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11/06/2014

INTERVIEW D'ALBERT II.

Interview d'Albert II

MERCI POUR CE TEMOIGNAGE EMOUVANT.

09/06/2014

YASMINA KHADRA.

yasmina khadra, qu'attendent les singes, algérie

 

Yasmina Khadra est le pseudonyme de l’écrivain algérien Mohamed Moulessehoul, né le 10 janvier 1955 dans le Sahara algérien.

Il a effectué toutes ses études dans des écoles militaires avant de servir comme officier dans l’armée algérienne pendant 25 ans.

Pour éviter la censure, il a écrit sous un pseudonyme, composé des deux prénoms de sa femme, en reconnaissance pour son aide.

Il ne dévoilera sa véritable identité, qu’après avoir quitté l’armée en 2000, dans deux livres « L’Ecrivain » et « L’Imposture des mots ».

Son œuvre est très nombreuse. Je citerai « Les agneaux du Seigneur » « Les Hirondelles de Kaboul » « L’Attentat » « Les Sirènes de Bagdad » « Ce que le jour doit à la nuit ».

Il a reçu de nombreux prix. L’Académie française lui a décerné le Grand Prix de Littérature Henri Gal pour l’ensemble de son œuvre.

Trois de ses livres ont été adaptés au cinéma : « Ce que le jour doit à la nuit » « L’Attentat » « Les Hirondelles de Kaboul »

Il a été candidat à l’élection présidentielle algérienne en 2013.

(Billets du 30/03/2010 -15/03/2011 – 7/08/2012 – 21/01/2014)

QU’ATTENDENT LES SINGES.

Une jeune étudiante est découverte assassinée dans la forêt de Baïnem, près d’Alger. Elle est belle, nue, merveilleusement maquillée, les cheveux constellés de paillettes, les mains rougies au henné. « On dirait que le drame l’a cueillie au beau milieu d’une noce. »

La commissaire Nora Bilal est chargée de l’enquête. C’est une dame d’une cinquantaine d’années, jalousée par ses collaborateurs, qui n’admettent pas d’être commandés par une femme.

Ce qui intrigue la commissaire, c’est une blessure sur la poitrine, un sein a été arraché. Le légiste lui apprendra qu’il ne s’agit pas d’une morsure de chien mais d’une morsure humaine.

Nora mènera son enquête avec obstination mais se heurtera au pouvoir, notamment à celui d’un vieillard Haj Hamerlaine. « Occupé à peaufiner ses pièges avec la patience implacable d’une araignée, Hamerlaine ne sort que très peu (…) Il ne se contente pas d’être un super-citoyen exonéré d’impôts, il s’autorise à racler le fond du Trésor public autant de fois qu’il le souhaite. »

Ce qui devait être un simple thriller devient un livre politique. Les meurtres se succèdent, même Nora finit assassinée.

Le lecteur prévoit le dénouement dès le début du livre mais celui-ci est vraiment invraisemblable.

Yasmina Khadra décrit une Algérie gangrénée par la corruption, les abus de pouvoir, une société machiste et immorale.

Les personnages sont nombreux : l’inspecteur Zine devenu sexuellement impuissant suite à une opération sanguinaire menée par des terroristes, le lieutenant Gerd, macho, Sid Ahmed, ancien journaliste qui a perdu sa femme tuée par des terroristes et d’autres.

Roman très noir, on l’aura compris.

Le personnage principal, Haj Hamerlaine, règne sur Alger. Un despote qui ne recule devant rien.

Le titre est complété assez tard dans le livre « Qu’attendent les singes pour devenir des hommes » renvoie le lecteur à toutes les horreurs décrites par l’auteur.

Je ne m’attendais pas à cela. Je mentirais en disant que je n’ai pas aimé le livre, Yasmina Khadra écrit vraiment très bien. Mais le côté politique du livre m’a gênée. Sa noirceur, aussi.

« En Algérie, les génies ne brillent pas, ils brûlent. Lorsqu’ils échappent à l’autofadé, ils finissent sur le bûcher. Si par mégarde, on les met sous les feux de la rampe, c’est pour mieux éclairer les snipers. »

Pour terminer sur une note moins noire, je reprendrai les premiers mots du livre :

« Dans la forêt de Baïnem, tout est enchantement ; la brume qui remonte du ravin, les moucherons qui virevoltent dans un halo de lumière, indissociables des étincelles gravitant autour d’eux ; la rosée sur l’herbe ; le bruissement des fourrés ; la fuite au ralenti d’une belette… »

 

05/06/2014

INTERVIEW D'ALBERT II.

Interview d'Albert ii, M...Belgique

 

 

L’annonce d’une interview accordée à Pascal Vrebos pour M…Belgique et qui sera diffusée lundi et mardi sur RTL a suscité une véritable polémique.

Les journaux se sont empressés de diffuser l’information précisant que le roi Philippe n’avait été ni consulté, ni informé.

Les titres des journaux sont éloquents :  "Une liberté qui crée la polémique » « Dans le dos de Philippe » « Un Roi tacle un autre roi » « Un vrai conflit de génération » « Albert sabote le travail du Roi »

Les journalistes condamnent l’interview avant même de l’avoir visonnée sauf certains passages diffusés sur internet.

Comme les journaux ont pris l’habitude de ne plus diffuser que les titres, je ne sais donc pas quelle est la teneur des articles.

Autre accusation « Le pire moment » c’est-à-dire au moment où Bart De Wever accomplit son travail d’informateur dans la plus complète discrétion. Quel lien y a-t-il ? Soit le roi critique son fils ou émet des considérations sur les négociations en cours et ce serait grave, soit, il ne le fait pas et, dans ce cas,  les journalistes lui font un procès d’intention.

Ce qui est étrange c’est qu’aucun journaliste, à ma connaissance, n’ait accusé Pascal Vrebos de faire un scoop pour son journal. On ne s’attaque pas entre collègues… On sait seulement que l’entretien a eu lieu pour le quatre-vingtième anniversaire du Roi.

Oubliée l’émotion suscitée par son abdication. Oubliés les services rendus au pays en acceptant d’être roi après la mort de son frère. Oubliées les éloges unanimes exprimées lors de son abdication.

Une voix discordante, la plus inattendue, celle de Marc Uyttendaele, républicain convaincu mais aussi constitutionaliste. Le titre de son intervention parue dans Le Soir : « AlbertII, beaucoup de bruit pour rien. »

Je reproduis un extrait de son intervention :

« Albert II, après son abdication, est redevenu un citoyen ordinaire, ou presque. Tout au plus doit-il respecter un code de bonne conduite dans son expression publique, et ce en contrepartie de la dotation auquel il a droit. Il doit veiller à ne pas compromettre par ses propos, ses attitudes ou ses comportements la dignité et Voila respectabilité qui s’attachait à sa fonction et faire preuve de réserve dans l’expression publique de ses opinions. Il doit témoigner de respect pour les conceptions politiques, philosophiques, idéologiques ou religieuses qui s’expriment dans une société démocratique. C’est bien là les seules contraintes qui s’imposent à lui et il est improbable qu’il les ait méconnues. »  

Voilà qui est dit et bien dit.

Il ajoute :

« Contrairement à ce qui a été affirmé, il ne doit pas solliciter l’autorisation de quiconque avant de s’exprimer publiquement. Il lui est loisible de le faire dans la langue de son choix et au moment où il estime opportun. Il est grand temps si ce système veut bénéficier d’une quelconque pérennité, de faire entrer la monarchie dans l’ère de la normalité de la vraie vie. »

Je rappelle que c’est pour son anniversaire que le Roi a été sollicité par Pascal Vrebos pour une revue rédigée en français.

Je suis rarement d’accord avec Marc Uyttendaele aussi c’est chaleureusement que je le remercie pour son intervention.

Comme on pouvait s’y attendre, les commentaires dans les journaux sont injurieux  pour le roi et ils sont publiés !

Qui a donc allumé l’incendie ? Les médias ! Sans attendre la publication de l’interview. C’est seulement alors qu’il aurait été légitime d’analyser ou, éventuellement, de critiquer l’entretien.

Comme si cela ne suffisait pas, Sudpresse a été interroger Sybille de Sélys Longchamps pour remettre un peu d’huile sur le feu !

Tout cela est désolant.

En Espagne aussi, l’abdication du roi a suscité des propos malveillants. Qu’importe qu’il ait rétabli la démocratie après la dictature de Franco. L’important, c’est sa chasse aux éléphants !!!

Dans quel monde vivons-nous ?

 

02/06/2014

DOMINIQUE VENNER.

dominique venner, l'imprévu dans l'histoire, treize meurtres exemplaires

 

Dominique Venner, né à Paris en 1934 est un historien et essayiste auteur de nombreux ouvrages sur la période de 1914 à 1945.

A dix-sept ans, il s’engage comme volontaire dans la guerre d’Algérie et est décoré de « La croix du combattant. »

Revenu en Métropole, il s’engage en politique. Sa période de militantisme s’achèvera en 1967. Il quitte Paris afin de se ressourcer au plus près des forêts et entame une carrière d’écrivain.

Après avoir fondé et dirigé la revue « Enquête sur l’histoire » disparue à la fin des années nonante, il fonde « La Nouvelle Revue d’Histoire » qu’il dirigera jusqu’à sa mort.

Le 21 mai 2013, il se donne la mort par arme à feu devant l’autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Dans la lettre qu’il laisse il dit avoir choisi le lieu par admiration pour l’édifice qu’il respecte.

« Je suis sain de corps et d’esprit, et suis comblé par ma femme et mes enfants. (…) Je me donne la mort afin de réveiller les consciences assoupies. (…) Je demande pardon par avance à tous ceux que ma mort fera souffrir, et d’abord à ma femme, à mes enfants et petits enfants, ainsi qu’à mes amis et fidèles. »

Sa mort sera un choc pour sa femme et ses amis qui ne s’y attendaient pas du tout.

Parmi ses nombreux ouvrages, je citerai « Le Blanc Soleil des vaincus » « Histoire de la collaboration » « Histoire du terrorisme » « Histoire critique de la Résistance » « Histoire de l’Armée rouge » récompensé par un prix de l’Académie française. Il a aussi consacré de nombreux livres aux armes et à la chasse.

L’IMPREVU DANS L’HISTOIRE. TREIZE MEURTRES EXEMPLAIRES.

A l’origine des conflits mondiaux, il y a souvent le meurtre d’un homme dont dépendait le destin collectif. Dominique Venner analyse treize meurtres exemplaires qui ont forgé l’histoire.

1.     Kiev, 14 septembre 1911 -  Pierre Stolypine - Le meurtre de la Sainte Russie.

2.     Paris, 16 mars 1914 – Gaston Calmette – Un drame personnel dans un drame historique.

3.     Sarajevo, 28 juin 1914 – François Ferdinand – Un coup de pistolet, neuf millions de morts.

4.     Petrograd, 30 décembre 1916 – Raspoutine – Le suicide d’une société moribonde.

5.     Berlin, 24 juin 1922 – Walther Rathenau – Ouvrir la brèche et disparaître.

6.     Marseille, 9 octobre 1934 – Alexandre de Yougoslavie – La vengeance croate.

7.     Mexico, 20 août 1940 – Deux ans d’approche, vingt ans de silence.

8.     Paris, 21 août 1941 – Aspirant Moser – La logique du terrorisme.

9.     Alger, 24 décembre 1942 – Amiral Darlan – La stratégie du billard.

10.  Wolfsschanze, 20 juillet 1944 – Les derniers feux de l’Allemagne secrète.

11.  Dallas, 22 novembre 1963 – John Kennedy – Une mort pour rien ?

12.  Rome, 9 mai 1978 – Aldo Moro – Le paradoxe des conséquences.

13.  Paris, 7 avril 1994 – François de Grossouvre – La mort de l’Elysée

 

« L’assassinat politique fut de tous les temps et de tous les pays. Les hommes ont toujours fait usage de ce procédé expéditif pour assouvir une vengeance, faire place nette d’un concurrent, frapper un ennemi ou se débarrasser d’un quidam encombrant. »

« Il en est de l’assassinat politique comme du terrorisme. Il est de bon ton d’en condamner hautement le principe tout en se réjouissant secrètement quand des gens que l’on n’aime pas sont frappés. »

L’auteur souligne que les meurtres dont il parle n’auraient pas pu avoir lieu sans une défaillance du système de protection des victimes. Notre époque a retenu la leçon et a mis l’accent sur la sécurité. Il ajoute que ces assassinats ont souvent été justifiés moralement.

Les treize meurtres choisis par l’auteur sont analysés en profondeur, impossible de les raconter sans le trahir.  

Quelques précisions tout de même.

L’assassinat de Pierre Stolypine, Premier ministre impérial d’exception dont les réformes spectaculaires accordaient enfin la prospérité à l’immense population paysanne, a déstabilisé le pouvoir des Romanov. Celui de Raspoutine ouvrira la voix à la révolution bolchevique de 1917.

Quand l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’empire austro-hongrois, tombe sous les balles des fanatiques serbes, l’Europe manque cruellement d’hommes d’Etat capables de défendre la cause de la paix contre celle de la guerre. L’attentat de Sarajevo engendrera une guerre mondiale qui fera neuf millions de morts.

Claus von Stauffenberg aurait pu tuer Hitler le 20 juillet 1944. L’épaisseur du bois d’une table qui a protégé le Führer a été un instrument du destin pour quelques mois.

L’assassinat de Kennedy reste encore une énigme. A-t-elle changé le cours de l’histoire ?

« Les hommes font l’histoire mais ils ne savent pas toujours quelle histoire ils font.

Je terminerai par cette citation que l’auteur place en épilogue de son livre :

« L’Histoire nous surprend. Telle est bien la conclusion que l’on peut tirer des treize évocations dans ce livre. Les périodes de calme apparent ont tendance à faire oublier la grande et constante réalité historique. Puis, soudain, comme un coup de canon, l’inattendu s’impose, renversant les certitudes et les plans les mieux établis. »

Je ne connaissais pas l’auteur. Le titre du livre m’avait intriguée,  je n’ai pas été déçue. Ce billet est trop court pour en restituer la richesse. Mais, je voulais au moins le signaler.     

 

28/05/2014

UN PEU D'HUMOUR.

georges clemenceau, le tigre, humour

 

Clemenceau, homme politique français (1841-1929) surnommé « Le Tigre » était réputé pour son humour.

Au député Jules Ferry qui avait exalté à la chambre des députés le rôle civilisateur de la France à l’égard des « races inférieures » il répondit :

« Races supérieures, races inférieures, c’est bientôt dit ! Pour ma part, j’en rabats singulièrement depuis que j’ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand. »

On connaît sa trouvaille pour le titre donné à l’article d’Emile Zola en faveur du capitaine Dreyfus dans son journal L’Aurore : « J’Accuse ! »

Du général Boulanger qui se suicida sur la tombe de sa maîtresse : « Il est mort comme il a vécu, en sous-lieutenant » et encore, pour le même : « La guerre ! C’est une chose bien trop grave pour la laisser aux militaires. »

A un orateur ennuyeux à la Chambre des députés : « Reposez-vous ! – Mais je ne suis pas fatigué ! – Alors, reposez-nous ! »

A la mort d’un illustre savant, il proposa comme épitaphe : « Ci-gît Marcelin Berthelot. C’est la seule place qu’il n’ait jamais sollicitée. »

Clemenceau se plaignait d’un arbre, appartenant au lycée Saint-Louis, qui faisait de l’ombre à son bureau. Le principal le fit abattre « Mon Père, je peux bien vous appeler ainsi puisque vous m’avez donné le jour ! » Le principal lui répondit : « Mon Fils, je peux bien vous appeler ainsi car, grâce à moi, vous avez entrevu le ciel… »

A l’adversaire d’un duel qui recula devant l’épée de Clemenceau « Vous nous quittez déjà ? »

Lors d’une interview, observant son chien qui aboie : « On dirait un vrai ministre ! Il aboie en reculant. »

 « Une dictature est un pays dans lequel on n’a pas besoin de passer toute la nuit devant son poste pour apprendre le résultat des élections. »

« Un traître est celui qui quitte son parti pour s’inscrire à un autre ; et un converti celui qui quitte cet autre pour s’inscrire au vôtre. »

« Tout le monde peut faire des erreurs et les imputer à autrui : c’est faire de la politique. »

« Pour mes obsèques, je ne veux que le strict minimum, c’est-à-dire moi. »

 

Un humour parfois grinçant mais qui est passé à la postérité !