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13/11/2009

DECRET D'INSCRIPTION.

Lors de la campagne électorale, tous les partis ont répété qu'ils faisaient de l'enseignement une priorité. Et de citer la revalorisation de l'enseignement professionnel, une meilleure formation des élèves, la prise en compte des écoles défavorisées etc. sans jamais préciser comment atteindre ces objectifs. Le CDH a revendiqué le poste de ministre de l'enseignement, Joëlle Milquet estimant qu'il était temps que ce ne soit plus un socialiste. Je ne sais pas si elle a bien réfléchi aux difficultés qu'allait fatalement rencontrer la ministre.

 

Première étape : les économies dans l'enseignement. Une mesure parmi d'autres, l'extension de la charge horaire des enseignants du secondaire. Mesure retirée aussi vite après les protestations syndicales ou plus vraisemblablement parce que la mesure était inapplicable. Il y a peu de cours d'une ou deux heures dans le secondaire.

 

Et voilà, le décret d'inscription revient sur la table. Ce qui était convenu : partir d'une page blanche. La logique aurait été, après les décrets calamiteux précédents, de les abroger et de s'en tenir là. Mais, il y a l'obsession de "mixité sociale" acceptée, paraît-il, par tous comme une nécessité absolue.

 

Première remarque : la mixité sociale est un fait dans la très grosse majorité des écoles. Il suffit d'aller voir la sortie des écoles, par exemple, près du Botanique pour constater que la population scolaire n'est plus ce qu'elle était il y a dix ou vingt ans.

 

Deuxième remarque : les écoles visées pour leur "mauvais comportement" sont une dizaine. Fallait-il pour cela bouleverser tout l'univers scolaire comme cela a été fait ? Et, cerise sur le gâteau, on a épinglé ces écoles comme de très bonnes écoles à faire pâlir celles qui n'étaient pas dans la liste.

 

Troisième remarque : on a traité certaines écoles de "ghettos" de quoi faire bondir ceux qui n'ont pas oublié ce que ce nom a signifié dans l'histoire du vingtième siècle. Vouloir dix ou quinze % d'élèves "défavorisés" dans toutes les écoles comme le souhaitent les socialistes ou les écolos est-ce une mesure qui supprimera les écoles ZEP qualifiées honteusement de "ghettos" ? Certainement pas. J'admire d'ailleurs la sémantique. Qu'est-ce qu'un élève défavorisé ? Moins intelligent, ayant de moins bon résultat en primaire,  issu de  l'immigration,  venant  d'un milieu social qualifié d'inférieur ? Evidemment, le politiquement correct interdit de tenir des propos aussi "hard". Donc, pas de définition.

 

Quatrième remarque : le choix des parents est un droit. Et là réside le paradoxe. On affirme le respecter mais toutes les mesures envisagées sont contre ce choix. Elèves prioritaires ou pas, selon tel ou tel critère, on nage en plein délire. La dernière proposition, demander que chaque élève de 6ème primaire remplisse une fiche avec ses préférences ou  son droit à être prioritaire, est tout simplement aberrante. Si cela se fait, je souhaite bonne chance à ceux qui devront les dépouiller !

 

Quel gâchis ! S'insurger qu'un enfant de primaire puisse continuer dans l'école secondaire du même pouvoir organisateur sous prétexte que cela favorise l'enseignement catholique est-ce vouloir le bien de l'enfant ? N'est-ce pas légitime ? C'est vrai que l'enseignement primaire officiel est communal, l'enseignement secondaire provincial ou dépendant de la Communauté Française donc "l'adossement" (quel vilain mot !) n'existe pratiquement pas. Mais, que je sache, rien n'a jamais empêché un enfant sortant d'une école communale de s'inscrire dans un lycée.

 

L'absurdité est vraiment poussée très loin. J'entendais Proper Boulanger proclamer qu'il faudrait un décret d'inscription pour le primaire si la ministre ne changeait pas son projet ! Et d'ajouter qu'il était contre l'autonomie des directeurs ou des PO. Vraiment ? La CSC n'a-t-elle pas défendu fermement les projets pédagogiques ?

 

Cela me rappelle une époque très lointaine où les inspecteurs linguistiques faisaient le tour des écoles maternelles de Bruxelles pour voir s'il n'y avait pas de petits flamands égarés dans les écoles francophones. Cela m'avait beaucoup choquée. Justement, parce que le droit des parents de choisir l'école de leurs enfants n'était pas respecté. Comme maintenant.

 

Faut-il répéter que la meilleure école est celle où l'enfant se sent bien. Qu'il vaut mieux se trouver dans son quartier où les liens avec les autres enfants pourra être beaucoup plus fort. Qu'imposer aux enfants de longs trajets en voiture ou en bus, quand on pourrait l'éviter, est un scandale. Qu'enfin, quelle que soit l'école, les enfants qui veulent réussir s'en sortiront toujours.

 

Je terminerai avec un peu d'humour car je suis très en colère. Un des critères proposé est la distance entre les écoles "à vol d'oiseau". La ministre va-t-elle équiper des pigeons de puces électroniques pour être certaine qu'il n'y a pas cent mètres de trop ?

 

Et dire qu'il y a tellement à faire pour rendre notre enseignement performant. Pour tous.

 

05/11/2009

LETTRE AUX PROGRESSISTES QUI FLIRTENT AVEC L'ISLAM REAC.

 

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Les auteurs sont bien connus : Alain Destexhe, sénateur libéral et Claude Demelenne, journaliste de sensibilité socialiste, rédacteur en chef du Journal du Mardi.

 

Mon premier étonnement a été la découverte de la Note des éditeurs, ceux-ci déclarent avoir choisi de publier le livre, même s'ils n'en partagent pas tous les termes ni tous les points de vue, notamment ceux exposés dans le chapitre 8 de l'ouvrage. Pour moi, c'est une première ! 

 

Les auteurs présentent leur livre comme un complément de la carte blanche publiée le 6 juillet 2009, dans Le Soir. Ils y exprimaient leur inquiétude face à l'offensive des musulmans rigoristes qui mettent en cause les conquêtes laïques et particulièrement les droits des femmes. Le titre peut apparaître comme une provocation. Je précise que par islam réac, les auteurs désignent les islamistes qui imposent une lecture rigoriste du Coran. Il ne s'agit donc ni d'une attaque de l'Islam, en tant que religion, ni de la majorité des musulmans "qui vivent leur foi de façon tranquille dans la sphère privée."

 

Un chapitre est consacré au port du voile, qui crée débat. "Dans cette offensive, le voile joue un rôle central car il est le signe visible de la domination de la femme, d'où l'insistance répétée sur son port, indispensable pour prouver la qualité de "bonne musulmane". Les auteurs rappellent que si en Belgique, certains politiques se prononcent contre l'interdiction du voile dans les écoles ou les lieux publics, dans les pays musulmans, des femmes se battent pour ne pas le porter. La déclaration de Radouane Bouhlal, président du MRAX, est proprement sidérante :"l'islam fait partie intégrante de l'Europe et de la Belgique, cela doit être banal et normal qu'il y  ait des musulmans qui portent le foulard dans le Parlement. C'est une réalité nouvelle, il faut s'habituer à cela et ne pas stresser."

 

La partie du livre qui suscitera certainement le plus de polémiques est le rappel des positions des politiques. Ainsi après la prestation de serment de Mahinur Ozdemir, première députée voilée d'Europe, Zoé Genot, députée fédérale écologiste, déclarait : "Elle peut être un modèle d'émancipation pour les femmes." Comment peut-elle tenir de tels propos ? Pour les auteurs, sa réaction est symptomatique de la capitulation d'une partie de la gauche". Ils rappellent que les socialistes ont toujours lutté pour l'émancipation des individus. Comment comprendre qu'ils puissent oublier la lutte des femmes pour la reconnaissance de l'égalité hommes/femmes ou de leur dignité ?

 

La réponse est dans ce que défend une partie des socialistes et surtout des écologistes, ce qu'ils appellent les accommodements raisonnables. De quoi s'agit-il ? Appliquée au Québec, elle est définie par Pierre Ansay, chercheur-associé à Etopia, le centre d'études d'Ecolo : Procédure extra ou intra-judiciaire, l'accommodement raisonnable est une obligation de l'Etat, des personnes et des entreprises privées à modifier, dans des cas liés essentiellement à la discrimination indirecte, des normes et des pratiques politiques légitimes et justifiées, qui s'appliquent sans distinction à tous, pour tenir compte des besoins particuliers de certaines minorités, à moins que l'adaptation requise n'entraîne une contrainte excessive."

 

Ce texte alambiqué permet n'importe quelle interprétation. Pour Alain Destexhe et Claude Demelenne : "cette "obligation" permettrait aux musulmans rigoristes de demander, en Belgique, outre l'autorisation quasi générale du port du voile islamique, des aménagements à la mixité dans les écoles, des heures d'ouverture distinctes pour hommes et femmes dans les piscines publiques, des dérogations permettant à certaines élèves de ne pas participer aux activités sportives, voire à des cours de musique, interdits selon une lecture stricte du Coran, l'ouverture de salles de prières dans les entreprises ou à l'université, la possibilité de manger halal dans toutes les écoles, l'adaptation des horaires de travail ou des jours de congé en fonction de convictions religieuses, l'assurance pour les musulmanes qui le souhaitent d'être soignées à l'hôpital par une femme médecin..."

 

Un chapitre entier est consacré à l'attitude ambiguë des écologistes. Je ne puis reprendre, dans le cadre de ce billet, l'analyse faite par les auteurs. Par contre, je puis affirmer que personnellement, j'ai remarqué que le discours électoral des écolos était fort différent de ce qu'ils disent actuellement. Ainsi cette déclaration, à tout le moins étonnante d'Isabelle Durant : "Les positions radicalement universalistes sont étriquées et mal adaptées aux évolutions du monde d'aujourd'hui". Si je comprends bien, nous devons mettre à la poubelle nos valeurs, nos principes, notre long combat féministe...

 

L'ouvrage d'Alain Destexhe et Claude Demelenne est très complet. Je ne puis, je leur demande de m'en excuser, en faire l'inventaire complet. Je relèverai quelques faits : la Grande-Bretagne reconnaît la légalité des tribunaux islamiques; à Bruxelles, certaines jeunes filles avouent porter le voile pour se protéger, comme le disait d'ailleurs, en France, Fadéla Amara; la manifestation propalestinienne du dimanche 11 janvier 2009, a été rythmée par des slogans religieux et des appels de "Mort aux juifs"...

 

Dans le chapitre 8, les auteurs analysent pourquoi la Belgique jouit d'une excellente réputation auprès des militants de l'islam rigoriste. Ils reprennent les arrestations, connues de tous, d'islamistes séjournant en Belgique.

 

Pour moi, cet ouvrage n'est pas un pamphlet comme le disent les auteurs. Le ton est modéré, on n'y trouve pas de haine mais une conviction que je puis résumer par la déclaration de Guy Haarscher, philosophe et professeur à l'ULB, mise en exergue de l'ouvrage : On ne dénoncera jamis assez l'entreprise d'intimidation visant à traiter de racistes ceux qui critiquent vivement la religion dans ses aspects les plus antidémocratiques."

 

Je ne résisterai pas à la tentation de citer la réflexion d'Elie Barnavi, reprise dans le livre : "Toute religion est un océan, une auberge espagnole. On y vient avec ce que l'on est et on y trouve ce que l'on veut. Ce qui importe, ce n'est pas le contenu de la religion, mais l'usage que les hommes en font à une époque donnée."

 

20/10/2009

TRAHISON.

Je viens de voir les signataires de la pétition remise à Didier Reynders. Que de noms de ceux qui hier encore se disaient son ami. Ils justifient leur acte par une impossibilité de se faire entendre. C'est vraiment trop facile. Que l'on soit président de parti, comme Gérard Deprez, ministre, comme Charles Michel, chef de groupe MR comme Willy Borsu, députée européenne comme Frédérique Ries, ou poids lourd de la politique comme Louis Michel, on s'avoue incapable de se faire entendre par son président. Comment alors font-ils leur boulot ? Il est donc, d'après eux, plus difficile de parler à un homme qu'à une assemblée ! Quel aveu d'incompétence. Etre un homme ou une femme politique, c'est être capable de défendre ses idées, de convaincre même ceux qui ne sont pas prêts à vous donner raison ce qui est le pain quotidien des politiques.

 

Que des syndicalistes remettent une pétition aux politiques, rien de plus normal. Que des affiliés les imitent, en utilisant les mêmes moyens, le tam-tam médiatique, c'est à la fois triste et indigne.

 

Didier Reynders avait placé très haut son objectif pour les élections de juin, il ne l'a pas atteint, mais en faire un bouc émissaire est particulièrement odieux. Il a fait des erreurs, sans doute, il a attaqué les autres partis, n'est-ce pas le propre des campagnes électorales ? Les militants n'ont-ils pas applaudi ? Elio Di Rupo et Joëlle Milquet ont été plus habiles, c'est vrai. Rappelons tout de même qu'étant ministre des Finances, on lui a fait endosser toute la responsabilité de décisions qui étaient pourtant collectives.

 

Et maintenant ? Louis Michel a dit et répété qu'il voulait être président en Wallonie, il ne l'est pas, il râle. Gérard Deprez, très content d'être son suppléant, n'a pas eu son mandat de député, il râle. Il était furieux qu'Olivier Maingain ait été choisi comme négociateur et pas lui. Sa rage ne pouvait qu'empirer.

 

Alors le raisonnement est facile. On se débarrasse de Didier Reynders comme président de parti, la place est libre pour Louis Michel et Gérard Deprez retrouve son mandat. J'admire l'hypocrisie qui consiste à affirmer qu'il doit rester ministre des Finances pour préparer le futur ! Evidemment, sinon le plan ne tient pas !

 

Les journalistes de la RTBF se sont vantés d'avoir fait dire à Louis Michel que Didier Reynders n'était "pas un atout pour le MR." Louis est tombé à pieds joints dans le panneau !

 

Christine Defraigne ? Je l'ai entendue dans Matin Première, je ne la connaissais pas, j'ai été littéralement, abasourdie de l'entendre accuser tout le monde, ses propos entrecoupés de "rires" que j'espère seulement nerveux.

 

Si les signataires de la pétition avaient donné de vrais arguments pour la justifier, je pourrais réfléchir, peser le pour et le contre, argumenter mais il n'y a rien. Donc, je ne m'étendrai pas davantage.

 

Je ne fais pas partie du MR, je ne connais pas Didier Reynders, je sais seulement que chaque fois que je lui ai écrit, j'ai eu une réponse claire et cordiale à mes questions ce qui est rare.

 

Alors pourquoi ce billet ? Des raisons très simples. Je déteste les mises à mort. Je déteste la lâcheté. Je déteste l'hypocrisie. Je déteste l'injustice.

 

Les conflits en politiques existent et existeront toujours. Les désaccords aussi. Mais ce montage est un tel manque d'éthique qu'il me dégoûte.

 

"Mais quand du plus beau feu l'on s'est montré capable,
Qui trahit un moment reste toujurs coupable."
                                                           (Thomas Corneille.)

 

23/09/2009

LE VOILE : ENCORE ET TOUJOURS.

La lecture d'Alexandre Adler a renforcé mes convictions : les décisions prises par nos gouvernants sont souvent  inspirées par des croyances, valables ou non, auxquelles ils adhèrent mais hélas ! aussi par de l'opportunisme, le souci de leur électorat, sans préoccupation réelle des conséquences à court ou moyen terme.  J'ajouterai, et c'est ce qui m'apparaît le plus grave,  sans se soucier que toute décision, régionale ou nationale, est une pièce d'un puzzle mondial.

 

Nous avons vu comment l'obsession de mixité sociale a abouti à ce calamiteux décret d'inscription qui a raté son objectif, pire a bouleversé la communauté française, mécontenté les parents, les directeurs d'école, les enseignants et a finalement débouché sur l'inverse de l'objectif : la création de listes de bonnes et de mauvaises écoles.

 

La Communauté flamande constatant la difficulté entraînée par le port du voile dans les écoles s'est très vite prononcée pour son interdiction. On ne peut que s'en féliciter. Elle a résisté au chantage fait par un iman de créer des écoles musulmanes, en insistant bien qu'il en avait les moyens comme il les avait eus pour les mosquées.

 

La décision a été critiquée par la communauté française pas prête, une fois de plus, à regarder la réalité en face. Le statu quo, autonomie des écoles qui décident par le biais d'un règlement d'ordre intérieur de permettre ou d'interdire le voile, ne fonctionne plus. Les écoles qui permettent le voile voient un afflux de femmes voilées et les directeurs affirment qu'à long terme, ce n'est pas tenable. Dans d'autres écoles, même quand le règlement d'ordre intérieur prévoit l'interdiction des couvre-chefs, qui existe depuis longtemps, certaines musulmanes ne l'admettent pas, allant jusqu'à dire que le voile n'est pas un couvre-chef mais un vêtement !

 

Soit ! Réfléchissons à cette affirmation. Le vêtement a toujours revêtu une grande importance dans la société. Pendant longtemps, il était le signe d'une appartenance sociale. Il n'y a pas si longtemps que les écoles se battaient contre les anoraks de marque, qui suscitaient la jalousie et faisaient des jeunes qui le portaient un groupe à part, privilégié. 

 

Les mentalités évoluant, surtout chez les jeunes, la notion d'être comme tout le monde est devenue la préoccupation majeure d'où le succès du jeans. Et bien sûr, nous avons assisté aux réactions habituelles de vouloir quand même se distinguer ou braver l'autorité en portant des jeans volontairement troués ! Le souci de provoquer, de s'affirmer, de braver l'interdit ont toujours été une caractéristique des adolescents. Casquette, cagoule, boucles d'oreille pour les garçons, même combat. Nos notions de savoir-vivre leur sont totalement étrangères. Mais, nous avons réagi, interdit.

 

Un long détour pour parler du voile. J'ai écouté attentivement les deux jeunes filles invitées à "Controverse" dimanche dernier. (Je suis désolée d'avoir oublié leurs prénoms.) La musulmane voilée avait comme seul argument : "J'ai bien le droit de..." Affirmation courante chez les jeunes. L'autre, après une longue explication de son opportunisme, ne pas porter le voile pour ne pas handicaper son avenir, a attaqué ses compagnes qui portent des jupes courtes et à qui on ne dit rien.

 

Cette dernière remarque m'a fait réfléchir. C'est bien le reflet d'une conviction que notre civilisation est choquante. Et nous voilà dans le vrai débat. L'Islam défend des valeurs face à un occident corrompu. C'est ce qu'elles entendent à la mosquée, à la télévision, lisent sur Internet. Dans ce contexte, le voile devient un panache, qu'il soit ou non une prescription coranique. D'où leur affirmation, c'est mon choix, un choix qui leur apparaît juste, voire obligatoire.

 

Comment, dans ce contexte, pourraient-elles entendre nos arguments : dignité de la femme, luttes féministes ? Comment pourraient-elles comprendre que ce qu'elles appellent "pudeur" nous l'appelons soumission et résurgence d'une notion très ancienne : la femme objet de concupiscence pour l'homme ?

 

Même en sachant cela, nous ne pouvons pas admettre que nos valeurs  soient piétinées. Le "vivre ensemble" cher à nos politiciens, n'est possible qu'en ayant le courage d'interdire ce qui est bel et bien du communautarisme. Etre un groupe à part, bien visible, rend impossible toute vie commune.

 

Si je comprends que les musulmanes ne se sentent pas manipulées, qu'elles ferment les yeux sur ce qui arrive à leurs soeurs dans d'autres pays, je ne peux pas l'admettre de la part de nos gouvernants. Comment peuvent-ils oublier les "tournantes", la création de "Ni putes, ni soumises" ?

 

Les discours prosélytes des pays arabes sont une réalité. "L'atlas de la création" envoyé dans toutes les écoles par l'Arabie Saoudite était un signal fort, qui a interpellé nos gouvernants, mais, l'émotion passée, ils se sont empressés de le jeter aux oubliettes.

 

Discuter encore et encore ne servira à rien. Répéter que bien sûr, les cours doivent être suivis par tous, y compris les musulmanes, donne bonne conscience mais ne règle rien. C'est à l'avenir qu'il faut penser, pour nos enfants et, je l'affirme, aussi pour les musulmanes qui contribueront comme les autres jeunes à créer le monde de demain.   

23/08/2009

DE L'INEGALITE.

Personne ne contestera que nous sommes tous différents. Certains sont intellectuels, d'autres manuels, artistes ou dénués de dons artistiques, gros ou maigres, hommes ou femmes, sportifs ou non sportifs, bons en math ou pas et je pourrais continuer l'énumération.

 

Pourquoi ces différences causent-elles problèmes ? Plusieurs causes : l'organisation de la société, le regard que nous portons sur d'autres que nous, les mentalités souvent issues de deux mille ans d'histoire ou de religion. Les conséquences sont que ce qui est naturel peut devenir scandaleux.

 

Je m'explique. Certains métiers paraissent plus nobles que d'autres. Ainsi, un médecin, un juge, un avocat seront considérés comme socialement supérieurs aux ouvriers. Pourtant, le diplôme de médecin ne fait pas de vous de facto un bon médecin, capable d'un bon diagnostic ou d'une bonne interprétation d'un scanner. Mais la société a établi une hiérarchie des métiers avec des conséquences : statut social, notoriété, rémunérations différentes. Et pourtant, il y a de bons et de mauvais avocats, de bons et de mauvais juges, de bons et de mauvais chefs d'entreprise, mais le statut social l'emporte sur la qualité humaine. Il faut qu'un scandale surgisse pour qu'on affirme qu'un juge, par exemple, est d'abord un être humain, avec tout ce que cela comporte.

 

Certaines disparités ont appelé la société à réagir pour rétablir une plus grande égalité. Qu'une femme soit moins payée qu'un homme, pour le même travail, a suscité l'indignation et l'essai d'une correction : la loi l'interdit mais elle reste inopérante parce que l'égalité ne s'établit pas par des lois. Deux mille ans de mépris de la femme ne se corrige pas par une décision législative. De la même manière, en politique, l'essai d'établir des quotas a toujours échoué.

 

En sport, la société admet qu'un footballeur soit mieux payé qu'un autre sportif et pire déroge à une loi universelle : il peut être "vendu" contrairement à une exigence éthique, reconnue par tous, qu'est l'interdiction de la vente d'êtres humains. C'est admis parce que l'unanimité s'est faite pour conférer ce statut très spécial à un footballeur.

 

Si un plombier est moins considéré socialement que celui qui exerce une profession libérale, il aura pourtant la reconnaissance de ses clients. Je ne crois pas qu'étant dépanné pour une fuite d'eau ou une machine à laver, nous soyons moins reconnaissants à notre plombier qu'au médecin qui nous a, le même jour, délivré une ordonnance. Quant à l'argent, il y a de telles disparités qu'on ne peut pas en faire un critère d'inégalité.

 

Pourquoi ai-je réfléchi à ces questions d'égalité ? Tout bonnement, à propos du décret de mixité sociale. Nous en connaissons les ravages et l'aberration qui a consisté à établir la liste de bonnes et de mauvaises écoles, les inscriptions multiples, les tirages au sort, et cerise sur le gâteau, 250 élèves qui seront pris en charge pour des "activités" s'ils ne sont pas inscrits dans une école.

 

Ce qui me paraît le plus inacceptable, c'est que les politiques n'admettent pas que la mixité sociale existe, et que, de toute manière, elle ne peut, en aucun cas, s'établir par un décret. Si on juge notre enseignement inégalitaire, il faut réfléchir à ce que cela veut dire, sans brandir des slogans dont tout le monde sait qu'ils ne veulent rien dire :"Les mêmes chances pour tous" ! Un décret ne changera rien aux inégalités inhérentes à la condition humaine ou établies par la société.

 

Il y a d'autres paradoxes à propos de l'enseignement. Nos politiques affirment vouloir faire de l'enseignement technique ou professionnel, un enseignement de qualité mais ne disent jamais comment ils vont s'y prendre. Peut-être, par une circulaire affirmant : "Dorénavant, l'enseignement technique et professionnel doit être considéré comme l'équivalent de l'enseignement général." ? (!)

 

Autre paradoxe : on proclame la mixité sociale, qui devrait selon moi, être interprétée comme le fait d'établir une égalité entre tous les enfants. En même temps, on s'engage dans un communautarisme qui en est tout le contraire : le port du voile fait des musulmanes un groupe "à part", bien visible dans une classe, ce qui ne me semble bon, ni pour elles, ni pour les autres.

 

J'espérais qu'au moins vu l'échec du décret de mixité sociale, on abandonnerait cette fausse bonne idée. Hélas, on nous promet de recommencer, en partant d'une page blanche ! mais sans aucune réflexion sur la nécessité de légiférer pour mettre fin à quelques abus qui seraient bien plus simple de régler autrement.

 

"La France a toujours cru que l'égalité consistait à couper ce qui dépasse" (Jean Cocteau).

 

"Les Français n'aiment point la liberté : l'égalité seule est leur idole."  (Chateaubriand).