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04/02/2009

AU VATICAN.

Le débat fait rage à propos de la levée de l'excommunication des évêques de la Fraternité Saint-Pie X. Le pape veut mettre fin au schisme que constitue la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X., la levée de l'excommunication des évêques ne serait qu'une condition nécessaire pour entamer le dialogue.

 

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) a été fondée en Suisse, en 1970, par Mgr Lefebvre. Elle avait été reconnue par le Vatican mais elle a perdu sa reconnaissance officielle le 6 mai 1975, lorsque Mgr Lefebvre a ordonné quatre évêques sans l'accord du pape Jean Paul II. Cette ordination avait conduit à leur excommunication, provocant un schisme avec l'Eglise catholique.

 

La FSSPX refuse de reconnaître Vatican II, rejette le dialogue avec les autres églises et a adopté pour la liturgie le rite tridentin. Ce rite avait été instauré  par le pape Pie V  après le concile de Trente. Elu pape en 1566, il crée la congrégation de l'index, le Catéchisme romain, issu du Concile de Trente, un bréviaire et un missel. Le rite tridentin est instauré par la bulle Quo Primum, le 14 juillet 1570. Ce rite a  été modifié par Paul VI.

 

Certains pensent que le conflit porte seulement sur la messe en latin ou la position du prêtre lors des messes.Cela va plus loin.  Beaucoup d'intégristes ne cachent pas leur antisémitisme et leurs affinités avec l'extrême droite. De plus, la FSSPX a eu des discours de haine vis-à-vis du pape Jean-Paul II et de l'Eglise. De plus, Vatican II avait supprimé dans la liturgie certains textes et en avait introduit d'autres, notamment des textes issus de l'Ancien Testament.

 

On comprend que la décision de lever l'excommunication des évêques suscite la polémique. Certains disent que le pape n'était pas au courant des propos négationnistes tenus par Mgr Willanson ce qui me laisse perplexe.

 

La polémique est telle que certains n'ont pas hésité à accuser Benoît XVI d'être antisémite ce qui est inexact. Mais même s'il a beaucoup travaillé pour Vatican II, il n'a jamais caché son agacement devant certaines célébrations eucharistiques. "La liturgie n'est pas un show, un spectacle qui ait besoin de metteurs en scène géniaux, ni d'acteurs de talent". (Entretien sur la foi en 1984).

 

Précisons que la FSSPX ne pourra être réintégrée dans l'Eglise qu'après avoir reconnu l'autorité du pape et Vatican II.

 

L'émotion reste cependant vive dans les milieux catholiques ou juifs. Angela Merkel demande au pape d'être plus clair dans ses déclarations. Certains soulignent aussi que dans son désir de rassemblement au sein de l'Eglise, il maintient l'exclusion de l'Eucharistie des divorcés.

 

 

Odon Vallet avait sur LCI déclaré que le FSSPX avait introduit dans la liturgie un texte lu au début de la messe, qui condamnait les Juifs. Je ne l'ai pas trouvé. Plusieurs sites existent sur la FSSPX, le nombre de lieux de cultes, de fidèles etc. Mais aucun, même quand ils l'annoncent dans leur sommaire, ne met les textes en ligne. On tombe sur une page vide. D'autres, intitulés Saint-Pie V, expliquent qu'ils ont volontairement décidé de ne pas mettre les textes liturgiques.

 

 

Je profite de ce post pour dire mon indignation sur la déclaration du cardinal Barragan : "Arrêtez cet assassinat" à propos du transfert de Eluana Englaro dans une clinique privée où elle pourra être débranchée. Elle est dans le coma depuis janvier 1992 et le père n'a jamais obtenu que l'on cesse de l'alimenter. Ne s'agit-il pas d'acharnement thérapeutique ?

 

13:35 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1)

30/01/2009

DE LA VERITE.

Nous n'avons jamais eu accès à autant d'informations : radios, télévisions, internet, journaux rivalisent pour nous mettre au courant de l'actualité. Que de débats politiques ! Avec la multiplication des chaînes, nous pouvons suivre des débats quasi tous les jours. D'où vient donc mon malaise ? Suis-je informée ou désinformée ? Politiques, journalistes, spécialistes psychiatres etc. n'ont pas toujours la même opinion. Qui croire ?

 

Qu'un libéral ne dise pas la même chose qu'un socialiste semble logique. Moins tout de même quand il s'agit de ministres faisant partie du même gouvernement où les décisions, nous dit-on souvent, ont été prises à l'unanimité. Que l'opposition attaque systématiquement ce que fait le gouvernement fait partie, dit-on, du jeu politique. Je suis plus sceptique quand des membres d'un même parti ne disent pas la même chose tout en affirmant qu'ils défendent la position de leur parti.

 

Il y a longtemps, les journaux avaient une connotation bien précise. Les lecteurs de "La Libre" n'étaient pas ceux d'un journal soi-disant neutre comme "Le Soir". On n'était donc pas choqué d'avoir, sur le même sujet, des avis divergents. Ce clivage a disparu mais j'ai l'impression que l'information brute, rapide, sommaire a pris le pas sur l'argumentation d'une opinion.

 

Dans les débats politiques, l'animateur compose son plateau de manière à avoir un équilibre : équilibre politique des invités, équilibre des spécialistes. Tout devrait donc être formidable. Mais, trop souvent, l'animateur ou le journaliste, donne la parole à qui il veut, laisse certains s'exprimer longuement, coupent les autres s'ils ne disent pas ce qu'Il veut entendre. Le jeu est donc faussé.

 

Que les spécialistes économiques ou autres défendent des opinions différentes m'apparaît normal. Ce qui me gêne c'est que la parole étant limitée, les débats souvent houleux, on finit par se dire qu'on ne comprend plus rien.

 

Que dire de la saga Fortis, comme on l'appelle ! Le gouvernement est applaudi, critiqué huit jours plus tard, les actions en justice se mettent en route, certains avocats appellent les actionnaires à voter contre sans attendre les dernières décisions du gouvernement ou comme Modrikamen, sans argument vraiment convaincant. Et on nous annonce que ce n'est pas terminé. En attendant, qui trinque ?

 

Ce qui vient de se passer à Gaza a suscité beaucoup d'émotion, justifiée. Autant de morts. Une ville dévastée. Mais, n'est-ce pas la première fois que l'on donne la parole aux Israéliens ? Les ambassadeurs ont pu s'exprimer à la télévision, parler des roquettes, du Hamas. Donner la parole aux deux parties a pu, je crois, aider chacun à se forger une opinion.

 

 Toujours dans l'actualité récente, la décision du pape de chercher à réintégrer la Fraternité Saint-Pie X et de lever l'excommunication des évêques est tout à fait choquante. Même si le pape dit ne pas partager les propos négationnistes de Mgr Willamson, même s'il affirme "ressentir une solidarité entière et indiscutable avec les juifs". Je comprends, je partage l'indigation des évêques français et de nombreux catholiques.

 

De Vlaamse Raad dans son journal Rand krant fait la publicité pour le site web de la VRT qui selon lui, doit permettre aux "anderstaligen" d'avoir une meilleure connaissance de ce qui se passe en Flandre. D'un simple clic on passe du néerlandais, au français, à l'anglais ou à l'allemand. Le site est très bien fait mais je ne comprends pas pourquoi les articles ne sont pas les mêmes sur le site en français ou en néerlandais. Mystère.

 

J'ai intitulé mon post "De la vérité". Je ne suis pas naïve au point de croire qu'il existe une vérité. Il y en aura toujours plusieurs. Ce que je souhaiterais, c'est qu'au moment où on nous parle constamment de la nécessité de  transparence (on l'a vu pour les commissions parlementaires mises en place pour Fortis) l'information qu'on nous donne soit à défaut d'être objective, au moins audible.

 

 

Sites VRT : www.flanderinfo.be

                    www.flandreinfo.be

                    www.flandernews.be

 

 

15:57 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1)

09/01/2009

PATRICK ROEGIERS.

 

Patrick Roegiers.jpg

Patrick Roegiers est né à Ixelles le 22 septembre 1947. Depuis 1983, il vit à Paris. Il a écrit une trentaine de livres : romans, poèmes, ouvrages sur la photographie.

 

En 2007, il a publié La spectaculaire histoire des rois des Belges sous-titré "roman- feuilleton". Un livre  bourré d'anecdotes, sur la vie de la Belgique ou sur la vie, même privée,  des rois. Un livre d'affection et de reconnaissance.

 

Le livre s'ouvre sur l'arrivée en Belgique de Léopold 1er en 1831. A  quarante et un an il découvre le pays dont il sera le roi. Un roi élu par le Congrès,  ce qui est une première et ce qui explique l'appellation de roi des Belges. Il a longtemps hésité, étudié la Constitution, qui est reconnue comme remarquable pour l'époque. Il prête serment le 21 juillet 1831, date qui sera retenue comme jour de fête nationale.

 

Léopold de Saxe Cobourg Gotha devra "faire" la Belgique, qui a proclamé son indépendance le 10 novembre 1830. Convoitée par les Français et la Hollande, la neutralité lui a été imposée par le grandes puissances  pour garantir son indépendance. Il guidera la Belgique vers l'équilibre et la prospérité.

 

Le livre de Patrick Roegiers est bien, comme l'indique le titre, l'histoire des rois des Belges. Bien sûr, on y retrouve l'histoire de la Belgique, mais toujours à travers le regard ou les actions de ses rois. Détail assez piquant, aucun homme politique n'est mentionné.

 

J'ai découvert que les trois premiers rois avaient une obsession,  le désir d'abdiquer, de grandes difficultés à comprendre ce pays et ses habitants, une propension à la dépression mais un objectif : faire de la Belgique un pays envié par l'Europe.

 

Patrick Roegiers arrive à nous faire voir nos rois autrement que ce que nous avons appris dans nos livres d'histoire car il les rend "humains" avec leurs manies, leurs angoisses, leur propre personnalité.

 

Lépold 1er était "le roi", Léopold II le "roi d'affaires", Albert "notre roi". (page 186).

 

Ce qui frappe à la lecture du livre, c'est le souci d'objectivité de l'auteur. Ceci même quand il  raconte les événements difficiles, comme, par exemple, l'abdication de Léopold III, pour éviter un bain de sang, le montage peu constitutionnel inventé le jour où Baudouin refuse de signer la loi sur la dépénalisation de l'avortement.

 

Par contre, il rétablit l'honneur de Léopold II, accusé d'exploiter les noirs au Congo, pire de leur couper les mains, rumeurs répandues par l'Angleterre, furieuse de voir un état si rentable lui échapper. Il léguera le Congo à la Belgique, par testament,  le 9 août 1890.

 

C'est évidemment impossible de résumer plus de quatre-cent–cinquante pages. Je ne puis que vous inciter à lire le livre, bien documenté, au style alerte, coloré, qui mérite bien son sous-titre "un roman-feuilleton".

 

14:47 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)

23/12/2008

GENEVIEVE LHERMITTE.


 

Geneviève Lhermitte.jpg

Madame Lhermitte a été condamnée, par un jury populaire, à la réclusion à perpétuité. Une peine plus lourde que celle réclamée par l'avocat général Pierre Rans, mais conforme à son rejet de circonstances atténuantes ou de ce que plaidait la défense, l'état de déséquilibre grave  dans lequel elle se trouvait au moment des faits.

 

Le procès n'a pas répondu aux questions essentielles que tout le monde se posait : "Pourquoi ? Comment en est-elle arrivée là ?"

 

L'avocat général n'a pas dû se poser la question et ce qu'il a déclaré dans sa plaidoirie est particulièrement odieux : elle représenterait un danger social ! "La carapace risque de sauter sous la pression de ses affect. Elle a encore du mal à ne pas focaliser sur certains faits, certaines personnes."

 

Justement, cette phrase donne un début d'explication à l'inexplicable. Geneviève Lhermitte a dit clairement qu'elle voulait emporter ses enfants avec elle, autrement dit, ne pas les laisser à son mari, ni au docteur Schaar. L'a-t-on entendue ?

 

Les paroles de Bouchaïb Moqadem et du docteur Schaar, après le verdict sont particulièrement choquantes. En clair, "bien fait, elle a eu ce qu'elle méritait". Pas l'ombre d'un sentiment de culpabilité sur le rôle qu'ils ont tous les deux certainement joué dans la dépression grave de Geneviève Lhermitte. Pire, ils le nient. Comme les maris des femmes battues !  Et le cynisme est atteint quand le docteur Schaar, interrogé par un journaliste, sur la non-intervention du psychiatre, après l'appel au secours, déclare : C'est moi qui ai envoyé madame Lhermitte chez lui, c'est à moi qu'il devait parler".

 

Son mari lui défend de voir sa famille, l'éloigne de tout, la laisse s'enfoncer dans la dépression, s'en va se promener au Maroc; le docteur Schaar trouve normal d'être en contact avec son psychiatre, insiste sur sa générosité "gratuite". Vraiment ? Hallucinant !

 

Pourquoi la justice ne s'est-elle pas posé plus de questions sur les 17 ans qui ont peut-être amené Geneviève Lhermitte à commettre ces crimes horribles? Comment a-t-on pu croire ce qu'affirmaient Schaar et Moqadem ?

 

Et cette phrase cynique de Motte de Raedt : "Il fallait remettre les pendules à l'heure et c'est ce qu'ont fait les jurés avec sérénité". Vous avez bien entendu "sérénité".

 

Je laisserai le dernier mot à Me Xavier Magnée : "On inflige la peine la plus forte à une femme qui a commis l'irréparable pendant deux heures et on ne connaît pas le mobile."

 

Si j'avais le coeur à rire, je dirais : "Même dans les séries policières, la première question posée est :"Quel est le mobile" ?

 

Il est impossible de faire croire à un homme naturellement aveugle qu'il ne voit pas.

(Montaigne)

 

Je remercie le journaliste de La libre pour la manière dont il a rendu compte du procès.

 

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10/12/2008

LA BELGIQUE VUE PAR LE POINT.

La couverture de la revue Le Point du jeudi 4 décembre est consacrée à la Belgique : SI  LA  WALLONIE  DEVENAIT  FRANCAISE...

 

L'article signé par Yves Cornu et Alain Franco est tout sauf objectif. Les auteurs partent bien entendu, de nos difficultés communautaires et d'un sondage Ifop (Le Soir et La Voix du Nord) qui révélerait que si la Belgique venait à disparaître, 49 % des Wallons seraient favorables à un rattachement à la France et que 60 % des Français les accueilleraient volontiers.

 

Les auteurs ont donc interrogé Paul-Henry Gendebien, dont on connaît le rêve de rattachisme, Daniel Ducarme qui, sans rire, envisage que la Wallonie ait le statut de la Polynésie, tout en gardant son roi et son drapeau, Philippe Dutilleul, réalisateur du scandaleux et débile "Bye bye Belgium qui affirme que le scénario du rattachement de la Wallonie à la France est plausible. Pour corser le tout, une carte de la France incluant la Wallonie ! Un petit encart reprend les paroles d'Herman de Cros qui fustige les séparatistes mais, d'après les auteurs, parce qu'il n'a plus rien à perdre !

 

Toujours dans la même revue, on trouve un dossier "Spécial Belgique" : un article sur la proximité Givet/Dinant, un sur l'euométropole Lille-Courtrai-Tournai, une interview de Jean-Marie Dedecker et cerise sur le gâteau, un, sur notre attachement au "fritkot" !!!

 

Seule l'interview de Patrick Roegiers, auteur de "La spectaculaire histoire des rois des Belges" remet les pendules à l'heure. "L'Europe n'acceptera jamais fût-ce symboliquement, la disparition d'un pays qui l'a en partie enfantée." "Les Français ont, vis-à-vis des Belges un paternalisme de proximité. C'est pour eux un pays folklorique, rigolo et accueillant 160.000 Français vivant à Bruxelles pour des raisons fiscales évidentes."

 

Un encart reprend les paroles de Gérard Deprez, eurodéputé qui affirme avoir été apostrophé vertement par un élu européen "Vous habitez un Etat propère et vous vous déchirez sur des principes qui sont la nature même de l'Europe : la langue et la solidarité entre communautés. Vous envoyez un très mauvais signal au reste de l'UE."

 

Fidèle lectrice du Point que dirige Franz-Olivier Giesbert, où on retrouve aussi bien des articles de Bernard-Henry Lévy, Alain Duhamel, Claude Allègre, Jacques Marseille, je ne comprends pas qu'ils aient fait ce numéro, indigne d'une revue de qualité.

 

17:20 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1)