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05/03/2012

LIBRES PROPOS. (4)

Le gouvernement est donc en conclave budgétaire. Un exercice difficile dont on ne sait quasi rien. Depuis quelques semaines, des "pistes" ont été exprimées par certains politiques. Nouvelle amnistie fiscale, report des remboursements des impôts, augmentation de la TVA et d'autres rejetées aussitôt qu'annoncées. Une seule certitude : le veto du PS à revoir l'indexation automatique des salaires, même à envisager un saut d'index.

 

Je dois dire que je suis perplexe quant au refus d'envisager un saut d'index. Cela s'est déjà fait et il me semble que le PS devrait abandonner son obstination à affirmer constamment "Pas touche à l'index" qui me rappelle un autre slogan.

 

Je suis bien consciente qu'un saut d'index touche plus les défavorisés que les plus riches mais n'est-ce pas la même chose pour l'augmentation de la TVA par exemple ? Je voudrais tout de même signaler que l'index vous fait parfois passer d'une catégorie d'imposable à une autre, ce qui crée toujours la surprise. J'ai en mémoire des réflexions de mes affiliés me disant : je m'attendais à une augmentation de salaire, c'est l'inverse. Bien sûr, ce n'est pas général mais cela arrive.

 

Autre idée, je ne crois pas qu'elle soit aussi tabou et cela m'étonne, revoir l'index en le tripotant : j'enlève ceci ou cela. Cela me semble bien plus préjudiciable car cette mesure touche le long terme au contraire d'un seul saut d'index.

 

Soit, on verra ce que le gouvernement décidera, je ne doute pas que, quelles que soient les mesures prises, elles seront douloureuses.

 

Un autre sujet d'actualité qui me touche est la prolongation des études des enseignants. J'en ai déjà parlé dans mon post "Controverse". Depuis lors, on avance d'autres idées sans renoncer totalement à ce qui me semble une absurdité, faire de tous les enseignants des universitaires ! J'entends dire que les enseignants sont mal formés. Désolée, mais cela se dit depuis toujours. Une question bien naïve : pourquoi ne pas revoir la formation dans les écoles normales ? J'avoue d'ailleurs que je suis absolument sceptique sur le fait qu'une formation à la résolution des conflits, comme on dit, soit efficace. La violence est bien présente mais elle ne sera pas éradiquée parce que les profs essaieront d'appliquer des consignes données lors de la formation. Ce n'est pas si simple.

 

Le tutorat est une bonne idée, mais contrairement à ce qu'affirme Anne Floor, (voir article de La libre)  il existe dans certaines écoles. De manière informelle, il est vrai. La vraie difficulté est qu'un enseignant avoue difficilement qu'il ne s'en sort pas et se prive d'une aide qu'un collègue lui donnerait volontiers.

 

Cela me démange de passer à un autre sujet : l'article paru dans Le Vif, L'express de cette semaine sur Rudy Demotte. Pascal Vrebos lui en a parlé dans l'entretien qu'il a eu avec lui cette semaine et bien sûr, il n'était pas d'accord, "il est de cuir". Je vais relever quelques passages. Le titre "Rudy Demotte est-il brûlé ?" Une révélation : "Les conseils des ministres wallons sont plus conflictuels, plus cripés. La personalité des deux poids lourds du gouvernement, Jean-Claude Marcourt et Jean-Marc Nollet, têtus, voire obtus, n'y est pour rien. Quant au troisième vice-président, André Antoine , il n'y a pas meilleur que lui pour bloquer un dossier sur un mode doucereux, observe un cabinettard" Ambiance ! Et j'ai l'impression que ce n'est pas faux. Pauvre Rudy !

 

La RTBF qui a le chic pour remettre une couche où cela peut faire mal, a consacré le Mise au Point à l'abdication programmée d'Albert II. La journaliste du Soir  ne s'est pas trouvée beaucoup d'alliés. Bien sûr, en choeur, ils ont tous salué le travail du roi et ont rejeté l'idée d'abdication "prévue" même s'ils admettent normal de penser à l'après Albert II. Il est âgé, fatigué, les derniers mois ont été très lourds pour lui. De s'interroger sur ce que prévoit la Constitution. Il peut abdiquer mais ce n'est pas dans la tradition de notre monarchie et lui seul peut en décider avec, petit bémol, l'aval d'un ministre.

 

Olivier Maroy a eu beau insister sur la préparation de Philippe, essayer de relancer l'idée d'une monarchie protocolaire, il n'a pas eu l'écho qu'il semblait souhaiter.

 

Evidemment, un républicain, un vrai, pas comme Philippe Moureaux, républicain de coeur, monarchiste de raison, a défendu la République. Seul argument, une monarchie héréditaire n'est pas démocratique. Ah bon ? Un premier ministre qui se fait élire sur un programme et en applique un autre, c'est démocratique ? Or, comme en Belgique aucun parti n'a la majorité absolue, c'est toujours comme cela.

 

Ce qui me fait rire c'est d'imaginer un président élu à la tête de la Belgique. Quand on voit qu'Elio Di Rupo est le seul (sauf Leburton) francophone a être premier ministre, on se dit qu'il est bien naïf de croire que le président pourrait ne pas être Flamand. Sans oublier qu'il aurait bien plus de pouvoirs qu'un roi qui règne mais ne gouverne pas.

 

Cela me permet, au moins, de terminer mon post sur une idée marrante : "Vive l'improbable République !"

 

19/02/2012

CONTROVERSE.

 

L'émission était consacrée à l'enseignement, plus spécialement au désamour des enseignants pour la profession. Un enseignant sur deux (sur trois ?) quitte l'enseignement et on s'attend à une pénurie, réelle déjà, mais qui va s'accentuer, voire devenir grave dans les années prochaines.

 

Premier argument invoqué par une enseignante qui témoigne anonymement, les enseignants ne sont plus estimés. Ce n'est pas neuf ! De plus cela concerne bien des professions. Le médecin n'a plus le prestige qu'il avait, ni l'avocat, ni le notaire...

 

Antienne pas neuve non plus, le reproche fait aux enseignants d'avoir trop de congés. A contrario, je dirais que cela devrait encourager les jeunes à devenir enseignant, car, c'est vrai c'est un luxe de pouvoir s'occuper de ses enfants le soir et de ne pas avoir la hantise des congés scolaires. Mais, soyons justes, cela concerne surtout les mères de famille et je ne crois pas qu'un jeune ait cette préoccupation.

 

J'ai trouvé le débat très ennuyeux et si j'en parle c'est que je trouve qu'il était hors réalité. La violence qui règne dans les  écoles est, selon moi, la principale cause du rejet du métier. Dire, pudiquement, les enfants ne sont plus les mêmes, c'est un peu court. L'école n'est jamais que le reflet de la société. Celle-ci est de plus en plus violente et personne jusqu'ici n'a trouvé la potion magique qui la rendrait moins violente. Que de débats sur les incivilités ou sur la  délinquance ! Sans aucun résultat.

 

Autre tarte à la crème, le manque de formation des profs. Et cette proposition que je trouve complètement aberrante faite par la CGSP et le ministre Marcourt de prolonger les études, autrement dit de faire de tous les enseignants des universitaires. Sans rire, le délégué CGSP affirme et, c'est vrai, qu'il faudrait évidemment payer tous les enseignants, de la maternelle au secondaire, au barème des licenciés. Bonne chance pour trouver l'argent !!!

 

Si certains jeunes apprécieraient de pouvoir faire un master après un régendat, je ne crois pas que ce soit dans l'esprit de devenir enseignant. Présenter cette mesure comme un remède à la pénurie est pour le moins paradoxal. Dois-je rappeler que l'enseignement universitaire coûte très cher et que les parents seraient donc les premiers pénalisés par cette mesure ?

 

La sagesse populaire dit : "C'est en forgeant qu'on devient forgeron". Je ne veux pas dire qu'une formation n'est pas nécessaire mais le métier on l'apprend sur le tas. Je ne crois pas à la multiplication des formations. Croit-on sérieusement qu'une brochure énumérant ce qu'il faut faire ou pas en cas de conflits serait efficace ? Par contre, parler de ses problèmes avec un collègue qui s'en sort mieux peut être une véritable aide. Cela se fait déjà, sans qu'il soit besoin de mettre des structures en place. Remplacer quelques heures de cours des séniors pour aider les jeunes ne me semble pas une bonne idée. C'est trop artificiel. Et les séniors en auront-ils vraiment envie ?

 

La ministre a aussi parlé de la réforme des titres. Un chantier qui a toujours échoué et date au moins des années septante. Quant à l'article 20, il a toujours posé problème. Le débat m'a appris qu'on y avait de plus en plus recours. Il est en tous cas indispensable pour certaines formations professionnelles. Et pour certains, cela se passe bien.

 

J'avais déjà, le 21 mai 2008, parlé de la pénurie des profs. Je ne vais pas redire tout ce que je disais à ce moment-là. Je suis seulement attristée que rien n'ait changé.

 

18/01/2012

BELGACOM.

Belgacom, Voo, Mobistar, Telenet se livrent à une guerre acharnée pour recruter des clients. Publicités alléchantes, offres de promotions ou de cadeaux, ils ne reculent devant rien. Mais, le client peut avoir des mésaventures qui lui causent un réel préjudice. Je vais raconter ce qui est arrivé à plusieurs de mes amis, tous clients de Belgacom.

 

Son décodeur étant en panne, X téléphone au Service clientèle qui lui dit de l’échanger dans une boutique Belgacom. Incroyable mais elle a dû faire plus d’une dizaine de boutiques avant de pouvoir procéder à l’échange !

 

Je me pose une question. Dans beaucoup de magasins, quand l’article souhaité n’est pas de stock, le vendeur consulte son ordinateur et vous indique où vous pouvez le trouver, proposant même de le réserver. Rien de tel chez Belgacom. Même réponse dans toutes les boutiques : ce n’est pas possible !

 

Une autre prend rendez-vous pour une nouvelle installation. Le technicien n’est pas venu. Elle avait pris congé. Tant pis ! Réponse de Belgacom : le rendez-vous a été annulé. Pas un mot d’excuse. Un autre rendez-vous est fixé. Mon amie espère, que cette fois, ce sera le bon.

 

Rentrant chez lui, mon ami constate qu'il n'a plus rien : pas de téléphone, pas d'internet. Réponse du service clientèle : votre installation a été désactivée suite à une demande téléphonique. Inutile de préciser que, non seulement, il n'avait pas téléphoné et qu'il était en règle de paiement. Comment peut-on affirmer que, par un simple coup de fil, votre installation est désactivée quand on pense combien il est souvent difficile de changer d'opérateur ? Plus tard, Belgacom affirmera qu'il s'agissait "d'une erreur humaine" . Sic ! Combien de temps pour réactiver ? 48 heures ! Pire, il devra probablement payer l'activation qui sera remboursée, disent-ils ! par une note de crédit. Et bien sûr, aucun dédommagement pour le préjudice subi.

 

J'ai pris les exemples que je connaissais. Je ne sais pas si cela se produit aussi chez  d'autres opérateurs. En tout cas, tout cela est inadmissible.

 

Je pourrais d'ailleurs ajouter les publicités mensongères : offre d'une télévision qu'on ne verra jamais, des promotions qui, comme par hasard, ne sont plus valables quand vous voulez en profiter même quand la date n'est pas dépassée.

 

Inadmissible, lamentable, scandaleux, je pourrais multiplier les adjectifs.

 

Respect du client ? C'était avant une valeur élémentaire. J'en viens à me dire que c'est bien fini.

 

17/01/2012

MADELEINE BOURDOUXHE.

madeleine bourdouxhe, la femme de gilles, amour, passion, abnégation, tragique

 

Madeleine Bourdouxhe est née à Liège en 1906. Elle a fait des études de philosophie à Bruxelles. Résistante lors de la Seconde Guerre mondiale, elle refusa de publier ses nouvelles chez les éditeurs parisiens contrôlés par les Allemands. Secrétaire perpétuelle d la Libre Académie de Belgique à partir de 1964, elle est décédée en 1996.

 

Actes Sud a publié deux autres de ses livres "A la recherche de Marie"(2009) et "Les jours de la femme Louise". "La femme de Gilles" a été traduit dans le monde entier et adapté au cinéma par Frédéric Fontey. Paru chez Gallimard en 1937, il a été publié par Actes sud en 2004.

 

LA FEMME DE GILLES.

 

Madeleine Bourdouxhe met en scène un couple marié, Elisa et Gilles, leurs deux petites jumelles et un bébé qui naît au cours du récit. Ceux-ci forment une famille très unie. Elisa est très amoureuse de son mari  et ne vit pratiquement que pour lui. Elle est bien, comme l'indique le titre du livre, "La femme de Gilles".

 

Tout bascule lorsque Gilles trompe sa femme avec Victorine, la plus jeune soeur d'Elisa. Celle-ci est une jeune fille très attirante, volage, peu impliquée dans ses actes. Elisa dira d'elle : "Sans doute n'a-t-elle pas de coeur et c'est ainsi que la vie ne la marque pas."

 

Elisa est d'abord soupçonneuse mais finit par admettre que son mari la trompe. Elle ne dit rien, espérant sauver son mariage en se taisant. Mais elle souffre. Ne sachant à qui se confier, elle va se confesser et loin d'avoir la compréhension qu'elle attendait, elle a droit à un discours que je juge ahurissant, même pour l'époque : "En face des épreuves que Dieu nous envoie, gardez-vous de toute révolte contre le Seigneur. (...) Pour votre pénitence, vous direz une dizaine de chapelets" Elle, qui a gardé intact l'amour pour son mari, qui a continué à accueillir sa soeur comme avant, sans lui faire de reproche, qui s'est gardée de mettre sa mère au courant, se sent seule, désemparée. "Oui... supporter encore et sans révolte l'indifférence de Gilles, mais avec l'espoir qu'il reviendra vers elle... Et ne se leurre-t-elle pas en ayant foi en son seul amour ?"

 

Gilles va finir par se confier à Elisa lorsqu'il apprend que Victorine le trompe. "Ce n'est pas une amourette... c'est (...) comme un feu, un grand feu.. (...) ou comme une rage. (...) Le malheur c'est que c'est une drôle de gamine, avec elle on ne sait pas à quoi s'en tenir. (...) Elle est à moi... je veux qu'elle soit à moi... Elle m'appartient nom de Dieu, elle l'a dit au début."

Quelle cruauté dans cet aveu ! Et Elisa pense plus à la peine de Gilles qu'à la sienne. Elle va devenir sa confidente, ira même jusqu'à lui suggérer ce qu'il devrait faire pour garder Victorine.

 

L'attitude d'Elisa a de quoi surprendre le lecteur. De femme de Gilles, je pourrais dire, qu'elle devient sa mère. "Regarde... je te mets un morceau de tarte en plus de tes tartines... Et il la remercia d'un sourire. C'était toujours cela de gagné, et pour Elisa c'était déjà beaucoup."

 

Gilles va apprendre que Victorine a décidé d'épouser Lucien Maréchal qui tient en ville un commerce de tabac et cigares. Il ne le supporte pas. Il lui fait une scène épouvantable, la bat avec rage, menace de la tuer. Elisa entend et se précipite : "Elle poussa la porte, vit Gilles, forme monstrueuse, arc-boutée, et sous lui le corps de Victorine qui paraissait tout petit. Elle saisit Gilles aux épaules, l'écarta brusquement en arrière. Elle aida Victorine à se relever."

 

Elle devra encore subir les reproches de sa mère. "Il l'a bien arrangée, ton mari (...) Je plains les enfants d'avoir un pareil père ! Toi, tu le supportes tant pis pour toi... Mais qu'il ne remette plus les pieds ici." Ainsi, Victorine n'a rien dit de sa liaison. Et avec cynisme, elle ajoute :"Eh bien ma chère, si tu savais ce qui se passait, tu aurais pu garder ton mari chez toi !" Elisa s'en va, sans rien dire et, plus surprenant, c'est encore à Gilles qu'elle pense. "Comme elle va devoir l'aider, le soutenir."

 

La vie semble reprendre comme avant. Elisa espère quelque temps que son mari guéri sera à nouveau amoureux d'elle. Mais Gilles est brisé et désormais incapable d'amour et d'émotion. Elisa perd pied et réalise qu'après tant d'efforts il n'y a plus d'amour. Elle, la courageuse, se suicide.

 

Le récit est conduit tout en nuances, en émotions et fines observations, la langue est limpide, le personnage d'Elisa inoubliable.

 

Ce livre m'a replongé dans ma jeunesse. Gilles est ouvrier, Elisa ne travaille pas mais le couple n'a pas de difficulté financière. La seule distraction est de prendre le train pour passer un jour à la campagne ou le cinéma. Elisa est complètement accaparée par les tâches ménagères. Elle entretient minutieusement une pièce où entrent seulement les visiteurs "la pièce de devant". Les  enfants sont baignés dans une bassine d'eau. Gilles déjeune d'oeufs et de lard, ce qu'on appelait dans ma jeunesse "une fricassée". Elisa accouche à la maison, un accouchement appelé "délivrance" et reste au lit plusieurs jours. Elle allaite le bébé un mouchoir étendu sur son sein parce que les petites sont là. Et puis, dernier souvenir, vous allez rire, la tarte. Non pas servie comme un dessert mais mangée n'importe quand, et qui, pour petits et grands, sert de "réconfort"...

 

J'ai aimé, à travers le livre, retrouver le temps de ma jeunesse. Même si je n'ai pas vécu tout cela personnellement, j'en ai été témoin.

 

06/12/2011

NOUS AVONS UN GOUVERNEMENT.

Le gouvernement n'a pas été accueilli par un grand enthousiasme mais plutôt par une résignation teintée de scepticisme. Cela s'explique par la durée de négociations et l'énorme tâche qu'il devra accomplir. Les vingt dernières heures consacrées uniquement à la formation du gouvernement ne sont pas étrangères non plus au sentiment d'inquiétude manifestée par la population. Les ministres vont-ils réellement s'entendre ? Reverra-t-on des marathons comme ceux vécus pendant de longs mois ?

 

Je soulignerai d'abord combien il est dommage qu'alors que les ministres n'ont pas encore prêté serment, on réentende l'antienne trop connue. "Ils sont forcés de réussir" parfois changé et, c'est encore plus grave, par "Elio Di Rupo est condamné à réussir". Certains vont même plus loin et prédisent déjà que ce nouveau gouvernement, tant attendu, n'ira pas jusque la fin de la législature. Pire, Elio Di Rupo serait le dernier ministre de la Belgique !

 

Je comprends que les spécialistes interrogés, politologues, philosophe (!), expriment une inquiétude légitime mais ne pourraient-ils tout de même attendre que le gouvernement ait travaillé avant de prédire de manière péremptoire son avenir ? Je devrais dire son non-avenir. Cela a quelque chose d'indécent, voire d'irresponsable au moment où tout le monde sait que la confiance est primordiale. Pour faire une comparaison, un professeur qui dit à son élève, au début de l'année, qu'il a peu de chance de réussir, le conduit fatalement à l'échec.

 

Elio Di Rupo a été ausculté par les journalistes, les politiques, les politologues. Certains soulignent sa ténacité, sa patience, ses qualités d'écoute et, cela m'a étonné, son ambition. D'autres évoquent son manque de charisme (sic) et sa difficulté à décider. Il faut tout de même rappeler que le Premier ministre n'est pas tout le gouvernement et que les décisions sont prises par consensus.

 

J'en viens à la fameuse question du néerlandais. Tarte à la crème pour certains. Un Premier ministre doit parler les langues officielles du pays. (Et l'allemand ?) Cela paraît logique mais je rappellerai que Wilfried Martens, par exemple, parlait un français absolument déplorable et qu'on ne lui a jamais reproché. Quant à son charisme, ayant participé à certaines négociations qu'il présidait, je l'avais surnommé "le poisson froid".

 

J'ajouterai que les Flamands s'estiment très vite parfaits bilingues, même s'ils admettent, mais toujours avec un sourire qui dément leurs propos, que leur français n'est pas parfait. Par contre, un Wallon est très rarement considéré comme un parfait bilingue même lorsque sa connaissance du néerlandais est impeccable. Je crois qu'il s'agit aussi d'accent. D'expérience, je sais qu'un Wallon, parlant néerlandais, a un accent insupportable pour les Flamands. Les francophones admettent eux qu'un flamand parlant français a aussi un accent qu'ils pourraient qualifier de désagréable. Ils ne le font pas, pas plus qu'ils ne leur reprochent leurs fautes de français et c'est bien.

 

J'ai entendu beaucoup de critiques parce que Didier Reynders n'était plus ministre des Finances. Il a fait du bon travail mais a été tellement critiqué non seulement en Flandre mais aussi en Wallonie que c'est une bonne chose. Il avait d'ailleurs dit qu'il souhaitait le ministère des Affaires étrangères. C'est donc une bonne nouvelle d'autant plus qu'un Wallon sera enfin ! sur la scène internationale.

 

Je ne vais pas m'amuser à compter le nombre de ministres ou de secrétaires d'état donnés à chaque parti. D'autres le font suffisamment. Joëlle Milquët qui tenait tellement à l'emploi est-elle contente ? Je n'en sais rien. Olivier Chastel devient ministre. Récompense sans doute pour son bon travail et le soutien apporté à Charles Michel lors de la fronde anti-Reynders...

 

J'ai tenu à réagir aujourd'hui parce que c'est tout de même un jour important. Je souhaite bonne chance à Elio Di Rupo et à ses ministres, sans ironie. Si j'aimais les clichés, je dirais, du fond du coeur.