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02/03/2009

JEAN-LOUP DABADIE.

 

Jean-Loup Dabadie.jpg

Jean-Loup Dabadie sera reçu à l'Académie Française le 12 mars 2009 à 15 heures par Frédéric Vitoux au fauteuil de Pierre Moinot. Il rejoindra ainsi les prestigieux académiciens dont les plus récents ou le plus connus sont Jean d'Ormesson (1973),  Alain Decaux (1979),  Hélène Carrière d'Encausse (1990), Michel Serres (1990), ), Jean-Marie Rouart (1997), Erik Orsenna (1998), Valéry Giscard d'Estaing (2003),  Max Gallo (2007), Jean Christophe Rufin (2008), Simone Veil (2008). On se souvient que la première femme reçue à l'Académie était Marguerite Yourcenar.

 

L'Académie française a été fondée par le cardinal Richelieu en 1635. Elle se compose de quarante membres élus par leurs pairs. (Il faut présenter sa canditature). Une de ses missions, assignée depuis le début, est de fixer la langue française, de lui donner des règles. Elle compose donc un dictionnaire avec une lenteur d'escargot !

 

Appelés "Immortels" (on ne peut pas démissionner), ils portent un prestigieux costume, l'habit vert qu'ils revêtent avec le bicorne, la cape et l'épée.

 

L'élection à l'Académie Française est considérée comme une consécration suprême. Pourtant, un grand nombre d'illustres écrivains n'en ont jamais fait partie. Je citerai Molière, Pascal, Rousseau, Diderot, Beaumarchais, Balzac, Dumas père, Flaubert, Stendhal, Nerval, Maupassant, Baudelaire, Zola, Proust, Gide, Giraudoux, Camus etc.

 

L'élection de  Jean-Loup Dabadie a été une surprise. Il est surtout connu comme parolier, auteur de sketches, scénariste et dialoguiste. Mais, il a aussi écrit des romans. L'élection de Valéry Giscard d'Estaing n'avait pas, elle aussi, reçu que des approbations...

 

Souriant, aimable, sympathique, Jean-Loup Dabadie est né à Paris le 27 septembre 1938.

Premier roman Les yeux secs en 1957, suivi l'année suivante par Les dieux du foyer".

Il amorce une carrière de journaliste grâce à Pierre Lazareff, collabore à la revue Tel Quel de Philippe Sollers et dès 1962 écrit pour la télévision avec Jean-Christophe Averty et Guy Bedos.

 

Il est surtout connu comme scénariste ayant travaillé avec Claude Sautet (Les choses de la vie, César et Rosalie), Yves Robert (Un éléphant ça trompe énormément, Nous irons tous au paradis), Claude Pinotau (Le silencieux, La gifle). Au théâtre, je retiendrai l'adaptation de Madame Marguerite interprétée magistralement par Annie Girardot.

 

Il se lancera dans l'écriture de chansons en 1967 et écrira pour de très nombreux interprètes : Serge Reggiani, Régine, Michel Polnareff, Mireille Mathieu, Claude François, Marcel Amont, Juliette Gréco, Marie Laforêt, Jacques Dutronc, Nicole Croisille etc. On ne peut pas dire que ses chansons aient vraiment été des tubes. Il y aura cependant le succès du texte écrit pour Jean Gabin Maintenant je sais.

 

En 1976, commencera une collaboration avec Julien Clerc : Ma préférence, L'assassin assassiné, Femmes je vous aime, Je suis mal, Elle danse ailleurs. Des succès.

 

Pour l'anecdote, j'ai entendu Jean-Loup Dabadie  dire avoir été le premier à persuader Julien Clerc de chanter "je vous aime" et d'avoir contribué à l'abolition de la peine de mort avec L'assassin assassiné.

 

Son élection fait donc entrer la chanson à l'Académie qui renoue aussi avec le cinéma guère représenté sous la coupole depuis René Clair.

 

J'avoue que je n'aime pas tellement les textes de Jean-Loup Dabadie. Peut-être que cela vient de ma grande admiration pour  Pierre Delanoë et Louis Amade, paroliers de Gilbert Bécaud, dont je trouve les textes admirables. Mais c'est une autre époque !

 

Je ne résiste cependant pas à citer les plus grands succès des paroliers préférés  de Gilbert Bécaud. Jean-Loup Dabadie, tout auréolé de son élection, me le pardonnera !

 

Delanoë : Mes mains, Quand tu danses, Je t'appartiens, Le pianiste de Varsovie, Le jour où la pluie viendra, Têtes de bois, Je te promets, L'enterrement de Cornélius, Et maintenant, Nous les Copains, Dimanche à Orly, Nathalie, L'orange, Tu le regretteras, Je reviens te chercher,L'un d'entre eux inventa la mort, Les créatures de rêve, La solitude ça n'existe pas, Charlie, t'iras pas au paradis, Et le spectacle continue  et tant d'autres.

 

Louis Amade : Les croix, La ballade des baladins, Les enfants oubliés, Marchand de ballons, Pauvre pêcheur, Laissez-moi vivre en paix, La corrida, Toi, l'oiseau, Les marchés de Provence, L'absent, Mon amour impossible, Galilée, L'enfant du ciel, Toi le musicien, Miserere, Mon arbre, On prend toujours un train pour quelque part et beaucoup d'autres.

 

Ces chansons sont connues, mais qui se souvient des paroliers ?

 

 

Je reviens à Jean-Loup Dabadie. Je le félicite pour son élection. Je l'ai trouvé très élégant lors de l'essayage de son habit vert et tellement heureux.Après tout, n'est-ce pas cela l'important ?

 

15:24 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

27/02/2009

BERNARD-HENRI LEVY.

 

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France5 a diffusé  récemment, un reportage réalisé par Eric Dahan,  sur Bernard-Henri Lévy. Philosophe, essayiste, journaliste, éditorialiste au Point, il est né en 1948 en Algérie, dans une famille modeste. Son père rêvait d'une étagère en bois où ranger quelques livres...

 

Il s'explique et j'ai eu des réponses à certaines questions que je me posais depuis longtemps. Pourquoi cette médiatisation à outrance ? Pourquoi cet engagement dans les conflits qui mettent les pays à feu et à sang ? Pourquoi privilégier le journalisme plutôt que la philosophie qui, comme le dit Philippe Sollers, est actuellement "dans une grande misère".

 

Beaucoup, comme moi, se souviennent de ses nombreux passages à la télévision notamment chez Bernard Pivot. Sa tenue, costume noir, chemise blanche, largement ouverte, ne passait pas inaperçue. Il explique son choix de la recherche de passages dans les médias par un souci de mieux faire passer ses idées. Son premier livre n'avait pas eu d'audience, son deuxième "Barbarie à visage humain" a été largement commenté et critiqué dans la presse. (1977).

 

D'emblée, il dit de lui : "J'ai toujours été attaqué, j'ai la palme de l'écrivain français vivant le plus détesté. On a écrit des livres sur moi, on m'a traîné dans la boue, on a dit des choses atroces, je n'ai jamais attaqué parce que je m'en fiche !"

 

La justification de son engagement se trouve dans sa définition de la philosophie :"Certains  pensent que le lieu de la philosophie est une tour d'ivoire. Pour moi, c'est un champ de batailles."

 

Il ira au Bangla-Desh, en Bosnie,  au Burundi, en Afghanistan. On se souvient comment il a soutenu et demandé de soutenir le commandant Massoud à qui il avait apporté des radios-émetteurs. Son credo : combattre le totalitarisme, le fascisme, le marxisme. Il fait sienne la phrase de Marx : "La philosophie n'est pas faite seulement pour comprendre le monde mais pour le transformer."Je citerai aussi ce qu'il dit du communisme "détestable parce qu'il crée l'ordre et l'aliénation."

 

Dans "Qui a tué Daniel Pearl ?" (2003) il agit comme un journaliste d'investigation. Daniel Pearle, journaliste américain,  avait été enlevé puis décapité à Karachi par les "fous de Dieu". BHL a mené une véritable enquête qui l'a conduit à la découverte qu'un membre officiel pakistanais s'apprêtait à vendre la bombe atomique à des terroristes. C'était le secret découvert par Daniel Pearle. Depuis, ce membre officiel a été arrêté et BHL y voit la confirmation qu'il avait raison de soupçonner le Pakistan de jouer un double jeu.

 

Il aime les Etats-Unis où il se rend très souvent. Son livre "American Vertigo"  paru en 2006, dans lequel il rassemble ses impressions, ses pensées a été mal accueilli en France mais apprécié par les intellectuels américains.

 

J'ai été fort étonnée de découvrir dans le reportage, l'éloge qu'il fait de la pensée juive "une voie pour sortir du marxisme".  Je le savais juif, bien sûr, mais je ne connaissais pas son admiration pour le Talmud. Il est vrai que je n'ai pas lu le "Testament de Dieu". (1979). Il a été fait docteur honoris causa de l'université hébraïque de Jérusalem en juin 2008.

 

BHL rappelle aussi qu'il est co-fondateur avec Françoise Giroud, Marek Halter et Jacques Attali de "Action internationale pour la faim"  (1980) et avec Harlem Désir en 1984,  de "SOS Racisme" dont il se dit à la fois fier et déçu.

 

 

 

A l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, il a été l'élève de Jacques Derrida et de Louis Altusser mais reconnaît aussi comme modèles Emmanuel Lévinas, Jean-Paul Sartre, Albert  Camus, Jacques Lacan et Michel Foucault. Il admire aussi Charles Baudelaire à qui il a consacré un livre "Les derniers jours de Charles Baudelaire" en 1988.

 

On lui a aussi reproché son mariage avec l'actrice Arielle Dombasle, union qu'il qualifie de "vrai miracle". (1993). Autre reproche, celui de s'intéresser plus à la misère du monde lointain qu'à celle proche de lui. Il repond que c'est parce qu'il y a moins de monde et qu'en France, politiques et syndicats, associations s'en chargent bien.

 

En conclusion de son interview il se définira comme un écrivain qui essaie d'être fidèle à lui-même et aux valeurs qu'on lui a inculquées.

 

J'ai beaucoup aimé d'autres livres : "Réflexions sur la Guerre, le Mal et la fin de l'Histoire" précédé de "Les Damnés de la guerre". (2001) "Les aventures de la liberté" (1991) "Le siècle de Sartre" ( 2000) et surtout "Les Hommes et les Femmes" écrit avec Françoise Giroud. (1993).

 

 

 

"Est-ce à dire que j'aie aimé cela ? Que j'aie pu prendre plaisir à ces scènes abominables ? Et avait-il tant soit peu raison, ce jeune commandant de Moukti Fouj, qui un soir, tandis qu'il évoquait la mémoire d'un de ses meilleurs partisans, mort quelques jours plus tôt, et que, pour un autre, musulman, on achevait, un peu plus loin de creuser une petite tombe, me déclara tout à coup :"vous, les journalistes, c'est pour cela que vous êtes là...vous êtes quand même, admettez-le de sacrés salauds de voyeurs." .... Et je pense surtout, à la tête que j'ai dû faire, à la panique qui m'a saisi....."

(Réflexions sur la guerre.)

 

15:32 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3)

12/02/2009

GILLES LIPOVETSKY

 

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Né en 1944, Gilles Lipovetsky est un essayiste français et professeur agrégé de philosophie à l'université de Grenoble. Son livre L'Ere du Vide est certainement le plus connu.

 

LE  BONHEUR  PARADOXAL.

 

Paru chez Gallimard en 2006, il est sous-titré "Essai sur la société d'hyperconsommation".

L'auteur dresse l'historique de ce qu'on appelle " La société de consommation" terme apparu depuis les années 1920. Il décrit longuement les transformations opérées dans la consommation mais montre comment elle a façonné la société et les individus. Pour lui, l'hyperconsommation commence vers la fin des années 1970 et touche tous les domaines : alimentation, vêtements, appareils électroménagers, télévision, santé et plus surprenant, la culture et même la religion.

 

Le bonheur paradoxal tient à démontrer que les individus n'ont pas trouvé le bonheur dans une société de plus en plus consumériste. Par contre, l'auteur relève aussi le paradoxe que les valeurs qu'on pouvait imaginer disparues sont toujours  présentes.

 

Il est évident que la satisfaction des besoins ne rime pas nécessairement avec le bonheur. Si nous apprécions le confort qui rend la vie plus facile, il faut bien reconnaître que nous ne sommes pas nécessairement plus heureux.

 

Je vais essayer d'illustrer le propos par quelques exemples. La télévision a pris une part importante dans nos vies, nous la regardons de plus en plus. On  a souvent parlé de  société de cocooning et pourtant, souligne l'auteur, on n'a jamais publié autant de livres, les voyages se sont multipliés, les grands concerts connaissent un franc succès. Même les jeunes qui passent de plus en plus de temps devant l'ordinateur, cherchent à se retrouver entre copains pour discuter, aller au cinéma ou manger un hamburger.

 

Marque de "classe" auparavant, le vêtement est devenu un choix individuel, on achète ce qui plaît et même l'attrait des "marques" est en disparition sauf peut-être chez les jeunes.

 

Dans le monde du travail, si l'argent a encore une grande valeur parce que permettant la consommation, la valorisation qu'on l'on obtient par son travail, la reconnaissance de ce que l'on accomplit, paraissent plus importantes.

 

La religion elle-même s'est transformée. On assiste à un "shopping" de la spiritualité. On prend ce qui plaît et l'attrait des religions orientales ne se dément pas. Et, de plus en plus, l'homme est préoccupé par sa santé, son bien-être même si la pratique du sport reste faible et la surconsommation de médicaments, en hausse.

 

Notre société est certes devenue égoïste et pourtant les appels de dons sont toujours un succès. Que l'on pense à l'argent récolté pour des causes jugées importantes comme la lutte contre les maladies ou la recherche.

 

L'auteur parle de l'évolution de la publicité qui joue un rôle très important dans l'hyperconsommation. Actuellement, l'accent est mis sur les nouveautés. On croit généralement que les fabricants font des produits moins bons pour vendre plus. Ils ne le font pas car cela nuirait à la crédibilité de leurs marques mais créent de nouveaux produits plus performants.

 

L'auteur est bien conscient qu'une grande, toujours plus grande partie de la société est touchée par la pauvreté et la précarité. Les mères vivant seules, les chômeurs, n'arrivent plus à boucler leur budget. Mais l'accent mis par la publicité sur les produits, qu'ils ne peuvent acquérir, engendrent des frustations. Tout le monde voudrait offrir à ses enfants ce qui est le mieux. Aux frustations s'ajoute souvent un sentiment de culpabilité et de dévalorisation de soi.

 

Dans les quartiers difficiles, les jeunes vivent mal la vie précaire et la pauvreté ce qui les pousse à la délinquance : vols, combines, violences. La télévision leur montre la violence mais aussi l'image d'un bonheur dont ils sont exclus.

 

 

 

Que dire du livre ? On pourrait penser qu'il n'offre aucun intérêt, qu'il n'est qu'une énumération de constats. Pour ma part, je trouve intéressant de voir l'évolution de la société et, je dirais, la manipulation dont nous sommes l'objet.

 

Le livre est ambitieux et fourmille de références. On n'y trouvera pas la recette du bonheur. Je dirai aussi que le mal-être n'est pas toujours lié à la consommation. La solitude par exemple, très présente dans la société actuelle.

 

 

 Le bonheur, un rêve éternel...

08:46 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

28/01/2009

VLADIMIR FEDOROVSKI.


 

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Cet écrivain, né à Moscou, le 27 avril 1950, est un ancien diplomate russe. Il a été ambassadeur à Paris en 1977 et en 1985, il a passé un doctorat en histoire sur le rôle des cabinets dans l'histoire de la diplomatie française. Interprète de Brejnev, partisan de Gorbartchev, il est opposé à Poutine.

 

Il a écrit une série romanesque de l'histoire russe Le Roman de Saint-Pétersbourg, Le Roman de Moscou, Le Roman de la Russie insolite. Il est aussi l'auteur d'autres livres, parus en livre de poche, dont Le Roman de l'Orient-Express, Le Roman du Kremlin, Les Tsarines.

 

LE ROMAN DE SAINT-PETERSBOURG.

 

D'emblée je dirais que le titre de "roman" me semble peu approprié. Il s'agit plutôt d'un documentaire, illustré, il est vrai, de portraits de personnages liés à la ville et d'anecdotes. Pierre le Grand est fondateur de la ville. D'après l'auteur, trois éléments furent à l'origine du projet : son amitié avec les étrangers, sa passion des voyages et enfin sa volonté de construire un grand port.

 

La ville a été construite sur les rives de la mer Baltique, au fond du golfe de Finlande. Elle est restée capitale de l'empire russe jusqu'à la révolution de 1917. Elle est construite sur pilotis et son édification a coûté énormément d'argent et de vies humaines, 40.000 serfs enrôlés de force. Le sol était si spongieux que les hommes devaient apporter de loin, dans des sacs, la terre nécessaire aux fondations. Des canaux furent creusés ce qui donna à la ville son surnom de "Venise du Nord". Le tsar s'y installa en 1703, dans une demeure modeste, en attendant l'achèvement du palais de Peterhof. Un oukase prescrivit à trois cent cinquante familles nobles et autant de familles de marchands et d'artisans d'y bâtir leurs maisons. L'objectif de Pierre proclamé empereur, était atteint, faire de la ville une capitale de style européen.

 

"Les voyageurs occidentaux ne tarirent pas d'éloges sur le classicisme des nouveaux bâtiments de la ville et annoncèrent la naissance d'une "vraie" architecture en Russie, réfutant avec mépris son style ornementé traditionnel. Les élégants bâtiments et les larges avenues de Saint-Pétersbourg les convainquirent que la Russie n'était plus la nation barbare que suggérait l'éclectisme débridé de ses anciens édifices."

 

L'auteur nous parle abondamment de Pierre 1er et de son impératrice paysanne, de Catherine II et son compagnon, le prince Potemkine, d'Alexandre 1er mais aussi de Pouchkine, Dostoïevki, Balzac, Voltaire, élu à l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg. Qui choisir parmi toutes ces célébrités ? De manière complètement subjective, j'ai décidé de parler du grand poète.

 

Alexandre Pouchkine  est né à Moscou, le 6 juin 1799 mais il a fait ses études au lycée impérial près de Saint-Pétersbourg. A sa sortie du lycée, il mène une vie dissipée.

 Il cherchera, en vain, à faire publier son premier recueil de poèmes. Editer un livre écrit en russe était impossible !

 

Il faut dire qu'à l'époque, la langue française était largement répandue chez les aristocrates et que le russe était perçu comme  une sorte de patois indigne de leurs salons.  En 1820, Pouchkine est condamné à l'exil par le tsar Alexandre 1er. Ces années d'exil sont celles de ses grandes oeuvres Le prisonnier du Caucase, Eugène Onéguine et Boris Goudounov. Il reviendra à Moscou sous Nicolas 1er.

 

L'énorme mérite de Pouchkine est d'avoir imposé le russe tel qu'il était parlé et d'avoir libéré la littérature russe de l'influence étrangère même si ses condisciples le surnommaient "Le Français". Après son exil, il a vécu à Saint-Pétersbourg où il est mort 10 février 1837.

 

 

 

Le Roman de l'Orient-Express évoque les grands moments de ce train mythique. Sa création par un ingénieur belge, Georges Nagelmackers, la signature dans la voiture de l'armistice de 1918, les personnages emblématiques comme Mata-Hari, Lawrence d'Arabie, Marlène Dietrich et bien sûr Agatha Christie, qui s'est inspiré de ses voyages où elle rejoignait son mari archéologue en Syrie et en Irak, pour écrire trois de ses célèbres romans Mort sur le Nil, Le Crime de l'Orient-Express et Meurtre en Mésopotamie.

 

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23/01/2009

ERIC-EMMANUEL SCHMITT.

 

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Né le 28 mars 1960, écrivain et dramaturge d'origine française, il est installé à Bruxelles depuis 2002. Ayant obtenu la naturalisation belge en 2008, il dispose de la double nationalité. Ecrivain à succès, sympathique, il est très médiatisé.

 

ULYSSE FROM BAGDAD.

 

Son dernier roman paru chez Albin Michel en 2008 a comme narrateur Saad Saad, qui signifie en arabe Espoir Espoir et en anglais Triste Triste. Double signification qui permet à l'auteur de s'interroger sur l'identité. "Qui étais-je moi-même ? Irakien ? Arabe ? Musulman ? Démocrate ? Fils ? Futur père ? Epris de justice et de liberté ? Etudiant ? Autonome ? Amoureux ? Tout cela; pourtant tout cela résonnait mal ensemble." (page 45).

 

Le livre s'ouvre sur son adolescence à Bagdad, sous la dictature de Saddam Hussein. Saad vit mal le régime de terreur du dictateur qui se croit au-dessus de Dieu. Arrestations arbitraires, un régime où tout le monde est suspect, peut être emprisonné, torturé, disparaître, sans aucune explication. Aussi, Saad vit l'arrivée des Américain comme un espoir. Il applaudit à la chute du tyran mais hélas ! les Américains ne réussissent pas leur guerre et la vie devient pire qu'avant. Son père est tué par un soldat américain alors qu'il tente de les avertir qu'un kamikaze vient de se faire sauter en plein marché.

 

C'est alors que Saad décide de partir pour l'Angleterre, sa mère l'encourageant pour qu'il puisse aider sa famille en leur faisant parvenir de l'argent. C'est un long périple qui le mène au Caire, Tripoli, Malte, Italie, Suisse, France pour atteindre enfin Londres.

 

Le récit de son voyage est décrit par l'auteur de façon très réaliste, ce qui le rend à peine soutenable. Amasser de l'argent pour les passeurs, de n'importe quelle manière, voyager dans des conditions très pénibles.

 

Eric-Emmanuel Schmitt introduit dans le récit, les dialogues avec son père, mort, qui le conseille ou s'indigne, mais parlant surtout par métaphores, n'est pas toujours compris par son fils. Une respiration dans un récit poignant qui nous permet de continuer la lecture.

 

Le titre est une référence à Ulysse mais l'auteur le justifie par des anecdotes. Un exemple : ayant jeté ses papiers pour ne pas risquer de dévoiler d'où il vient lors d'une arrestation et courir le risque d'être renvoyé à Bagdad, il dit s'appeler "Personne" ou "Ulysse venant d'Ithaque". Autre référence, un groupe musical Les Sirènes dont il se servira pour poursuivre son voyage.

 

On dit souvent que les images sont plus fortes que l'écrit. Le livre prouve le contraire car les images de clandestins vues à la télévision sont brèves et anonymes. Dans le livre, nous nous attachons au personnage et ce que vit Saad, nous le vivons avec lui.

 

"Au terme de ce voyage, au début d'un nouveau, j'écris ces pages pour me disculper. Né quelque part où il ne fallait pas, j'ai voulu en partir; réclamant le statut de réfugié, j'ai dégringolé d'identité en identité, migrant, mendiant, illégal, sans-papiers, sans-droits, sans-travail; le seul vocable qui  me définit désormais est clandestin...Bienvenu nulle part. Etranger partout." (page 11).

 

On retrouvera à la fin du livre une carte qui reprend le voyage de Saad et une synthèse de L'Irak de Saddam Hussein.

  

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