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04/08/2011

REFLEXIONS SUR L'ENSEIGNEMENT.

décret d'inscription, pénurie de profs, prolongation des études, cours de langues, ordinateur

Est-ce opportun de parler de l'enseignement pendant les vacances ? Pourquoi pas ? Un petit tour d'horizon des problèmes ne peut pas faire de tort...

 

DECRET D'INSCRIPTION.

 

Le Moustique consacre un article aux élèves sans école. 330 élèves ignorent encore dans quelle école ils seront en septembre. 330 dont 312 à Bruxelles. C'est énorme. Je relève la phrase d'une petite fille reprise dans l'article : "Je me sens un peu triste mais je me dis que je vais quand même bien avoir une école." Ophélie espérait rejoindre ses copines. Ce ne sera pas le cas.

 

J'ai déjà dit tout le mal que je pensais de ce décret d'inscription instauré en 2007, revu chaque année, amélioré mais certainement pas parfait. Le pire est qu'il a été pensé pour créer plus de mixité sociale et cet objectif, de l'avis de tous, n'a pas été atteint. Or, malgré les critiques, la Communauté française s'acharne à le défendre, tant pis pour les dégâts collatéraux. (voir billet du 13/11/2009)

 

PENURIE DE PROFESSEURS.

 

Le problème n'est pas neuf, manque d'instituteurs, de profs de langues, de maths, de sciences. Même si j'ai quitté l'enseignement depuis très longtemps, je me souviens de jeunes collègues débarquant avec anxiété ou enthousiasme mais cherchant un autre travail après quelques mois. Ceux qui restent le font parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Plus facile pour un prof de langues ou de math de trouver un autre job que pour un prof de français. Appréciable aussi comme mère de famille d'avoir les vacances scolaires pour s'occuper de ses enfants. Bien sûr, heureusement, il y a des profs heureux.

 

 La violence régnant dans certaines écoles rend le travail pénible. J'en ai vu des profs sortir du cours les larmes aux yeux. Et cela n'a fait que s'amplifier. Attaques verbales, même physiques, classes jonchées de pelures d'oranges, bagarres entre élèves, comment pourrait-on enseigner dans de telles conditions ? La réponse donnée à cette violence est facile : "C'est un problème de société. La violence est partout." Vrai mais les enseignants paient un lourd tribut.

 

PROLONGATION DES ETUDES

 

Le ministre Marcourt (PS) en charge de l'Enseignement supérieur avait annoncé qu'il réfléchissait à rallonger les études des instituteurs de 3 à 5 ans. Comment peut-on avoir aussi peu de bon sens ! A la pénurie, on instaure un système qui retardera de deux ans l'entrée dans les écoles ! Le Ministre croit-il sérieusement que les études étant aussi longues que celles des universitaires, les jeunes vont se précipiter ? Et le coût ? Pour les parents d'abord. Les droits d'inscription sont très élevés, cinq ans d'études au lieu de trois. ! Idem pour la Communauté française qui éprouve déjà de sérieuses difficultés financières. Je souhaite au Ministre de profiter de ses vacances pour retrouver un peu de bon sens.

 

COURS DE LANGUES

 

N'importe quel parent ou étudiant s'est toujours demandé comment après quatre heures de néerlandais par semaine, pendant six ans (neuf à Bruxelles) on ne devenait pas bilingue. Mystère. Les méthodes d'apprentissage ont changé, sans résultat. Je ne suis pas assez spécialiste pour proposer des solutions. Mais, je constate que les formations ONEM sont plus performantes, même la méthode Assimil !

 

ORDINATEURS.

 

Encore une idée lumineuse de je ne sais qui rejetée à cause du coût. Les enfants, les ados se servent très bien de l'ordinateur, pour jouer, parfois rechercher des renseignements, surtout pour les réseaux sociaux. Les psychologues et les parents regrettent souvent les heures passées par leurs enfants devant l'ordi. Ils n'ont absolument pas besoin de l'école pour apprendre à s'en servir. Et c'est au moins un domaine où la solidarité joue. Un problème ? Une question posée dans un forum et les réponses fusent. Que dire des difficultés que rencontreraient les profs devant donner cours à "l'ancienne".

 

Je pourrais parler du niveau de notre enseignement, des échecs, des programmes, des instructions parfois débiles données par les inspecteurs. Cela m'entraînerait trop loin. Je ne vais pas m'imposer un trop long devoir de vacances...

 

18/07/2011

TROIS ANNIVERSAIRES.

 

Ce lundi 18 juillet, les journaux lient trois anniversaires : 60 ans pour Elio Di Rupo, 20 ans pour la mort d'André Cools, 400 jours sans gouvernement. Etrange de rapprocher ces trois nombres, je le prends comme un hasard du calendrier.

 

ANNIVERSAIRE D'ELIO DI RUPO.

 

C'est bien malheureux qu'un anniversaire aussi important, 60 ans, ce n'est pas rien, tombe un si mauvais jour. Elio Di Rupo aurait certainement espéré le fêter dans de meilleures conditions. Mais, je le lui souhaite avec des termes sans originalité : bonne santé, bonheur, sérénité. La vie n'est jamais un long fleuve tranquille. Et j'ajouterai, l'avenir est parfois meilleur que ce que le présent laisse supposer.

 

ANDRE COOLS.

 

Je suis perplexe. Pourquoi ressortir cette pénible affaire ? Certes, elle a provoqué un véritable séisme. Bien sûr, certains ne s'accommodent pas de la vérité judiciaire ni des zones d'ombre. D'autres affaires n'ont jamais été éclaircies, les tueries du Brabant wallon et bien d'autres, moins spectaculaires mais douloureuses pour les victimes.

 

4OO JOURS SANS GOUVERNEMENT.

 

Grave, dramatique, incroyable, inouï, je pourrais accumuler les adjectifs. Je vais cependant essayer de souligner ce qui est positif. La Belgique existe toujours, le gouvernement démissionnaire travaille, les libéraux, écartés des négociations sous un faux prétexte, ont été rappelés. Elio Di Rupo a admis que les citoyens devaient être informés, pour moi, c'est important car démocratique.

 

Le discours a légèrement changé. Je n'entends plus les antiennes reprises constamment, alors que la réalité les démentait. "On est proche d'un accord" "Tout est sur la table" Pas question de ne pas tenir compte du travail énorme fait par les négociateurs de l'Olivier pendant des mois" Embarras mais pas de culpabilité sur le plus incroyable : des négociations uniquement bilatérales depuis septembre !

 

Il est pathétique de constater que la volonté d'Elio Di Rupo de réunir ensemble les partis qui ont accepté sa note, même en affirmant bien fort qu'elle était négociable, soit intervenue aussi tard malgré les échecs successifs.

 

Que dire de toutes ces notes qui se sont succédé sans succès ? Et cela continue puisque le CD&NV veut repartir de sa note. Et on espère comme une victoire qu'il rejoindra les négociations malgré le refus de la NV-A. Nous en sommes donc là. Supplier un parti flamand de rejoindre les négociateurs ! Pour faire quoi ? Accepter ce qui paraissait inacceptable, détricoter la note d'Elio Di Rupo, qui, il faut bien le dire, n'est pas parfaite même si le travail que le formateur a fourni est considérable ?

 

Aucun parti ne veut des élections. C'est vrai que cela ne ferait que radicaliser les positions. Alors ? Bien malin celui qui trouvera une solution au blocage actuel même si le CD&NV rejoignait le groupe des sept.

 

Il y a pourtant un optimiste : Karl-Heinz Lambertz, le ministre président de la Communauté germanophone, qui affirme qu'on en sortira mais qu'il faudra du temps. Du temps, après 400 jours sans gouvernement. Pourtant, je souhaite qu'il ait raison. Je souligne aussi qu'il a affirmé qu'il croyait que la Belgique fédérale compterait quatre entités. C'est mon voeu mais, actuellement, rien ne permet de le croire. Johan Van de Lanotte va un peu dans le même sens mais avec un bémol d'envergure : "On se dirige vers une structure architecturale du pays composé de quatre entités mais, ces dernières ne pourront pas exercer toutes les mêmes compétences." (LB du 13/07/2011)

 

Si mes informations sont exactes, Herman Van Rompuy a programmé un sommet européen le 21 juillet. Cette décision handicape le défilé. Blocage du quartier Schmann, plus de policiers pour assurer la sécurité. Le fait-il exprès ?

 

Je pourrais terminer mon post par une banalité : "L'espoir fait vivre". Non, je suis trop désespérée pour dire cela.

 

07/07/2011

LIBRES PROPOS 2.

 

Je n'ai pas lu la note d'Elio Di Rupo mais j'ai écouté attentivement la conférence de presse.  Je suis contente qu'il ait tenu sa promesse de transparence, la note était très détaillée et elle est accessible à tous. Je ne vais pas la commenter ni la coter. Equilibrée ou pas, chaque parti aura sans doute son opinion. Je me contenterai donc de propos généraux.

 

Une première remarque, Elio Di Rupo s'est livré à un exercice périlleux, difficile, courageux puisqu'il sait qu'il ne contentera pas tout le monde à commencer par la FGTB qui s'est montrée très critique. J'attendais de madame Demelenne, sa prédiction d'un "bain de sang" elle n'a pas été jusque là. (C'était plus facile contre les libéraux !)

 

Je crois que la scission de BHV est indispensable. Il y a trop longtemps que le dossier empoisonne le pays. Vouloir élargir Bruxelles, c'est demander la lune. Il est clair que dans n'importe quel pays, une capitale pourrait s'étendre. Mais, tout le monde sait depuis longtemps que céder une partie de "son territoire" serait difficile n'importe où. On le voit très bien quand une partie d'un pays veut se séparer de l'autre ou dans les revendications régionalistes qui fleurissent dans plusieurs états.

 

Honnêtement, je ne vois pas bien en quoi le rattachement de quelques communes à Bruxelles, communes devenues bruxelloises, règlerait le sort de Bruxelles. L'essentiel, il me semble, est le refinancement de la capitale et d'éviter la cogestion Wallonie/Flandre. Donc mon inquiétude viendrait des compétences données aux régions mais je l'éprouve autant pour la Wallonie que pour Bruxelles. Je ne suis d'ailleurs pas pour l'appellation Wallonie/Bruxelles car je défends l'autonomie de Bruxelles.

 

J'avouerai que les cartes publiées il y a quelques années par le FDF rattachant ma commune à Bruxelles m'avait profondément choquée. Je n'ai pas envie d'habiter Bruxelles et qu'un président de parti le décide sans me demander mon avis me déplaît. Une anecdote d'ailleurs, le FDF avait, un moment, demandé que les bus De Lyn n'entrent plus dans Bruxelles ! Tant pis pour les Francophones de la périphérie qui empruntent ces bus autant que les Flamands.

 

Si j'ai bien compris, les Francophones de la périphérie pourront toujours être jugés en français. Quant au vote uniquement pour les partis flamands, cela ne me gêne nullement. C'est une perte de voix pour les partis francophones, c'est tout. Pour ma part, je vote pour la personne compétente et, je ferai un aveu, j'ai déjà voté pour des Flamands.

 

Il est normal que les Flamands râlent sur la fameuse tache d'huile, l'expansion du français en périphérie. Elle est inévitable comme d'ailleurs l'extension de l'arabe et d'autres langues. Aucun décret n'empêchera quelqu'un de parler chez lui comme il l'entend et dans les communes de la périphérie, actuellement déjà, dans les services publics. le néerlandais est obligatoire. Ma carte d'identité est rédigée en flamand, je suis née à Borgworm pas à Waremme, est-ce si grave ? Idem pour la convocation électorale qui n'est jamais qu'un nom de rue et un numéro !

 

Je comprends que le FDF attaque la Flandre sur certains aspects juridiques mais empêcher un accord serait drôlement plus dommageable pour tous.

 

Je l'ai dit, je n'ai pas lu la note de Di Rupo et il y a certainement des aspects gênants. Il est vraiment loufoque d'imaginer un code de la route différent au nord et au sud, ce n'est qu'un exemple.

 

J'ai entendu les critiques sur les titres-services. Là, je ne comprends pas. 7 euros cinquante, même plus, pas de déduction fiscale, ce n'est pas la mort. Quant à dire, que c'est le retour au travail au noir, c'est ridicule. Le personnel d'entretien est bien conscient de ce que lui apporte les titres-services et que je sache, ce n'est pas les personnes à très bas revenu qui peuvent se payer une femme d'ouvrage. Prendre quelqu'un au noir, le faire assurer reviendra plus cher à l'employeur que le titre-service même augmenté.

 

J'espère que cette fois, les politiques tiendront compte de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Je souhaite que l'intérêt commun soit une priorité. Je voudrais que les politiques soient,  cette fois, des hommes responsables, conscients qu'un échec serait dramatique pour l'avenir de tous.

27/05/2011

ALAIN DESTEXHE.

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Alain Destexhe est né à Liège, le 19 juin 1958. Il habite Bruxelles depuis 20 ans. Docteur en médecine, il est aussi diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et détenteur d'un certificat en management.

 

Son parcours est impressionnant. Il a travaillé dans le cadre de Médecins Sans Frontières au Honduras, au Guatémala, en Guinée et au Soudan. En 1991, il sera le premier Secrétaire général de Médecins sans frontières. Il sera très impliqué dans les grandes crises humanitaires des années 90 : guerre du Golfe et de l'ex-Yougoslavie, la famine en Somalie, le génocide de 1994 au Rwanda.

 

En 1995, il est élu Sénateur sur les listes libérales. Il est l'auteur d'une quinzaine de livres dont certains ont suscité une polémique même au sein de son parti. "Démocratie ou Particratie ? 120 propositions pour refonder le système belge" qui dénonce le poids excessif des partis et la politisation des nominations. "Wallonie : la vérité des chiffres" "Lettre aux progressistes qui flirtent avec l'islam réac" écrit avec Claude Demelenne. (voir billet du 5 novembre 2009).

 

LE MOUVEMENT FLAMAND EXPLIQUE AUX FRANCOPHONES.

 

C'est une réédition remaniée du livre publié en 2008. L'auteur retrace l'histoire de la Belgique, mais rappelle d'abord la séparation linguistique qui apparaît avec les invasions germaniques.

 

L'auteur s'étend longuement sur la bataille des Eperons d'or, tellement importante pour les Flamands qu'ils prendront la victoire du 11 juillet 1302, comme date de leur fête nationale. Furieux de l'alliance de son vassal le comte de Flandre avec les Anglais, le roi de France l'emprisonne et occupe le comté. Les Flamands se révoltent et Philippe le Bel envoie une armée de 50.000 hommes près de Courtrai où les attendent 20 000 bourgeois et artisans soutenus par de troupes namuroises et brabrançonnes. Les Français sont massacrés, les vainqueurs ramassent des dizaines d'éperons d'or sur le lieu de bataille qui trouvera ainsi son nom. Hendrik Conscience retracera le récit de la bataille dans son livre "De Leeuw van Vlaanderen" (1838) qui aura un immense succès et jouera un rôle dans la formation de la conscience flamande.

 

N'importe quel historien étranger trouverait étrange qu'une bataille moyenâgeuse, en période féodale, glorifiée il est vrai par Hendrik Conscience, ait pris une telle importance.

 

La naissance de la Belgique en 1830 naît bien d'une volonté populaire. Flamands et Francophones se battront contre Guillaume d'Orange qui voulait imposer le néerlandais. Alain Destexhe fait bien de rappeler que "Contrairement  une idée reçue, ce n'est pas la Conférence de Londres qui conduit à la formation d'un nouvel Etat, mais ce sont les Belges, indépendants depuis peu, qui amènent les grandes puissances européennes à admettre cet état de fait."

 

La liberté des langues est inscrite dans l'article 23 de la Constitution mais seul le français est reconnu comme langue officielle. Il faudra attendre 1898 pour que le néerlandais devienne la seconde langue du pays. Gand ne deviendra une université néerlandophone qu'en 1930 !

 

Contrairement au titre du livre, Alain Destexhe ne s'intéresse pas uniquement aux mouvements flamands mais aussi aux mouvements wallons. La Belgique à ses débuts vit l'opposition entre catholiques et libéraux puis l'affrontement entre catholiques et libre-penseurs.

 

Plusieurs chocs vont ébranler la Belgique : question royale, grèves contre la loi unique, fixation de la frontière linguistique, le walen buiten, les Fourons.

 

La Belgique fédérale va naître avec difficulté. Les réformes constitutionnelles vont se succéder sans qu'elles ne soient jamais satisfaisantes, une réforme en appellera une autre, des gouvernements tomberont.

 

La scission des partis politiques traditionnelles va élargir le fossé entre le nord et le sud. Le basculement économique nord/sud aura des conséquences dramatiques qui pèsent lourd sur la Belgique actuelle. Sans parler de l'émergence de nouveaux partis radicaux.

 

Alain Destexhe relate les faits, rétablit certaines vérités comme le fameux mythe du soldat flamand tué parce qu'il ne comprenait pas le français, une vérité aussi sur les deux guerres mondiales.

 

Alain Destexhe se dit frappé par les occasions manquées de construire une Belgique bilingue. Pour moi, je ne crois pas que le bilinguisme aurait été une solution. Bilinguisme ? Il y a trois langues officielles en Belgique...

 

Je trouve d'ailleurs qu'il est paradoxal de défendre une langue aussi radicalement que le font les Flamands par crainte de la fameuse tache d'huile et de croire qu'il y aurait moins de problèmes si les wallons parlaient flamand. Tout le monde sait qu'un Flamand ne supporte pas qu'un wallon parle flamand (même s'ils disent le contraire) et que c'est bien pour avoir plus de chances d'avoir un emploi que les Flamands apprennent le français.

 

Le livre est préfacé par Bart De Wever. Choix étrange, Alain Destexhe, dit tout à la fin du livre, que ce choix lui était apparu comme une évidence. Bart De Wever s'y montre très habile. Il rend hommage à l'auteur pour son courage et surtout pour son poste de Secrétaire général de médecins sans frontière. Il affirme avoir une interprétation différente de certains épisodes de l'histoire. Habileté suprême, il encourage à lire le livre qui, selon lui, est une excellente introduction mais ne présente que le volet historique, et il en profite pour donner sa vision des choses. "Actuellement, la Belgique n'est plus une démocratie. C'est un pays à deux courants : la démocratie flamande et la démocratie francophone" Et de développer son programme...

 

J'ai apprécié le livre d'Alain Destexhe, son souci de "jeter le pont entre les deux communautés".

 

Néanmoins, ce survol de la Belgique m'a rendue amère. Je n'ai pu que me dire : "Quel gâchis ! Comment les gouvernants ont-ils pu à ce point ne pas se rendre compte que toutes que de réforme en réforme, ils nous conduisaient dans une impasse. Ils se sont réjouis de la régionalisation des compétences, ils sont prêts à en faire encore plus. Et pourtant ? Le simple exemple de l'enseignement devrait les faire réfléchir. On ne peut pas dire que ce soit une réussite..."

 

L'avenir apparaît bien sombre. Nous méritions mieux.

 

17/05/2011

UN DI RUPO COURAGEUX.

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Elio Di Rupo vient donc de terminer sa conférence de presse. Je tiens à souligner son courage. Il a accepté une mission difficile, celle de former un gouvernement. Ce n'était pas évident. Pas facile non plus de donner une conférence de presse après les réactions lues dans les journaux de ce matin du style "mission impossible, vouée à l'échec" ou pire "choix d'être Premier ministre mais avec quelle contrepartie ?"

 

Ce qui me réjouit est l'annonce d'une nouvelle méthode : s'occuper du socioéconomique en parallèle avec la réforme constitutionnelle en soulignant que les deux ne requéraient pas la même majorité au parlement.

 

Ce qui m'a surtout fait plaisir c'est l'aveu que les citoyens avaient le droit de savoir ce qu'allait être une grande réforme de l'Etat et que la note qu'il déposerait serait accessible à tous. Evidemment, je suis bien consciente que la note sera succincte mais la reconnaissance "du droit de savoir" pour le citoyen me suffit. Au passage, je souligne le scepticisme de Dave Sinardet et Francis Van de Woestyne qui affirmaient déjà que les citoyens n'y comprendraient rien ! Pour moi, admettre "le droit de savoir" du citoyen est un progrès démocratique. J'ai souvent dit que la discrétion poussée jusqu'à l'absurde était antidémocratique.

 

Autre affirmation courageuse : il faudra des efforts de tous, fédéral et entités fédérées, au niveau des finances. Pas de fausses promesses.

 

Il a clairement indiqué qu'il fallait garder le fédéral, non pas en faire une coquille vide, comme je l'avais craint après sa conférence de presse de l'an dernier. Est-ce-posible ? Je ne sais pas mais au moins il affirme en avoir l'intention.

 

Elio Di Rupo a aussi rendu hommage à tous ses prédécesseurs '"en eur" mais je suis bien obligée d'admettre qu'il lui était impossible, sans doute pas souhaitable, de ne pas tenir compte de tout ce qui avait été fait avant.

 

Certains diront, une fois de plus, que tout dépend de la NVA. Elio Di Rupo a bien insisté que la réussite dépendait de tous. C'est une évidence mais rappeler des évidences est parfois nécessaire...

 

Je n'ai pas le texte de la conférence de presse, je réagis donc à chaud. Je reste persuadée  qu'avoir un compromis équilibré, transférer énormément de compétences vers les entités fédérées  sans appauvrir aucune région est une gageure. Je ne peux que le féliciter d'avoir accepté d'essayer.