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02/04/2012

TITRES-SERVICES.

 

Je suis indignée. J'ai entendu à la radio Edouard Delruelle dire qu'il avait envoyé quelqu'un dans une agence intérimaire pour faire semblant de chercher une personne rémunérée par les titres-services. L'agence lui aurait demandé s'il cherchait un/e travailleur/euse parlant français ou néerlandais, s'il acceptait un étranger. Très affirmatif, Edouard Delruelle a ajouté que c'était complètement illégal.

 

Première réaction, je déteste ce procédé comme d'ailleurs les CV anonymes, truqués ou les caméras cachées. Que le Centre utilise ce procédé pour piéger les agences me paraît indigne.

 

J'ai été faire un tour sur leur site et j'ai eu la surprise de constater qu'ils utilisaient des caméras cachées en plus des "faux clients". Pour moi, c'est inadmissible. 

 

Voici ce qu'on peut lire sur le site. "Lutter contre la discrimination dans le secteur des titres-services est particulièrement difficile, précise Edouard Delruelle, directeur adjoint du centre. Ce secteur n'est pas directement comparable à celui, par exemple, du travail intérimaire, dans la mesure où les services sont dispensés dans la sphère privée, directement chez les gens. C'est d'ailleurs l'argument qu'avancent les entreprises de titres-services lorsqu'elles donnent suite aux demandes discriminatoires de leurs clients. Mais la discrimination est interdite par la loi et cette loi s'applique évidemment aussi au secteur des titres-services. C'est valable tant pour les clients qui émettent des demandes à caractère discriminatoire que pour les entreprises qui écartent spontanément des candidats pour anticiper les souhaits de leur clientèle."

 

Première remarque, Edouard Delruelle ne reprend pas ce qu'il a dit à la radio sur la langue parlée. Bien sûr, car le Centre n'est pas compétent pour les discriminations linguistiques. Il m'est arrivé de leur demander pourquoi le VDAB pouvait dire à un chômeur : "Vous êtes parfait bilingue, vous habitez la région flamande mais vous êtes wallon, je ne peux donc pas vous aider à chercher un emploi en Flandre." Réponse du centre : nous nous occupons uniquement des étrangers. (sic)

 

Le centre cite comme discrimination "l'origine, l'âge ou la religion." J'ai comme femme d'ouvrage (je sais qu'on ne dit plus cela) depuis cinq ans, une albanaise, originaire du Kosovo, qui est musulmane. Il est clair que si elle arrivait habillée d'une longue robe noire et d'un voile, je ne l'accepterais pas sauf si elle acceptait de se changer. Je n'imagine pas qu'on puisse faire du nettoyage vêtue comme cela. Je serais donc dans l'illégalité !

 

Je pense qu'Edouard Delruelle ne sait vraiment pas comment fonctionnent réellement les titres-services. Un client qui n'est pas content ne garde pas son travailleur. Et cela fonctionne dans l'autre sens, une travailleuse qui n'aime pas sa patronne, pour une raison ou une autre, s'en va sans même prévenir ! N'est-il pas préférable de mettre toutes les chances de son côté pour que le travailleur puisse rester ?

 

Il y a bien d'autres problèmes. Certaines n'acceptent d'aller travailler si le bus ne les dépose pas juste devant la maison (j'exagère à peine), si vous avez un chat ou un chien, trop de carreaux ou plus étrange (c'est du vécu) trop de livres alors que personne n'imaginerait faire nettoyer des livres !

 

Le contrat signé par le demandeur d'un travailleur est hallucinant. Il énumére les produits qu'on ne peut pas utiliser, les tâches interdites comme certaines pièces de la maison etc. Plus amusant, l'interdiction de relations sexuelles !

 

Quant aux vols, c'est absolument aberrant. Un client qui dit à l'agence ne plus vouloir quelqu'un qui vous a volé s'entendra répondre : "Très bien, je vais vous envoyer quelqu'un d'autre, je n'aurai aucune difficulté à replacer cette personne ailleurs". Il faudrait tout de même vérifier si l'allégation est vraie et au moins interroger la travailleuse, la mettre en garde,  cela ne se fait pas.

 

Il y aurait beaucoup de choses à dire. Je m'arrêterai là. Les titres-services sont très utiles, pour l'emploi et pour l'aide apportée. Leur fonctionnement est difficile. Inutile d'ajouter des menaces d'illégalité.  

 

05/03/2012

LIBRES PROPOS. (4)

Le gouvernement est donc en conclave budgétaire. Un exercice difficile dont on ne sait quasi rien. Depuis quelques semaines, des "pistes" ont été exprimées par certains politiques. Nouvelle amnistie fiscale, report des remboursements des impôts, augmentation de la TVA et d'autres rejetées aussitôt qu'annoncées. Une seule certitude : le veto du PS à revoir l'indexation automatique des salaires, même à envisager un saut d'index.

 

Je dois dire que je suis perplexe quant au refus d'envisager un saut d'index. Cela s'est déjà fait et il me semble que le PS devrait abandonner son obstination à affirmer constamment "Pas touche à l'index" qui me rappelle un autre slogan.

 

Je suis bien consciente qu'un saut d'index touche plus les défavorisés que les plus riches mais n'est-ce pas la même chose pour l'augmentation de la TVA par exemple ? Je voudrais tout de même signaler que l'index vous fait parfois passer d'une catégorie d'imposable à une autre, ce qui crée toujours la surprise. J'ai en mémoire des réflexions de mes affiliés me disant : je m'attendais à une augmentation de salaire, c'est l'inverse. Bien sûr, ce n'est pas général mais cela arrive.

 

Autre idée, je ne crois pas qu'elle soit aussi tabou et cela m'étonne, revoir l'index en le tripotant : j'enlève ceci ou cela. Cela me semble bien plus préjudiciable car cette mesure touche le long terme au contraire d'un seul saut d'index.

 

Soit, on verra ce que le gouvernement décidera, je ne doute pas que, quelles que soient les mesures prises, elles seront douloureuses.

 

Un autre sujet d'actualité qui me touche est la prolongation des études des enseignants. J'en ai déjà parlé dans mon post "Controverse". Depuis lors, on avance d'autres idées sans renoncer totalement à ce qui me semble une absurdité, faire de tous les enseignants des universitaires ! J'entends dire que les enseignants sont mal formés. Désolée, mais cela se dit depuis toujours. Une question bien naïve : pourquoi ne pas revoir la formation dans les écoles normales ? J'avoue d'ailleurs que je suis absolument sceptique sur le fait qu'une formation à la résolution des conflits, comme on dit, soit efficace. La violence est bien présente mais elle ne sera pas éradiquée parce que les profs essaieront d'appliquer des consignes données lors de la formation. Ce n'est pas si simple.

 

Le tutorat est une bonne idée, mais contrairement à ce qu'affirme Anne Floor, (voir article de La libre)  il existe dans certaines écoles. De manière informelle, il est vrai. La vraie difficulté est qu'un enseignant avoue difficilement qu'il ne s'en sort pas et se prive d'une aide qu'un collègue lui donnerait volontiers.

 

Cela me démange de passer à un autre sujet : l'article paru dans Le Vif, L'express de cette semaine sur Rudy Demotte. Pascal Vrebos lui en a parlé dans l'entretien qu'il a eu avec lui cette semaine et bien sûr, il n'était pas d'accord, "il est de cuir". Je vais relever quelques passages. Le titre "Rudy Demotte est-il brûlé ?" Une révélation : "Les conseils des ministres wallons sont plus conflictuels, plus cripés. La personalité des deux poids lourds du gouvernement, Jean-Claude Marcourt et Jean-Marc Nollet, têtus, voire obtus, n'y est pour rien. Quant au troisième vice-président, André Antoine , il n'y a pas meilleur que lui pour bloquer un dossier sur un mode doucereux, observe un cabinettard" Ambiance ! Et j'ai l'impression que ce n'est pas faux. Pauvre Rudy !

 

La RTBF qui a le chic pour remettre une couche où cela peut faire mal, a consacré le Mise au Point à l'abdication programmée d'Albert II. La journaliste du Soir  ne s'est pas trouvée beaucoup d'alliés. Bien sûr, en choeur, ils ont tous salué le travail du roi et ont rejeté l'idée d'abdication "prévue" même s'ils admettent normal de penser à l'après Albert II. Il est âgé, fatigué, les derniers mois ont été très lourds pour lui. De s'interroger sur ce que prévoit la Constitution. Il peut abdiquer mais ce n'est pas dans la tradition de notre monarchie et lui seul peut en décider avec, petit bémol, l'aval d'un ministre.

 

Olivier Maroy a eu beau insister sur la préparation de Philippe, essayer de relancer l'idée d'une monarchie protocolaire, il n'a pas eu l'écho qu'il semblait souhaiter.

 

Evidemment, un républicain, un vrai, pas comme Philippe Moureaux, républicain de coeur, monarchiste de raison, a défendu la République. Seul argument, une monarchie héréditaire n'est pas démocratique. Ah bon ? Un premier ministre qui se fait élire sur un programme et en applique un autre, c'est démocratique ? Or, comme en Belgique aucun parti n'a la majorité absolue, c'est toujours comme cela.

 

Ce qui me fait rire c'est d'imaginer un président élu à la tête de la Belgique. Quand on voit qu'Elio Di Rupo est le seul (sauf Leburton) francophone a être premier ministre, on se dit qu'il est bien naïf de croire que le président pourrait ne pas être Flamand. Sans oublier qu'il aurait bien plus de pouvoirs qu'un roi qui règne mais ne gouverne pas.

 

Cela me permet, au moins, de terminer mon post sur une idée marrante : "Vive l'improbable République !"

 

09/02/2012

ALAIN DUHAMEL.

 

alain duhamel, portraits souvenirs, 50 de vie politique

 

 

Alain Duhamel est né le 31 mai 1940 à Caen. Etudiant à Sciences Po, il a pu faire un stage au Monde. Il est resté vingt ans à Science Po comme maître de conférence, directeur de séminaires, puis professeur.

 

Il est devenu chroniqueur au Monde et à Libération. Parallèlement à ses activités dans la presse écrite il a animé ou co-animé plusieurs émissions télévisées consacrées à la politique : A armes égales (à partir de 1970) Cartes sur table (à partir de 1978) L'heure de vérité (1982) 100 minutes pour convaincre (à partir de 2002) Question ouverte. Mots croisés (1997/2001) avec Arlette Chabot.

 

Il est également chroniqueur à la radio, sur Europe1, France Culture, RTL.

 

PORTRAITS SOUVENIRS. 50 ANS DE VIE POLITIQUE.

 

Dans son avant-propos, Alain Duhamel explique qu'il a sélectionné une cinquantaine de personnalités en se fondant sur deux critères : une connaissance directe et personnelle suffisante pour me faire une opinion précise et l'intérêt spécifique qu'ils me semblaient présenter pour le lecteur. 

 

Le schéma est toujours le même pour tous les portraits : rappel de la carrière –  échecs et réussites – personnalité : caractère, comportement, évolution – apport à la vie politique.

 

Alain Duhamel rappelle aussi des interviews, les polémiques qu'elles ont parfois suscitées, les réactions des interviewés, de leurs collègues ou amis.

 

Si l'auteur rapporte des entretiens plus personnels, il ne va jamais trop loin dans les confidences. Ce n'est pas son but., il n'est pas un "fouille poubelle". Son objectif, il le rappelle dans le quatrième de couverture :"Les principaux personnages de ces cinquante dernières années figurent cependant pratiquement tous dans cette galerie de portraits. En tous cas, je les ai dépeints avec sincérité, sans mesquinerie je l'espère, mais aussi sans complaisance : tels que je les ai vus et connus."

 

Il serait tentant de reproduire certains extraits, certaines phrases "choc" sur l'un ou l'autre, mais il me semble que ce serait trahir l'auteur. Prises hors contexte, elles donneraient certainement du piment à mon post mais déformeraient les propos d'un auteur qui se veut objectif autant qu'on peut l'être dans ce genre d'exercice.

 

Sans trahir l'auteur, je peux relever les personnalités pour lesquels il n'a pas de sympathie, il s'en explique. Que ce soit pour leurs idées, leurs actions qu'ils n'approuvent pas ou dont ils regrettent les conséquences, les relations plutôt tendues qu'il a eues avec certains. Je peux en espérant  ne pas trop me tromper, car je ne me fie qu'à ma mémoire,  faire la liste des "antipathiques".

 

Certains noms n'étonneront pas, d'autres sont plus inattendus. Jacques Attali, Jean-Pierre Chevènement, Laurent Fabius, Jean-Marie Lustiger, Georges Marchais, Jean-Luc Mélanchon, Ségolène Royal, Dominique de Villepin, Marine Le Pen.

 

Parmi ceux qui ont sa sympathie et qu'il estime parfois avoir été traités injustement ou ne pas avoir eu le destin qu'ils méritaient, je citerai Bernard Kouchner, Michel Rocard, Claude Allègre, Michèle Alliot Marie, François Bayrou, Raymond Aron, Jean Lecanuet, Valéry Giscard d'Estaing...

 

Pour certains, c'est plus mitigé, Jacques Chirac, Martine Aubry, François Hollande, Jacques Lang et beaucoup d'autres.

 

Il consacre une vingtaine de pages à François Mitterand. Il parle bien sûr de sa présidence, mais, ce qui est important pour lui, ce sont les discussions acharnées qu'il a eues en tête à tête.

 

Le livre s'ouvre sur une confidence : J'ai toujours voulu être journaliste politique ou, plus exactement, commentateur politique. Cette vocation m'est venue en janvier 1956. J'avais alors quinze ans, je suivais avec innocence et émerveillement la campagne de Pierre Mendès France à la tête du Front Républicain."

 

Cette vocation, il l'a gardée. Il avoue qu'on lui a parfois demandé d'être un "politique", mais qu'il a toujours refusé.

 

Certaines confidences sont intéressantes. Il est de coutume pour les entretiens importants d'hommes politiques de faire connaître les thèmes du débat. Certains insistent pour avoir les questions. Alain Duhamel ne cède jamais mais les communicants veulent aussi fixer les limites de l'intervieweur. Ainsi rappelle-t-il que d'avoir posé à François Mitterand la question sur l'abolition de la peine de mort lors d'un Cartes sur table lui avait valu des reproches violents de l'entourage de François Mitterand. Celui-ci, au contraire, le remercia de lui avoir posé la question lui donnant l'occasion d'affirmer que, s'il était élu, il mettrait fin à la peine de mort.

 

Ce qui ressort aussi du livre, c'est combien le monde politique peut être cruel. Pour certains ambitieux, tous les coups bas sont permis. D'autres doivent à leur honnêteté de ne pas avoir toujours eu le destin qu'ils méritaient.

 

Ce livre n'est pas seulement un florilège de portraits c'est aussi une description des cinquante dernières années. Et à travers certaines réflexions, les thèmes chers à l'auteur comme l'Europe, l'économie et, bien sûr, la France.

 

Bien écrit, parfois féroce, cet ouvrage se lit facilement. Je l'ai vraiment apprécié et je le recommande à ceux qui s'intéressent à la vie politique.

 

06/12/2011

NOUS AVONS UN GOUVERNEMENT.

Le gouvernement n'a pas été accueilli par un grand enthousiasme mais plutôt par une résignation teintée de scepticisme. Cela s'explique par la durée de négociations et l'énorme tâche qu'il devra accomplir. Les vingt dernières heures consacrées uniquement à la formation du gouvernement ne sont pas étrangères non plus au sentiment d'inquiétude manifestée par la population. Les ministres vont-ils réellement s'entendre ? Reverra-t-on des marathons comme ceux vécus pendant de longs mois ?

 

Je soulignerai d'abord combien il est dommage qu'alors que les ministres n'ont pas encore prêté serment, on réentende l'antienne trop connue. "Ils sont forcés de réussir" parfois changé et, c'est encore plus grave, par "Elio Di Rupo est condamné à réussir". Certains vont même plus loin et prédisent déjà que ce nouveau gouvernement, tant attendu, n'ira pas jusque la fin de la législature. Pire, Elio Di Rupo serait le dernier ministre de la Belgique !

 

Je comprends que les spécialistes interrogés, politologues, philosophe (!), expriment une inquiétude légitime mais ne pourraient-ils tout de même attendre que le gouvernement ait travaillé avant de prédire de manière péremptoire son avenir ? Je devrais dire son non-avenir. Cela a quelque chose d'indécent, voire d'irresponsable au moment où tout le monde sait que la confiance est primordiale. Pour faire une comparaison, un professeur qui dit à son élève, au début de l'année, qu'il a peu de chance de réussir, le conduit fatalement à l'échec.

 

Elio Di Rupo a été ausculté par les journalistes, les politiques, les politologues. Certains soulignent sa ténacité, sa patience, ses qualités d'écoute et, cela m'a étonné, son ambition. D'autres évoquent son manque de charisme (sic) et sa difficulté à décider. Il faut tout de même rappeler que le Premier ministre n'est pas tout le gouvernement et que les décisions sont prises par consensus.

 

J'en viens à la fameuse question du néerlandais. Tarte à la crème pour certains. Un Premier ministre doit parler les langues officielles du pays. (Et l'allemand ?) Cela paraît logique mais je rappellerai que Wilfried Martens, par exemple, parlait un français absolument déplorable et qu'on ne lui a jamais reproché. Quant à son charisme, ayant participé à certaines négociations qu'il présidait, je l'avais surnommé "le poisson froid".

 

J'ajouterai que les Flamands s'estiment très vite parfaits bilingues, même s'ils admettent, mais toujours avec un sourire qui dément leurs propos, que leur français n'est pas parfait. Par contre, un Wallon est très rarement considéré comme un parfait bilingue même lorsque sa connaissance du néerlandais est impeccable. Je crois qu'il s'agit aussi d'accent. D'expérience, je sais qu'un Wallon, parlant néerlandais, a un accent insupportable pour les Flamands. Les francophones admettent eux qu'un flamand parlant français a aussi un accent qu'ils pourraient qualifier de désagréable. Ils ne le font pas, pas plus qu'ils ne leur reprochent leurs fautes de français et c'est bien.

 

J'ai entendu beaucoup de critiques parce que Didier Reynders n'était plus ministre des Finances. Il a fait du bon travail mais a été tellement critiqué non seulement en Flandre mais aussi en Wallonie que c'est une bonne chose. Il avait d'ailleurs dit qu'il souhaitait le ministère des Affaires étrangères. C'est donc une bonne nouvelle d'autant plus qu'un Wallon sera enfin ! sur la scène internationale.

 

Je ne vais pas m'amuser à compter le nombre de ministres ou de secrétaires d'état donnés à chaque parti. D'autres le font suffisamment. Joëlle Milquët qui tenait tellement à l'emploi est-elle contente ? Je n'en sais rien. Olivier Chastel devient ministre. Récompense sans doute pour son bon travail et le soutien apporté à Charles Michel lors de la fronde anti-Reynders...

 

J'ai tenu à réagir aujourd'hui parce que c'est tout de même un jour important. Je souhaite bonne chance à Elio Di Rupo et à ses ministres, sans ironie. Si j'aimais les clichés, je dirais, du fond du coeur.

 

11/10/2011

LIBRES PROPOS 3.

Elio Di Rupo vient donc de présenter à la presse l'accord institutionnel. Il était entouré de tous les négociateurs très souriants.

 

D'emblée, il présente la portée de l'accord. "Enfin, nous avons un accord institutionnel global. Un accord pour faire évoluer notre pays et le stabiliser. Un accord qui répond aux souhaits de changement profond exprimés en Flandre. Un accord qui répond à la volonté de stabilité exprimée en force en Wallonie et à Bruxelles."

 

Je me réjouis bien sûr qu'après une crise aussi longue un accord soit conclu. Pourtant cette première phrase a créé chez moi un certain malaise. Je m'explique. Stabiliser le pays était certes le premier objectif à atteindre. Il paraît l'être mais le bémol de "l'évolution" pourrait laisser supposer que cette réforme, la sixième, ne sera pas la dernière. Beaucoup le craignent. Je vais être optimiste en pensant qu'il s'agit d'une évolution du pays par rapport à la situation actuelle.

 

Ce qui me gêne plus est le parallèle entre les souhaits de la Flandre et ceux de la Wallonie. C'est incontestable que la réforme constitutionnelle était voulue par la Flandre comme le fait que "le centre de gravité va se déplacer de l'Etat fédéral vers les Régions et les communautés". Mais, la volonté de stabilité de la Belgique n'était pas voulue uniquement par la Wallonie et Bruxelles. Même si la NVA pèse lourd en Flandre, les sondages ont bien montré qu'une grande majorité de Flamands était pour le maintien de la Belgique.

 

Que BHV soit enfin scindé ne peut que me réjouir. Ce dossier pèse lourd depuis trop longtemps. L'essentiel a été préservé même si d'aucuns regrettent le non élargissement de Bruxelles. J'ai toujours été convaincue qu'exiger cela était rendre tout compromis impossible. A ceux qui disent que le droit du sol l'a emporté sur le droit des gens, je dirais : les Wallons auraient-ils accepté que la communauté germanophone sorte de la Wallonie ? Et affirmer que sans élargissement de Bruxelles la frontière linguistique devient une frontière d'Etat est aller un peu vite. Depuis quand la frontière linguistique existe-t-elle ? Faut-il conclure un accord constitutionnel pour renforcer le pays ou pour préparer une scission ? Poser la question est y répondre.

 

Bien entendu le transfert des compétences vers les régions, le financement de ces compétences ne me font pas bondir de joie. Je souhaite que, comme l'affirme le formateur, cela rendra le pays plus efficace, qu'un Etat fédéral plus compact sera plus efficient. Mais, c'est vrai, je ne suis pas totalement rassurée.

 

J'espère aussi que Bruxelles soit vraiment devenue, comme l'affirment les négociateurs, une région à part entière.

 

Certes, un grand pas vient d'être fait mais la route reste longue et pleine d'embûches. Réussir une réforme économique efficace sera peut-être encore plus difficile que l'accord constitutionnel.

 

Et le gouvernement ? Les avis divergent quant à la participation des Verts. Et, les arguments des uns et des autres paraissent aussi pertinents. Les Verts ont participé aux négociations institutionnelles, il paraîtrait donc normal qu'ils soient au gouvernement. Par contre, trop de partis peuvent nuire à l'efficacité. Je suis moins sensible à l'argument d'une opposition nécessaire pour la démocratie. Je ne puis pas accepter non plus que leur participation au Fédéral soit indispensable parce qu'ils sont au pouvoir dans les régions. C'est au nom de l'Olivier que les libéraux avaient été écartés du gouvernement... Bref, c'est difficile et je ne voudrais pas devoir trancher.

 

Elio Di Rupo a aussi rappelé qu'il s'était engagé à la transparence car les citoyens avaient le droit de savoir. J'ai déjà dit que pour moi c'était important même si les spécialistes seront bien nécessaires pour comprendre les textes.

 

Même une citoyenne lambda peut se permettre de remercier tous ceux qui ont oeuvré à cette réforme et leur souhaiter le courage qu'il leur faudra pour continuer.

 

Gouverner, dit-on, c'est prévoir. Mais soyons justes, prévoir le long terme, avec certitude, est une mission impossible. Mais, comme le dit Aristote : "Dans toute action, dans tout choix, le bien est la fin, car c'est en vue de cette fin qu'on accomplit tout le reste."