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25/09/2012

CHARLIE HEBDO.

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Nous avons été abreuvés d'informations sur les caricatures de Charlie Hebdo. Normales pour les uns, blasphématoires pour les autres, chacun déroulant ses arguments. Ceux qui les défendent affirment que la revue traite toujours l'actualité donc il était logique après les réactions violentes au film "L'innocence des Musulmans" de caricaturer le prophète. La revue est depuis toujours une revue satirique qui s'autorise à "rire" de tout, sans se préoccuper des conséquences. Ils ont usé de leur liberté d'expression, essentielle dans une démocratie.

Pour les autres, Charlie Hebdo a jeté de l'huile sur le feu et aurait dû se préoccuper des conséquences de leur publication.

Je le dirai franchement, je n'ai pas apprécié les caricatures. Je ne les rends pas responsables des émeutes qui ont suivi leur parution mais, pour moi, Charlie Hebdo a franchi la ligne rouge. Montrer le prophète les fesses en l'air dans une position équivoque est-ce vraiment de l'humour ? Ma réaction serait la même si, au lieu de Mahomet, Elio Di Rupo, par exemple, avait été caricaturé comme cela et je doute fort qu'il aurait apprécié.

Les deux "camps" ont affirmé qu'ils étaient pour la liberté d'expression. Le problème est bien là. La liberté d'expression serait-elle la seule liberté qui ne connaîtrait pas de limites ? Impossible de souscrire à cette affirmation. Toutes les libertés connaissent des limites celles imposées par la loi, bien sûr, mais aussi le respect de l'autre. Peut-on imaginer une société, un couple, une école où sous prétexte de la liberté d'expression on pourrait tout dire sans tenir compte de l'autre, sans se préoccuper de ce qui peut être interprété comme une insulte ou même simplement blesser ? Je ne le crois pas.

Ce qui me semble grave est que le respect de l'autre qui devrait être une valeur essentielle est constamment bafoué. Les exemples sont multiples : insultes dans les rues, dans les écoles, même dans les entreprises (harcèlement) les couples (mépris de la femme).

Il est donc paradoxal de chercher à punir les incivilités, pour utiliser un terme à la mode, et de défendre le "je peux tout dire".

Les journaux ont leur déontologie, elle concerne aussi bien les journalistes que les caricaturistes. Ce qui risque de blesser les lecteurs sera censuré à juste titre et je crois pouvoir dire, accepté.

J'admets que les caricatures ou les vidéos peuvent donner lieu à une manipulation qui pousse les gens à sortir dans la rue "pour défendre l'honneur de leur prophète". C'est un fait, doit-on en tenir compte ou pas ?

Je suis toujours étonnée que le vendredi, jour des prières pour les Musulmans, soit le jour privilégié des manifestations. Comment ne pas se dire qu'un jour de prière devient un jour d'incitation à la haine. Je n'ai jamais compris cela.

J'ai longtemps hésité à écrire ce post. Je me disais que je ne pourrais rien ajouter à ce qui avait déjà été dit. Mais voilà essayer de clarifier sa pensée est presque un impératif pour une blogueuse. C'est fait.

13/09/2012

HARLEM DESIR.

Il fallait un Premier Secrétaire docile. Pas très glorieux pour Hollande, Ayraut, Désir. Martine Aubry écartée : ouf pour le gouvernement. Démocratique ?

 


12/09/2012

MARC DUGAIN.

 

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Marc Dugain est né le 3 mai 1957 au Sénégal. Il est revenu en France à l'âge de sept ans. Il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Grenoble. Il a exercé différentes fonctions dans la finance et le transport aérien avant de se consacrer à l'écriture.

Son premier roman "La chambre des officiers" paru en 1998 lui a valu dix-huit prix littéraires. Adapté au cinéma, le film a reçu deux Césars à Cannes. Suivront "Campagne anglaise" La Malédiction d'Edgard" "En bas, les nuages" "Une exécution ordinaire""L'insomnie des étoiles" (voir billet du 12 juin 2012)

UNE EXECUTION ORDINAIRE.

Le roman se subdivise en sept parties : Je ne suis que Staline – Vertes années – Anterrograd – Deux amis – Carbonisés – La belette – Le silence des morts.

L'auteur brosse un panorama, bien documenté, de la Russie d'aujourd'hui. Il mêle dans son roman des personnages réels comme Staline et Poutine et ceux qu'il invente : officiers de marine, nouveaux capitalistes, gens ordinaires aux conditions de vie misérable et incertaine.

Le thème récurrent du livre est la cruauté du régime russe, la toute puissance du pouvoir, la terreur vécue par la population, le mépris total de la vie humaine.

JE NE SUIS QUE STALINE.

C'est la première partie du livre dont Marc Dugain a réalisé un film sorti en 2010.

Le narrateur est le fils de l'héroïne, Olga Ivanovna Atlina, urologue dans un hôpital, dans la banlieue moscovite. Nous sommes en 1952. Un milicien se présente à voix basse et la prie de le suivre. Elle pense qu'elle est arrêtée et va être conduite à la Loubianka.(prison exécutive et de torture) Elle ne trouve aucune raison à cette arrestation mais sait qu'une arrestation ne nécessitait aucun motif. C'était là le principe même de la terreur."

A son grand étonnement, elle est conduite près d'une entrée secondaire du Kremlin. Elle se retrouve face à une dame âgée, assise derrière un bureau et qui ne lui dit pas un mot. Comme elle demande à aller aux toilettes, elle lui répond : "Il y a bien des toilettes par ici, mais elles réservées aux gardes et au personnel de l'étage. A ma connaissance, aucun texte n'autorise les visiteurs à les utiliser."

Une heure plus tard, elle lui annonce qu'elle va la fouiller. Olga espère qu'elle ne trouvera pas la capsule de cyanure qu'elle a cachée dans son sous-vêtement, mais la gardienne la trouve et lui demande ce que c'est. Olga répond que c'est une capsule destinée à éloigner les petites bêtes qui logent dans la fourrure des femmes. La gardienne la confisque pour la remettre aux autorités compétences pour l'analyser.

Deux heures plus tard, elle est conduite dans une autre pièce. La porte s'ouvre et elle se retrouve devant Staline."Le choc de se retrouver ainsi devant le commandeur suprême fut doublé de la stupéfaction de découvrir à quel point cet homme était différent des images qu'on diffusait de lui dans le pays. C'était presque un nain, un vieux nain au visage grêlé par la variole, avec un bras plus court que l'autre. Mais son regard menaçant comme une arme blanche, avait un éclat bien supérieur à n'importe quelle reproduction sur papier."

Staline lui apprend qu'il l'a fait venir pour soulager ses souffrances grâce au pouvoir de magnétiseur qu'elle possède. Olga doit s'exécuter. Elle pose ses deux mains sur sa cuisse douloureuse. Staline s'endort et s'éveille, soulagé. Il lui apprend que nul ne doit être au courant de ce qu'elle a fait, même pas son mari sinon il n'aura d'autre solution que de la faire disparaître. De plus, il lui dit qu'elle doit être à sa disposition le jour comme la nuit et lui conseille de quitter son mari.

Rentrée chez elle, elle trouve son mari, qui a appris son arrestation, inquiet, bouleversé. Elle ne peut rien lui dire. Elle invente qu'elle a un amant haut placé et qu'elle va le quitter.

Olga va être emmenée plusieurs fois chez Staline qui l'emmènera même en Géorgie où, avec cynisme, il lui apprend qu'il va préparer le déplacement des Juifs. "La police politique s'affaire pour le recensement, on mobilise les gardiens d'immeubles, les mêmes moyens que les nazis mais pour des mobiles plus nobles. Nous allons leur créer un deuxième Israël  à l'Est, en Sibérie, au milieu des moustiques et des sangsues."

C'est avec le même cynisme qu'il lui apprendra que son mari a été arrêté et torturé : "S'il avoue que tu as un amant, il s'en sortira."

Marc Dugain écrit un roman, aussi peut-il se permettre de faire parler Staline à une inconnue.

"Je ne suis le maître de personne. Il n'existe qu'un seul maître auquel nous sommes tous asservis, le peuple soviétique."

"Je les méprise (le parti et le Politburo) car aucun n'est capable de me succéder. C'est pour cette raison que je suis condamné au pouvoir..."Ma supériorité c'est d'avoir établi un nouveau rapport entre la vérité et le mensonge."

"Cette sacralisation, ce culte de la personnalité, je ne les ai pas voulus  pour moi-même. Je les ai acceptés pour le bien du peuple."

"Qu'est-ce que la terreur ? C'est la certitude pour tout homme de l'Union soviétique, du plus humble au plus puissant, de l'anonyme à l'ami intime de Staline, que rien ne le protège d'une décision de l'exécuter qui peut tomber chaque instant sans véritable fondement."

"Je n'ai jamais eu de problème à tuer, mais je l'ai toujours fait pour le progrès de l'humanité."

"Les arrestations ont toujours lieu la nuit. Car ces arrestations se transforment ainsi en rumeurs qui empêchent les autres de dormir..."

J'arrête ici ces déclarations effrayantes qui correspondent bien à ce que nous savons de Staline.

Staline mourut d'une hémorragie cérébrale. Le projet de déportation des Juifs fut enterré. Le mari d'Olga fut affecté dans une base de la mer de Barens pour assurer le suivi technique de la flotte nucléaire. Olga l'y rejoindra. Elle ne se servit plus de son pouvoir de magnétiseur sauf, une fois, pour sauver son fils.

Staline est loin mais, dans le monde actuel, c'est intéressant de se rappeler de quoi est capable un dictateur. 

09/09/2012

EXCUSES DE LA BELGIQUE.

 

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Marche pour la vie.

 

Elio Di Rupo a présenté les excuses de la Belgique pour la déportation des Juifs pendant la seconde guerre mondiale. Il s'exprimait à l'occasion d'une cérémonie à la caserne Dossin de Malines d'où sont partis les premiers convois de déportés de Bruxelles le 9 septembre 1942. Au total, 25.000 Juifs ont été déportés de Belgique avec la collaboration de Belges.

"En tant que Premier ministre du gouvernement belge, je présente les excuses de la Belgique à la communauté juive, même si les comportements de l'époque sont inexcusables."

L'ancien Premier ministre Guy Verhofstadt l'avait déjà fait à plusieurs reprises, la première fois en 2002.

La ville de Bruxelles avait officiellement reconnu le 2 septembre, lors d'une cérémonie, sa complicité dans la déportation des Juifs et notamment le rôle essentiel qu'avait joué le registre des Juifs mis en place par la ville dans le cadre des rafles.

Cette année, le bourgmestre d'Anvers, Patrick Janssens (SP.a) avait déclaré, lors des commémorations :"C'est une histoire qui procure des sentiments très désagréables en tant que bourgmestre."

Je rappelle que c'est le 70eme anniversaire des rafles d'août et de septembre 1942 à Anvers et Bruxelles.

A l'étranger, en août, 300 personnes avaient entamé une "marche pour la vie" et contre l'antisémitisme. Parmi elles se trouvaient des descendants de nazis allemands et des victimes des camps de la mort venus de Pologne, Israël, Russie, Biélorussie et Etats-Unis. La marche est partie du camp de concentration d'Auswitz-Birkenau et s'est terminée au camp d'extermination de Treblinka.

Cette manifestation existe depuis 2007 dans une dizaine de pays. L'initiative vient d'une église protestante indépendante allemande.

C'est une page douloureuse de notre histoire que la collaboration belge dans les rafles de Juifs. N'oublions cependant pas que de nombreux Belges ont sauvé des Juifs pendant la guerre.

20/08/2012

MANIFESTATION DU 19 AOUT.

manifestation du 19 août

La manifestation organisée par Jean-Denis Lejeune a été une réussite. 5000 peronnes, d'après les manifestants, c'est un succès.

Manifestation pacifique, dit-on. C'est oublier les appels scandés par la foule, sous les applaudissements "Mort à Michelle Martin".

Oublier qu'un cercueil a été brûlé, près du Palais de Justice, avec les photos de Michelle Marin et de Marc Dutroux


Déjà, les manifestations contre les Clarisses, qui ont largement expliqué pourquoi elles accueillaient Michel Martin, étaient inacceptables. Il suffit de voir cette image : "Honte à vous" avec la croix chrétienne. 

manifestation du 19 août

Je comprends très bien l'indignation des manifestants en apprenant que Michelle Martin allait être libérée. Je leur reproche de ne pas mettre l'accent sur la libération conditionnelle et ce qu'elle implique, expliquée maintes fois.

Demander que les victimes soient mieux associées à la décision de la mise en liberté conditionnelle, surtout informées des conditions de cette libération, je le comprends mais aller jusqu'à revendiquer un droit de veto, c'est vraiment la porte ouverte à des dérives dangereuses inspirées par la haine.

Le respect du droit, de la justice sont les garants de la démocratie.

Céder à des mouvements de foule, ce n'est pas, comme le dit Jean-Denis Lejeune, un garant de démocratie. La foule, on l'a dit combien de fois, n'a pas toujours raison.

Mettre les désirs d'une foule, aussi légitimes qu'ils soient, au-dessus de la loi, n'est pas non plus démocratique.

L'intention était peut-être bonne mais légiférer dans l'émotion, on l'a dit cent fois, est toujours dangereux. 

Je salue les Russo qui ont choisi une manière plus digne de faire leur deuil.

Je souhaite à Jean-Denis Lejeune de comprendre qu'entretenir la haine n'aide pas à faire son deuil.