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10/04/2015

MAJORITE SEXUELLE A QUATORZE ANS.

majorité sexuelle à quatorze ans, proposition socialiste

 

Le PS a déposé un projet de loi visant à ramener la majorité sexuelle de 16 à 14 ans. La relation sexuelle évidemment consentie ne serait plus condamnable qu’à la condition qu’il y ait moins de trois ans d’écart d’âge entre les partenaires.

Première remarque, il faut que la relation soit consentie. Présentée comme une précaution elle risque de n’être que cela car tout le monde sait que le consentement est l’argument majeur des violeurs. « Elle était d’accord – elle me l’a demandé – comme elle était habillée, c’est sûr qu’elle ne demandait que cela ».

Ces propos souvent entendus comme moyen de défense ne vont pas cesser parce qu’il y a une loi !

J’irai plus loin, les parents qui voudront porter plainte pour une relation sexuelle non voulue seront bien désarmés devant le juge pour prouver que la fille ou le garçon n’étaient pas consentants.

Deuxième remarque, l’écart de trois ans, autrement dit une relation sexuelle entre un mineur de 14 ans et un adulte de 18 ans !

Si j’ai bien compris, une relation de deux mineurs de quatorze ans est parfaitement tolérée. J’hallucine. Pourquoi ? La loi enlève aux filles ou aux garçons très jeunes un argument décisif pour refuser, l’illégalité de la relation. « Tu dois accepter, tu ne risques rien, même la loi le dit » Bonjour les dégâts ! Bonne chance aux profs qui voudront protéger leurs élèves !

Karine Lalieux s’exprime dans un journal : « Il faut combattre l’hypocrisie conservatrice en cette matière. » D’après elle, il faut coller à la réalité qui indique que l’âge de la puberté diminue de deux ou trois ans par décennie et que l’âge du premier rapport tournerait aujourd’hui autour de quinze ans et demi.

La députée socialiste présente les relations sexuelles précoces comme étant largement répandues ! Ce n’est donc plus une exception, comme je le crois, mais une généralité. Où va- t-elle chercher cela ?

Je suppose qu’être adulte à quatorze ans suppose qu’on soit capable d’assumer tout ce qu’un adulte assume : gagner sa vie, n’être plus obligé de tenir compte de l’avis de ses parents, élever un bébé, décider qu’on interrompt ses études etc.

J’ai encore en tête le fait divers tragique relaté il y a quelques jours : la violente réaction d’un jeune envers sa compagne qui lui avait manqué de respect !

Voilà donc un formidable progrès dans notre société : l’adolescence qui a toujours été considérée comme une période difficile ne l’est plus. Pauvres ados !

J’ai repensé à la Lolita de Vladimir Nabokov. Bien que le livre soit considéré comme un chef-d’œuvre, il avait choqué. Voilà l’occasion de le relire.

Je ne vais pas en dire davantage. Je suis heureuse de ne plus avoir ni enfants, ni petits-enfants de quatorze ans.

Dieu sait quel cadeau empoisonné le PS réserve à nos adolescents.

 

 

 

07/04/2015

JANINE BOISSARD.

janine boissard, une femme neuve, travail des femmes, divorce féminisme

 

Janine Boissard est née le 18 décembre 1937 à Paris. Elle a écrit « L’esprit de famille », en six tomes, qui a connu un très grand succès et a fait l’objet d’un film et d’une série télévisée. Ses autres romans sont moins connus.

UNE FEMME NEUVE.

La narratrice est Claudine, 45 ans, mariée à Julien Langsade, la cinquantaine. Ils ont deux grands enfants, Mathilde et Eric.

L’histoire commence par une annonce dramatique, Julien lui fait part de son intention de la quitter pour une jeune stagiaire , après vingt-cinq ans de mariage. Elle est effondrée car elle  ignorait la liaison de son mari. De surplus, il lui dit qu’il l'aime toujours mais que sa maîtresse, qui a vingt-cinq ans, ne veut plus attendre. « Je ne voulais pas ! J’ai tellement horreur de te faire mal. J’ai attendu tant que j’ai pu mais je ne pouvais plus, vraiment ; et je l’aurais perdue »

Claudine n’a jamais travaillé. Julien lui laisse l’appartement dont le loyer est très élevé. Elle veut le garder car il est plein de souvenirs heureux.

Elle va très vite être confrontée à la réalité : elle doit travailler. Elle s’est mariée très jeune, elle n’a aucun diplôme, aucune compétence. Elle va devoir poursuivre un long chemin pour s’en sortir.

Elle en veut terriblement à son mari, d’être brutalement rejetée et le traite de salaud. Elle se rappelle le début de son mariage et l’aveu de Julien : il l’a épousée parce qu’elle était « une femme neuve »

 Une amie Fabienne, qui tient un magasin de brocante lui propose de travailler avec elle. Elle accepte mais ne convient absolument pas pour ce travail. Très vite, Fabienne la vire.

Elle va accepter de faire « du porte à porte » pour une entreprise mais cela ne marche pas.

Elle va donc se décider à pousser la porte d’une agence qui aide les gens à trouver un emploi. Claudine sera agressée par un chômeur qui lui reproche de prendre le travail des autres. « Qu’ont-elles toutes ces femmes à vouloir travailler ? »

L’auteur nous rappelle ce qui était l’usage à l’époque, en 1980. Beaucoup de femmes ne travaillaient pas. Parfois ce n’était pas un libre choix mais une demande de leur mari qui insistait pour qu’elle soit entièrement disponible pour lui et les enfants. Un choix accepté car  il était largement répandu dans la bourgeoisie. Ce sont les féministes qui, les premières, ont attiré l’attention des femmes sur ce qui pouvait leur arriver quand leur mari les abandonnait.

Claudine se rappelle d’ailleurs les débats qu’il y avait à l’époque sur le travail des femmes et le mépris des hommes envers les femmes qui travaillaient.

Claudine va s’inscrire à l’agence. Elle regarde les annonces collées sur le mur et se rend compte qu’elle peut seulement faire ce qu’elle a toujours fait, s’occuper des enfants.

Elle sera embauchée par la mère de Bertrand Sainteville en usant d’un stratagème. Une lettre de références qu’elle signe de son nom d’épouse et une demande faite sous son nom de jeune fille.

Elle a compris qu’elle devait s’habiller autrement. Elle ne pouvait plus être « la bourgeoise » qu’elle avait été si longtemps.

Bertrand a besoin d’aide car sa femme est décédée et il a trois enfants dont elle devra s’occuper en plus du ménage et des repas.

Claudine aura cette pensée : « Je découvre des choses banales : la différence entre un travail fait pour les siens et avec amour et le même fait pour les autres et contre de l’argent. »

Elle suivra une formation et deviendra une auxiliaire régulatrice dans les hôpitaux. Sa fille aura cette remarque charmante : en fait, tu es une « écouteuse » comme tu l’étais pour nous.

L’auteur aborde un autre sujet pénible qu’est le divorce. Estimation des biens, conciliation chez le juge, prononcé du divorce par consentement mutuel. Elle vit très mal cette situation mais ne s’oppose pas à la demande de son mari.

Claudine sera aussi confrontée aux difficultés financières. Son mari lui verse une pension, elle est donc privilégiée, mais malgré cela et son travail, elle doit renoncer à tout le superflu qu’elle avait toujours qualifié de « nécessaire ». Elle renoncera à son appartement, le loyer étant vraiment trop cher.

L’auteur n’a pas voulu faire un livre très noir. Claudine connaîtra Florent qui l’aidera dans son parcours psychologique. Une liaison très brève car lui aussi sans travail acceptera la proposition de son frère et partira à Rio.

Claudine a aussi la chance de pouvoir séjourner dans la maison de famille, où son père l’entourera de toute son affection.

Ces séjours sont d’ailleurs largement décrits par l’auteur, une vie simple, dans la nature, un contraste avec sa nouvelle vie professionnelle.

Claudine s’apercevra aussi combien la vie de femme seule est difficile. Des détails qui font comprendre la difficulté éprouvée par les femmes à cette époque.

Une anecdote. Elle met longtemps à se décider à entrer dans un restaurant. On la place à une petite table, en retrait et elle se rend compte que le dîner est servi très rapidement car le restaurateur lui en veut d’occuper toute seule une place revenant à un couple !

J’ai hésité avant de relire ce livre. Je l’ai bien aimé car il me rappelle une époque que j’ai bien connue.

Rien à voir avec la situation actuelle. Même si le divorce est souvent un drame imposé par le conjoint, les femmes sont moins démunies qu’à cette époque. Les nécessités économiques ont fait que rares sont les épouses qui peuvent se permettre de ne pas travailler.

J’ai réentendu les propos de l’époque sur l’épanouissement que procurait le travail aux femmes. Un discours féministe qui ne correspond pas toujours à la réalité. Les femmes restant encore souvent les seules à s’occuper des enfants et du ménage même s’il y a un grand changement chez les jeunes couples qui sont « pour le partage des tâches ». Un progrès très relatif car les femmes sont souvent plus préoccupées par leurs enfants que les hommes.

Je ne vais pas faire un débat sur l’égalité des sexes, ce n’est pas le propos du roman et si je me suis permis quelques réflexions je voulais avant tout faire connaître le livre.

Le titre « Une femme neuve » l’auteur le reprendra trois fois. En parlant de Claudine que son mari a épousée parce qu’elle était « neuve » (on dirait maintenant vierge, mais pas question d’utiliser cette expression à l’époque). Mathilde dira aussi à sa mère que la maîtresse de Julien lui plaisait parce qu’elle était « neuve ». Enfin, Claudine après son itinéraire difficile deviendra une femme « neuve » parce qu’elle a su devenir indépendante.

J’espère que d’autres femmes ou hommes liront le livre pour se rendre compte de l’évolution des femmes. Et pourquoi pas, d’un discours féministe pas toujours valable mais qui a quand même joué un rôle certain dans la société.