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11/10/2008

DANIEL BARENBOIM.


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"La musique est une école de vie".

Ce matin, dans Thé ou Café, Catherine Ceylac recevait Daniel Barenboïm, un pianiste de génie, un chef d'orchestre mondialement connu, un homme de conviction, engagé pour la paix. Il est d'une grande simplicité. L'animatrice laisse toujours son invité seul, pendant une minute, le priant d'agir à sa guise. Malicieux, il a ouvert des tiroirs, à la recherche d'un cigare, qu'il voulait fumer, même si c'est interdit, puisqu'elle lui avait dit de faire ce qu'il voulait !

Je relate cette anecdote parce qu'elle reflète bien sa personnalité, son humour. J'ai la chance de l'écouter souvent sur la chaîne musicale Mezzo et j'ai même eu le bonheur d'assister à plusieurs leçons de piano. Il commence toujours par féliciter son élève puis de manière très vivante, suggère l'interprétation, avec une argumentation développée, même s'il ne s'agit que d'une seule note. De plus, sa gentillesse est extraordinaire. Ainsi, l'ai-je entendu dire à un élève . "Me permettez-vous de vous interrompre ?"

Il est né le 15 novembre 1942 à Buenos Aires. Il apprend le piano avec son père et donne son premier concert à sept ans. En 1952, il s'installe en Israël avec ses parents juifs d'origine russe. Il enregistre ses premiers disques en 1960. Tout en continuant à jouer du piano, il devient chef d'orchestre, à Paris, de 1975 à 1989, puis à Chicago jusqu'en 2006 tout en menant une carrière de chef à Berlin.

En 1999, il crée le "West-Eastern Divan Orchestra" dans lequel il réunit des musiciens israéliens, arabes et andalous. La création de son orchestre est un engagement politique. Il préfère parler de "forum humaniste" car chacun est incité à écouter et comprendre l'histoire de l'autre.

Il a pu, avec beaucoup de difficultés, donner un concert à Ramallah, le 21 août 2005, concert diffusé par Arte. La chaîne avait organisé une conférence de presse à Paris, le 13 juin, au cours de laquelle Daniel Barenboïm avait eu l'occasion de souligner la portée hautement symbolique du concert.

De nationalité israélienne et argentine, il possède aussi un passeport espagnol, et depuis peu, palestinien. "La vraie dimension du Divan arrivera le jour où l'orchestre pourra jouer dans tous les pays qui y sont représentés, en Espagne, en Turquie, au Liban, en Syrie, en Jordanie, en Palestine, en Israël et en Iran".

Daniel Barenboïm dirigera le concert du Nouvel An, à Vienne, le 1er janvier prochain.

15:04 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/09/2008

EMISSIONS CULTURELLES.

Depuis le départ de Bernard Pivot "Ouvrez les Guillemets" "Apostrophes" Bouillon de culture", personne ne l'avait vraiment remplacé. Il y avait bien eu Guillaume Durand "Campus" "Esprits libres", d'excellentes émissions mais axées aussi sur des débats politiques, le cinéma, l'art, la musique. Rien à voir avec les émissions de Pivot, dont on a dit qu'il faisait vendre beaucoup de livres, des bons et des moins bons... Le talent oratoire de l'auteur primait parfois sur la qualité du livre.

J'ai eu envie de faire le tour des émissions culturelles de France Télévision.

FRANCE 2.

Café littéraire - Daniel Picouly - vendredi 22.30.

Des mots de minuit - Philippe Lefait - mercredi 1.20.

Vendredi, si cà me plaît - Christophe Hondelatte - vendredi 18.55.

L'objet du scandale - Guillaume Durand - dimanche 16.15.

FRANCE 5.

FOG - Franz-Olivier Giesbert - samedi 17.55.

La grande librairie - François Busnel - jeudi 20.35.

Ces émissions sont très différentes l'une de l'autre. Je n'en ferai pas la critique. Vous les retrouverez, présentation et programmes, sur les sites internet des chaînes. Vous aurez parfois l'occasion de les revoir en vidéo. A vous de vous forger une opinion.

11:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

24/09/2008

LUCIANO PAVAROTTI.

Un an après sa mort, le monde entier lui a rendu hommage. Fait rare à une époque dont la tendance est plutôt d'oublier ceux qu'elle a appréciés.

Luciano Pavarotti est né à Modène le 12 octobre 1935. Il est considére comme le plus grand chanteur d'opéra depuis Enrico Caruso. Sa carrière à l'opéra a débuté en 1961. Il a chanté dans toutes les grandes salles d'opéra, a donné de nombreux concerts dont, innovation, certains en plein air et a contribué à populariser l'opéra, notamment par ses duos avec des chanteurs de variétés. Sa générosité est connue : aide aux jeunes chanteurs et concerts humanitaires.

Au cours de sa carrière, il a dû affronter bien des critiques. Je me souviendrai toujours de la première fois où je l'ai entendu et comment sa voix exceptionnelle m'avait bouleversée. A cette époque, les critiques musicaux étaient sévères et, je dois dire, que même dans mon entourage, on ne comprenait pas mon enthousiasme.

On lui a reproché de ne pas savoir lire une partition, son look, ses duos et même l'utilisation d'un micro pour un concert en plein air. Micro et concerts en plein air, scandale, à l'époque, pour un chanteur lyrique.

On se souviendra des concerts donnés avec Placido Domingo et José Carréras, ceux qu'on appellera les trois ténors.

Mon enfance avait été bercée par Beniamo Gigli, mort en 1957, oublié maintenant. La révolution technologique nous permet d'écouter Pavarotti quand nous le souhaitons et permettra, sans doute, de ne pas l'oublier.

Dans une interview à Eve Rugiéri, il disait : "Une vie en musique est une belle vie."

J'ai voulu modestement m'associer à l'hommage qui lui est rendu et dire quel bonheur il me donne.

10:21 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3)

10/09/2008

AMIN MAALOUF


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Amin Maalouf est né à Beyrouth en 1949. Il vit à Paris depuis 1976. Après des études d'économie et de sociologie, il entre dans le journalisme. Grand reporter pendant douze ans, il a effectué des missions dans plus de soixante pays. Ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique, il consacre aujourd'hui l'essentiel de son temps à l'écriture de ses livres. Léon l'Africain, Samarcande, Le Rocher de Tanios, Le Périple de Baldassare, Les Echelles du Levant, Les jardins de lumière.

Les Identités meurtrières a été publié en 1998. Arabe et chrétien, il s'interroge sur ce qu'est l'identité. Son livre est un long cheminement pour essayer d'expliquer en quoi les identités peuvent devenir meurtrières.

Il part d'un constat. L'identité de chaque personne est constituée d'une foule d'éléments : appartenance religieuse, une nationalité, parfois deux, un groupe ethnique ou linguistique, une famille, une profession, un milieu social. L'identité se construit et se transforme tout au long de l'existence. Pour l'auteur, chacun devrait pouvoir assumer toutes ses identités. Lorqu'une identité devient prioritaire, elle pèse lourd et peut entraîner de dérives, voire devenir "meurtrières". Ainsi, par exemple, la religion, la langue, l'ethnie, l'appartenance à une commnauté.

L'auteur établit un parallèle entre le christianisme et l'islam. Le christianisme a engendré bien des violences : tortures, procès iniques, inquisition mais est arrivé à vivre en harmonie avec la laïcité, les droits de l'homme, la démocratie. Au contraire, du temps où les Arabes triomphaient (Moyen Age) ils interprétaient leur foi dans un esprit de tolérance et d'ouverture mais l'islam a dérivé vers des comportements intolérants et totalitaires.

L'auteur analyse aussi comment, en quelques siècles, la civilisation occidentale est devenue pour le monde entier, une civilisation de référence, fait unique dans l'histoire.

Je n'ai pas été convaincue par les arguments, peu clairs, de l'auteur sur ce qu'il appelle "l'humiliation des Arabes". J'ai eu l'impression qu'il s'appuyait sur son expérience, peut-être des blessures toujours ouvertes.

Dans une troisième partie, il prêche pour la tolérance, l'acceptation de l'autre, de ses différences, un humanisme ouvert, qui refuse à la fois, l'uniformisation planétaire et le repli sur la "tribu".

Amin Maalouf cite souvent la Belgique, qu'il compare même au...Liban. "le sentiment d'appartenance à la communauté nationale se rétrécit, jusqu'à disparaître".

Je voudrais signaler que pour le livre d'Elie Barnavi Les religions meurtrières, le titre a été choisi par l'éditeur et ne correspond pas au contenu.

14:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (9)

08/09/2008

EMILE VERHAEREN.

 

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Un grand poète, oublié. D'origine flamande, écrivant en français, ayant vécu au dix-neuvième siècle. Ceci explique sans doute cela.

Emile Verhaeren est né à Saint-Amand, au bord de l'Escaut, le 21 mai 1855. Après des études universitaires à Gand, il publie ses premiers recueils de poèmes Les Flamandes et Les Moines. Les grands thèmes de son oeuvre sont la Belgique et la Flandre, l'amour, la vie moderne célébrée pour ses grands progrès matériels. L'éclat des images, la violence verbale, l'habileté parfaite dans le maniement du vers libre caractérisent son oeuvre où la force alterne avec la douceur.

En 1891, il épouse Marthe Massin, peintre, et s'installe à Bruxelles. Son amour pour elle s'exprime dans trois recueils de poèmes d'amour : Les Heures claires, Les Heures d'après-midi, Les Heures du soir, mes poèmes préférés.

Je citerai tout de même Le Passeur (Les Villages illusoires), Le Moulin (Les Soirs), souvenirs scolaires peut-être pour certains.

LES  HEURES  DU  SOIR.

Vous m'avez dit, tel soir, des paroles si belles
Que sans doute les fleurs, qui se penchaient vers nous,
Soudain nous ont aimés et que l'une d'entre elles,
Pour nous toucher tous deux tomba sur nos genoux.

Ou encore :

Lorsque tu fermeras mes yeux à la lumière
Baise-les longuement, car ils t'auront donné
Tout ce qui peut tenir d'amour passionné
Dans le dernier regard de leur ferveur dernière.

J'aime aussi beaucoup Un Matin (Les Forces tumultueuses).

Dès le matin, par mes grand'routes coutumières
Qui traversent champs et vergers,
Je suis parti clair et léger,
Le corps enveloppé de vent et de lumière.

Je vais, je ne sais où. Je vais, je suis heureux;
C'est fête et joie en ma poitrine;
Que m'importent droits et doctrines,
Le caillou sonne et luit sous mes talons poudreux.

Il est mort accidentellement, à Rouen, en 1916, sous les roues d'un train. Il est enterré dans son village natal.

 

17:01 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)