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22/06/2015

EPREUVES EXTERNES.

enseignement, épreuves externes, fuites, consei de classe

 

Quelle semaine ! Questions d’examens postées sur les réseaux sociaux, épreuves annulées ou supprimées, supposition sur le ou les auteurs des fuites et en fin de course, décision de s’en remettre aux conseils de classe en bétonnant leurs décisions.

Joëlle Milquet dépose plainte, commandite une enquête, normal. Ce qui l’est moins, ce sont ses déclarations sur les auteurs des fuites qui feraient partie du corps enseignant, directeurs ou enseignants.

C’est du jamais vu. Tirer des conclusions d’une enquête avant qu’elle n’ait eu lieu. Salir, car il s’agit bien de cela, anonymement, des directeurs ou des enseignants. C’est choquant.

Première question que je me suis posée, quel intérêt auraient les directeurs ou les enseignants à organiser les fuites ? Il me semblerait bien plus facile d’aider discrètement leurs élèves lors de l’examen. Solution encore plus simple puisque les questionnaires arrivaient très tôt dans les écoles, s’en inspirer pour les révisions.

Le conseil de classe a toujours décidé de la réussite ou de l’échec de ses élèves et cela souverainement. Des recours ont toujours été possibles et le sont, paraît-il encore, malgré le décret de la Ministre.

Une autre accusation a circulé : les fuites auraient été organisées en protestation contre ces épreuves externes. Par qui ? Silence cette fois de la Ministre.

Je ne peux pas croire à cette version. Trahir pour contester, cela me semble impensable.

Ceci dit, je ne suis certainement pas pour l’organisation d’épreuves externes. Elles organisent un classement des écoles qui font tant de mal lors des inscriptions particulièrement depuis le très contesté mais jamais supprimé décret d’inscription.

Il faut tout de même l’admettre, les écoles n’ont pas le même niveau. C’est un fait. Et, j’irai plus loin, en disant «  tant mieux. » J’ai toujours enseigné dans une école qui accueillait des élèves comme on dit « en difficulté ». Le challenge était justement d’arriver à rattraper leur retard par une pédagogie adaptée, beaucoup de patience et en n’ayant pas l’obsession du programme.   

Je ne peux donc pas croire ce que j’entends : les évaluations externes vont faire monter le niveau de tous les élèves !

C’est le fameux slogan de la réussite pour tous. Je le partage mais j’en ai une autre conception.

J’ai dû accueillir des élèves qui étaient en échec dans une école qui ne leur convenait pas et arrivaient après avoir redoublé. Il fallait beaucoup de temps pour qu’ils retrouvent leur sérénité.

Ce qui me navre est d’entendre Rudy Demotte par exemple dire bien fort que les évaluations externes seront maintenues. Comme cela, à chaud, sans même prendre le temps d’examiner si c’est vraiment une bonne décision. Pire, certains affirment qu’il faut en organiser à tous les degrés et tenez-vous bien, pour lutter contre l’échec scolaire !

Travailler pour réussir un examen, c’est lamentable. Une fois de plus, ce n’est pas ma conception de l’enseignement.

Contrôler les acquis de ses élèves est certes indispensable mais pour pouvoir remédier aux échecs. Comme prof, j’ai toujours étudié attentivement les travaux ou contrôles de mes élèves pour pouvoir orienter mes cours dans le sens qui leur serait le plus profitable. Revoir la matière qui n’a pas été acquise, par exemple.

Je n’en dirai pas plus car j’ai mal vécu ce qui s’est passé. Je ne désire pas en dire davantage... pour le moment !

 

04/06/2015

REDOUBLEMENT EN MATERNELLE.

 



redoublement en maternelle, polémique

L’idée n’est pas neuve. J’en avais déjà parlé dans mon blog le 13 avril 2012. 

La ministre de l’enseignement y revient et trouve qu’on redouble trop en maternelle. C’est aussi mon avis. Les journaux citent des chiffres : en 2014, 1.168 élèves ont redoublé en 3e maternelle. C’est énorme !

Je reprends ce qui est dit dans les journaux :

« La ministre de l’éducation a fait adopter mercredi, en exécutif, un avant-projet de décret qui va brider le redoublement en 3e maternelle. Dès l’an prochain, le redoublement devra être fondé sur des motifs exceptionnels qui seront fixés par un arrêté. Il sera aussi obligatoire de demander l’avis du CPMS et l’accord du ministère. Si l’école fait redoubler alors que le ministère n’a pas donné son accord, l’élève n’entrera pas en ligne de compte pour le calcul de l’encadrement et n’apporter aucun subside à l’établissement. »

Je le répète, ce n’est qu’un projet.

La procédure me semble bien lourde, les sanctions très graves. Obtenir l’accord du ministère ne sera pas simple. Si ce décret passait, je doute que les écoles fassent encore redoubler en 3e maternelle !

Sur les réseaux sociaux, la polémique est lancée pas sur la procédure mais sur le principe du redoublement.

Ceux qui sont pour le redoublement parlent de maturité non atteinte ou d’indiscipline. Je m’attendais plutôt à un argument sur le langage non acquis.

J’ai vraiment du mal à croire qu’en trois ans l’enfant n’ait pas acquis ce qui lui permettrait d’entrer en première primaire. Je parle de trois ans car, toujours d’après les journaux, 93 % des élèves fréquentent l’école maternelle dès la première année.

Plusieurs choses m’interpellent. Qui juge de la nécessité du redoublement ? L’instituteur/trice  je crois, actuellement. Selon quels critères ? Un élève qui dérange la classe ? Désolée mais je penserai alors au manque d’autorité de l’instituteur/trice. Je ne crois pas que l’année suivante l’enfant devienne tout d’un coup un enfant « sage ».

Comment décèle-t-on le manque de maturité ? Désolée aussi mais j’ai entendu cet argument pour le redoublement en secondaire beaucoup trop souvent. Soyons sérieux, qu’est-ce qu’être « mûr » ? C’est une notion très subjective. Je pourrais, un peu méchamment, dire que j’ai aussi souvent entendu des épouses se plaindre de la « maturité » de leur époux ou vice versa. C’est un grand enfant…

Un autre argument est le manque de confiance en soi qui obligerait l’enfant à redoubler. Alors, là ! Un échec, car il s’agit bien de cela, rendrait l’enfant plus confiant ! Je ne peux absolument pas souscrire à cet argument.

Je l’ai dit, je pensais à des difficultés de langage, l’argument étant d’ailleurs utilisé pour l’obligation scolaire en 3e maternelle. Une connaissance insuffisante pourrait  constituer une  vraie difficulté. Mais, il faudra qu’on m’explique comment en un an l’enfant n’a pas appris à s’exprimer même dans une autre langue que sa langue maternelle.

J’irai plus loin. Si tant d’enfants qui ont fréquenté la 3e maternelle doivent redoubler, alors il faut revoir ce qu’on fait en maternelle.

Normalement, on ne peut pas apprendre à lire, la maternelle doit être un apprentissage de la langue et de la sociabilité, par des activités ludiques.

Je l’ai dit, le sujet est l’objet d’une vraie polémique. J’ai peut-être tort, peut-être raison. .. Qui sait !

La lutte contre l’échec scolaire est pour moi une priorité. Alors l’admettre en maternelle, je ne saurais pas.

Les statistiques semblent me donner raison : un redoublement en maternelle n’empêche nullement un redoublement en primaire.

Je forme un vœu : que parents et enseignants réfléchissent bien avant d’imposer cette humiliation à un enfant.