sophie. « Cà les arrange que nos gosses aillent se faire tuer là-bas. C’est bon débarras. Dans leur tête, ils sont devenus musulmans. Alors ça fait « présumés terroristes ». Leur seul problème, c’est d’envisager qu’ils puissent revenir en France. »

Un discours incompréhensible pour les parents, qui n’acceptent pas de voir leurs enfants comme des terroristes alors qu’ils les trouvent victimes d’un embrigadement sur internet, devant lequel la France est impuissante.

L’auteur reprend aussi le récit des femmes qui ont vécu la radicalisation de leur mari.

Célia, enceinte, veut revenir. Sa mère Nadine part la rechercher. Un voyage d’horreur que Sophie, partie à sa recherche, parce qu’elle n’a plus de nouvelles, va connaître aussi. Adèle refusera de rentrer.

L’auteur a constaté que beaucoup de ces jeunes ont connu un deuil dans la famille dont les gourous sont arrivés à ce qu’ils se croient responsables. Beaucoup sont issus de parents aisés, souvent athées.

Adèle donnera une explication à son départ. « J’ai choisi de me reconstruire. Dans les bras de Dieu, je sers à quelque chose, je vais régénérer l’univers avant qu’il n’explose. J’ai pris conscience qu’il faut agir, car la fin du monde est pour bientôt. C’est écrit que je dois avoir ce rôle. Quel temps ai-je perdu, que Dieu me pardonne. »

Le livre se termine dans l’horreur. Sophie reçoit un SMS : « Oum Hawwa est décédée aujourd’hui. Elle n’a pas été choisie par Dieu. Elle n’est pas morte en martyr : une simple balle perdue. Espérez qu’elle n’aille pas en enfer. »

L’auteur a choisi de construire son livre comme un roman. Elle nous fait partager la douleur des familles impuissantes et culpabilisées. Leur réaction aussi face à l’incompréhension.

Un livre émouvant qui interpelle et dont je vous conseille la lecture.

 

04/11/2014

J. COURTNEY SULLIVAN.

j. courtney sullivan, les débutantes, amitié, féminisme

J. Courtney Sullivan est écrivain et journaliste. Elle est née en 1982 et a fait ses études dans une université privée, uniquement réservée aux filles, le Smith Collège. Elle vit à Brooklyn et est journaliste au New York Times.

Œuvre : « Commencement » « Les débutantes » « Maine ».

Ses livres ont connu un grand succès aux Etats-Unis.

LES DEBUTANTES.

C’est l’histoire de quatre jeunes filles qui se sont connues à l’université et se retrouvent pour assister au mariage de l’une d’entre-elles, Sally, qui a lieu sur le campus de l’université.

L’auteur alterne les chapitres consacrés à chacune d’elles en mêlant leurs souvenirs universitaires et leur vie actuelle.

Célia est une irlandaise catholique qui rêve de devenir écrivain. Elle est charismatique, s’intéressant à ses autres compagnes, conseillère à l’occasion. Elle vient d’une famille aisée.

Bree vient du sud. Elle a été fiancée à seize ans mais a rompu ses fiançailles. Elle est amoureuse de Lara mais vit mal son homosexualité car elle veut se marier et avoir des enfants. Elle sera avocate.

Sally vient de perdre sa mère. Elle est riche mais n’y accorde pas d’importance. Elle va vivre des relations amoureuses et finira par se marier à vingt-cinq ans.

April est une féministe radicale. C’est la seule qui travaille pour payer ses études. Avec Ronnie, elle va monter une société pour tourner des films sur le sort des femmes : crimes d’honneur au Pakistan, mutilations génitales en Afrique, commerce du sexe en Asie et en Europe de l’Est.

L’auteur nous fait connaître l’université bien spéciale de Smith où tout est permis et où règne une grande tolérance.

Les quatre jeunes filles, très différentes, se lient d’amitié à l’université mais cette amitié perdurera même quand elles seront adultes. Elles gardent toutes un excellent souvenir de leur séjour universitaire même si la vie ne répondra pas aux attentes qu’elles avaient quand elles étaient étudiantes.

L’auteur aborde tous les sujets : mariage, grossesse, deuil, vie amoureuse, viol, ruptures, suicide. Les choix de vie des jeunes filles  ne sont pas toujours approuvés par leur entourage ou leurs parents par exemple l’homosexualité. Les parents de Bree refuseront de recevoir Lara.

Le plus intéressant est la vie à Smith. Loin des parents et des pressions de la société, véritable cocon, les jeunes filles peuvent faire leurs expériences et bâtir leurs plans d’avenir car tout semble possible. C’est un univers surprenant pour un lecteur occidental.

Le livre a remporté un grand succès. Roman sur l’amitié, sûrement, c’est le meilleur du livre.

Féministe ? Je suis plus réservée. Elles ont conquis l’indépendance, vivent sans contrainte à l’université mais si elles ont l’air de détester les hommes, elles ont des relations amoureuses…   L’homosexualité est très présente à l’université mais pas acceptée par la société. J’ajouterai qu’en 2000 elles profitent des acquis de celles qui les ont précédées.

J’aurais voulu en savoir plus sur leur réussite professionnelle qui est, selon moi, un vrai critère de l’émancipation des femmes.

Le livre est bien écrit, drôle, parfois émouvant mais je n’ai pas accroché à la deuxième partie.

Un mot sur l’université. Smith fait partie des sept universités féminines de l’Amérique, appelées les « les sept sœurs » Beaucoup de féministes engagées y ont fait leurs études comme Margareth Mitchell en 1922 et l’auteur.

Des citations tout de même du féminisme de l’auteur :

« Le féminisme est la notion radicale que la femme est un être humain. – Les hommes pris par un, on les adore, en groupe, ce sont des demeurés » (sic !)

« En fait, quand une femme écrit un livre qui se rapporte de près ou de loin aux sentiments ou aux relations humaines, on l’estampille littérature pour filles ou romans féminins »

Je ne peux pas être d’accord avec ce jugement d’une critique dont le nom n’est pas cité, repris en quatrième de couverture : 

« Si Les débutantes est d’abord un hymne à l’amitié, c’est également une réflexion passionnante sur l’indépendance des femmes dans notre société. Une réussite. »

A chacun son opinion…

 

22/04/2014

VLADIMIR FEDOROVSKI.

vladimir fédorovski, le roman de la russie insolite

 

Vladimir Fédorovski est né à Moscou le 27 avril 1950. D’origine ukrainienne, il est aujourd’hui Français. Il est l’écrivain russe le plus édité en France.

Elève à l’Institut d’Etat des relations internationales de Moscou, il y apprend l’anglais, le français et l’arabe.

En 1972, il sert d’interprète à Léopold Brejnev dans ses rencontres avec les dirigeants arabes. En 1977, il est nommé attaché culturel à Paris et y passe un doctorat en histoire.

Revenu à Moscou, il est considéré comme l’inspirateur de la perestroïka  en 1983 puis, lassé par les incohérences de Gorbatchev, il quitte la carrière diplomatique en 1990.

Il crée alors le premier parti démocratique russe qui s’oppose à la ligne dure du parti communiste de l’Union soviétique et du KGB.

Son œuvre est nombreuse : « Le Roman de Saint-Pétersbourg » « Le Roman du Kremlin » « Le Roman de la Russie insolite » « Le Roman de Tolstoï » « Le Roman des Tsars ».

LE ROMAN DE LA RUSSIE INSOLITE.

L’auteur dans sa préface nous dit vouloir revenir dans la Russie authentique. Nous allons croiser des personnalités diverses : Gogol, Dostoïevski, Tolstoï, Lénine et son égérie Inès, la tsarine Alexandra Fédorovna et le tsar Nicolas II, Raspoutine, Staline.

En même temps, l’auteur nous fait visiter plusieurs lieux célèbres notamment dans une annexe qu’il intitule « Les lieux et les gens ».

Nous parcourons ainsi l’histoire de la Russie qu’il qualifie « d’insolite » parce que différente de l’image que nous en avons. Son objectif est de nous faire comprendre « l’âme slave ».

« En Russie, les monarques peuvent devenir ermites, les fols en Christ gravir les marches conduisant au trône et les écrivains prétendre au rôle de prophètes. Si les frontières demeurent floues entre la religion, la littérature, la politique et l’érotisme, cette étonnante symbiose fut souvent éclairée à travers les siècles par la quête incessante de la spiritualité ».

C’est le cas des trois génies de la littérature russe : Gogol, Dostoïevski et Tolstoï voulant exprimer toutes les angoisses de la civilisation russe.

Nicolas Gogol (1809-1852) est un enfant de la campagne ukrainienne. « Taras Boulba » décrit la lutte héroïque des Cosaques contre les Polonais, au XVIIe siècle. Sa grande œuvre est « Les âmes mortes » dont l’auteur nous apprend que l’écriture de ce livre fut pour Gogol un véritable cauchemar. « J’aime le Bien, je le cherche (…) J’ai désiré servir mon pays… Et je me suis réconcilié avec mon travail d’écrivain après avoir senti que je pouvais le servir de cette manière »

Gogol se posera éternellement la question du Bien et du Mal. Un poète devenant prophète. Il brûlera la dernière version des « Ames mortes ».

Fédor Dostoïevski (1821-1871) estné à Moscou. Il est très vite confronté à la pauvreté. Il est admis à l’Ecole des ingénieurs militaires de Saint-Pétersbourg mais n’y reste qu’un an.

Fréquentant des cercles d’étudiants, il va être accusé, à tort, de trahison, arrêté, jugé, condamné à mort. Sa peine est réduite à quatre ans de travaux forcés, suivis de l’inscription au service comme simple soldat, avec perte de la noblesse et des droits civils. Il passera quatre ans en Sibérie se rapprochant de la religion car il n’avait qu’un seul livre en sa possession : les Evangiles.

Angoissé, malade, rongé par la passion du jeu, il deviendra de plus en plus sensible au mysticisme et aux traditions russes.

Dans son œuvre, il offre un tableau de la société russe, au lendemain des réformes de 1830, à une époque où les mœurs se corrompent. Pour lui, la beauté et la vérité ne peuvent se réaliser que dans la liberté spirituelle avec le Christ.

Léon Tolstoï (1828-1910)est un aristocrate. Il combat au Caucase et en Crimée et en rapporte une aversion pour la guerre et un intérêt profond pour la nature humaine. Installé dans la grande propriété familiale de Iasnaïa Poliana, il fonde une école villageoise pour améliorer le sort des paysans.

Tolstoï fut hanté toute sa vie par son goût de la luxure, s’interrogeant sur le péché de chair, culpabilisé, ne sachant résister malgré ses prières.

Inès (1874-1920) n’a que cinq ans quand, après la mort de son père, elle suit sa tante en Russie. Elle épousera un riche industriel, Alexandre Armand, mais s’ennuiera dans ce milieu. Elle fonde une école pour l’amélioration de de la femme et devient une figure phare du mouvement féministe.

En 1910, elle rejoint Bruxelles où elle fait des études d’économie politique à l’ULB. Elle s’installe à Paris. Elle va y rencontrer Lénine qui se fait appeler ainsi en souvenir de son exil sur les rives du fleuve Léna et pour qui elle avait déjà fait des traductions.

Ils ouvrent une école destinée aux responsables du Parti bolchevique. Lénine donne des cours de politique générale, Inès, des cours d’économie.

Ils sont très proches, peut-être amants. Inès devient une véritable militante révolutionnaire clandestine. En avril 1917, elle revient en Russie avec Lénine.

Après la révolution russe, elle s’engage en faveur des revendications féminines.

L’Eglise orthodoxe va renaître après les années communistes même si la spiritualité n’a jamais vraiment disparu. Dans la Russie d’aujourd’hui comme dans celle d’hier, il n’y a pas vraiment de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Poutine va régulièrement à la messe, fait pieusement ses Pâques sous les projecteurs de la télévision…