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06/06/2013

PAUL CLEAVE.

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Paul Cleave est né à Chritchunch en Nouvelle-Zélande en 1974. « Un employé modèle » est son premier roman. Il a connu un succès international retentissant, se classant dès sa parution an tête des meilleures ventes en Allemagne, au Japon, en Nouvelle-Zélande et en Australie.

UN EMPLOYE MODELE.

Un polar un peu particulier car dès les premières lignes nous connaissons l’assassin, le narrateur du livre. Il s’exprime abondamment, rien que pour lui et le lecteur.

Joe est entré dans l’appartement d’Angela. Elle est sous sa douche. Tranquillement, il s’assied, boit une bière et mange une pizza. Dès qu’elle sort de la douche, il se présente et sort de sa mallette, son deuxième grand couteau. « Que voulez-vous ? (…) Vous allez me tuer ? (…)S’il vous plaît, s’il vous plaît, allez-vous-en »

Joe l’empêche d’appeler la police, se moque de sa naïveté et se dit cyniquement : « J’ai entendu cà tant de fois que j’en bâillerais presque, mais je me retiens parce que je suis un type poli. »

Dès le début, le personnage est campé. Il a une très bonne opinion de lui-même comme le lecteur le constatera tout au long du livre.

Après l’avoir tuée ainsi que son chat, il sort, cueille une rose, se pique, se lèche le doigt : « Le goût du sang remplace le goût d’Angela. »

Il habite un appartement aussi délabré que le quartier à Chritchunch. Il vit seul mais sous la coupe de sa mère, qui l’appelle constamment et regrette qu’il n’ait pas de petite amie. Il va la voir régulièrement, semble l’aimer mais après une visite, dit : « A peine arrivé à la maison, je saute dans la douche et j’y reste une heure entière pour me laver de ma mère. »

Depuis quatre ans, Joe travaille à la police, comme « nettoyeur ». Il a été embauché après être venu deux fois s’accuser de meurtre, en inventant des détails qui, évidemment, ne correspondaient pas aux meurtres.  Le commissaire l’a engagé dans le cadre des quotas réservés aux « employés mentalement foirés ».

Joe joue admirablement son personnage de « Joe-le-Lent. » Il pose des questions stupides, parle lentement et, toujours aimable, est très apprécié.

Et pourtant ! Il profite de sa situation pour suivre les enquêtes, contemple les photos de ses victimes, lit les dossiers et se moque de la bêtise des policiers qui n’arrivent pas à retrouver l’assassin. Sept meurtres non élucidés, mais le septième n’est pas de lui.

Il va décider de retrouver le meurtrier qui a osé l’imiter. « Depuis des semaines, je n’ai guère pensé à autre chose qu’à trouver l’homme qui nous a fait ça. Est-ce si difficile ? J’ai les moyens. Je suis plus malin que n’importe qui dans ce commissariat… »

Le suspense du livre est là, sa recherche du meurtrier de Diana Walker dont la photo épinglée au mur à côté des autres semble le narguer.

Je ne peux pas en dire plus sans déflorer le roman.

Le livre est passionnant. Pas de scènes de crimes. Tout est centré sur le personnage qui finit presque par paraître sympathique.

Un livre à emporter en vacances…

18/05/2013

ODON VALLET.

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"Un homme exceptionnel, généreux, érudit. Il connaît aussi bien l’histoire du monde que le monde actuel. »

Odon Vallet est né le 3 septembre 1947 à Paris. Diplômé de Sciences- Po,  il a obtenu deux doctorats en droit et en science des religions.

Professeur, il est l’auteur  de nombreux livres : « Les religions dans le monde » « Jésus et Bouddha » « Petit lexique des idées fausses sur les religion » « Dieu n’est pas mort… mais il est un peu malade »

Spécialiste des religions et des civilisations,  il est souvent l’invité de C’dans l’air, l’excellente émission animée par Yves Calvi, sur France5. Toujours respectueux de la pensée des autres, il précise leurs propos, faisant appel à son immense culture.

Son nom intriguant les journalistes, il en a expliqué l’origine. Son prénom est celui d’un père abbé de Cluny qui a vécu en l’an 1000. Son père le lui a donné en reconnaissance à un prêtre qui lui avait donné des cours gratuitement, l’aidant à sortir de sa condition de pauvre.

FONDATION ODON VALLET.

Estimant que ses ressources d’enseignant et d’écrivain couvraient largement ses besoins, il a avec son frère, en 1999, créé « La Fondation Vallet », abritée par la Fondation de France. Il a  donné l’immense fortune dont il avait hérité de son père dix ans plus tôt.

La Fondation distribue des bourses d’études à des jeunes de Paris, du Bénin, du Vietnam. « Durant mes études, j’étais nul en maths, en physique et en arts appliqués, toutes les matières que je soutiens aujourd’hui à travers ma fondation. »

Pourquoi Paris, le Bénin, le Vietnam demande un journaliste ? Odon Vallet répond qu’il y a aussi de la pauvreté à Paris, hors des banlieues, que certains jeunes ont aussi des difficultés à payer leurs études. Le Bénin est un des rares pays d’Afrique, francophone, pacifique démocratique et pas trop grand. Au Vietnam, l’effort éducatif est exceptionnel, les résultats scolaires très bons notamment en Sciences.

La Fondation a distribué 25.000 bourses en dix ans. « Au Vietnam, nous avons 100 % de réussite aux examens, 93 % au Bénin et 93 % dans les écoles d’art. Le problème, c’est de durer ».

CHRONIQUES DU VILLAGE PLANETAIRE.    

Le village planétaire ou village global est une expression de Marshall McLuhan, tirée de son ouvrage The Medium is the Message  pour qualifier les effets de la mondialisation, des médias et des technologies de l’information et de la communication. La capacité pour une personne à récupérer des informations très rapidement en n’importe quel point de la planète donne l’impression d’être dans le même endroit virtuel, dans le même village.

« Le village planétaire » est une expression plus jolie que «  la mondialisation ». Bien sûr, l’information, grâce à internet circule presque dans le monde entier. Mais, nous savons qu’elle peut être censurée et que, parfois, loin de rapprocher les hommes, elle diffuse de la haine.

Les chroniques d’Odon Vallet sont souvent paradoxales. Le recours à l’histoire pourrait justifier le présent. Ce n’est pas l’intention de l’auteur mais c’est parfois troublant.

Ainsi, par exemple, les religions ont souvent été meurtrières, certaines le sont encore et l’auteur le montre bien dans « Un seul Dieu pour tant de haines. »

De même, dans « Dieu a changé d’adresse » l’auteur constate que le protestantisme traditionnel – luthérien ou calviniste – est remplacé par les pentecôtistes ou les baptistes, églises bien plus conservatrices  que ne l’était le protestantisme.

Le principe de la séparation de l’Eglise et de l’état, la laïcité, est inscrit dans la constitution de la France, du Mexique, de la Turquie, de l’Inde et du Japon. Mais, pour ne parler que de la France, l’état subsidie l’enseignement catholique, doit entretenir les lieux de culte, églises comme châteaux, c’est normal mais cela relativise la séparation et la neutralité de d’état. D’où sa question : « L’état peut-il encore être laïque ? »

De même, pour le port du voile, l’auteur rappelle les voiles des religieuses, des infirmières, même des vestales… Cacher les cheveux des femmes n’est pas neuf mais peut-on au 21ème siècle ne pas trouver choquant cette atteinte à la dignité de la femme qu’est le foulard islamique ? Pouvons-nous ignorer que certains extrémistes encouragent le port du voile pour rendre l’islam visible ? Ignorer que certaines jeunes filles le portent pour se protéger ?

L’auteur rappelle que les prescriptions de Mahomet correspondaient à ce qui se faisait dans l’Orient antique et affirme que les Musulmans devraient remettre les prescriptions du Coran dans leur contexte.

« La Terre sainte est laïque » Le titre peut surprendre mais il rappelle que la sacralisation « des pierres » est basée sur la religion. « Cent ans d’archéologie et d’exégèse biblique ou coranique ont largement montré qu’aucune confession ne saurait s’approprier des sites et monuments aux origines si incertaines. »  

Son livre aborde les mutations politiques aussi bien que religieuses.  « Les Etats-Unis sont devenus presque autant catholiques que protestants, la Chine est officiellement marxiste tout en conservant l’influence du bouddhisme, du taoïsme, du confucianisme tandis que le Japon est à la fois bouddhiste et shintoïste. Au début de ce siècle, les trios premiers ports du monde étaient Londres, Anvers et Rotterdam. Actuellement, ils ont été supplantés par HongKong, Singapour et Kaohsiug (Taiwan)  : la mer de Chine a remplacé la mer du Nord. » 

 L’auteur souligne le changement géographique des religions. En 1939, les trois premiers pays catholiques étaient la France, l’Italie et l’Allemagne ; aujourd’hui, ce sont le Brésil, les Mexique et les Philippines. Le Nigéria est devenu le deuxième pays protestant et la majorité des anglicans sont des Noirs. (Afrique, Amérique, Océanie). L’Islam est en train de se mondialiser mais est surtout présente en Indonésie, Pakistan, Bangladesh et l’Inde.

Dans le dialogue qu’il a avec Marc Leboucher, il se prononce pour la création des Etats-Unis d’Europe, idée qui remonte, dit-il, à Victor Hugo et qui paraissait bien utopique à l’époque.

Il combat aussi l’idée que nous vivons moins bien que dans le passé même si la crise ne permet pas d’affirmer que nous vivons mieux.

Que de bouleversements ces dernières décennies ! Même la famille est touchée par l’accélération des moyens de transport et la communication. On ne se marie plus avec quelqu’un de son village… « L’avion est désormais le facteur numéro un de métissage. »

Alors, notre monde, un « village planétaire » ?  

14/05/2013

RAPHAEL ENTHOVEN : P.S. DE SERVICE.

raphaël enthoven, le philosophe de service et autres textes

Raphaël Enthoven est né le 9 novembre 1975, à Paris. Il est le fils de l’éditeur et romancier Jean-Paul Enthoven, a divorcé de Justine Lévy, fille de Bernard-Henri Lévy, ancien compagnon de Carla Bruni avec qui il a eu un fils, Aurélien.

Philosophe, il est co-producteur des Vendredi de la philosophie, sur France culture, auteur de la rubrique Sens et Vie dans Philosophie Magazine. Il anime aussi l’émission Les Chemins de la connaissance  sur France culture et une émission sur Arte tous les dimanches.

(voir billets du 13 octobre 2009 et 23 janvier 2010)

LE PHILOSOPHE DE SERVICE ET AUTRES TEXTES.

A l’exception du premier texte, les chapitres du recueil ont été publiés dans Philosophie Magazine, remaniés pour le livre paru chez Gallimard en 2011.

Le texte inédit donne son titre au recueil. « Flanqué du « religieux de service » et du « scientifique de service », le « philosophe de service » est de toutes les émissions à la radio, dans les journaux, à la télévision, pour apporter son « éclairage » sur des sujets qui, quoiqu’il échappent à sa compétence, requièrent, bizarrement son opinion. »

Le ton est donné. L’auteur, va parler de ce rôle de philosophe de service, qu’il appellera P.S, avec beaucoup d’humour. Qu’attend-on de lui ? Qu’il réponde à des questions alors que le rôle du philosophe est plutôt d’en poser. Surtout qu’il enfile le costume de philosophe, autrement dit, qu’il remplace les phrases ordinaires par des mots à rallonge, utilise un jargon qui doit inspirer le respect. L’auteur résume par une expression : «  il doit parler un tout petit peu chinois. ( …) Il est le balourd chargé d’élever le débat. »

Mal aimé le philosophe ? Jugé « démagogue », s’il parle comme tout le monde, « commercial », s’il vend trop de livres, « médiatique », s’il passe à la télé et « provocateur », s’il s’aventure à dire que la philosophie ne sert à rien. Sous son humour, je sens comme un parfum de rancœur vis-à-vis de certains médias, préoccupés surtout par l’audimat.

Ses chroniques abordent des sujets très divers : Dieu, le courage, le mensonge, le hasard, la mélancolie, l’humour, la rêverie, le temps, la folie, la nostalgie , l’amour etc.

Sa pensée m’a paru difficile à suivre alors que le style est familier, la lecture agréable. Oserais-je dire que les citations des ses philosophes préférés sont plus claires que le développement qu’il en fait ?

Ne pouvant tout résumer, j’épinglerai ce qui m’a plu.

DIEU. « Un Dieu transcendant n’est pas conçu pour exister mais pour donner une sens à l’existence. »

COURAGE. « Etre courageux, ce n’est pas l’être une fois pour toutes mais continuer à l’être. »

HASARD. L’auteur ne croit pas au hasard mais dit-il « qu’on le veuille ou non, on est toujours déterminé. » Dans une interview, il disait qu’il n’avait pas choisi la philosophie mais était déterminé à être philosophe, comme le souhaitait son père. Je ne partage pas cette opinion préférant croire que la vie est faite de choix parfois bien difficiles à assumer.

BONHEUR. « L’expérience du bonheur est inséparable de la crainte(en elle-même fatale)que le bonheur s’achève. » Mais il terminera sa démonstration en appelant à aimer le bonheur et à lui pardonner de ne pas être durable.

MELANCOLIE. « La mélancolie est une tristesse en dilettante que n’accompagne l’idée d’aucune cause extérieure, un « je ne sais pourquoi ». (J’aime bien.)

OPINION. « Moins on sait de quoi on parle, plus on en pense et on en dit la même chose que tout le monde. » (Cruel mais souvent vrai…)

Et ceci : « Le fait que l’opinion soit l’affaire de la masse explique également que dans une démocratie attachée, à juste titre, à donner droit de cité à toutes les opinions, il n’y a jamais de vrais débats mais seulement des combats entre des opinions dont chaque porte-parole, soucieux non pas d’avoir raison ni de penser, mais plutôt d’avoir raison de l’autre et de flatter les siens se contente d’attendre que l’adversaire ait fini de parler pour dire ce qu’il avait prévu de dire longtemps avant que l’autre ait pris la parole. »

Tous ceux qui, comme moi, aiment les débats partageront cette opinion, mais cela n’empêche pas l’auditeur d’exercer son esprit critique…

REVERIE. « La rêverie, c’est l’unique façon dont on peut, sans se contredire, vouloir ne pas vouloir. » « Née du désir – et non du besoin – d’être partie prenante de ce qui nous entoure, la rêverie dépouille le monde de son utilité. »

MENSONGE. « Dire la vérité, écrit Benjamin Constant, n’est un devoir qu’envers ceux qui ont droit à la vérité. Or nul homme n’a droit à la vérité qui nuit à autrui » « Tout homme, en revanche, a droit au mensonge qui réconforte… »

EGOISME. « Face au moi, le monde ne fait pas le poids. » « L’humanisme et la cruauté sont, à ce titre, les deux enfants de l’égoïsme qui, réduisant l’autre au non-moi, adopte indifféremment la forme ignoble du bourreau qui traite autrui comme le moyen de son plaisir, ou la forme noble du donneur de leçons qui me défend de faire à autrui le mal que je ne voudrais pas qu’on me fasse. »

IMAGINATION. « L’imagination est un amour qui attribue des couleurs aux voyelles, des morales aux couleurs et des sons au parfum. »

Mes nombreuses citations vont peut-être lasser mon lecteur. Je voudrais cependant l’encourager à lire le livre. Il y trouvera matière à réflexion  et à l’exercice de son esprit critique.

Je dirai à Raphaël Enthoven que, pour moi, la philosophie reste une voie privilégiée dans l’acquisition de la sagesse ou, plus modestement, aide à construire sa vie.  

 

09/05/2013

MALEK CHEBEL : ISLAM DES LUMIERES.

Malek chebel, manifeste pour un islam des lumières, 27 propositions de réforme de l'islam, esprit critique, statut de la femme

Malek Chebel est né en 1953 à Skikda en Algérie. Anthropologue des religions et philosophe, il a écrit de nombreux livres dont une traduction du Coran. Il a enseigné dans plusieurs universités internationales. (voir billet du 5 avril 2012).

MANIFESTE POUR UN ISLAM DES LUMIERES.

Le livre a été réédité dans la collection Pluriel, en 2010 précédé d’une nouvelle préface sur les « Printemps arabes ».

Le titre de son livre fait référence à l’esprit des Lumières mais aussi à une expression coranique : « Dieu a créé le monde dans les ténèbres puis il y ajouta sa Lumière. »

L’auteur formule 27 propositions pour réformer l’islam. Il aborde tous les domaines : le statut de la femme, l’excision, les crimes d’honneur, la nécessité de l’esprit critique, les écoles coraniques, le pouvoir exhorbitant des imans, leur formation, leur enseignement. Il aborde aussi des sujets plus politiques comme la gestion de la cité, la guerre sainte, les assassinats politiques, la démocratie et même l’écologie.

Un vaste programme que ces propositions de réforme de l’islam pour le rendre plus en accord avec le monde actuel. Les propositions paraîtront souvent utopiques mais la réflexion est intéressante. Le livre s’adresse à tous, aux musulmans comme aux non-musulmans. Bien écrit, il se lit facilement, les chapitres sont courts et bien argumentés.

Impossible de résumer le livre, je vais donc opérer une choix très subjectif.

Le premier chapitre est une justification du livre. « Je préconise une lecture des textes sacrés qui tiennent compte de l’évolution de l’homme. » (…) La nouvelle interprétation des textes fait appel à l’esprit critique, donne la primauté à l’écoute des doléances du musulman et lui propose des solutions simples et pratiques. »

Une explication intéressante sur une critique souvent entendue du silence des intellectuels musulmans. « Un enseignant universitaire est si dénigré aujourd’hui qu’il éprouve de la honte à donner son titre (…) Malek Chebel affirme que les philosophes, biologistes, architectes, ingénieurs ou autres intellectuels sont obligés, dans les régimes totalitaires, de quitter leur pays pour achever leurs études. Pire : « Les sciences humaines sont suspectées d’une tare congénitale inexpugnable, car selon leurs détracteurs, elles traduisent le mode de vie corrompu de l’occident, tandis que ceux qui s’y adonnent ne sont pas loin d’être des rénégats, des chercheurs mal intentionnés, voire des ennemis de la foi. »

L’auteur déplore le pouvoir des religieux : « Je suis frappé par l’emprise phénoménale que les religieux ont sur la société et plus particulièrement sur les couches sociales démunies. » « A l’étudiant qui s’engage dans les études religieuses, on demande une capacité d’assimilation passive des textes de la tradition, sans aucun recul. » Revoir la formation des imans est une revendication politique chez nous, depuis longtemps, mais sans aucune réalisation. J’ajouterai qu’il en est de même pour l’enseignement coranique suivi par nos étudiants qui, je le déplore, est bien souvent synonyme d’endoctrinement. Malek Chebel le dira dans un autre chapitre : « Ceux-ci (les imans réactionnaires) tiennent un grand nombre de mosquées, contrôlent avec dextérité les peurs et les angoisses des croyants, lesquels, subissent leurs prêches quotidiens, finissent par leur accorder un crédit démesuré. »

Malek Chebel condamne le djihad, guerre sainte décrétée parfois même contre la révolution des peuples opprimés. Il cite le verset 32, de la sourate V « Celui qui a tué un homme (innocent) est considéré comme s’il avait tué tous les hommes ; celui qui a sauvé un seul homme est considéré comme s’il avait sauvé tous les hommes. » Malheureusement, l’histoire nous a appris combien il était facile de détourner les textes religieux.

Il en est de même pour la fatwa : « Que l’iman puisse disposer d’un pouvoir aussi exhorbitant montre tout simplement que l’Etat de droit n’existe pas et que le déni de justice peut devenir la règle. » Et que dire quand elle est décrétée contre des individus qui ne relèvent absolument pas du pouvoir des imans ?

La liberté de conscience est particulièrement difficile dans une religion ou foi et pratique sont intimement liées. L’auteur n’a pas peur de parler de ceux qui sont amenés à se cacher quand ils ne respectent pas le Ramadam.

J’en viens au statut de la femme, dont « son anatomie et sa physiologie sont plus déterminants que son être profond. » « Répudiation, polygamie, mariages forcés et précoces, rapts de jeunes filles, dénigrement des mères célibataires et assassinats perpétrés au nom de l’honneur, voilà quelques aspects  - flagrants – de l’infériorité juridique de la femme musulmane par rapport à l’homme, une infériorité fondée – telle est la thèse fondamentaliste – sur le caractère ondoyant et limité de la nature féminine. » Une injustice poussée à un niveau inacceptable dans la plupart des pays musulmans.

Malek Chebel ne pouvait pas, ne pas parler du voile. Il rappelle le verset 59 de la sourate XXXIII qui oblige les femmes à se couvrir mais remet la prescription dans son contexte historique. Ce qui est plus grave, c’est qu’actuellement, du fait de la politisation extrême de l’islam, « le voile est devenu un signe ostentatoire d’adhésion à l’islam le plus rigoriste, un signe religieux qui charrie autour de lui de nombreuses idéologies plus ou moins restrictives. » Parmi celles-ci : l’affirmation sans équivoque des signes de foi par rapport à un univers politiquement neutre – la reconquête des terres musulmanes par le biais de la réislamisation des peuples.

Alors que chez nous, l’interdiction du port du voile, dans certaines conditions et au nom de la dignité de la femme, suscite bien des polémiques, certains pays musulmans ont fait de réelles avancées sur le droit des femmes.

 Malek Chebel termine son livre en exprimant le souhait que l’islam ne soit plus un dogme mal aimé – ou mal compris – mais une religion de progrès.

 

04/05/2013

BON ANNIVERSAIRE !

anniversaire de dave



Dave, Wouter Otto Levenbach, est né le 4 mai 1944 à Amsterdam. J’ai été longtemps fan de lui ce qui m’a valu bien des quolibets. J’appréciais sa voix malgré son accent un peu déplaisait.  Aimer une voix plutôt qu’une autre est un mystère. Je me souviens aussi que certains me reprochaient d’aimer Pavoretti, comme quoi !

Je regrette que les chansons qui passent à la radio soient toujours les mêmes : « Vanina » son premier succès ou « J’irai bien faire un tour du côté de chez Swann ». J’ajouterai, pour être de bon compte, « Dansez maintenant » « Lettre à Hélène » « Est-ce par hasard » « Comment ne pas être amoureux de vous ».

Mon disque préféré est « Dave classique » peu connu. Patrick Loiseau a écrit des paroles sur une musique de Schubert, Bach, Lisz, Beethoven, Mozart,Wagner. Il est accompagné de la chorale des « Petits Ecoliers » et de l’ensemble de l’opéra de Paris.

Un extrait de « Lutèce et le nouveau monde » sur une musique de Dvorak :

Lutèce a beau lutter
Paris est perdu
Les temps modernes ont frappé
Elle ne se reconnaît plus

Mais le noveau monde est là
Limitons les dégâts
Un mégalomane pourrait bien
Nous reconstruire Manhattan
Autour des tours de Notre-Dame.

(Premier et dernier couplet) (http://musique.ados.fr/Dave/Classique-alb6687.html)

Dave a été l’invité de Frédérick Lopez dans « Parenthèse inattendue » et s’est montré bien sympathique, honnête comme le reconnaissait l’animateur.

On a parlé de son clash chez Baffie avec Hondelatte où il a écouté sans rien dire. Il n’aime pas la bagarre.

J’ai aussi le souvenir d’une émission émouvante où il racontait comment avec ses frères et sœurs, il avait participé à l’euthanasie de sa mère avec une grande affection. C’est un trait de sa personnalité, dire les choses même si certains peuvent en être choqués.

Il ne cache pas non plus son amour pour Patrick Loiseau, son parolier. Une fidélité de plus de quarante ans et de son aveu, ce qui lui est arrivé de mieux dans sa vie.

Je n’ai pas vu le film « Une chanson pour ma mère » il en a bien fait la promotion. Bon film ou pas, je ne sais pas.

Je me souviens aussi de ses émissions de présentation de chansons en compagnie de Sheila. Quand ? Le titre de l’émission ? Je ne sais plus. Pas plus que de la présentation de l’Eurovision, dont il reconnaît l’échec.

Un chanteur populaire qui n’a pas fait une grande carrière mais a quand même donné du plaisir à ceux qui, comme moi, l’appréciaient. Que demander de plus ?