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06/06/2013

JOYEUX ANNIVERSAIRE !

anniversaire d'Albert II

Ce n’est pas la coutume qu’une citoyenne lambda souhaite un bon anniversaire à son roi. Tant pis, c’est le privilège des blogueuses !

Ode.

Le Temps ne surprend pas le sage ;
Hors du Temps le sage se rit,
Car lui seul en connaît l’usage ;
Des plaisirs que Dieu nous offrit,
Il sait embellir l’existence ;
Il sait sourire à l’espérance,
Quand l’espérance lui sourit.

Gérard de Nerval.

28/05/2013

ALBERT II : VINGT ANS DE REGNE.

 

albert II vingt ans de règne, émission rtbf du 27/05

La RTBF avait annoncé un reportage sur les vingt ans de règne d’Albert II. Logiquement, je pouvais m’attendre à un parcours des événements de ces deux décennies et, en parallèle, une présentation du « travail » du souverain. Hélas ! j’avais oublié que c’était une émission de la RTBF ! François De Brigode, qui la présentait, quelques jours avant la diffusion, a expliqué que vu les rumeurs sur l’éventuelle abdication du roi, le titre et, bien entendu, le contenu avait été changé. D’où le titre réel de l’émission : « Albert II : vingt ans de règne !... et après ? »

Remarquez le point d’exclamation qui prend un tout autre sens par les points de suspension qui suivent.

Effectivement, après un très court reportage sur les vingt années de règne, a lieu « une confrontation ». Un émiment historien Francis Ballace et en face, un autre historien ? Cela aurait été comme cela dans n’importe quel pays du monde, mais, à la RTBF, ils ont fait appel à un constitutionnaliste. Première anomalie. La seconde pas n’importe lequel, Marc Uyttendaele, époux de Laurette Onkelinx, bien connu pour sa détestation de la monarchie. J’ai donc assisté à un discours haineux, injurieux, ponctué de rires sarcastiques et puisqu’il l’a utilisé le terme pour un autre roi,  je m’autorise à le reprendre pour lui « nauséabond ».

J’admire le calme de Francis Ballace qui a essayé de ramener le débat à ce qu’il aurait dû être. Mission impossible en face de quelqu’un qui est là pour cracher sa haine. Aucune réaction de François de Brigode. Pas un essai pour, comme c’était son rôle, calmer cet exalté. Rien.

« Question que j’ai décidé de poser à tout le monde, annonce François de Brigode, Philippe est-il prêt ? » Il tiendra parole et toutes les autres « confrontations » (je ne vois pas d’autre terme) seront centrées sur cette question.

Habileté pour permettre à d’autres d’exalter la République, avec des propositions comme celles de José Dubier (écolo ou ancien écolo ) deux présidents, un wallon et un flamand, tour à tour ou en même temps. Cela me ferait rire si ce n’était pas tragique de constater ce qui a été fait d’une émission qui aurait dû être consacrée à ce qu’avait apporté la Monarchie à la Belgique.

Je dois quand même à la vérité de dire que tous ceux qui se sont succédé ont rendu hommage à Albert II. Pas de fausse note même dans la finale consacrée aux présidents de parti. Même pas de la part de la NVA qui n’a pas caché son désir de république en reconnaissant que ce n’était pas le régime qui convenait à la Belgique.

Mais, je dois aussi dire combien il était déplaisant qu’après chaque « confrontation » Francis Ballace et Marc Uyttendaele soient appelés à « chroniquer » (c’est le mot utilisé) le débat. Inutile de préciser que la parole a été chaque fois monopolisée par Marc Uyttendaele !

Je suis trop en colère pour en dire davantage. Je dirai seulement que cet acharnement contre le Prince Philippe commence à m’agacer sérieusement.

Quand je pense, que nous sommes dans un pays où il a fallu des mois pour constituer un gouvernement dont on ne sait toujours pas ce qu’il fait. Ah ! oui ! la loi de financement !

Dans un pays où les hommes politiques se disputent à longueur de journée comme au gouvernement wallon.

Dans un pays où les politiques pensent plus à eux, leur image ! très important, leur com ! très important qu’au bien de tous.

Dans un pays où la démocrate que je suis en arrive à regretter qu’il soit ou est censé être une démocratie.

Dans un pays connu à l’étranger pour être celui du bon sens !

C’est vrai, mais pas à la RTBF.

17/04/2013

TOUR D'HORIZON.


C’est fou ce que l’on peut parler d’enseignement ! Cela devrait être une bonne nouvelle. Malheureusement, ce sont toujours les mêmes dossiers qui reviennent sur la table sans apporter de réelles solutions au vrai problème qu’est la qualité.

Le décret d’inscription a été revu plusieurs fois, la polémique n’a pas cessé et l’objectif de mixité sociale, de l’avis de tous, n’a pas été atteint. Qu’importe ! On le maintiendra !

La réforme des titres revient sur la table. Plus de vingt ans qu’on l’a essayée sans aboutir à un accord. Marie-Dominique Simonet s’y remet ! Apparemment la seule nouveauté est la création d’un nouveau titre dit « de pénurie ». Cela pourrait être bon mais me paraît assez comique au moment où le ministre Marcourt remet en cause la formation des enseignants.

Apparemment, le ministre a compris que l’allongement des études à cinq ans plutôt que trois pèserait sur les parents des futurs enseignants et aggraverait la pénurie. Il ne renonce pas et imagine plusieurs formules, que je ne détaillerai pas, censées rencontrer l’objectif de  la CGSP  de mettre tous les enseignants au barème 501 même s’il faut plusieurs années pour y parvenir. Un coût élevé pour le budget de la communauté mais pas tout de suite. Après moi, les mouches... Et puis c’est bien une habitude de programmer des dépenses qu’on laissera aux autres !

Autre débat très ancien : la réforme des rythmes scolaires. Congé de carnaval trop court, vacances d’été trop longues. J’apprends qu’il faut quinze jours pour qu’un congé soit bénéfique : une semaine pour se déshabituer du rythme de l’école, l’autre pour se reposer ! Dit sans rire par un éminent spécialiste. Deux mois, c’est trop long, l’élève oublie ce  qu’il a appris et l’année doit commencer par des révisions. Après six semaines, non ? Je m’insurge car je pense que tout prof sérieux sait qu’il faut commencer une nouvelle année scolaire par des révisions. La durée des vacances n’y changera rien. J’irai plus loin, les révisions sont utiles toute l’année. Selon moi, les contrôles pendant l’année seraient mieux réussis s’ils étaient préparés par un rapide rappel de la matière.

Toujours en débat, le cours de philo. J’ai déjà dit ce que j’en pensais.

Pas de débat mais un constat : trois cents  professeurs en incapacité à la suite d’agressions en 2012. Dire, comme le fait la CGSP, que c’est seulement une conséquence de plaintes plus nombreuses, c’est nier le problème réel de la violence dans les écoles. A quand une recherche sérieuse sur les moyens de l’enrayer ?

Je pourrais, une fois de plus, parler de la réforme de l’enseignement professionnel qui n’est toujours pas à l’ordre du jour. Pense-t-on encore, comme il y a vingt ans, que le rôle de l’école n’est pas de répondre aux besoins des entreprises ? Tant pis pour le chômage !

J’espère que la prochaine fois que je parlerai de l’enseignement ce sera pour annoncer de bonnes nouvelles. J’aimerais telllement.

 

05/04/2013

CREDO POLITIQUE.

  

eric de beukelaer, credo politique, démocratie, primauté de la conscience, société de consommation

ERIC de BEUKELAERE, né en 1963, est curé-doyen au centre de Liège. Il a été de 2002 à 2010, porte-parole de la Conférence épiscopale de Belgique. Historien,  il s’est toujours intéressé à la politique.

CREDO POLITIQUE.

Les thèmes abordés sont sérieux : civilisation, démocratie, spiritualité, justice, écologie, médias. L’auteur nous livre sa réflexion sur le monde d’aujourd’hui, sur ce qu’il apprécie ou regrette Il fait aussi des propositions, donne des conseil aussi bien aux hommes, croyants ou athées, qu’aux politiques ou aux journalistes. Sans pédanterie, avec le sourire et beaucoup d’humour.

Côté chrétien : des citations de Benoît XVI, admirables d’ailleurs, quelques références à l’évangile ou à la doctrine de l’Eglise mais sans appuyer. Ce n’est pas un livre polémique et si l’auteur titre son livre « credo » il a bien fait d’ajouter « politique ».

Pour l’auteur, l’avènement de la démocratie moderne date du 28 mai 1940 quand Winston Churchill a décidé de déclarer la guerre à l’Allemagne. Sans cela, Hitler aurait peut-être gagné la guerre. Et adieu la démocratie !

Ainsi le livre commence par un rappel historique et c’est, à mon avis, la partie intéressante du livre que le retour à l’histoire pour expliquer ses positions. Mais, il dit en s’adressant aux politiques, il faut connaître l’histoire pour nourrir sa réflexion, évidemment pas pour la copier.

Les exemples abondent dans ce qui a changé. La conception du bonheur par exemple, est bien différente de celles de nos grands-parents, la société de consommation a fait de notre monde un tout autre monde. Pas de condamnation mais pas non plus l’affirmation qu’elle n’est pas acceptible à tous !

 L’auteur est plus sévère sur mai 68 et la liberté sexuelle qui, d’après lui, a engendré des bouleversements de la famille où les enfants et les adultes sont souvent perdants. Je trouve son analyse un peu courte. Les divorces ne sont pas seulement imputables à mai 68 et, pour moi, la liberté de la femme est une valeur essentielle.

Le credo de l’auteur est la justice. Ce serait trop long à expliquer et hélas ! impossible à résumer.

Le plus important est un appel à la spiritualité. L’auteur cite Malraux sans le déformer comme c’est souvent le cas. Sans dogmatisme mais avec une insistance sur le droit de chacun de pouvoir s’exprimer. Ainsi, s’il admet que la foi relève d’une conviction personnelle, il revendique le droit pour les chrétiens d’affirmer leurs opinions, même de peser sur les décisions politiques tout en affirmant qu’une fois la loi votée, elle doit être respectée. Ce qui est primordial pour lui est d’agir selon sa conscience. Un exemple : l’euthanasie, il la rejette au nom de sa foi chrétienne et trouve que les médecins ont le droit de refuser de la pratiquer. Nuance importante, l’obligation d’orienter leurs patients vers un autre collègue D’accord, mais c’est théorique car une fois hospitalisé, c’est bien difficile d’aller ailleurs...

Je dirai quand même que je suis bien d’accord sur la primauté de la conscience mais je redoute les dérives. Le jihadiste qui se fait sauter obéit à sa conscience : est-ce bien ? Je pourrais donner d’autres exemples tout bêtement pratiques où la primauté de la conscience rendrait toute vie communautaire impossible... Et, il le souligne bien, les hommes ne sont pas tous des « justes » D’accord, mais je ne crois pas au péché originel. L’homme est ce qu’il est attiré par le bien ou le mal. C’est une évidence.

Comme j’ai un peu peur d’avoir d’avoir eu une lecture du livre trop personnelle, je vais lui laisser la parole.

EXTRAITS.

« La société semble en panne de valeurs qui puissent servir de boussole dans la tempête. »

« Quand un éclésiastique est convié sur un plateau c’est plutôt à titre d’ajout...folklorique. »

« Je pense qu’il s’agit de faire de cet élan spirituel un enjeu public – une « culture d’état » à inscrire en-tête de nos constitutions et à enseigner dans nos programmes scolaires avec autant de sérieux que le calcul ou la grammaire. »

« Je suis opposé à une législation sur le blasphème. »

« N’est-il pas curieux de constater qu’à l’époque de la communication, le premier cancer ce nos sociétés soit la solitude ? »

« Le bien commun est cette notion morale qui rappelle que l’économie est faite pour l’homme et non pas l’homme pour l’économie. »

« Avec d’autres traditions religieuses ou humanistes, la vision chrétienne de l’homme énonce que celui-ci n’est ni ange, ni bête. Il est une créature capax Dei, c’est-à-dire capable d’avoir des actions dignes de Dieu, mais en même temps abîmée par une blessure archaïque – que la tradition chrétienne nomme le péché originel. »

 J’ai aimé le livre, je ne regrette pas ma lecture même si je n’adhère pas à tout ce que dit l’auteur. J’aurais souhaité plus de souffle, des convictions mieux affirmées, plus convaincantes. Un véritable appel à la spiritualité. L’auteur a, me semble-t-il, préféré la tolérance, voire la tiédeur qui n’était pas celle du Christ.

 

01/04/2013

COURS DE PHILOSOPHIE.

cours de philosophie

Une question débattue de puis longtemps a ressurgi dans l’actualité. Faut-il instituer des cours de philo ? Question subsidiaire : à partir de quel âge ? Le débat Controverse de ce dimanche a abordé la question mais comme d’habitude dans des affrontements entre différentes positions, pas toujours exprimées clairement.

Petit rappel. Que dit la Constitution ? « Art.24. La communauté assure le libre choix des parents. La communauté organise un enseignement qui est neutre. La neutralité implique notamment le respect des conceptions philosophiques, idéologiques ou religieuses des parents et élèves. Les écoles organisées par les pouvoirs publics offrent, jusqu’à la fin de l’obligation scolaire, le choix entre l’enseignement d’une des religions reconnues et celui de la morale non confessionnelle. »

Le pacte scolaire de 1959, compromis après la guerre scolaire, distingue l’enseignement confessionnel, qui organise des cours de religion et l’enseignement officiel qui doit offrir le choix entre les différents cours comme précisés dans la constitution.

Première difficulté rencontrée par ceux qui défendent l’introduction de la philosophie à la place du cours de morale ou de religion, la constitution ne le permet pas. Certains jouent sur les heures non précisées ce qui implique que les deux heures hebdomadaires pourraient être réduites.

Autre argument : le monde a changé. Doit-on alors maintenir l’enseignement des religions ? Ce point de vue défendu par les laïcs n’est pas acceptable par les représentants des cultes. On voit mal l’école catholique accepter la suppression des cours de religion, définis par le pacte scolaire comme sa spécificité. De même dans l’enseignement officiel, pas question de supprimer l’enseignement du Coran par exemple.

Autre argument des laïcs, la religion est une affaire privée donc ne devrait pas être enseignée à l’école. Cela paraît assez logique mais se heurte à une autre conviction : l’école est aussi un lieu d’éducation donc de transmissions de valeurs.

Voilà pour la théorie. En réalité, tout le monde sait que les cours de religion ou de morale n’étant pas soumis à un programme, même s’ils sont inspectés, ont bien évolué. J’ai enseigné dans une école catholique où il n’y avait que des étrangers en majorité des musulmans. Comment le prof de religion aurait-il pu ignorer cette réalité ? Les cours ont été adaptés. Cours d’histoire des religions, débats sur des questions de société, philo ont, bien entendu, remplacé le catéchisme d’antan.

Comme le lecteur peut s’en apercevoir, ce n’est pas simple.

J’ai, pour ma part, sans savoir comment techniquement le faire, souhaité l’introduction des cours de philosophie dans les deux dernières années du secondaire.

Plusieurs choses dans ce que j’ai entendu n’ont pas mon adhésion. La première, le cours de philo devrait se donner dès la première année primaire. Après avoir sursauté, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas de cours de philo, ni même d’histoire de la philo, mais d’un cours de civisme. Qu’est-ce que cela veut dire ? 12 ans à former des citoyens. Fort bien, comment ? Enseigner le code de la route, combattre les incivilités, enseigner les rouages de l’état ? Comme rien n’est précisé, je ne sais pas, mais même en forçant mon imagination, je ne vois pas. De plus, je reste persuadée que ce dont nos jeunes ont besoin c’est d’une transmission des valeurs : respect des autres, rejet de la violence, apprentissage de la tolérance pour ne citer que celles-là. Valeurs universelles ? Pas pour tous.

Je suis encore plus perplexe devant la proposition de Marie-Dominique Simonet. Un tronc commun pour apprendre le fameux « vivre ensemble » cours dans lequel on mélangerait  toutes les religions. Je suis sceptique.

Si, officiellement ce cours existait, je suis quasi certaine qu’il deviendrait vite un lieu d’affrontement comme on le voit en politique. « Je défends ma religion. – Tu ne peux pas attaquer la mienne. – Je te défends de dire cela. – Tu ne comprends rien à ce que je dis » Pauvre prof qui devra affronter tout cela !

Vous me direz qu’actuellement, les échanges ont lieu dans les cours de morale ou de religion maisi ils ne sont pas officialisés, le prof sait bien jusqu’où il peut aller.

Une autre proposition de la ministre m’a fait frémir. Elle annonce qu’elle va rendre un décret pour établir les programmes. Pour son nouveau cours ou pour les cours existants ? Quid de la liberté pédagogique qui permet de s’adapter à son public ?

Certains, dont je suis, souhaitent une meilleure formation des imans. Qu’il y ait des dérives est une réalité trop souvent niée. L’islam enseigné dans les écoles n’est pas toujours l’islam des lumières de Malek Chebel.

J’ai tenu à m’exprimer comme d’autres, mais ce n’est qu’une première réflexion sur ce qui se dit. On verra…