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13/10/2009

JUSTINE LEVY.

 

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Justine Lévy est née le 27 septembre 1974. Elle est la fille de Bernard-Henri Lévy et d'Isabelle Doutreluigne, mannequin. Après des études de philosophie, elle travaille pendant neuf ans comme lectrice chez Calmann-Lévy puis aux éditions Pauvert.

 

En 1995, elle épouse Raphaël Enthoven, le fils de Jean-Paul Enthoven, éditeur. Elle publie son premier roman "Le rendez-vous" dans lequel elle traite des rapports difficiles avec sa mère. Le livre obtient un succès mitigé mais est cependant traduit en anglais et lui vaut le prix Contre-point de  littérature française.

 

En 2000, son mari et Carla Bruni, qui vit avec Jean-Paul Enthoven,  père de son mari, ont une liaison. Raphaël divorce et s'installe avec Carla, ce qui plonge Justine dans un anéantissement profond dont elle ne sortira qu'au bout de quelques années.

 

C'est en 2004, qu'elle racontera cette expérience douloureuse dans un roman autobiographique "Rien de grave". Le roman est un réel succès, il est traduit en anglais et en allemand et est édité aux Etats-Unis en 2005.

 

Elle épousera l'acteur Patrick Mille avec qui elle aura une fille, Suzanne et un fils, Lucien.

 

RIEN  DE  GRAVE.

 

Le livre débute par l'enterrement de sa grand-mère dont Louise (Justine) était très proche et elle, qui pleure facilement, s'étonne de ne pas pouvoir pleurer. "Dans le cimetière aussi je suis sonnée, trop brisée pour pleurer, sans réaction, sans âme..." Brisée par son divorce avec Adrien (Raphaël) et le cancer de sa mère.

 

L'auteur raconte avec des mots simples les situations difficiles que vit son héroïne, son addiction aux amphétamines.  Mais le livre n'est pas déprimant car elle s'amuse de ses coups de gueule, de ses mensonges puérils. Si elle traite Paula, (Carla) qui lui a pris son mari, de "Terminator" elle ne se venge pas vraiment. Louise guérira d'Adrien par sa rencontre avec Pablo.

 

MAUVAISE FILLE.

 

Le livre pourrait s'appeler le livre de la vie et de la mort. Elle y raconte la lente déchéance, l'agonie puis la mort de sa mère qui a fait une rechute du cancer. Mais, elle attend un enfant dont la naissance sonnera comme une victoire de la vie.

 

Son héroïne, Louise, supporte mal la déchéance de sa mère, elle se culpabilise de ne pas en faire assez et est persuadée que c'est parce qu'elle ne l'a pas assez aimée, qu'elle meurt. Ainsi, par exemple, raconte-t-elle comment elle n'arrive pas à profiter d'un séjour à Rome, qu'elle a organisé pour l'anniversaire de Pablo, parce qu'elle le vit comme un abandon de sa mère qui est hospitalisée. "J'ai cette vilaine petite musique dans la tête."

 

Louise vit mal sa grossesse tellement elle est angoissée à l'idée qu'elle ne saura pas être une bonne mère. Elle envie Pablo qui se prépare dans la joie à être un bon père. Elle s'inquiète à chaque échographie "Elle est parfaite, votre petite fille, il me dit. Parfaite, vous êtes sûr ? Je suis sûr. Vous avez bien tout vu ? J'ai tout vu."

 

La naissance d'Angèle va la transformer : "Quand l'infirmière l'a posée, si petite, sur ma poitrine, j'ai inventé mes premières caresses, mes premiers baisers, mon premier souffle de maman, son petit corps contre le mien, ces gestes neufs et étrangement familiers, cet amour tout frais mais que je connais si bien. Ma toute belle, je lui ai dit, ces mots qui viennent de si loin, ma toute belle me disait maman, quand j'étais petite, ma toute belle, je n'en reviens pas qu'elle soit si réussie ... il n'y avait personne et maintenant il y a quelqu'un et je suis la mère de ce quelqu'un."

 

Je ne vais pas raconter tout le livre. Il est poignant, constitue un hommage à sa mère, une mère magnifique, marginale, qui a fait de la prison. L'auteur raconte certains souvenirs d'enfance et notamment, comment quand sa mère était en prison – ce qu'elle ignorait - son père s'arrangeait pour qu'une fois par mois, elle la retrouve dans "l'appartement Potemkine".

Une découverte de BHL père...

 

Beaucoup d'émotion mais aussi des anecdotes acides. Louise en veut au grand Toubid qui soigne sa mère, avec arrogance, condescendance, sans aucune compassion. Lors d'une visite, elle va lui sauter à la gorge. "Un bond littéralement. Une rage que rien n'arrête ... Je serre le plus fort que je peux. Je serre et je hurle. Je serre et je pleure."

 

Un très beau livre, bien accueilli par les critiques. "Justine Lévy, brillante" affirme Marie-Françoise Leclère, dans "Le Point". Le miracle, c'est qu'une fois encore Justine Lévy arrive à alléger ce magma d'angoisse, de douleur et de colère. Parce qu'elle a le don de la saynète cocasse et du croquis à l'acide".

 

 

17:36 Publié dans Culture | Tags : bhl, raphaël, carla, cancer, mort, vie | Lien permanent | Commentaires (0)

08/10/2009

INFORMER N'EST PAS COMMUNIQUER.

 

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Dominique Wolton est né le 26 avril 1947 à Douala. (Cameroun). Licencié en droit, diplômé de l'Institut d'Etudes politiques de Paris, docteur en sociologie, il dirige l'Institut des Sciences de la communication du CNRS et la revue Hermès éditée par le centre. Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages portant sur les rapports entre culture, communication, société et politique. Je citerai : "Penser la communication", "Internet et après ?", "Petit manuel de survie", "L'Autre Mondialisation", "Télévision et civilisations", "Il faut sauver la communication", Demain la Francophonie".

 

INFORMER  N'EST  PAS  COMMUNIQUER.

 

Le titre m'avait intriguée. Je ne voyais pas bien la différence entre les deux termes. Nous parlons abondamment d'information et de communication. L'information a pris un essor inégalé avec l'apparition de la radio, de la télévision, de l'informatique. La télévision ne cesse de se développer, câble ou ADSL, les chaînes se multiplient. Internet est devenu une source très importante d'information. La perfection des moteurs de recherche nous donne accès à tout, dans tous les domaines. La communication, mieux "la com" est aussi bien de notre temps. Nous en parlons autant pour les communiqués des journalistes ou des politiques que pour la publicité.

 

Le livre s'ouvre sur une affirmation : "Informer n'est pas communiquer". Pour l'auteur, l'information c'est le message; la communication, c'est la relation. Celui qui reçoit l'information, le récepteur, y met du sens. Or, si l'information est devenue mondiale, les récepteurs sont multiples et souvent critiques. Nous sommes confrontés à une autre vision du monde : autres langues, autres cultures, autres philosophies, autres religions auxquelles nous n'adhérons pas nécessairement.

 

Pour l'auteur, l'enjeu est pourtant moins de partager ce que nous avons en commun que d'apprendre à gérer les différences qui nous séparent. Et ce, tant au plan individuel que collectif. C'est ce que l'auteur appelle la cohabitation. "Le défi de la communication est moins de partager quelque chose avec ceux dont je suis proche que d'arriver à cohabiter avec ceux beaucoup plus nombreux dont je ne partage ni les valeurs, ni les intérêts. Il ne suffit pas que les messages et les informations circulent vite pour que les Hommes se comprennent mieux. Transmission et interaction ne sont pas synonymes de communication."

 

L'auteur souligne aussi ce qui peut paraître paradoxal. S'il y a de plus en plus d'informations, il y a aussi de plus en plus "d'incommunication". Les récepteurs, individus et peuples, résistent aux informations qui dérangent et veulent pouvoir donner leurs visions du monde. "Produire de l'information, en échanger ou y accéder ne suffit plus à communiquer."

 

La communication est inhérente à la nature humaine. Nous souhaitons communiquer pour partager, convaincre mais nous buttons sur "l'incommunication", nous ne sommes pas toujours en phase avec le récepteur. D'où parfois la recherche de points d'accord par la négociation, qui, si elle aboutit, sera une cohabitation.

 

Communiquer c'est autant partager ce que nous avons en commun que gérer les différences qui nous séparent. Dominique Wolton en fait un enjeu essentiel du XXIième siècle. Le village global est une réalité technique qui attend un projet politique, car plus les techniques réduisent les distances géographiques, plus les distances culturelles prennent de l'importance et obligent à un projet humaniste pour que les hommes se tolèrent. Sinon, l'information et la communication qui ont été pendant des siècles des facteurs de liberté et de progrès peuvent devenir au XXIième siècle des facteurs de guerre."

 

Le livre est donc bien un appel à la tolérance. L'auteur développe ses arguments d'une manière bien plus large que ce que j'ai pu en dire. Il aborde d'autres domaines comme le rôle des journalistes et des politiques. Il souligne aussi combien il regrette que très souvent l'économie l'emporte sur l'humain.

 

Son raisonnement n'est pas toujours facile à suivre. Sa vision apparaît parfois utopique mais elle a le mérite de nous amener à réfléchir.

05/10/2009

CE QUE LE JOUR DOIT A LA NUIT.

 

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L'auteur, Yasmina Khadra est le pseudonyme de Mohammed Moulessehoul. Il n'a révélé son identité masculine qu'en 2001, avec la parution de son roman autobiographique "L'Ecrivain". Yasmina Khadra sont les prénoms de son épouse.

 

Il est né le 10 janvier 1955 en Algérie. Ses premiers romans ont été écrits alors qu'il était officier dans l'armée algérienne, d'où le choix d'un pseudonyme. Il quitte l'armée en septembre 2000, fait un séjour au Mexique puis en 2001 s'installe à Aix-en-Provence où il réside encore.

 

Son oeuvre est abondante, plus de vingt romans, traduits dans trente-sept pays. "Les hirondelles de Kaboul" raconte l'histoire de deux couples afghans sous le régime des Talibans. "L'Attentat" est l'histoire d'un médecin arabe, Amine, intégré en Israël, qui recherche la vérité sur sa femme kamikaze. "Les Sirènes de Bagdad" relate le désarroi d'un jeune bédouin irakien poussé à bout par l'accumulation de bavures commises par les troupes américaines. Ce livre, publié en 2005, a obtenu le Prix des Libraires.

 

CE  QUE  LE  JOUR  DOIT  A  LA  NUIT.

 

Le récit se déroule dans l'Algérie coloniale de 1936 à 1962. Le héros du livre, Younes, n'a que sept ans quand son père, son champ incendié, est obligé d'abandonner ses terres pour s'installer dans un quartier pauvre d'Oran, Jeanane Jato. Son père, malgré son courage, ne réussira pas à surmonter la misère. C'est la mort dans l'âme, qu'il acceptera de confier son fils, à son frère Mahi, pharmacien marié à une chrétienne, Germaine, qui ne cessera jamais de l'aimer comme son fils. Younes devient Jonas,  étudie à Oran, où il est confronté au racisme anti-arabe.  

 

Son oncle Mahi est arrêté parce qu'il est suspecté d'épouser la cause des nationalistes. "Mon oncle fut relâché après une semaine de détention. Il dut attendre la nuit pour rentrer à la maison. En rasant les murs. Les joues affaissées et le regard morne. Quelques jours de geôle avaient suffi à le transformer de fond en comble. Il était méconnaissable. Une barbe naissante accentuait le froissement de ses traits et ajoutait à son air perdu une touche spectrale. A croire qu'on l'avait affamé et empêché de dormir jour et nuit."

 

Mahi décide de déménager à Rio Salado, une petite ville où Jonas va grandir, se faire des amis, pour la plupart français, de la même classe sociale que lui, et connaître l'amour. Il prend conscience de l'exploitation des algériens pauvres à travers le personnage de Jelloul, factotum et souffre-douleur de son ami André mais il s'en accommode sans trop de peine. Son oncle, lui, ne sera jamais plus le même. Il réagira seulement pendant la guerre en apprenant la présence des Américains : "Je vais dans ma chambre. Quand ils seront là, dites-leur que je ne veux pas les voir et qu'ils peuvent mettre le feu à la maison."

 

Les années passent, Jonas devient pharmacien, amoureux d'Emilie, qu'il repousse par loyauté envers ses amis. Une suite de malentendus sera à l'origine de la dislocation de ses amitiés qu'il croyait indissolubles : "les doigts de la fourche".

 

En 1959, un soir, Jelloul, qui fait partie du Front de Libération nationale, débarque chez lui, avec son chef qui a reçu une balle dans la poitrine au cours d'un accrochage avec les gendarmes. Il veut forcer Jonas à l'opérer : "S'il meurt, c'est toi qui l'accompagneras dans l'autre monde, me menaça-t-il calmement. Cet homme compte plus que ma propre vie."

C'est Germaine qui, pour épargner Jonas, l'opérera et l'hébergera jusqu'à ce qu'il soit guéri. Jonas sera forcé de livrer des médicaments au Front de Libération nationale. Malgré les pressions de Jelloul, les injures : "Tu veux que je te dise, Jonas ? Tu me fends le coeur. Il faut être un moins-que-rien pour passer à côté d'un destin majeur", Jonas n'arrivera pas à redevenir Younes.

 

Il justifiera son attitude dans une scène d'affrontement avec Jelloul :"Je ne suis pas un lâche, Jelloul. Je ne suis pas sourd, ni aveugle, et je ne suis pas fait de béton. Si tu veux savoir, rien sur cette terre  ne m'emballe, désormais. Pas même le fusil qui autorise celui qui le porte à traiter les gens avec mépris. N'est-ce pas l'humiliation qui t'a contraint à porter les armes ? Pourquoi l'exerces-tu à ton tour, aujourd'hui ?"

 

Le roman donne l'impression que Yasmina Kadra a volontairement gommé tout ce qui a fait l'horreur de la guerre d'Algérie. Younes est un personnage contradictoire. Il n'a pas oublié son enfance, ses parents disparus, victimes de la misère. Mais, son intégration dans la bourgeoisie algérienne, l'amour que lui voue sa tante Germaine, les amitiés nouées pendant ses études, semblent peser sur lui plus que ses origines.

 

Je n'ai lu aucun autre livre de Yasmina Kadra. Les critiques le présentent comme un grand écrivain, qui prône la tolérance, critique la bêtise humaine et la culture de la violence. Il a d'ailleurs dit ne pas aimer ce que son pays était devenu.

 

Yasmina Kadra écrit bien mais j'ai trouvé beaucoup de longueurs dans "Ce que le jour doit à la nuit". Que l'amour qu'éprouve Younes pour Emilie soit le principal ressort du roman met un peu mal à l'aise car l'époque est tragique et  j'ai éprouvé des difficultés à comprendre que le personnage principal s'intéresse aussi peu à ce qui se passe dans son pays.

 

Ce roman publié en 2008 a eu le Prix Roman France Télévision.

 

23/09/2009

LE VOILE : ENCORE ET TOUJOURS.

La lecture d'Alexandre Adler a renforcé mes convictions : les décisions prises par nos gouvernants sont souvent  inspirées par des croyances, valables ou non, auxquelles ils adhèrent mais hélas ! aussi par de l'opportunisme, le souci de leur électorat, sans préoccupation réelle des conséquences à court ou moyen terme.  J'ajouterai, et c'est ce qui m'apparaît le plus grave,  sans se soucier que toute décision, régionale ou nationale, est une pièce d'un puzzle mondial.

 

Nous avons vu comment l'obsession de mixité sociale a abouti à ce calamiteux décret d'inscription qui a raté son objectif, pire a bouleversé la communauté française, mécontenté les parents, les directeurs d'école, les enseignants et a finalement débouché sur l'inverse de l'objectif : la création de listes de bonnes et de mauvaises écoles.

 

La Communauté flamande constatant la difficulté entraînée par le port du voile dans les écoles s'est très vite prononcée pour son interdiction. On ne peut que s'en féliciter. Elle a résisté au chantage fait par un iman de créer des écoles musulmanes, en insistant bien qu'il en avait les moyens comme il les avait eus pour les mosquées.

 

La décision a été critiquée par la communauté française pas prête, une fois de plus, à regarder la réalité en face. Le statu quo, autonomie des écoles qui décident par le biais d'un règlement d'ordre intérieur de permettre ou d'interdire le voile, ne fonctionne plus. Les écoles qui permettent le voile voient un afflux de femmes voilées et les directeurs affirment qu'à long terme, ce n'est pas tenable. Dans d'autres écoles, même quand le règlement d'ordre intérieur prévoit l'interdiction des couvre-chefs, qui existe depuis longtemps, certaines musulmanes ne l'admettent pas, allant jusqu'à dire que le voile n'est pas un couvre-chef mais un vêtement !

 

Soit ! Réfléchissons à cette affirmation. Le vêtement a toujours revêtu une grande importance dans la société. Pendant longtemps, il était le signe d'une appartenance sociale. Il n'y a pas si longtemps que les écoles se battaient contre les anoraks de marque, qui suscitaient la jalousie et faisaient des jeunes qui le portaient un groupe à part, privilégié. 

 

Les mentalités évoluant, surtout chez les jeunes, la notion d'être comme tout le monde est devenue la préoccupation majeure d'où le succès du jeans. Et bien sûr, nous avons assisté aux réactions habituelles de vouloir quand même se distinguer ou braver l'autorité en portant des jeans volontairement troués ! Le souci de provoquer, de s'affirmer, de braver l'interdit ont toujours été une caractéristique des adolescents. Casquette, cagoule, boucles d'oreille pour les garçons, même combat. Nos notions de savoir-vivre leur sont totalement étrangères. Mais, nous avons réagi, interdit.

 

Un long détour pour parler du voile. J'ai écouté attentivement les deux jeunes filles invitées à "Controverse" dimanche dernier. (Je suis désolée d'avoir oublié leurs prénoms.) La musulmane voilée avait comme seul argument : "J'ai bien le droit de..." Affirmation courante chez les jeunes. L'autre, après une longue explication de son opportunisme, ne pas porter le voile pour ne pas handicaper son avenir, a attaqué ses compagnes qui portent des jupes courtes et à qui on ne dit rien.

 

Cette dernière remarque m'a fait réfléchir. C'est bien le reflet d'une conviction que notre civilisation est choquante. Et nous voilà dans le vrai débat. L'Islam défend des valeurs face à un occident corrompu. C'est ce qu'elles entendent à la mosquée, à la télévision, lisent sur Internet. Dans ce contexte, le voile devient un panache, qu'il soit ou non une prescription coranique. D'où leur affirmation, c'est mon choix, un choix qui leur apparaît juste, voire obligatoire.

 

Comment, dans ce contexte, pourraient-elles entendre nos arguments : dignité de la femme, luttes féministes ? Comment pourraient-elles comprendre que ce qu'elles appellent "pudeur" nous l'appelons soumission et résurgence d'une notion très ancienne : la femme objet de concupiscence pour l'homme ?

 

Même en sachant cela, nous ne pouvons pas admettre que nos valeurs  soient piétinées. Le "vivre ensemble" cher à nos politiciens, n'est possible qu'en ayant le courage d'interdire ce qui est bel et bien du communautarisme. Etre un groupe à part, bien visible, rend impossible toute vie commune.

 

Si je comprends que les musulmanes ne se sentent pas manipulées, qu'elles ferment les yeux sur ce qui arrive à leurs soeurs dans d'autres pays, je ne peux pas l'admettre de la part de nos gouvernants. Comment peuvent-ils oublier les "tournantes", la création de "Ni putes, ni soumises" ?

 

Les discours prosélytes des pays arabes sont une réalité. "L'atlas de la création" envoyé dans toutes les écoles par l'Arabie Saoudite était un signal fort, qui a interpellé nos gouvernants, mais, l'émotion passée, ils se sont empressés de le jeter aux oubliettes.

 

Discuter encore et encore ne servira à rien. Répéter que bien sûr, les cours doivent être suivis par tous, y compris les musulmanes, donne bonne conscience mais ne règle rien. C'est à l'avenir qu'il faut penser, pour nos enfants et, je l'affirme, aussi pour les musulmanes qui contribueront comme les autres jeunes à créer le monde de demain.   

21/09/2009

LE MONDE EST UN ENFANT QUI JOUE.

 

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"J'emprunte cette phrase à Héraclite. Le monde est innocent et naïf. Il titube, hésite, frappe, détruit. Il oublie sa propre histoire. Mais chacun de ses gestes est aussi une création et un apprentissage."

 

Ces quelques lignes résument bien le travail accompli depuis des années par Alexandre Adler. Observer, analyser, pointer les erreurs, voire les mensonges de ceux qui nous gouvernent puis proposer des hypothèses pour que le monde aille mieux.

 

La table des matières est éloquente : La fin du califat de papier et de cassettes vidéo – La guerre perdue de l'Amérique – L'islamisme en crise – Vers "le monde à l'envers" – Le piège – Le Janus iranien.

 

Ce que j'ai trouvé de plus intéressant dans le livre est qu'Alexandre Adler remonte parfois très loin dans l'histoire pour expliquer ce qui se passe actuellement. J'ai cru, et c'est nouveau chez lui, déceler des motifs d'espoir. Bien entendu, il n'est pas naïf, donc il émet des hypothèses et, pour chaque thèse, il donne le pour et le contre, et surtout les conséquences des décisions qui seraient prises.

 

J'ai aussi été très intéressée de constater quel poids ont ceux qui nous gouvernent. Comment, les décisions qu'ils prennent ne sont pas toujours innocentes, qu'elles sont prises parfois en toute bonne foi mais aussi hélas ! il faut bien le dire sans aucune vision de l'avenir ou sans compréhension du monde.

 

Je dirais que ce n'est pas le monde qui joue mais bien les gouvernants qui oublient les leçons de l'histoire, décident de ce qu'ils trouvent bien pour leur pays sans se préoccuper réellement de ce qu'est devenu le monde, un vaste puzzle où chaque pièce a une importance qui n'apparaîtra que quand il sera trop tard.

 

Ancien élève de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, agrégé d'histoire, Alexandre Adler est chroniqueur sur France Culture et membre du comité éditorial du Figaro. Il est réputé pour sa connaissance des différents acteurs internationaux de la géopolitique. Intellectuel brillant, il se distingue par son refus de parti pris, par son absence d'a priori moral et par sa volonté de cerner le monde tel qu'il est. Il ne cherche pas à plaire à l'opinion politique mais préfère l'hypothèse aux affirmations péremptoires.

 

Ses livres ont tous été des succès car il écrit bien et parvient facilement à nous intéresser à des sujets qui ne nous sont pas familiers. Les plus connus sont, je crois, "L'Odyssée américaine" (2004) et "J'ai vu finir le monde ancien" paru en 2002, qui a obtenu le prix du livre politique et coédité avec Gilles-William Goldnadel, en 2008, "Conversation sur les sujets qui fâchent".

 

D'origine juive allemande, sa famille maternelle réside en Turquie depuis le début du XXième siècle et échappe ainsi aux persécutions nazies. Par contre, tous les membres de sa famille paternelle à l'exception de son père, sont morts en déportation.

 

Je ne serais pas complète si je ne mentionnais pas qu'il est l'objet de critiques, parfois même de haine, de la part des islamistes puisqu'il est très attaché à Israël. Il a eu des mots très durs sur l'attitude des pays arabes ou sur Arafat, ce qui, on le sait, en France, est péché mortel. Ajoutons à cela son attachement à l'Amérique et on comprendra qu'il est  pour certains  "un individu peu recommandable" comme Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut ou Jacques Attali...

 

On lui reproche aussi son parcours politique, SFIO, PCF puis la droite. Pour ma part, je trouve qu'il est bien plus "glorieux" de quitter un parti dans lequel on ne se retrouve plus et de mettre ses actes en conformité avec ses convictions.

 

Il me semble intéressant de transcrire une grande partie de l'interview donnée à Gilles Sitruk :

"... L'opinion généralement exprimée et défendue par la diplomatie française selon laquelle toutes les difficultés du Moyen-Orient seraient dues à l'absence de solution du problème israélo-palestinien, est totalement fausse. De 1992 à l'an 2000, nous assistons au contraire à une montée en puissance et à une pression de l'islamisme qui a empêché précisément une solution du conflit."

 

"Il y a une évolution enthousiasmante d'Israël. En premier lieu, cette extraordinaire aptitude du pays à jouer du melting pot, c'est-à-dire cette assimilation de populations immigrées de diverses origines en une société homogène. Assimiler en effet un million d'immigrés russes représente près de 9 millions d'immigrés en France !"

 

J'ai tenu à présenter Alexandre Adler en étant bien consciente qu'il n'a probablement pas raison dans tout ce qu'il dit. Mais, l'insupportable, ce n'est pas de dire des choses qui fâchent, c'est de les présenter comme étant des vérités absolues auxquelles tout le monde doit souscrire. Ce n'est pas ce qu'il fait.