Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

26/03/2013

ENSEIGNEMENT : DU NEUF ?

enseignement, calendrier scolaire, décret, Le vif, la libre, jésuites

Du neuf ? Pas vraiment. Le gouvernement de la Communauté française vient d'adopter un décret-cadre déterminant les vacances et jours de congé dans tous les enseignements. Le nombre de jours de classe annuel reste fixé à 182 jours. Rien de changé. La nouveauté réside dans les appellations des différents congés scolaires, discutées depuis plus de vingt ans, modifiées dans les années 2000 mais cette fois ratifiées par un décret.

Quel était l'objectif ? Un constat : les congés scolaires correspondent à des fêtes religieuses. Insupportable pour certains. Mais peu de marge de manoeuvre puisqu'il fallait – tout de même – tenir compte des congés dans les entreprises. Supprimer Noël, Pâques, Pentecôte ou Toussaint,  était impossible. On avait donc eu recours à une astuce de langage. Les vacances de Noël devenaient les vacances d'hiver, les vacances de Pâques, vacances de printemps, le congé de Toussaint, congé d'automne.

Ce qui est plus étonnant, c'est d'avoir supprimé le congé du carnaval qui devient le congé de détente. Je me demande pourquoi car le carnaval est une manifestation folklorique importante pour tous. Tant pis, ce sera désormais un congé de détente ! Les vacances d'hiver, de printemps, d'automne, d'été sont des congés de..... Je ne sais pas.

Les cours restent suspendus pour la Fête de la Communauté française, la Commémoration de l'Armistice (11 novembre) le 1er mai. Rien de religieux : ouf ! Par contre, impossible comme je le disais plus haut, de supprimer le lundi de Pentecôte et le jeudi de l'Ascension.

Le décret-cadre précise les dates précises du début des vacances. Ce serait fastidieux de reprendre tout cela.

Le neuf réside dans le fait qu'une commission ne devra plus se réunir pour déterminer les congés en fonction de l'année civile et des demandes des PO d'avoir des jours "libres".

On reparle aussi du décret d'inscription. J'avoue ne pas avoir suivi tous les changements opérés chaque année. Je note que le mécontentement a un peu faibli mais n'a pas disparu. Quant à l'objectif initial, améliorer la mixité sociale, je ne crois pas qu'il soit rencontré.

J'ai trouvé fort amusant l'article de La Libre du 25 mars sous-titré : Recto/Verso pour reprendre les arguments des uns et des autres. Je n'en dirai pas plus car j'en ai déjà beaucoup parlé. Je regrette qu'on y ait passé autant de temps et surtout que des listes de bonnes ou mauvaises écoles aient fatalement vu le jour.

Ce que j'ai trouvé à la fois amusant et désolant est l'article du Vif du 22 mars sur les Jésuites. Amusant, dans le contexte scolaire qu'est le nôtre depuis le décret d'inscription; désolant, d'établir les listes des politiques ou célébrités qui ont fréquenté l'enseignement des Jésuites.  Fouiller dans la vie privée est très mode. Les personnes citées ont été, soit fières d'avoir eu un enseignement considéré comme élitiste, soit mécontentes qu'on le dise. Je n'en sais rien.

Qu'on ne se méprenne pas, je trouve que faire un dossier sur les Jésuites après l'élection du Pape François était une bonne idée.

A quand un véritable débat sur la qualité de notre enseignement et surtout sur ce qui est envisagé pour l'améliorer ? C'est moins simple que de parler "congés" mais tellement important.

20/01/2013

EVANSON.


 

Pour en savoir plus sur ce groupe sympathique :

http://www.myspace.com/evanson

 

evanson

10:23 Publié dans Belgique, Musique. | Tags : evanson | Lien permanent | Commentaires (0)

03/01/2013

JACQUES BREL.

 

 

Un début d'année est toujours un peu nostalgique. Amis perdus ou oubliés vous reviennent en un cortège de regrets ou de souvenirs heureux. Je veux commencer cette année par l'évocation d'un grand compositeur et chanteur quasi oublié. Jacques Brel. Même s'il a vécu en France, il n'a jamais oublié son pays natal qu'il a si bien chanté. Ce qui se passe aujourd'hui l'affligerait, j'en suis certaine.

Né le 8 avril 1929 à Schaerbeek, dans une famille catholique flamande, il a peu de goût pour l'école sauf pour le cours de français. Il fait partie de "Ceux qui ont la chance / D'apprendre dès leur enfance / Tout ce qui ne leur servira pas".

Dès l'âge de quinze ans, il écrit des poèmes, crée une troupe de théâtre avec quelques copains. Il travaille de 1947 à 1953 dans la cartonnerie familiale au service commercial. Il compose ses premières mélodies sur le piano familial et sa guitare et, à partir de 1952, des chansons qu'il interprète dans le cadre familial et dans des cabarets bruxellois.

Sa femme Miche, épousée en 1950, le dissuade d'envisager une carrière de chanteur mais il persévère et en 1953 s'installe en France. Il vit seul dans un petit appartement et gagne un peu d'argent en donnant des leçons de guitare. Jacques Canetti, découvreur de talents chez Philips, propriétaire du cabaret "Les Trois Baudets" lui conseille de participer au festival de Knokke-le-Zoute où il se classe avant-dernier !

1955 sera une année importante. La sortie de son premier 33 tours, sa rencontre avec Georges Pasquier qui deviendra son régisseur et son meilleur ami à qui il dédiera la chanson Jojo. Un an plus tard, le pianiste François Raubert devient son accompagnateur et paraît son premier grand succès public "Quand on n'a que l'amour."

Il ne connaîtra plus que le succès et enchaînera les galas. Il n'hésitera pourtant pas à parcourir la France, à chanter dans de très petites salles ou même dans des meetings syndicalistes ou politiques. Il est tout entier à son public mais refusera de jouer le jeu en se pliant à la tradition des rappels.

C'est en pleine gloire, en 1967, qu'il jouera dans "Les risques du métier" d'André Cayatte et en 1969, dans "Mon oncle Benjamin" d'Edouard Molinaro. Il produira "Franz" en 1971 et jouera au côté de Lino Ventura dans "L'Emmerdeur".

Je citerai aussi le succès de "L'homme de la Mancha" créé au Théâtre de la Monnaie en 1968.

En 1974, il abandonne le spectacle et part en voilier avec Maddly Bamy rencontrée lors du tournage de "L'Aventure, c'est l'aventure" de Claude Lelouch. Il est déjà malade et après avoir été opéré d'un cancer au poumon il décide de partir pour les Marquises où il devient pilote privé, conduisant les habitants entre Hiva-Ova (Marquises) et Tahiti, un vol d'environ cinq heures.

Malgré la maladie, il revient à Paris en 1977 pour enregistrer son dernier 33 tours. La chanson "Les Marquises" qui clôt l'album se termine par ces mots : "Veux-tu que je te dise / Gémir n'est pas de mise / Aux Marquises". Il meurt le 9 octobre 1978 à l'hôpital Avicenne de Bobigny.

C'est le Jacques Brel, compositeur et chanteur, que j'ai aimé. Ses prestations sur scène sont inoubliables. Il vivait ses chansons. J'avouerai qu'il m'a souvent fait pleurer tant son émotion était intense.

C'est un vrai poète. Il est impossible de citer toutes ses chansons mais quelle poésie que "On a vu souvent / Rejaillir le feu / D'un ancien volcan / Qu'on croyait trop vieux / (...) Et quand vient le soir / Pour qu'un ciel flamboie / Le rouge et le noir / Ne s'épousent-ils pas" (Ne me quitte pas)

Quelle tendresse dans "Les Vieux" écrite après la mort de ses parents : "Les vieux ne bougent plus (...) Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide / C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une laide / Et le temps d'un sanglot / oublier toute une heure la pendule d'argent / Qui ronronne au salon, qui dit oui, qui dit non, / Et puis qui les attend."

Quel humour féroce dans "Ces gens-là": "Faut vous dire Monsieur / Que chez ces gens-là / On ne pense pas Monsieur / On ne pense pas on prie" qui continue  sur un ton lyrique" "Et puis et puis / Et puis il y a Frida / Qui est belle comme un soleil /  (...) "Les autres ils disent comme çà / Qu'elle est trop belle pour moi / Que je suis tout juste bon / A égorger les chats"

Que de chefs-d'oeuvre : "Marieke" "Amsterdam""Mathilde" "Le dernier repas" "Jef""Jaurès""Jojo""La Valse à mille temps" et tant d'autres.

C'est une vraie peinture que celle de "Bruxelles" :  "Place de Brouckère on voyait des vitrines / Avec des hommes des femmes en crinoline / Place de Brouckère on voyait l'omnibus / Avec des femmes des messieurs en gibus"

Sentimental, Jacques Brel, dans "Madeleine" : "Ce soir j'attendais Madeleine / J'ai apporté des lilas / J'en apporte toutes les semaines / Madeleine elle aime bien ça/ "

Si mon billet est un hommage à Jacques Brel, c'est surtout un souvenir. La musique est inséparable des paroles. Je peux citer des vers, je ne peux pas recréer l'émotion. Je ne veux pas non plus en parler comme un prof, relever la métrique très diversifiée de ses chansons.

J'ai été heureuse d'en parler. Je me suis fait plaisir en ce 3 janvier. C'est tout.

 

31/12/2012

2013.

MEILLEURS VOEUX.

 

2013, voeux


Un grand merci à tous mes lecteurs. Que 2013 leur apporte la réalisation de leurs souhaits les plus précieux !


13:33 Publié dans Belgique, Passions | Tags : 2013, voeux | Lien permanent | Commentaires (1)

18/12/2012

MARCOURT ET L'ENSEIGNEMENT.

jean-claude marcourt, formation des enseignants, prolongation des études, échec scolaire, logopédie

Jean-Claude Marcourt est né à Awans, le 16 octobre 1958. Licencié en droit, il a exercé le métier d'avocat pendant trois ans. La ronde qu'il a effectuée dans les ministères est impressionnante. Willy Claes, Guy Mathot, Bernard Anselme, Jean-Claude Van Cauwenberg, Elio Di Rupo, Laurette Onkelinx.

Il est actuellement à la Fédération Wallonie-Bruxelles avec des compétences, je dirais, multiples. Vice-Président, Ministre de l'Economie, des PME, du Commerce extérieur, des Technologies modernes et... de l'enseignement supérieur. Je ne vois pas très bien le lien entre ces différents portefeuilles. Mais, c'est comme cela.

J'avais déjà dans de précédents billets ( 4/8/2011 – 3/9/2012) critiqué son projet de prolongation des études des enseignants. Il remet le couvert avec une idée nouvelle qui m'a fait rire. Comme toute personne de bon sens souligne que la réforme coûtera cher, il répond qu'elle sera compensée par la suppression des échecs scolaires. Rien que cela.

Ainsi, une fois de plus, ce sont les enseignants qui sont les responsables de l'échec scolaire, beaucoup trop important, dans notre enseignement. Ce ne sont pas les programmes, les différentes réformes, les consignes données par les inspecteurs, les difficultés rencontrées par les élèves qui, parfois, ont directement accès au secondaire en venant d'un pays où ils ne parlaient pas la même langue, le manque d'attrait pour des études qui ne garantissent plus l'accès à l'emploi comme dans les "bonnes" années, non, ce sont les enseignants qui sont tellement mal formés qu'ils ne savent plus enseigner. Merci, Monsieur le ministre.

Une question me taraude : ces enseignants dont le ministre a une si piètre opinion deviendront-ils des super enseignants parce qu'ils seront restés deux années de plus dans... l'enseignement ?

Une autre question très simple : le problème de l'échec scolaire ne se situe-t-il pas d'abord dans l'enseignement primaire et secondaire avant de l'être dans l'enseignement supérieur ? Malgré ses multiples compétences, ce n'est pas lui qui est en charge de cet enseignement mais Marie-Dominique Simonet. Un détail ! Je serai de bon compte, il propose la réforme mais elle sera discutée collégialement et devra être votée par des élus.

Je ne vais pas redire tout ce que j'ai déjà dit mais tout de même. Cinq ans d'études au lieu de trois, c'est une charge financière pour les contribuables et pour les parents. Tout le monde n'a pas envie d'aller à l'université, certes, mais rendre la formation d'enseignant aussi longue et aussi coûteuse que les études universitaires fera certainement réfléchir les jeunes et leurs parents. Le prestige d'un diplôme universitaire existe bel et bien. Tous les enseignants seront  payés au barème 501 comme les licenciés actuellement mais seront-ils considérés par la société comme ceux qui sortent de l'UCL ou de l'ULB ? J'en doute. Le métier d'enseignant sera-t-il revalorisé pour autant ? J'en doute aussi. Ce sera plutôt une injustice de plus.

Un autre argument du ministre Jean-Claude Marcourt m'a vraiment choquée : les vétérinaires font bien cinq ans d'études, les jeunes ne sont-ils pas aussi précieux que les animaux ? Vous ne rêvez pas, il l'a dit !

Le ministre ne présente plus sa réforme comme un remède contre la pénurie de professeurs mais je crois qu'elle va l'aggraver sérieusement. J'irai même plus loin, les stages répétés toute la dernière année (si j'ai bien compris) risquent de dégoûter les jeunes car les conditions d'un stage sont souvent pénibles, bien plus que d'enseigner dans "sa classe".

Enseigner actuellement est beaucoup plus difficile qu'il y a vingt ans parce que la société a changé. Mais, ne peut-on réfléchir à la formation des enseignants non par la durée des études mais par le contenu ? Ne peut-on pas combattre l'échec scolaire en étudiant sérieusement les causes et les moyens d'y remédier ?

J'ai toujours pensé et dit que la liberté de pédagogie était très importante. L'enseignant doit pouvoir tenir compte de son public. C'est indispensable bien plus que le programme. Chaque enseignant pourrait pouvoir l'examiner comme il l'entend, établir des priorités, des hiérarchies. Or, la seconde réforme prévue par le ministre gomme cette liberté pédagogique. C'est un des arguments avancés par ceux qui la combattent. Elle vaut aussi pour l'enseignement primaire et secondaire.

Une autre réforme cette fois de Laurette Onkelinx suscite la polémique. Elle concerne aussi l'amélioration de l'enseignement puisqu'il s'agit de limiter la séance de logopédie. Trente minutes au lieu d'une heure. Pourtant ces professionnels essaient de remédier aux lacunes de certains élèves et font du bon travail.

Décidément, après avoir clamé que l'enseignement était une priorité, voilà deux ministres socialistes qui prouvent le contraire.

Je reconnais que je suis en colère comme chaque fois que je suis en désaccord avec les réformes envisagées pour l'enseignement. Je l'ai été pour le fameux décret d'inscription qui a fait de nombreux dégâts, a suscité beaucoup d'opposition mais que nos ministres refusent de supprimer pour de mauvaises raisons. Quel mal une certaine idéologie ne commet-elle pas !

Je n'en dirai pas plus aujourd'hui. Différents débats doivent être menés, dit-on. Idéologiques ? Réalistes ? A suivre !