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18/02/2015

DANIEL FOENKINOS.

daniel foenkinos, les souvenirs, vieillesse, maison de retraite, rapports familiaux

 

David Foenkinos est né à Paris le 28 octobre 1974. Il étudie les lettres à la Sorbonne tout en se formant au jazz. Il devient professeur de guitare. Son premier roman « Inversion de l’idiotie : de l’influence de deux Polonais » est publié chez Gallimard en 2001 et il reçoit le Prix François Mauriac.

Œuvre : « Le potentiel érotique de ma femme » « En cas de bonheur » « La délicatesse » « « Le petit garçon qui disait toujours non » « Je vais mieux » « La tête de l’emploi » « Charlotte »

Il a réalisé une adaptation cinématographique de son roman « La délicatesse » avec Audrey Tautou et François Damien.
(Billet du 26 avril 2014)

LES SOUVENIRS.

Le narrateur écrit mais n’a jamais été publié. Pour vivre, il est de garde de nuit dans un hôtel. Le livre commence par la mort de son grand-père. Il l’avait beaucoup admiré. « Toute mon enfance, j’ai été émerveillé par ce personnage joyeux et facétieux. (…)Il changeait de métier tout le temps et ressemblait plus à un acteur qu’à un homme ordinaire.

Sa vie avait basculé quand il était tombé dans la douche à cause d’une savonnette. Il s’était cassé deux côtes et fracturé le crâne. Il n’avait jamais retrouvé la santé.

Sa grand-mère est désormais seule. Patrick lui rend souvent visite. En la regardant par la fenêtre, il est frappé par son immobilité. « Elle était comme une poupée de cire dans un musée poussiéreux »

Elle fait une mauvaise chute et ses fils veulent qu’elle aille dans une maison de retraite.  Elle ne veut pas, répète qu’elle préfère mourir chez elle. Elle va céder quand elle s’aperçoit que ses fils sont paniqués à l’idée qu’elle vive seule. « Elle vit soudain à quel point elle n’était plus une mère mais un poids.(…)C’était insoutenable pour elle qui avait vécu librement sans dépendre de personne. »

Son père et le narrateur vont la conduire dans la maison de retraite. Elle n’a qu’une petite valise « une valise ridicule, pathétique, une parodie de valise ».

Tout le trajet, son fils lui répète qu’elle va être bien, qu’elle pourra assister à des concerts, voir des films, participer à des ateliers et la grand-mère ne dit rien. Patrick est agacé par le comportement de son père et triste pour sa grand-mère.

Il va la voir régulièrement, lui propose de sortir mais elle refuse tout. « Comment puis-je laisser cette  femme qui m’a tant aimé, qui m’a consolé, qui m’a fait des soupes et des moussakas, comment puis-je la laisser là ? »

La grand-mère assure qu’elle va bien, qu’elle va s’habituer à cette nouvelle situation. « D’une certaine manière, sa délicatesse accentuait mon malaise. J’aurais presque préféré qu’elle soit odieuse ; la laisser là aurait alors été supportable. »

Elle avouera un jour que c’est son fils qui lui donne son argent de poche. « Tu te rends compte » Une triste réalité vécue par certaines personnes âgées.

Une résidente se suicide en se jetant par la fenêtre ce qui impressionne Patrick mais pas la grand-mère. Patrick l’emmène à l’enterrement et elle lui demande de la conduire à son appartement. Il va lui apprendre que malgré leurs promesses, ses fils l’ont vendu. « Elle s’en foutait de l’appartement : elle était obsédée par les meubles, les rideaux, les couverts. Tout avait été donné ou jeté, ça la rendait folle. »

Le temps passe et un jour la directrice de la maison de retraite apprend à Patrick que sa grand-mère a disparu. Il veut signaler la disparition à la police mais il est mal reçu. Il insiste. Sa grand-mère a presque quatre-vingt-dix ans, elle est forcément en danger. Rien à faire, on ne lance pas d’avis de recherche pour des majeures !

Il va recevoir une carte de sa grand-mére qui affirme qu’elle va très bien, qu’elle est partie faire un petit tour… D’après le tampon, il s’aperçoit qu’elle est partie pour Le Havre, là où elle est née. Il la retrouve et à sa demande, il l’emmène dans l’école de son enfance où elle fera sensation en racontant tous ses souvenirs dont celui de la guerre qui impressionne les enfants.

Ce sera sa dernière sortie car elle meurt peu après.

Lors de sa visite à l’école, Patrick a rencontré Louise, l’institutrice de CE2 et il est devenu amoureux. Louise le rejoindra à Paris.

La seconde partie du livre est consacré à son amour pour Louise. Au début, tout va bien. Patrick est devenu gérant de l’hôtel. Ils ont un enfant, Paul. Louise va l’emmener en vacances au Havre mais elle ne revient pas. C’est par téléphone qu’elle lui dira « Je voudrais qu’on se sépare. »

Je n’ai pas encore parlé des parents de Patrick. Au moment de leur retraite, ils ne vont pas bien. L’occasion pour l’auteur de souligner que la retraite tant attendue ne se passe guère comme on l’imaginait. Son père gérait une banque, sa mère était professeur.

Au début, sa mère voyage et tout va bien. Puis elle fait une dépression. Elle sera internée à l’hôpital Van Gogh. L’occasion pour l’auteur de s’exprimer sur l’enseignement. « L’Education nationale est tout autant une machine à former la jeunesse qu’à créer des dépressions chez les enseignants. »

Dans ce livre comme dans les autres, David Foenkinos traite des problèmes de société : la retraite, la vieillesse, les maisons de retraite, l’amour, les rapports familiaux. Il le fait avec humour mais aussi avec énormément de tendresse.

J’ai beaucoup aimé le livre.

 

03/02/2015

CLAUDE MONIQUET.

Claude moniquet, ma menace terroriste

 

Claude Moniquet est né à Bruxelles le 3 mars 1958. Il a été un journaliste spécialisé dans les questions de sécurité et a travaillé plus d’une vingtaine d’années pour les médias notamment « Le quotidien de Paris » « Le Point » « L’Express ».

Il a été vingt ans à la DGSE (service de renseignements français) et a parcouru la planète entière : URSS puis la Russie, les Balkans, Israël, les Pays arabes, la Chine, le Vietnam, le Caucase, l’Amérique du nord. Il est considéré comme un spécialiste du terrorisme international.

En 2002, il a fondé l’ESISC, service de renseignements privés.

Il est l’auteur d’une vingtaine de livres portant sur l’histoire, l’espionnage, le terrorisme. « Les dossiers noirs de la Belgique » « Histoire de l’espionnage mondial » « Printemps arabes, printemps pourri » « Le Djihad, histoire secrète des hommes et des réseaux en Europe » « Neo-Dijadistes » « Services secrets pour les Nuls ».

LA MENACE TERRORISTE.

Le livre est une série d’entretiens avec le journaliste Jacques Bredael.

Dans le premier chapitre, Jacques Bredael l’interroge sur son passé. Son père était sous-directeur d’une compagnie d’assurances, sa mère, d’origine française, mère au foyer.

A quinze ans, il se révolte contre son milieu bourgeois et fréquente l’extrême-gauche. Il va même quitter l’école pour travailler dans une imprimerie, ce qu’on appelait alors dans le milieu « s’installer » c’est-à-dire quitter la bourgeoisie pour rejoindre la classe ouvrière.

Il avoue qu’il se déclarait marxiste-léniniste sans savoir exactement ce que cela voulait dire. Il participait aux manifestations et rendait des « services ».

Il lisait beaucoup et était impressionné par un héros des livres de Roger Martin du Gard « Les Thibault » dont le héros Jacques, est en rupture avec son milieu. (Des livres que j’ai beaucoup aimés.)

La rupture se fera en 1979 au cours d’une discussion avec un camarade qui trouvait acceptable la tuerie d’enfants israéliens « pour faire avancer la révolution ».

Il part alors en Israël, pour vivre dans un kibboutz et se donner le temps de réfléchir.

Il y restera longtemps et écrira des papiers pour des journaux. C’est le début de sa carrière de journaliste.

A propos d’Israël, même s’il est très attaché à ce pays, il a toujours soutenu une solution négociée du conflit israélo-palestinien qui aboutirait sur la création d’un état palestinien viable. Il est d’ailleurs opposé à l’occupation en Cisjordanie.

Revenu en Europe, il a travaillé pour une quinzaine de journaux différents et a effectué plusieurs reportages en Pologne et en URSS publiés sous un pseudonyme. Déjà, à l’époque, il écrivait beaucoup sur le terrorisme. (Brigades rouges en Italie, IRA, les CCC en Belgique)

Il devient anticommuniste en constatant que l’URSS n’est  guère le paradis décrit à l’époque.

Il est recruté par la DSGE et pratique le métier dangereux d’informateur. A l’époque, des agents étaient régulièrement arrêtés. Il raconte comment il lui arrivait de faire trois ou quatre heures de déplacement en alternant voiture, marche à pied, tramway, train avant de retrouver son contact.

Déjà, à l’époque, les services secrets étaient intéressés par les réseaux islamistes après les attentats commis en France.

Comme vous avez pu le constater par les livres publiés, il a beaucoup étudié les islamistes et insiste sur les attentats déjoués par les services de renseignements.

Jacques Bredael lui demandera ce qui pourrait arriver chez nous. Je recopie pour ne pas déformer.

« Nous devons faire face à deux menaces distinctes et complémentaires. D’une part, il y a toujours al-Quaïda, c’est-à-dire une mouvance dirigée par Ayman-al-Zawahiri, l’ancien idéologue de Ben Laden, devenu son successeur. Ces gens-là visent, essentiellement, à commettre des attentats massifs, extrêmement traumatisants pour la société du fait de leur ampleur et du nombre de victimes comme le « 11 septembre », Madrid en mars 2014, Londres en juillet 2005. (…) Et puis, il y a la deuxième menace, celle de l’Etat Islamique, l’EL. Ici, pas de grande machine, pas de vaste complot. (…) Lorsque Mehi Nemmouche tue quatre personnes, à Bruxelles, le 24 mars 2014, il est seul. (…) C’est ça la menace de l’EI : le risque à la fois d’actions bien préparées, comme l’attentat de Bruxelles et d’actes isolés mais qui entretiennent la tension et sèment la terreur. (…) Ce que l’on sait, c’est que sur les milliers de djihadistes occidentaux présents en Syrie et en Irak aujourd’hui, un certain nombres sont prêts à commettre et préparent des attentats en Europe et aux Etats-Unis. »

La position de Claude Moniquet est très claire : « Tous ceux qui reviennent doivent être considérés et traités comme des suspects, sans aucun doute. Le risque est trop grand pour se laisser aveugler par un humanisme angélique, qui n’est plus de saison. Il faut d’abord faire le tri… » « Nous avons légalement la possibilité de les mettre en prison, d’examiner leur cas calmement, en prenant du temps, de manière à déterminer qui mérite de rester un certain temps derrière les barreaux, et qui peut être remis en liberté. C’est la seule manière raisonnable d’agir ; on ne peut pas les laisser dans la nature car nous n’avons pas les moyens de les surveiller. »

Cela peut paraître dur mais je pense que Claude Moniquet qui a une très grande expérience du terrorisme ne parle pas à la légère.

Le salafisme ? C’est revenir à un islam des premiers temps, un islam pur, comme celui des « salafs » les pieux compagnons du prophète.

Que veulent-ils ? Détruire  l’occident comme on le dit souvent ? Pour Claude Moniquet, ce que veulent les idéologues c’est que l’occident se dégage, qu’ils puissent établir des régimes islamiques.

Il y a encore beaucoup de points traités par Claude Moniquet et Jacques Bredael, mais c’est impossible de les résumer.

Si j’ai voulu écrire ce billet, c’est pour faire connaître Claude Moniquet que tout le monde voit à la télévision sans savoir, à part sa réputation d’expert en terrorisme, qui il est.

Nulle arrogance chez lui, au contraire, il répond aux questions posées, d’un air calme et je me dis souvent qu’il doit parfois avoir envie d’intervenir beaucoup plus que ce que l’animateur des débats lui permet.

Comme le livre est un entretien mené par un journaliste, il se lit facilement, c’est presque du langage parlé. Je suppose qu’il a été construit à partir d’enregistrements.

Je voulais aussi recommander ses livres et en quelque sorte lui rendre justice car peu de personnes le connaissent.

A titre de comparaison, deux lignes dans Wikipédia contre combien pour d’autres célébrités ?

 

28/01/2015

COMMEMORATION.

Auschwitz.jpg

 

« Plus jamais ça »

Il y a septante ans, le 27 février 1945, l’Armée rouge découvrait le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz, en Pologne, qui allait devenir le symbole de la barbarie nazie.

Survivants de l’Holocauste, chefs d’Etat et têtes couronnées se sont réunis hier rappelant l’horreur des camps mais affirmant aussi leur crainte de voir monter l’antisémitisme. Un million et demi d’humains y ont été exterminés provenant de plusieurs pays d’Europe, des Juifs mais aussi des Tsiganes, des résistants polonais et russes.

La Belgique était représentée par le roi Philippe et la reine Mathilde, Charles Michel et Didier Reynders.

Camp.jpg

Le plus grand et le plus meurtrier de tous les camps d’extermination et de concentration nazis, Auschwitz-Birkenau, est le seul à avoir été préservé tel qu’il avait été abandonné par les Allemands en fuite devant l’Armée rouge. Il reste les ruines des chambres à gaz et des fours crématoires que les nazis ont fait sauter avant de fuir.

D’autres camps d’extermination nazis en Pologne  ont été complètement détruits par les Allemands pour en effacer les traces.

Pas de discours politiques, seuls les survivants ont raconté l’enfer qu’ils ont vécu et demandé que ce ne soit pas oublié.

Madame Simone Veil avait prononcé un discours lors de la cérémonie internationale du 27 janvier 2005 :

« Plus d’un million et demi d’êtres humains avaient été assassinés : le plus grand nombre simplement parce qu’ils étaient juifs. Sur la rampe, toute proche d’ici, les hommes, les femmes, brutalement débarqués des wagons, étaient sélectionnés en une seconde, sur un simple geste des médecins SS.

Que serait devenu ce million d’enfants juifs assassinés, encore bébés ou déjà adolescents, ici ou encore les ghettos, ou dans d’autres camps d’extermination ? Des philosophes, des artistes, de grands savants ou plus simplement d’habiles artisans ou des mères de famille ? Ce que je sais, c’est que je pleure encore chaque fois que je pense à tous ces enfants et que je ne pourrai jamais les oublier. »

Nous, les derniers survivants, nous avons le droit et même le devoir, de vous mettre en garde et de vous demander que le « plus jamais ça » de nos camarades devienne réalité. »

N’ont pas été oubliés les milliers qui ont sauvé les Juifs et ont été sacrés « Justes parmi les Nations »

Image du diplôme et de la médaille :

Médaille et diplôme.JPG

De nombreux livres ont été consacrés à la Shoah parmi lesquels celui de Primo Lévi « Si c’est un homme » témoignage majeur et glaçant de son expérience dans le camp.

La veille des commémorations, le réalisateur américain, Steven Spielberg, auteur du film « La Liste de Schindler » avait affirmé dans un discours que les Juifs étaient encore aujourd’hui confrontés aux « démons vivaces de l’intolérance » « Antisémites, extrémistes radicaux et fanatiques religieux commettent de nouveau des crimes. »

« Le plus jamais ça » est non seulement un appel à se souvenir de l’horreur mais aussi un appel à la tolérance et au respect de la dignité de l’homme.

 

26/01/2015

LIBERTE D'EXPRESSION.

liberté d'expression, attentats, manifestations, réactions

 

J’ai été comme tout le monde profondément choquée par les attentats contre Charlie Hebdo, à Montrouge et dans le supermarché cacher à la porte de Vincennes.

Pourtant, au fur et à mesure des jours, je me suis sentie mal à l’aise devant les manifestations organisées pour revendiquer la liberté d’expression des journalistes de Charlie Hebdo, l’avatar « Je suis Charlie Hebdo » repris dans tous les médias pendant plusieurs jours, les bousculades devant les librairies pour acheter le journal dont le tirage est monté de jour en jour.

Mal à l’aise aussi devant les critiques des manifestations dans les pays musulmans défendant le prophète, les critiques aussi des réactions de jeunes refusant, dans les écoles, de s’associer aux minutes de silence.

Bien sûr, le « c’est bien fait » m’a choquée. Une réponse inadmissible envoyée à ceux qui défendaient les journalistes de Charlie Hebdo.

Les manifestations étaient faites pour défendre la liberté d’expression. Une liberté fondamentale énoncée par l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme. « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression ».

J’y souscris mais les caricatures m’ont choquée et je me suis posée plusieurs questions. Les humoristes ont-ils tous les droits ? Peuvent-ils se dédouaner des conséquences de leurs dessins ?

Je sais que la liberté d’expression est encadrée par des lois. En Belgique, la loi Moureaux du 31 juillet 1981. L’incitation à la haine ou à la discrimination pour des motifs xénophobes ou racistes est passible de sanctions.

Voilà pour le principe, clair en principe seulement puisqu’elle a été complétée par d’autres lois.

Disons-le franchement, la loi n’empêche pas les discriminations mais c’est un autre débat.

J’ai dû constater les répercussions de l’émotion suscitée par les attentats en écoutant les polémiques à propos du livre de Zemmour ou, c’est plus courant, la condamnation de Dieudonné qui excelle dans la provocation.

 Je ne comparerai certainement pas les journalistes de Charlie Hebdo à Dieudonné. Mais, il est clair que sa condamnation a été mise en exergue comme jamais.

A vrai dire, ma réflexion a plutôt porté sur la liberté d’expression, droit fondamental, certes, mais présentée souvent comme absolue. Je l’ai dit, elle est encadrée par la loi. J’aurais aimé que les médias le rappellent.

J’ai aussi pensé aux jeunes. Les profs ont bien des difficultés pour leur inculquer une valeur fondamentale elle aussi qu’est le respect des convictions des autres.

La religion a fait un retour spectaculaire dans la société. Qu’on le déplore ou non, c’est un fait. Or, l’histoire nous a appris combien elles pouvaient être « meurtrières ».

L’islam n’échappe pas plus que le catholicisme à cette tentation de justifier les pires atrocités par la croyance en Dieu.

Ce qui est nouveau, c’est qu’en occident, nous pensions être arrivés à bannir ces justifications. Mais nous sommes impuissants devant les représailles sanglantes de ceux qui revendiquent la liberté d’expression ou la démocratie ou devant la montée du radicalisme des jeunes.

Pour moi, c’est un paradoxe que de louer ceux qui se moquent des religions et en même temps chercher comment empêcher que les jeunes croient qu’ils peuvent tout faire au nom de Dieu.

Voilà l’origine de mon malaise.

Je suis bien d’accord que les caricatures ne sont un blasphème que pour les croyants. Mais, est-ce sage, dans la société actuelle, de leur donner l’occasion de pouvoir crier au blasphème ?

Aujourd’hui, c’est la banderole du Standard qui fait l’actualité. Condamnation bien entendu mais n’est-ce pas aussi la preuve que certains ont la conviction que tout est permis ?

 

16/12/2014

LAURENT GOUNELLE.

laurent gounelle, le philosophe qui n'était pas sage

 

Laurent Gounelle, né le 10 août 1966, est écrivain et consultant en relations humaines.
(Billets du 17 septembre 2012 – 18 avril 2013)

LE PHILOSOPHE QUI N’ÉTAIT PAS SAGE.

Sandro, enseignant de philosophie à l’université, démissionne après avoir sollicité un congé sans solde que le président lui a refusé. Il ne s’est pas remis du décès de sa femme Tiffany, journaliste décédée lors d’un reportage en Amazonie. Il veut punir ses assassins en les faisant souffrir comme il a souffert.

Pour accomplir son projet, il recrute des mercenaires, ceux qui ont ramené le corps de sa femme et lui ont fait croire qu’elle avait été victime d’un rituel, un sacrifice humain.

Il débarque en Amazonie où vivent des Indiens en harmonie parfaite avec la nature. Ils sont heureux, Sandro décide de les rendre malheureux « chaque heure, chaque minute, chaque seconde de leur vie, jusqu’à la fin de leur vie. »

Krakus va exécuter les consignes de Sandro. Il coupe les Indiens de leur vie quotidienne en les abreuvant d’informations pour les empêcher de réfléchir, leur fait construire des huttes qui les coupent les uns des autres, les gave de sucreries et d’objets inutiles.

Krakus prend plaisir à transformer ces Indiens qui perdent leur joie de vivre, deviennent envieux et individualistes.

Elianta, jeune chamane du village, va sauver son peuple.

Sandro apprendra la vérité, ce ne sont pas les Indiens qui ont tué sa femme mais Krakus.

L’histoire est simple mais invraisemblable. Le lecteur comprend tout de suite que c’est impossible que les pacifiques Indiens aient tué sa femme. Le village aussi semble irréel mais, bien sûr, l’auteur est libre de sa fiction.

Cependant, il est difficile d’imaginer que Sandro, prof de philo, se serve de sa connaissance de l’être humain pour transformer les Indiens avec un cynisme peu acceptable.

L’objectif de Laurent Gounelle est d’opposer deux conceptions de vie différentes. La vie occidentale et celle « pure » des Indiens.

La poésie est présente, le personnage d’Elianta attachant, le livre est bien écrit mais j’ai été déçue. J’avais aimé « L’homme qui voulait être heureux » et « Les dieux voyagent toujours incognito » même si je n’apprécie pas la littérature du développement personnel.

Dois-je rappeler que les livres de Laurent Gounelle sont des best-sellers dans de nombreux pays ?