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03/05/2015

OBLIGATION SCOLAIRE A CINQ ANS.

obligation scolaire à cinq ans

 

L’idée n’est pas neuve. Elle refait son apparition. Comme rien n’est simple en Belgique, l’obligation scolaire est du ressort du Fédéral mais la Fédération Wallonie-Bruxelles y est favorable donc cherche le moyen de pouvoir l’imposer. Ils ont donc trouvé une astuce, l’obligation scolaire deviendrait une obligation d’inscription avec peut-être une obligation de présence d’un nombre de jours.

Je reviens à l’obligation scolaire à cinq ans. Comment les politiques justifient-ils cette décision ? 97 % des enfants fréquentent l’école maternelle à cinq ans, je crois même plus tôt. C’est normal. L’école est moins chère que la crèche, la plupart des parents travaillent tous les deux, si la maman est seule, elle ne peut pas faire autrement que d’inscrire son enfant le plus vite possible à l’école.

La mesure ne concernerait donc que 3 % des enfants « qu’il faut absolument aller chercher » pour qu’ils fréquentent la troisième maternelle. D’après nos politiciens, ces 3 % proviennent de milieux défavorisés d’où le caractère social de la mesure.

La fréquentation de la maternelle serait un gage de réussite en primaire. Ce n’est pas tout à fait faux s’il s’agit surtout de l’apprentissage de la langue et de la sociabilité.

Je suis donc d’accord que la fréquentation de la troisième maternelle peut être un plus pour l’enfant mais je suis absolument contre l’obligation.

Pourquoi ? Tout simplement parce que l’obligation entraîne certaines règles notamment la justification de l’absence par un certificat médical. Je crains aussi qu’on établisse un quota de jours d’absence au-delà desquels l’enfant ne pourra pas s’inscrire en primaire.

Impossible donc de faire ce qui est courant actuellement, emmener ses enfants ou ses petits-enfants en vacances en dehors de congés scolaires pour profiter de tarifs plus avantageux par exemple pour la location d’un appartement.

Je me rappelle qu’alors que l’obligation scolaire n’était pas obligatoire, j’avais appris que des enfants étaient busés en troisième maternelle. J’avais été absolument indignée. Le redoublement n’arrange rien. Il y aura sans doute encore ou même plus de redoublements en maternelle alors qu’il est prouvé que la mesure est néfaste. Que dire alors quand elle a lieu en maternelle ? Le petit gosse apprendra donc qu’il doit recommencer son année. Sera-t-il alors mieux armé pour la première primaire ou complètement secoué, révolté par cette sanction ? Qui décidera de cette mesure : l’institutrice ? Selon quels critères ?

Je suis sans doute trop pessimiste mais ma carrière d’enseignante m’a appris beaucoup de choses et malgré moi j’imagine déjà ce qui servira de justification : «  Il n’est pas mûr – il ne sait pas se concentrer – il ne pense qu’à jouer. ».

Il me semble aussi qu’il y a trop peu d’écoles dans certaines régions. Va-t-on alors imaginer un décret comme le funeste décret d’inscription toujours revu mais jamais supprimé ?

Va-t-on surcharger les classes pour pallier à l’insuffisance d’écoles ce qui irait à l’encontre du but annoncé : un plus, un vrai plus pour tous les enfants.

Je n’ai vraiment pas envie d’en dire davantage. J’aimerais me tromper et constater que l’obligation scolaire à cinq ans est vraiment profitable pour tous les enfants.

 

28/04/2015

GUY BIRENBAUM.

guy birenbaum, vous m'avez manqué, histoire d'une dépression française

 

Guy Birenbaum est né le 8 août 1961 à Boulogne-Billancourt. Il a été éditeur, animateur radio, journaliste, écrivain. Il est aussi blogueur. (http://guybirenbaum.com/)            

Il a été animateur radio sur RTL « On refait le monde » et sur Europe1 « Le grand Direct » «Des clics et des claques » « La revue du net ».

Il a publié notamment : « Le Front national en politique » « Délits d’initiés, mes soupçons de citoyens »

Ses livres et ses chroniques ont souvent suscité une polémique.

Actuellement, il anime une émission sur France Info « L’autre info ». (7h45 du lundi au vendredi).

VOUS M’AVEZ MANQUE HISTOIRE D’UNE DEPRESSION FRANCAISE.

Guy Birenbaum raconte sa vie avant qu’il ne soit victime d’une grave dépression. Levé à cinq heures du matin, il se jette sur son ordinateur pour vérifier son texte écrit la veille, file à Europe1 pour sa chronique sur l’actualité du web. A 13 heures, il écrit son papier pour le site internet Huffington Post « Le 13 heures de Guy Birenbaum » Il retourne à TF1 pour sa chronique du soir.

Tous les jours, il court sept kilomètres en écoutant la radio et vérifie son poids sur sa balance car il est obsédé par sa ligne.

Il est littéralement absorbé par le web. Il blogue, twitte, envoie des sms, regarde les réseaux sociaux, il est connecté en permanence

Il subit des insultes qui l’atteignent profondément. L’antisémitisme est très présent sur le web. Il dira : « Alors que personne ne m’a jamais traité de « sale juif » ni de « youpin » au cours de mon enfance ou de mes années d’études, cela m’arrive régulièrement sur le Web depuis que j’y écris." 

Pas de repos non plus pendant les vacances qu’il passe à Trouville dans une petite maison de pêcheurs. Il blogue frénétiquement sur le blog qu’il a appelé « L’épicerie » réplique numérique du commerce que ses grands-parents paternels tenaient dans le quartier de la gare de l’Est à Paris. Il prend des photos qu’il poste sur internet et dialogue avec ses lecteurs.

Menant cette vie de dingue, il va être rattrapé par une grave dépression. Il décrit tous ses maux. Il n’arrive plus à se lever, transpire énormément, souffre du dos, son cœur s’emballe, sa voix est blanche. Il va faire de multiples examens médicaux qui se révéleront inutiles car il n’est pas malade au sens où il l’entend mais fortement déprimé.

Il cherche à lire « A la recherche du temps perdu » de Proust : « J’ai besoin de rattraper tout le temps que j’ai perdu en chemin ; notamment sur le web » Il n’arrivera pas à achever la lecture du livre

Il lit aussi « Tomber sept fois, se relever huit » de Philippe Labro. « Labro décrit un long calvaire. Je n’en suis pas là. Si je n’avais pas toujours aussi mal au dos et tant de mal à sortir du lit, le matin, ma misère à moi serait presque supportable. »

Sa dépression va empirer. Il dira à son médecin : « Je n’ai plus envie de rien. J’ai du mal à travailler. Je ne supporte plus rien. Je suis cramé. Je suis allé à la coloscopie en pleurant. »

Il refuse pourtant de quitter son travail mais, à la visite suivante, le médecin le met en congé de maladie et lui prescrit des antidépresseurs, content qu’il ne soit plus dans le déni.

Il va aussi entamer une thérapie chez un psychiatre qui lui assure qu’il s’en sortira.

Il est soutenu par sa femme Géraldine et ses amis. Petit à petit, il recommence à suivre l’actualité : la libération des otages détenus en Syrie, l’attentat à Charlie Hebdo etc.

Il va enfin sortir de la nuit.

Il décide de lire les carnets de son père et de sa mère qu’il n’avait jamais lus. « J’ai refoulé cette histoire qui me constitue (…) Il est temps de la prendre à bras-le corps, cette double hélice qui vrille en moi, l’histoire de Tauba Zylberszstein, ma Maman ; celle de Robert Birenbaum, mon papa »  Il leur consacrera plusieurs pages de son livre.

Pourquoi a-t-il écrit ce livre ? La réponse se trouve dans le quatrième de couverture :

« L’hyperconnexion a joué un rôle dans ma dépression Branché en permanence sur le Web, j’ai absorbé comme une éponge l’antisémitisme et la violence de l’époque. J’ai payé le prix fort. Un jour pourtant, « ça « a été mieux. J’écris ce livre pour cette phrase. Pour que la lectrice inconnue, le lecteur perdu au fond de sa nuit, sache que « ça » arrive. On va mieux. Pas « moins mal », mieux. Le moteur redémarre. Il toussote à l’occasion, mais il ronronne à nouveau. Il faut le bon psy, des médicaments, de l’amour, de l’amitié aussi. »

Et cet aveu : « Je suis le même en différent ; j’espère que je suis un peu meilleur. »

Le livre est construit en rubriques titrées d’une manière originale. Le lecteur le suit facilement dans la longue route qu’a été sa dépression puis sa guérison.

Je pense que les personnes déprimées le liront avec plaisir. Il ne sera pas seulement un auteur mais un ami qui n’a pas honte de se raconter sans complaisance, avec honnêteté.

Je crois aussi que beaucoup ont dans leur entourage des personnes déprimées. Lire le livre les aidera à mieux les comprendre.

J’ai envie de lui dire simplement merci.