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17/11/2012

SALMAN RUSHDIE.

Après les dix années de galère vécues après la "fatwa" lancée contre lui après la publication des "Versets sataniques", l'auteur les raconte dans un livre intitulé du pseudonyme pris après la fatwa. Témoignage émouvant des années vécues dans la peur et l'humiliation. Dix ans après, sa tête est toujours mise à prix mais il vit tranquillement en Amérique.

Voir aussi "La grande librairie" du 15 novembre, présentée par François Busnel, sur France5.

http://www.france5.fr/la-grande-librairie/?page=videos&id_article=6762

 

13/10/2012

SOMMET DE LA FRANCOPHONIE.

Sommet de la Francophonie.

Quatorzième sommet de la Francophonie à Kinshasa. Polémique sur l’endroit choisi où les droits de l’homme ne sont pas respectés. On ne le dira jamais assez, faire d’un pays une démocratie prend du temps.

François Hollande a tenu des propos désagréables sur la RDC, adoucis par après. Il doit apprendre son métier !

Le Premier Ministre belge n’y participe pas. Il préfère rester à Mons pour les élections communales. C’est la première fois qu’un Premier Ministre sera absent. Ses prédécesseurs, pourtant flamands, y ont toujours été. Bart De Wever doit être content, lui qui affirme que la Belgique n’est plus un pays francophone donc que seule la Wallonie y a sa place.

Didier Reynders, représente la Belgique. Sur la photo, il a l’air bien heureux. Je le comprends. J’aime aussi l’Afrique.

Ce sommet est important pour l’Afrique et la Francophonie. L’anglais s’impose de plus en plus, défendre le français est primordial.

10/10/2012

LETTRE D'EINSTEIN.


26/09/2012

LA VIOLENCE A L'ECOLE.

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Les médias relaient souvent des cas graves de violence à l'école. Un élève roue de coups son professeur parce qu'il n'est pas d'accord avec le contenu du cours de religion. Une mère de famille gifle puis frappe d'un coup de pied la prof de son fils. Un élève essaie de planter une paire de ciseaux dans le dos d'un enseignant. Ce ne sont que quelques exemples cités par les médias.

Récemment, dans un lycée professionnel de Paris, les cours ont été suspendus après plusieurs cas de violence. Un élève de troisième a tenté d'étrangler le proviseur adjoint en pleine classe,  un enseignant a été menacé de mort par deux élèves. La police a dû intervenir pour maîtriser un élève violent qui refusait de sortir.

Sans aller jusqu'à l'agression corporelle, ce qu'on appelle pudiquement "incivilités" fleurissent allègrement dans les classes. Certains élèves n'hésitent pas à traiter leur prof de "sale pute, conne, connard"  etc.

Un phénomène plus récent est de contester le savoir du prof. Une enseignante affirme : "Pour être cru par les élèves, il faut recourir à Wiképédia." Internet est un magnifique outil d'information mais les élèves s'en servent pour délégitimer la parole de l'enseignant. "Je ne vous crois pas, j'ai lu autre chose sur internet." J'ajouterai qu'habitués à zapper, les élèves sont peu enclins à écouter ce qu'un professeur veut leur apprendre.

Et ce n'est pas tout. Certains sujets deviennent difficiles à aborder comme la Shoah, le conflit israélo-palestinien ou certains cours de biologie. Paroles d'élèves citées par Le Point : "Hitler aurait fait un bon musulman" et parlant de Léon Blum : "Il est juif, qu'il crève". Les propos antisémites sont légion et les élèves éprouvent des difficultés à faire la différence entre les croyances et les savoirs. Ils sont d'ailleurs encouragés par les parents musulmans qui leur défendent de chanter dans une chorale ou de fréquenter la piscine.

La revue "Le Point" (numéro du jeudi 20 septembre) a interrogé des spécialistes. Olivier Gautier, proviseur dans un lycée privé ne croit pas au manque de formation des enseignants, argument brandi à tout bout de champ, comme la crise et la précarité de l'emploi. Pour lui, l'enseignement est important mais le respect et le savoir-vivre sont des valeurs qui aideront les ados toute leur vie. C'est vrai, mais la précarité de l'emploi pèse lourd sur l'école.

Véronique Decker, directrice d'une école publique, le respect ne doit pas être confondu avec la soumission si on veut former des citoyens capables de réfléchir. Elle plaide pour une école qui serait une "micro-société avec des règles de vie communes partagées entre les élèves, les professeurs et les parents" Je pense au projet pédagogique revendiqué par les directeurs d'école en Belgique, souvent attaqué, et pour moi, indispensable.

Responsabiliser les élèves, Bruno Robbes, ancien instituteur en donne le mode d'emploi dans son livre "L'éducation éducative dans la classe. Douze situations pour apprendre à l'exercer."

Ingrid Duplaquet, professeur dans une ZEP en a fait sa bible. "Le métier de professeur, c'est comme le métier de parents : il faut poser les règles dès le début, à la rentrée, en ayant soin de les expliquer."

Alain Finkielkraut se souvient de ce qu'on disait en mai 68 et affirme : "La question qui nous est posée, quarante ans après, est, à l'inverse : comment rétablir l'autorité face à des élèves énervés, mal élevés, quand ils ne sont pas tout simplement violents ?"

Son jugement est sévère : "L'école s'infantilise. Et, portée par l'amour, elle sacrifie la transmission de la culture à la "réussite pour tous". Il cite Hannah Arendt : "L'enfant n'est pas seulement un être humain en devenir, mais aussi un nouveau venu dans le monde. Ce monde que l'enfant ne connaît pas, il revient à l'éducation de l'y introduire. Et les professeurs, et les parents, l'y introduisent en assumant la responsabilité du monde. Dans le cas de l'éducation, la responsabilité prend la forme de l'autorité."  (Le livre d'Hannah Arendt :  Qu'est-ce que l'autorité ?)

Alain Fienkielkraut souligne aussi la concurrence omniprésente que les nouvelles technologies font à la culture dont les professeurs sont dépositaires. Et cette tendance à la mode de "s'adapter" aux élèves. "Plutôt que de faire étudier "Le Cid" en classe de quatrième, les professeurs obéissent aux consignes : ils choisissent une problématique proche des élèves et les penchent sur des situations aussi peu dépaysantes que possible, du genre "le divorce de mes parents..." Il ajoute : "Comment rétablir l'autorité ? La tâche est immense et d'autant plus redoutable que le public scolaire est en train de changer"

Alain Fienkielkraut fait allusion à la mixité sociale si prônée en Belgique par le calamiteux décret d'inscription. L'objectif avoué n'a pas été atteint et les dégâts ont dépassé tout ce qu'on pouvait imaginer.

Un autre son de cloche est celui de Michel Serre, membre de l'Académie française et professeur à l'université Stanford. "Dans mon dernier livre, je raconte l'évènement d'un nouvel humain, né de l'essor des nouvelles technologies, "Petite Poucette", l'enfant d'Internet et du téléphone mobile. Un clin d'oeil à l'usage intensif du pouce pour converser par texto. L'avènement de Petite Poucette a bousculé l'autorité et le rapport au savoir. Parents et professeurs ont le sentiment d'avoir perdu leur crédibilité dès lors que, face à eux, Petite Poucette tient entre ses pouces un bout du monde." Sa réponse, face à ce qu'il appelle, le nouveau monde, la compétence. "La seule autorité possible est fondée sur la compétence"(Livre : Petite Poucette).

Je ne crois pas que ce soit aussi simple. Même la compétence peut être remise en question par des ados persuadés qu'ils en savent plus que leurs profs.

C'est un tableau bien noir que dresse Le Point à partir de témoignages. Il s'agit de la France mais les problèmes de violence se posent aussi chez nous.

Je dois bien constater que l'élitisme est devenu un gros mot, la mixité sociale, un impératif, l'esprit de compétition, l'effort sont à proscrire, le respect est de moins en moins admis comme une valeur positive. Peut-on dans ce climat rendre aux profs leur autorité ?

Et pourtant, le monde devient de plus en plus dur. Tout le monde est d'accord sur le rôle essentiel que doit jouer l'enseignement dans la formation des jeunes. Je n'ai pas l'impression que nous soyons sur la bonne voie.

25/09/2012

CHARLIE HEBDO.

charlie hebdo, caricatures, manifestations, liberté d'expression

Nous avons été abreuvés d'informations sur les caricatures de Charlie Hebdo. Normales pour les uns, blasphématoires pour les autres, chacun déroulant ses arguments. Ceux qui les défendent affirment que la revue traite toujours l'actualité donc il était logique après les réactions violentes au film "L'innocence des Musulmans" de caricaturer le prophète. La revue est depuis toujours une revue satirique qui s'autorise à "rire" de tout, sans se préoccuper des conséquences. Ils ont usé de leur liberté d'expression, essentielle dans une démocratie.

Pour les autres, Charlie Hebdo a jeté de l'huile sur le feu et aurait dû se préoccuper des conséquences de leur publication.

Je le dirai franchement, je n'ai pas apprécié les caricatures. Je ne les rends pas responsables des émeutes qui ont suivi leur parution mais, pour moi, Charlie Hebdo a franchi la ligne rouge. Montrer le prophète les fesses en l'air dans une position équivoque est-ce vraiment de l'humour ? Ma réaction serait la même si, au lieu de Mahomet, Elio Di Rupo, par exemple, avait été caricaturé comme cela et je doute fort qu'il aurait apprécié.

Les deux "camps" ont affirmé qu'ils étaient pour la liberté d'expression. Le problème est bien là. La liberté d'expression serait-elle la seule liberté qui ne connaîtrait pas de limites ? Impossible de souscrire à cette affirmation. Toutes les libertés connaissent des limites celles imposées par la loi, bien sûr, mais aussi le respect de l'autre. Peut-on imaginer une société, un couple, une école où sous prétexte de la liberté d'expression on pourrait tout dire sans tenir compte de l'autre, sans se préoccuper de ce qui peut être interprété comme une insulte ou même simplement blesser ? Je ne le crois pas.

Ce qui me semble grave est que le respect de l'autre qui devrait être une valeur essentielle est constamment bafoué. Les exemples sont multiples : insultes dans les rues, dans les écoles, même dans les entreprises (harcèlement) les couples (mépris de la femme).

Il est donc paradoxal de chercher à punir les incivilités, pour utiliser un terme à la mode, et de défendre le "je peux tout dire".

Les journaux ont leur déontologie, elle concerne aussi bien les journalistes que les caricaturistes. Ce qui risque de blesser les lecteurs sera censuré à juste titre et je crois pouvoir dire, accepté.

J'admets que les caricatures ou les vidéos peuvent donner lieu à une manipulation qui pousse les gens à sortir dans la rue "pour défendre l'honneur de leur prophète". C'est un fait, doit-on en tenir compte ou pas ?

Je suis toujours étonnée que le vendredi, jour des prières pour les Musulmans, soit le jour privilégié des manifestations. Comment ne pas se dire qu'un jour de prière devient un jour d'incitation à la haine. Je n'ai jamais compris cela.

J'ai longtemps hésité à écrire ce post. Je me disais que je ne pourrais rien ajouter à ce qui avait déjà été dit. Mais voilà essayer de clarifier sa pensée est presque un impératif pour une blogueuse. C'est fait.