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18/08/2009

LA LAICITE.

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Dans le langage chrétien, un laïc était au Moyen Age un baptisé qui n'appartenait pas au clergé. De nos jours, un laïc serait une personne chargée de fonctions, autrefois dévolues au clergé, dans une institution chrétienne. Mais cette appellation tente à disparaître. Dans les écoles catholiques, par exemple, où il n'y a pas de religieux, ce qui est devenu le cas le plus fréquent, on n'appellera plus les professeurs, des laïcs.

 

 Dans la seconde moitié du XIXième siècle, la laïcité est devenue une conception de l'organisation de la société visant à la neutralité de l'Etat en matière religieuse. La laïcité est aussi une éthique basée sur la liberté de conscience visant à l'épanouissement de l'homme en tant qu'individu et citoyen.

 

Récemment, à propos de la prestation de serment de la députée bruxelloise voilée, on a beaucoup dit que la Belgique était un état neutre, non laïc, alors que la France est une république laïque.

 

C'est en 1831, que la neutralité de la Belgique a été imposée par les grandes puissances en échange de la reconnaissance de son indépendance. "La Belgique sera, dans ses limites telles qu'elles seront arrêtée et tracées ... un Etat perpétuellement neutre. Les cinq puissances lui garantissent cette neutralité perpétuelle ainsi que l'intégrité et l'inviolabilité de son territoire."

 

 La Constitution, rédigée rapidement, institue un régime de libertés, remarquable pour l'époque, notamment l'égalité des droits et de la liberté de la presse. Elle reconnaît l'égalité des cultes (art. 19 et 20) et l'indépendance de l'Eglise à l'égard de l'Etat. (art. 21). Certains cultes obtiennent une reconnaissance de l'Etat, par voie législative, à certaines conditions. Actuellement, les cultes catholique, protestant, anglican, israélite, islamique et orthodoxe sont reconnus.

 

La loi du 21 juin 2002 va reconnaître une forme de laïcité, en mettant sur un même pied, aux yeux de la constitution, le mouvement laïque et les cultes préalablement reconnus. La loi sera matérialisée notamment par la reconnaissance du Conseil d'Action laïque. (CAL)

 

L'ASBL, "La Pensée et les hommes" a été fondée en 1961. "L'association a pour objet de contribuer au rayonnement des principes de laïcité, de tolérance, de fraternité humaine, de progrès social et scientifique, de libre examen auxquels ses fondateurs sont unanimement attachés."

 

L'association organise des émissions de télévision et de radio et édite une revue mensuelle. Ainsi, en Belgique, la RTBF diffuse le dimanche matin "La Pensée et les hommes" en alternance avec l'émission catholique. France2 diffuse le dimanche matin des émissions religieuses : le bouddhisme, les religions juive, islamique, catholique, orthodoxe, protestante mais pas d'émission laïque.

 

La pensée et les hommes, animée actuellement par Jacques Lemaire, traite des sujets très différents : des sujets de société : la toxicomanie, l'antisémitisme, l'euthanasie, les soins palliatifs, les sectes, le créationnisme, le négationnisme; des sujets scientifiques ou sur l'enseignement : le décret d'inscription, le voile dans les écoles, la lutte contre l'échec scolaire, les associations de parents, l'apprentissage des sciences, le cours de morale. D'autres émissions traiteront des religions ou seront consacrées à des écrivains ou scientifiques : Voltaire, Diderot, Rousseau, Freud, Darwin etc. 

 

Jacques Lemaire invite deux invités, en fonction de leur compétence ou parfois de leur actualité. (publication d'un livre par exemple). L'esprit de tolérance sera respecté même si les invités sont libres d'exprimer leurs opinions, parfois divergentes.

 

J'ai mis comme image "La chouette" qui serait le symbole de la laïcité. Chez les Grecs anciens, la chouette était assimilée à Athéna. La ville d'Athènes était sous son patronat. La chouette représentait la pensée élevée, les arts, la musique, l'intelligence et était aussi considérée comme une excellente conseillère.

03/07/2009

GAGS INFRABEL.

Par hasard, j'entends à la radio qu'Infrabel met à disposition un numéro gratuit pour ceux qui désirent en connaître un peu plus sur les travaux faits dans leur quartier. Il s'agit du projet DIABOLO.

 

Je retranscris la première conversation téléphonique :

 

- Allo, j'ai des questions à poser sur les travaux dans mon quartier.
- Votre nom ?
- ..................

- Je vois. J'ai votre dossier sous les yeux. Vous avez déjà téléphoné, vous ne pouvez plus le faire.
- Impossible, je viens d'entendre le numéro à la radio.
- Si, madame, vous avez pris contact avec nous.
- Ah ! oui, je me rappelle, je vous ai envoyé un mail au début des travaux et vous ne m'avez jamais répondu.
- On ne vous a pas répondu, mais on a ouvert un dossier.
- Bien, je voudrais savoir...
- On vous retéléphonera.
Clac ! Elle a raccroché.

 

Un bon mois plus tard :

 

- Vous êtes bien madame...
- Oui.
- Ici, Infrabel.
- Ah ! je suis contente que vous me téléphoniez, j'ai beaucoup de questions...
- Vous n'avez pas le droit de poser des questions et moi je suis seulement autorisée à vous lire ce que j'ai sur mon papier.
- Bon, lisez.
- Fin des travaux : 2012. Trois lignes. 430 trains par jour, 230 le week-end. Gare la plus proche de votre domicile : 1 km 5.
- Comment trois lignes ?

 

Elle hurle.

 

- Vous n'avez pas le droit de poser des questions et moi je suis seulement autorisée à lire ce que j'ai sur mon papier.

Clac ! Elle a raccroché.

 

Je suis d'abord prise d'un fou-rire. C'est digne d'un gag pour humoriste !

 

Infrabel prend donc la peine d'ouvrir une ligne de renseignements mais on ne peut savoir que ce qu'ils veulent bien dire, on ne peut pas rêver d'un meilleur service !

 

Ce matin, je suis retournée sur le site. Ils avaient tout supprimé, ils ont remis le projet DIABOLO  en ligne. J'apprends peu de choses.

 

Le Diabolo rend l'aéroport plus accessible par le nord

.

Des trains directs pourront relier Brussels Aiport à Bruxelles, aux lignes de Malines/Anvers et Louvain/Liège. En plus d'une connexion directe avec les grands axes vers Paris, Amsterdam, Cologne, Francfort et d'autres grandes villes européennes. Avec le Diabolo, Infrabel intègre l'aéroport de Bruxelles dans le réseau ferroviaire national et international.

 

Comme c'est bien dit. C'est le TGV et les autres lignes RER ?

 

Une ligne Bruxelles/Malines. Investissement Infrabel : 250 millions d'euros.

 

Une liaison Zaventem/Bruxelles/Malines sous l'échangeur routier de Machelen.

Investissement Infrabel : 300 milliards d'euros par un partenariat public-privé.

(Traduction : un pont va enjamber le Boulevard de la Woluwe.)

 

430 trains par jour, soit un train toutes les dix minutes.

 

Dans ma petite rue, les trois-quarts des maisons sont en vente ou ont été vendues à un prix "défiant toute concurrence". ! Seuls sont restés, les propriétaires récents, à qui on s'est bien gardé de leur faire connaître le projet et deux "résistants" qui n'ont pas le choix.

 

Plusieurs RER sont prévus en Wallonie mais la date est constamment reportée. La communauté flamande, seule souveraine, m'a-t-on dit, dans la décision, s'est empressée de réaliser les travaux sans doute avant la régionalisation de la SNCB.

 

La Flandre était déjà largement favorisée au niveau ferroviaire. Etienne Scoupe y a veillé.

Quant à la Wallonie, elle attendra. Les caisses sont vides.

 

11:16 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1)

02/07/2009

SECURITE SOCIALE.

Je n'étonnerai personne en disant que les politiques nous parlent constamment du déficit de la sécurité sociale. C'est leur devoir, me direz-vous. Oui, mais je constate qu'ils en profitent pour culpabiliser les citoyens. Les vieux coûtent trop cher, ils vivent trop longtemps et pèsent sur les générations futures. Très bien, mais que doivent-ils faire ? Les entreprises ont parfois abusé des prépensions, mais, à part cela, je ne vois pas.

 

Autre catégorie visée, les consommateurs de médicaments. Tout le monde se souvient des débats sur les génériques où les spécialistes n'étaient pas tous du même avis. Je suppose que je ne suis pas la seule à avoir remplacé mon médicament par un générique pour constater que les effets secondaires étant trop importants, je devais demander à mon généraliste de revenir à mon "bon" médicament. Il y a eu la campagne contre les antibiotiques, sans doute justifiée, puis contre les antidépresseurs. Je me souviens des déclarations proprement scandaleuses du ministre socialiste de l'époque : "On ne me fera pas croire qu'il y a tant de gens déprimés". Je dis scandaleux parce que même s'il y a eu des abus, condamner un médicament qui a permis aux malades de retrouver une vie normale ou d'éviter le suicide, revient à nier la souffrance de ceux qui sont déjà fragilisés et ne demanderaient pas mieux que d'être en bonne santé.

 

Ce qui m'étonne, c'est qu'on ne dénonce jamais un scandale bien plus grand, certaines pratiques des hôpitaux. Découvrir sur sa facture, le nom de consultation d'un médecin, qu'on n'a pas vu, suscite une interrogation. Il y a pire et pour une fois, je parlerai, pour illustrer mon propos de ce qui m'est arrivé.

 

CLINIQUES  UNIVERSITAIRES  SAINT-LUC.

 

Un mauvais virus me procurait des crises d'étouffement très pénibles. Un samedi après-midi, ma fille, choquée, m'emmène à la consultation des urgences. Examen clinique, promesse d'une ordonnance, puis, je ne sais pas pourquoi, le médecin me dit que je dois absolument me rendre au service des urgences. Je passerai sur l'accueil déplorable, l'arrogance des médecins. Soit, leur boulot est difficile. Prise de sang et déclaration sans appel : vous risquez une embolie pulmonaire mortelle et une crise cardiaque. Les deux. Je m'étonne de ce diagnostic à partir d'une prise de sang et avec un humour, sans doute déplacé, je fais remarquer que pour avoir les deux, le même jour, je devrais ressusciter. Bref, j'accepte de faire les examens en refusant absolument l'hospitalisation. Les examens étant négatifs, je peux enfin rentrer chez moi, sans ordonnance, parce que le service d'urgence donne des renseignements au généraliste mais ne soigne pas.

 

Mon généraliste m'apporte le rapport tout en me disant que la clinique lui avait téléphoné pour lui dire qu'il ne fallait pas tenir compte du troisième paragraphe qui était une erreur. Il m'apprend aussi, que d'après la prise de sang, je ne risquais ni l'embolie pulmonaire, ni la crise cardiaque et que les examens que j'avais subis étaient...inutiles.

 

Ce n'est pas fini. En regardant le rapport, je constate que j'ai passé, non une radio du thorax, mais un électrocardiogramme.  J'envoie un mail au médecin en lui demandant, très poliment, de rectifier. Je reçois ma facture et je découvre avec stupeur, qu'il y a bien eu rectification, mais erronée,  le médecin a rajouté la radio du thorax en laissant l'électrocardiogramme !

 

En soi, à part la fraude à la sécurité sociale et l'angoisse distillée tout au long de l'après-midi, ce n'est pas très grave. Si j'en parle, c'est que je suis excédée du pouvoir que s'arrogent certains, en toute impunité. Excédée aussi qu'une chose aussi simple que de reconnaître une erreur ne fasse pas partie de l'éthique médicale.

 

J'ai prononcé le mot fatal "éthique". Je constate de plus en plus souvent que, dans de nombreux domaines, pas seulement politiques, elle n'existe plus. Que certaines valeurs semblent obsolètes, soit, mais je considère dangereux ce dépassement, devenu anodin, de la ligne rouge.

15:22 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)

23/06/2009

JOUR DE DEUIL.

Prestation de serment, de la première femme voilée, dans le parlement bruxellois, sous les regards des télévisions mondiales. Quelle image donne une fois de plus la Belgique ! Même en Turquie, chère, je suppose, à la députée, ce ne serait pas possible.

- pour toutes celles qui se sont battues pour la dignité de la femme;
- pour les associations comme "Ni putes, ni soumises";
- pour ceux et celles, qui comme moi, ont vécu la difficulté de séparer religion et état;
- pour ceux et celles, qui ont cru, que les députés n'accepteraient pas : ils ont applaudi, honte à eux !;
-pour ceux et celles qui, comme moi, ont soutenu les musulmanes dans leur désir de ne plus accepter la tutelle "du grand frère";
-pour les profs qui n'avaient vraiment pas besoin d'autres difficultés.

En Iran, des femmes, non voilées, se font assassiner, pour défendre leur idéal.

Les hommes, né pour vivre ensemble, sont nés aussi pour se plaire; et celui qui n'observerait pas les règles de la bienséance, choquant tous ceux avec qui il vivrait, se décrétiserait au point qu'il deviendrait incapable de faire aucun bien.

La vertu politique est un renoncement à soi-même, qui est toujours une chose très pénible. On peut définir cette vertu, l'amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l'intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières; elles ne sont que cette préférence.

Montesquieu, 18ième siècle.

 

20:07 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2)

19/06/2009

LA CRISE, ET APRES ?

Publié en 2008 chez Fayard, ce livre de Jacques Attali a suscité beaucoup de polémiques. L'auteur résume son livre dans son introduction. "Comment en est- on arrivé là ? Le monde semblait aller bien ... Et voilà que, sans préavis, nous sommes à l'aube d'une dépression planétaire, la plus grave depuis quatre-vingts ans."

Dans la première partie du livre, l'auteur insiste sur le fait que l'humanité a toujours traversé des crises, religieuses, morales, politiques et économiques mais la crise actuelle est la première planétaire. L'auteur se penche sur le passé, le déplacement du centre du capitalisme : Bruges, Anvers, Gênes, Amsterdam, Londres, Etats-Unis jusqu'à la grande crise de 1929 qui a duré quarante-trois mois et dont l'issue viendra malheureusement de la guerre mondiale.

Il est impossible de résumer l'analyse que fait Attali de la crise actuelle. Je retiendrai, ce qui est connu, les subprimes, soit des prêts hypothécaires accordés non en se basant sur les revenus mais sur la valeur de la maison, qui ont mis des Américains dans la rue et ont enrichi les investisseurs.

On a coutume de dire que personne n'avait vu venir la crise, ce que dément Jacques Attali en citant de nombreux experts qui se sont exprimés dès 2003 mais n'ont pas été écoutés. Tout va s'accélérer à partir de 2005, la prise de conscience en 2007 que la crise financière n'est pas qu'américaine et que les banques européennes sont mêmes plus fragiles que les banques américaines. La faillite de la banque Lehman va entraîner en quelques jours le système mondial au bord du gouffre. On connaît la suite, l'intervention des états, dont la Belgique, pour sauver les banques, ce qu'il fallait faire et n'a pas été fait pour la banque Lehman.

Jacques Attali consacre la seconde partie de son livre aux solutions non seulement pour sortir de la crise mais pour en éviter d'autres : crises financières, guerres, dégradation climatique. Je renvoie le lecteur à toutes les solutions proposées dont la plus contestée, la création d'un gouvernement mondial.

Cette seconde partie du livre est décevante car Jacques Attali ne cesse de dire : voilà ce qu'il faudrait faire, je sais qu'on ne le fera pas !

Mais, la dernière page du livre est rédigée comme un appel pour prendre conscience de quatre vérités qui nous feront vivre dans un monde où les seules crises seront celles de la vie privée :

Chacun, laissé libre de la faire, va au bout de ce qui peut servir ses intérêts, même au détriment de ceux de ses propres descendants;
L'humanité ne peut survivre que si chacun se rend compte qu'il a intérêt au mieux être des autres;
Le travail, sous touts ses formes, surtout à visée altruiste, est la seule justification de l'appropriation de richesses;
Le temps est la seule denrée vraiment rare; et celui qui contribue, par son travail, à en augmenter la disponibilité et à lui conférer sa plénitude doit être particulièrement bien rémunéré.

L'AUTEUR.

Jacques Attali est né en 1943 à Alger. Il a été conseiller de François Mitterand. Il a participé, en 1979, à la fondation d' "Action internationale contre la faim. En 1998, il a fondé PlaNet, une association présente dans 60 pays et qui forme les institutions de microfinance. Il a aussi présidé La commission pour la libération de la croissance française qui a rendu son rapport à Nicolas Sarkozy le 23 janvier 2008, rapport qui a aussi suscité bien des polémiques.

Brillant économiste, Jacques Attali est un écrivain aux multiples talents. J'ai beaucoup aimé Blaise Pascal ou le génie français (2000), un vibrant hommage, Les juifs, le monde et l'argent (2002), une lutte contre les préjugés, La confrérie des Eveillés (2005), une rencontre imaginaire entre Maïmonide et Averroès.

Je n'ai pas aimé Karl Marx ou l'esprit du monde (2005), un livre très documenté mais où je n'ai pas retrouvé le souffle de son livre sur Pascal.

 Il vient de publier le Dictionnaire amoureux du Judaïsme dans lequel il donne une interprétation originale mais pas toujours orthodoxe de certains passages du Talmud. Ce livre a pourtant impressionné Josy Eisenberg qui anime l'émission "La source de vie" sur France2.

Jacques Attali est brillant mais il ne plaît pas à tout le monde et peut se montrer cassant. Ainsi, lors de la polémique sur la Commission qu'il avait présidée, il n'hésitait pas à dire à ceux qui l'interrogeaient :"Si vous dites cela, c'est que vous n'avez pas lu le rapport, donc je ne répondrai pas" ! Et pour La crise, et après ? il a quitté le plateau de Laurent Ruquier où il s'ennuyait... (voir la vidéo de You Tube)

Heureusement, il a aussi ses admirateurs, comme Jean Daniel par exemple et.... ses admiratrices !