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23/05/2011

ALAIN MINC.

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Alain Minc est né le 15 avril 1949. Bardé de diplômes, son parcours professionnel est sinueux. Auteur prolifique, il publie un livre par an. Intellectuel reconnu, souvent contesté, il est actuellement conseiller de Nicolas Sarkozy.

 

UN PETIT COIN DE PARADIS.

 

Le paradis d'Alain Minc n'est pas un coin de verdure, de fleurs odorantes, de soleil, non, son eden, c'est l'Europe. Son livre est un hommage même s'il admet qu'il y a bien des disparités entre les pays. La France n'est pas l'Allemagne, la Belgique n'est pas la Pologne, pour ne citer qu'eux. Il a choisi de comparer l'Europe aux Etats-Unis : "Il existe aujourd'hui une Europe des libertés auprès de laquelle les Etats-Unis font pâle figure."

 

Dans le premier chapitre du livre qu'il intitule "Le paradis des libertés" l'auteur cite la liberté d'expression, la peine de mort proscrite en Europe depuis des décennies, toujours en vigueur dans certains états des Etats-Unis, le record mondial que les Américains détiennent en nombre de prisonniers : plus de deux millions contre 1,5 millions en Chine. Alain Minc insiste évidemment sur la torture, Guantanamo, les prisons clandestines de la CIA, les traitements dégradants qui y sont pratiqués.

 

Comme exemple de la liberté des moeurs l'auteur prend l'homosexualité : mariage homosexuel, droit à l'adoption, pacs. J'ai été fort étonnée car dans son livre "Epîtres à nos nouveaux maître", paru chez Grasset en 2002, il trouvait exorbitant les demandes des gays !

Il était d'ailleurs aussi virulent envers les féministes, les communautaristes, les croisés de l'anti-mondialisation, les dévots de la pureté, dont le discours, d'après lui, omniprésent, fabriquait l'imaginaire collectif...

 

Autre avancée européenne, le droit à l'avortement de plus en plus contesté aux Etats-Unis, la Pologne résistant sous la pression de l'Eglise catholique. L'Euthanasie ne serait plus en Europe un sujet tabou alors qu'elle reste un sujet de crispation en Amérique. (Je ne suis pas tout à fait convaincue !)

 

L'immigration. Pour Alain Minc, l'Europe est la région du monde qui accueille le plus grand nombre d'immigré légaux et de demandeurs d'asile. Je renvoie le lecteur sceptique aux chiffres qu'il cite.

 

Prudent, il terminera son chapitre par cette réflexion : "Ce florilège d'exemples n'est ni exhaustif, ni incontestable mais il témoigne d'une évolution qui n'était pas acquise il y a quelques décennies, l'Europe va vers toujours plus de libertés. (...) Les Etats-Unis eux, suivent le chemin inverse." Optimiste, il dira que si les Européens n'avancent pas tous du même pas sur les sujets sensibles "Un engrenage s'est mis en place, qui voit peu à peu les Etats membres les plus rétifs s'aligner sur les plus audacieux."

 

Dans son second chapitre intitulé "Ni dieu, ni maître"  il comparera la religiosité des Etats-Unis avec la laïcité de l'Europe : "La liberté de la recherche ne bute pas sur des préceptes religieux mais se contente de cohabiter avec une morale laïque, par définition plus malléable" Son argument principal sera le transfert des fidèles des Eglises les plus traditionnelles vers les évangélistes, la bataille entre le créationniste et le darwinisme.

 

Je me souviens du livre du romancier américain, Douglas Kennedy, "Au pays de Dieu", dans lequel il racontait son voyage hallucinant dans les Etats du sud, connus sous le nom de "Ceinture de la Bible", le pays des fondamentalistes chrétiens. Un univers effrayant.

 

A propos de religion, il pose la question de l'irruption brutale de l'islam. Bouleversera-t-elle l'édifice harmonieux religion/laïcité de l'Europe ? Nul ne le sait.

 

Alain Minc consacre un chapitre à la démocratie. S'il cite la fameuse phrase de Churchill : "Le plus mauvais système à l'exception de tous les autres." son affirmation que la démocratie fonctionne mieux en Europe qu'aux Etats-Unis, ne m'a pas convaincue. Il cite l'élection de Georges W. Bush, digne d'une République bananière, la débauche de moyens des élections américaines, le poids des lobbys, tout cela, à mes yeux, n'est guère suffisant pour attaquer l'Amérique sur le plan de la démocratie.

 

Les autres chapitres sont consacrés aux finances et à l'économie, je ne m'aventurerai pas sur ces terrains-là que je laisse aux spécialistes.

 

Si Alain Minc s'était penché sur le système judiciaire aux Etats-Unis, qui alimente la polémique actuelle, j'en parlerais mais il ne l'a pas fait. (Sujet de son prochain livre ?)

 

Le livre est bien écrit, intéressant mais j'émets des réserves. Il trace de l'Europe un tableau idyllique qui n'est peut-être pas tout à fait objectif. J'ajouterai son anti-américanisme bien français. L'actualité nous a montré comment la France, qui se targue d'être le pays de Descartes, pouvait facilement perdre son esprit rationnel.

 

Oserais-je ajouter que la Belgique actuelle n'est pas vraiment un modèle de démocratie ?

 

17/05/2011

UN DI RUPO COURAGEUX.

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Elio Di Rupo vient donc de terminer sa conférence de presse. Je tiens à souligner son courage. Il a accepté une mission difficile, celle de former un gouvernement. Ce n'était pas évident. Pas facile non plus de donner une conférence de presse après les réactions lues dans les journaux de ce matin du style "mission impossible, vouée à l'échec" ou pire "choix d'être Premier ministre mais avec quelle contrepartie ?"

 

Ce qui me réjouit est l'annonce d'une nouvelle méthode : s'occuper du socioéconomique en parallèle avec la réforme constitutionnelle en soulignant que les deux ne requéraient pas la même majorité au parlement.

 

Ce qui m'a surtout fait plaisir c'est l'aveu que les citoyens avaient le droit de savoir ce qu'allait être une grande réforme de l'Etat et que la note qu'il déposerait serait accessible à tous. Evidemment, je suis bien consciente que la note sera succincte mais la reconnaissance "du droit de savoir" pour le citoyen me suffit. Au passage, je souligne le scepticisme de Dave Sinardet et Francis Van de Woestyne qui affirmaient déjà que les citoyens n'y comprendraient rien ! Pour moi, admettre "le droit de savoir" du citoyen est un progrès démocratique. J'ai souvent dit que la discrétion poussée jusqu'à l'absurde était antidémocratique.

 

Autre affirmation courageuse : il faudra des efforts de tous, fédéral et entités fédérées, au niveau des finances. Pas de fausses promesses.

 

Il a clairement indiqué qu'il fallait garder le fédéral, non pas en faire une coquille vide, comme je l'avais craint après sa conférence de presse de l'an dernier. Est-ce-posible ? Je ne sais pas mais au moins il affirme en avoir l'intention.

 

Elio Di Rupo a aussi rendu hommage à tous ses prédécesseurs '"en eur" mais je suis bien obligée d'admettre qu'il lui était impossible, sans doute pas souhaitable, de ne pas tenir compte de tout ce qui avait été fait avant.

 

Certains diront, une fois de plus, que tout dépend de la NVA. Elio Di Rupo a bien insisté que la réussite dépendait de tous. C'est une évidence mais rappeler des évidences est parfois nécessaire...

 

Je n'ai pas le texte de la conférence de presse, je réagis donc à chaud. Je reste persuadée  qu'avoir un compromis équilibré, transférer énormément de compétences vers les entités fédérées  sans appauvrir aucune région est une gageure. Je ne peux que le féliciter d'avoir accepté d'essayer.

 

11/05/2011

UN ROI SANS PAYS.

Le livre de Martin Buxant et Steve Samyn a suscité une vive polémique. Je n'avais pas l'intention d'en parler mais les nombreux entretiens donnés à la radio ou à la télévision m'ont agacée. Qu'ils fassent la promotion de leur livre est normal mais le faire avec une telle arrogance est ahurissant.

 

Je reprends un petit échantillon de leurs réponses, que je cite de mémoire.

 

Vous avez rompu le colloque singulier ? – Pas nous, les politiques. (Evidemment, mais ils ont "raconté" les entretiens avec le Roi, ses sentiments.) – Leur justification ? – Nous sommes des journalistes d'investigation, c'est notre boulot. Nous sommes d'une autre génération, celle qui réclame la transparence.

 

Le moment n'était-il pas mal choisi ? – Nous avons travaillé un an, pourquoi attendre ?

 

Les politiques ont démenti : qu'en dites-vous ? – Ce sont de faux culs, des hypocrites. Ils ont d'ailleurs réagi très vite sans avoir lu le livre. (Beaucoup d'extraits étaient déjà dans la presse.)

 

Vous attendiez-vous à une réaction du Palais ? – Non, nous pensions mériter des félicitations, c'est un livre écrit par un francophone et un flamand. (Naïveté ou provocation ?) Le Palais relève deux inexactitudes, ce qui est une reconnaissance que tout le reste est vrai. (Le communiqué du Palais dit "notamment"...) Nous avons interrogé beaucoup de monde, des politiques, des gens du Palais et recoupé toutes les informations.

 

Tiens, un entretien avec le Roi, ce sont deux personnes. Comment peuvent-ils recouper les affirmations ? En se basant sur un tel a dit, un autre a dit... des personnes qui n'étaient pas là !

 

Les constitutionalistes ne sont pas d'accord avec vous. C'est bien une rupture du colloque singulier qui fragilise le Roi. Tous ne disent pas cela. Le colloque singulier est une tradition qui ne repose sur rien. (Ils maintiennent même quand un ancien collaborateur du Palais et un professeur d'université essaient patiemment de leur expliquer en quoi le colloque singulier est important.)

 

Le chapitre sur Philippe ? – Nous avons reproduit ce que nous avons entendu, c'est tout.

 

Je m'arrête là. Pour moi, c'est clair, ils ont fragilisé le Roi, jeter le discrédit sur les politiques et sur leur journal. Certains – à tort ou à raison – s'étonnent que la Libre ait promotionné leur livre.

 

Francis Van de Woestyne a essayé de défendre son collègue, c'est normal. Il ne m'a pas convaincue. J'ai remarqué que les deux articles avaient été retirés du site internet très rapidement.

 

Je pense que ces journalistes auraient pu écrire un très bon livre qui n'aurait pas suscité de polémique. Citer les faits, les analyser, sans reprendre les paroles du Roi ou des politiques, c'était très possible. Leur souci de transparence ne les obligeait pas à cela. D'autant plus, que gardant le secret de leurs sources, ce qui est normal, ils ont créé un malaise. Ont-ils trahi des confidences ? Comment les ont-ils obtenues ?

 

C'est d'autant plus navrant que beaucoup de faits étaient connus, les journaux avaient déjà publié beaucoup de choses. On imaginait bien que le Roi ne devait pas apprécier la chute du gouvernement, n'était pas enchanté par la perspective de nouvelles élections, n'était pas ravi de recevoir un nationaliste, que les socialistes avaient tenu à écarter les libéraux...

 

Ce qui m'inquiète c'est leur affirmation : nous sommes une autre génération, nous travaillons autrement, nous voulons la transparence. Pas un mot de regret sur les répercussions de leur livre. "Oyez, oyez, nous avons raison".

 

Depuis un an, on nous dit que la discrétion est indispensable pour la réussite des négociations. J'ai toujours pensé qu'elle était antidémocratique. Je vais changer d'avis car Martin Buxant m'a fait comprendre ce que certains pouvaient faire de "la transparence".

 

Un souhait : que les jeunes journalistes ne prennent pas Martin Buxant comme modèle...

28/04/2011

COMMENT PEUT-ON ETRE BELGE ?

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Charles Bricman pose la question dans un petit livre publié chez Flammarion - Café Voltaire. Ecrit d'abord pour expliquer la Belgique aux étrangers il intéressera aussi les Belges.

 

Juriste de formation, Charles Bricman a été journaliste à La Libre Belgique, Le Vif, Le Soir. Il est actuellement journaliste indépendant et consultant.

 

Le livre débute par une assertion amusante : "Je suis belge. C'est une drôle d'idée mais je n'y peux rien, c'est de naissance". Le ton est donné. Il ajoutera immédiatement qu'il est Wallon par sa filiation francophone, a en commun avec les Flamands notamment l'amour de Jacques Brel et de Verhaeren et est aussi Bruxellois puisqu'habitant Ixelles.

 

Dès le départ, il précise son objectif : "J'entends rester "au-dessus de la mêlée" et tenter de comprendre pour aider à comprendre. Aussi honnêtement que possible, comme disait Raymond Aron, sans jamais perdre conscience des limites de mon savoir".

 

Charles Bricman part d'un souvenir personnel. Il a dix-sept ans en 1970 et, à la télévision, il écoute Gaston Eyskens, chef du gouvernement, qui s'exprime devant la Chambre.

 

"L'Etat unitaire, tel que les lois le régissent encore dans ses structures et dans son fonctionnement, est dépassé par les faits. Les Communautés et les Régions doivent prendre leur place dans les structures rénovées de l'Etat, mieux adaptés aux situations spécifiques du pays."

 

Pour beaucoup, la déclaration est un choc car elle porte sur un concept qui suscite bien des réserves : le fédéralisme. Mais, la réforme passe le 18 février 1970.

 

C'est le début des réformes constitutionnelles. Il y en aura d'autres et quarante après, nous sommes dans un blocage dont tout citoyen se demande quand et comment on en sortira. Ne dit-on pas, alors que nous sommes dans l'impasse, que ce ne sera peut-être pas la dernière !

 

Charles Bricman rappelle ses souvenirs mais aussi des faits importants dans l'histoire de la Belgique, donne son opinion, combat certaines idées qu'il trouve fausses.

 

Ainsi explique-t-il que contrairement à ce que l'on dit, l'Etat qui proclame son indépendance le 3 octobre 1830 "ne sort pas tout à fait de nulle part, comme il est de bon ton de l'affirmer aujourd'hui" et rappelle très à propos, que la Belgique a tenu pendant près de cent quatre-vingts-ans.

 

Je renvoie le lecteur à l'analyse, très pertinente, qu'il fait de l'évolution de la Belgique au cours du temps : opposition entre catholiques et libéraux, puis affrontement entre catholiques (la droite) et libres-penseurs (les gauches socialiste et libérale) à partir de 1958; division des grandes familles traditionnelles en un parti flamand et un parti francophone; l'importance du suffrage universel qui a changé les partis en les obligeant à ratisser large; le refus par les Wallons du bilinguisme qui les aurait obligés à apprendre le flamand pour garder leurs emplois publics; la fixation de la frontière linguistique en 1963, la bataille des Fourons, l'influence de plus en plus grande des partis politiques. Je cite pêle-mêle en priant le lecteur de m'en excuser.

 

Sous le titre "Pauvre Wallonie" il rappelle le reportage qu'il a fait au Borinage en 1985. Un métallo lui dira – paroles qu'il n'oubliera jamais – "Bientôt, j'irai pointer au chômage. Qu'est-c qu'elle va dire, ma p'tite fille, de c'papa qui n'sert plus à rin ?" L'auteur reproche aux dirigeants politiques wallons, qu'à trop vouloir restructurer l'industrie wallonne pour tenter de préserver l'emploi, ils ont laissé passer l'occasion de la reconvertir.

 

Je rejoins Charles Bricman dans la critique qu'il fait du reportage de la RTBF sur la fin de la Belgique, de la très mauvaise idée "du plan B" car, il est évident, que la scission de la Belgique serait bien difficile à négocier et se heurterait à l'Union européenne.

 

Et maintenant ? La Belgique est condamnée à survivre. Entre Flamands et Francophones, il y a un large fossé, mais de l'incompréhension plus que de la haine.

 

"Il est temps de s'interroger, non pas sur ce que l'Etat fédéral doit abandonner aux entités fédérées, mais sur ce que celles-ci souhaitent gérer en commun, dans le cadre d'un Etat fédéral."

 

J'ai beaucoup aimé le livre. J'ai relu, avec intérêt, les réformes constitutionnelles successives et j'ai apprécié l'analyse qu'en fait l'auteur.

 

Des anecdotes m'ont intéressée. Ainsi, je n'ai jamais vu la tour de l'Yser. L'inscription : "Tout pour la Flandre, la Flandre pour le Christ" fait sourire. De même, je ne connaissais d'Henri Conscience que le titre de son livre "De Leeuw van Vlaanderen", apprendre qui il était m'a plu.

 

Bref, je conseille vivement la lecture du livre. Ecrit d'une plume alerte, il n'est jamais ennuyeux et toujours intéressant.

 

04/04/2011

LA BELGIQUE IMMOBILE.

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Des ennuis familiaux m'ont fait déserter mon blog. J'y reviens brièvement. Malgré ma ferme volonté d'oublier la politique, je n'ai pas pu empêcher des phrases de heurter mon tympan. Petit florilège.

 

Wouter Beke reçoit Di Rupo et De Wever.

 

Entendu tous les deux ou trois jours depuis un mois.

 

Le climat est constructif.

 

Phrase culte depuis les élections.

 

Semaine cruciale, décisive.

 

Antienne récurrente. Je propose quelques synonymes : déterminant, capital, principal, critique. (A garder en réserve : concluant.)

 

Tout est sur la table. On négocie.

 

Variante : on ne négocie plus depuis le 3 septembre ou, mieux encore, on n'a jamais négocié !

 

Impossible de ne pas tenir compte de tout le travail accompli. Refus d'une autre méthode ou d'une autre manière d'envisager l'avenir du pays.

 

Les psychologues nous ont enseigné que confrontés à un échec, il fallait en tirer les leçons et  repartir autrement. Trop simple.

 

Bart De Wever a lancé un ultimatum. Tout doit être terminé pour fin avril.

 

Plus récent : le CDH a lancé un ultimatum : l'offre francophone expire à la fin de l'été.

 

Sérieusement, qui peut croire aux ultimatums ? Ce n'est pas propre à la Belgique. Je me demande d'ailleurs combien d'ultimatums sont lancés par jour dans le monde...

 

Au risque de ma répéter, je reprends mes questions. Pourquoi un parlement d'une région peut-il décréter que ses dix résolutions sont applicables à tout le pays, même si elles impliquent un changement de la constitution ? Pourquoi les parlements wallon-bruxellois-germanophone n'ont-ils pas fait la même chose ? Octopus contre dixopus ? Pourquoi face à la "révolution copernicienne" voulue par les Flamands n'ont-ils pas proposé "une révolution newtonnienne" ?

 

Une réponse qui sera sans doute jugée trop simpliste : les Francophones n'étaient pas contre des compétences accrues pour leur région et n'ont pas mesuré le danger : de concessions en concessions ils allaient être entraînés trop loin, puis enfermés dans une logique de blocage.

 

Je sais, bien sûr, qu'il est impossible de former un gouvernement sans les Flamands. Que ceux-ci ont répété qu'ils n'entreraient pas dans un gouvernement sans une réforme constitutionnelle importante. Leçons retenues du passé, disent-ils. Mais, tout de même, le gouvernement est tombé sur la scission de BHV et apparemment, c'est le dossier qui a été examiné le plus tardivement.

 

Bruxelles. Région à part entière disent maintenant les Francophones mais après avoir créé leur fédération Wallonie-Bruxelles. Idée lancée en 2008 par le FDF puis vite reprise par Rudy Demotte.

 

Que l'élargissement de Bruxelles soit logique comme pour toutes les capitales, oui, mais vital, je ne comprends pas. Les trois communes intégrées dans Bruxelles ne deviennent-elles pas d'office bruxelloises ? En quoi cela renforce-t-il les liens avec la Wallonie ? Cela vaut vraiment une guerre ? (Je laisse volontairement de côté les considérations juridiques qui m'entraîneraient trop loin.)

 

Autre sujet de discussion, le nombre de partenaires. Les sept partis ne sont pas arrivés à un accord, on a fait mine d'ouvrir la porte aux Libéraux. Et bien entendu, BDW refuse de négocier avec un plus grand nombre encore de partis. Il préfère négocier avec le seul Di Rupo, c'est plus confortable et, bien sûr, cela se fait de manière constructive !

 

Je pourrais continuer. Rappeler le lyrisme d'Elio Di Rupo après les élections qui semble bien s'être transformé, je le comprends, en un profond découragement.

 

Une seule question : pourquoi continuent-ils à négocier l'impossible ? Qu'espèrent-ils ? Je voudrais pouvoir croire qu'ils ne sont pas en train de tromper toute la population et qu'ils espèrent vraiment aboutir à un compromis acceptable. Mais, hélas ! j'en doute.

 

Dans les pays arabes, des hommes meurent pour la démocratie. Chez nous, elle est bafouée. Les manifestations-frites, organisées par les jeunes pour "Une Belgique unie" n'ont suscité bien souvent que des sourires narquois. Comment ne pas désespérer ?