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24/05/2015

PAULINE DREYFUS.

pauline dreyfus, ce sont des choses qui arrivent, guerre de 1940, occupation, aristocratie, persécution des Juifs

 

Pauline Dreyfus est née le 19 novembre 1969. Elle a beaucoup écrit pour les autres avant d’écrire ses romans.

Œuvre : « Le père et l’enfant se portent bien » « Robert Badinter, l’épreuve de la justice » « Immortel, enfin » 

CE SONT DES CHOSES QUI ARRIVENT.

Natalie de Sorrente, née princesse de Lusignan, descend des Bourbons. Elle a épousé Jérôme, duc de Sorrente, dont l’aïeul fut anobli par Napoléon.

Ils sont dans leur villa à Cannes quand éclate la guerre de 1940. Natalie se morfond d’être clouée à Cannes, loin des plaisirs de Paris et d’être confinée dans un tête-à-tête inhabituel avec son mari.

Mais des amis fuient Paris pour rejoindre Cannes et les Sorrente peuvent de nouveau recevoir du monde et évoquer des souvenirs : les bals, les défilés de couture, le théâtre tout ce qui était leur vie à Paris.

Jérôme est en admiration devant le maréchal Pétain qui ne pense qu’au bien de la France. Il l’a dit : « Je fais don de ma personne à la France pour atténuer son malheur. » Pour Jérôme, c’est un héros.

Natalie ne s’intéresse pas à la guerre, elle s’ennuie. Quand arrive Pierre, très vite, il devient son amant. Pierre parti, elle découvre qu’elle est enceinte et le dit à son mari. « Ce sont des choses qui arrivent » dit Jérôme comme elle se l’était dit.

Ce ne sont pas seulement les aristocrates qui arrivent à Cannes mais toute une population : « Les routes de France étaient à l’image du pays, sans dessus dessous. »

Natalie a déjà une fille, Charlotte, âgée de dix ans. A Paris, les Sorrente voyageant souvent, Charlotte était confiée à la garde d’une nurse anglaise. Natalie s’occupe donc de sa fille, se bornant pourtant simplement à lui raconter le soir l’histoire du duc de Berry.

A la naissance du garçon Joachim, Natalie embauche madame Lévy et sa fille Ginette qui aidera à la cuisine. Madame Lévy est juive. Qu’importe ! Ils sont en zone libre.

Plus tard, elle va rencontrer par hasard un musicien qui venait souvent chez eux à Paris. Il lui apprend que Juif, il ne peut plus exercer, que la Comédie-Française a licencié ses acteurs et personnel juifs, que le théâtre de Sarah-Bernhard a été rebaptisé le Théâtre de la ville.

En janvier 1942, Natalie apprend la mort de sa mère, Elisabeth. Avec ses deux sœurs qu’elle ne voyait guère car elle vivait en province, elle va vider l’appartement de sa mère. En feuilletant un album de photos, elle découvre Armand Mahl qui a l’air bien proche de sa mère.

Tout va basculer. Sa sœur lui apprend qu’elle est la fille d’Armand Mahl et si elle ne le lui a jamais dit, c’est pour la protéger. Et puis « Ce sont des choses qui arrivent »…

Jérôme apprend donc que son épouse est une bâtarde et demi-juive. Il le dit avec un certain cynisme à Natalie lui demandant de cacher son origine pour éviter un scandale.

Cette révélation va transformer Natalie. Elle se torture en se demandant ce qui a de juif en elle. A Paris, elle ira voir un quartier juif, rencontrera des gens portant l’étoile jaune. Elle ira jusqu’à en coudre une sur une de ses robes. Jérôme s’inquiète. Il a peur qu’elle ne dévoile ses origines.

Natalie va sombrer dans la dépression. Elle ne sera plus jamais la même.

Lors d’une promenade avec Charlotte où elle voit sur la grille d’un square un panneau : « Parc à jeux. Réservé aux enfants. Interdit aux Juifs » Charlotte l’interroge : « Maman, à l’école, on nous dit que les Juifs ne sont pas gentils parce que ce sont eux qui ont mis le Christ en croix. » Que répondre ?

Natalie va s’enfoncer de plus en plus. Elle multiplie les piqûres de morphine. Elle mourra le 10 février 1945. Elle avait trente-sept ans.

Le roman de Pauline Dreyfus est une description d’une caste de privilégiés qui s’accommode de l’ordre nazi et ne pense qu’à ses plaisirs. Même à Paris, les Sorrente continueront à aller chez Maxim’s malgré la présence des Allemands.

Un livre aussi sur les secrets de famille, les non-dits qui sont, d’après l’auteur, une habitude chez les aristocrates. Un certain fatalisme d’où le titre de son livre qui revient comme un leitmotiv.

L’auteur, dans sa description de la France occupée, fait apparaître des noms connus : Gérard Philippe, Tristan Bernard, Cocteau, Paul Morand, Arletty…

J’ai été frappée par son style « son vieux style » disent certains critiques. Il m’a plu. Je n’aime pas tellement les romanciers actuels à la mode qui abusent, par exemple, des dialogues.

Certaines phrases font mouche : « C’est au choix des fournisseurs qu’on juge une famille » « Dans cette guerre d’un genre nouveau, l’ennemi ce n’était pas l’Allemand, mais l’ennui » « La guerre, pour les Sorrente, ce sont d’abord des complications domestiques » « L’ampleur de cet exode était telle que les Sorrente se demandaient si Paris était encore habitée – par des gens de leur milieu, s’entend »

Le prix Mémoire Albert Cohen a récompensé le roman qui figurait déjà dans le carré final des Goncourt.

 

20/05/2015

ENSEIGNEMENT : PROGRES OU RECUL ?

réforme de l'enseignement, formation des enseignants, pénurie des professeurs

 

Le groupe de travail chargé de réformer la formation initiale des enseignants est d’accord pour qu’il y ait une plus grande flexibilité dans l’affectation des enseignants entre niveaux d’enseignement.

Ainsi l’enseignant maternel pourrait enseigner en 1er et 2e primaires et l’instituteur primaire en 3e maternelle. Le régent pourrait enseigner en 5e et 6e primaire en plus de son enseignement actuel dans le secondaire inférieur. Le titulaire d’un Master universitaire qui enseigne dans l’enseignement secondaire supérieur pourrait enseigner en 3e secondaire.

Une révolution ? Certainement mais un fameux retour en arrière en ne tenant plus compte de l’arrêté du 22 avril 1969 fixant les titres requis du personnel de la Communauté Française et celui du 20 juin 1976 relatif aux titres suffisants dans l’enseignement gardien et primaire.

L’arrêté sur les titres requis répondait à une forte demande du PS qui n’admettait pas que dans l’enseignement catholique un prof « pouvait enseigner n’importe quoi ».

Effectivement, au début de ma carrière j’ai enseigné de l’arithmétique commerciale, du droit et d’autres matières. Aucun cours ne correspondait à ma formation. C’était possible à force de travail mais j’avoue avoir nettement préféré enseigner les cours pour lesquels j’étais formée.

Certes la proposition actuelle ne va pas si loin. Je dois dire qu’à l’époque, des maternelles qui enseignaient en 1e primaire, m’ont souvent dit combien elles appréhendaient de ne pas être certaines d’arriver à ce que leurs élèves sachent lire en fin d’année. Elles se débrouillaient comme elles pouvaient.  Ce n’est donc pas aussi simple que ne le croit les ministres ! Qu’un régent enseigne en primaire est sans doute possible mais sera-t-il heureux ?

Je ne comprends absolument pas l’argument des ministres que cette réforme faciliterait le passage du primaire en secondaire.

Je ne nie pas la peur qu’ont certains enfants de quitter le primaire pour le secondaire mais c’est surtout dû à ce qu’ils ont plusieurs enseignants au lieu d’un seul. Après quelques semaines ils sont plutôt fiers d’être devenus des « grands. » Envisage-t-on que l’enseignant primaire donne tous les cours dans le secondaire ? Je n’ose y penser.

Une autre idée du Ministre Marcourt est ressortie. La formation de tous les enseignants serait portée à cinq ans ! Une formation plus longue que certaines études universitaires. Tout le monde comprendra que cette réforme coûtera cher aux parents et à la Communauté.

Trois ans au lieu de cinq, pratiquement deux années de plus au budget des parents. Un coût élevé pour la Communauté puisque tous les enseignants devront être rémunérés au barème des licenciés actuels. La Wallonie a-t-elle trop d’argent ?

J’ajouterai que je doute fort que les ados envisagent avec le sourire de faire cinq ans d’études au lieu de trois pour enseigner en maternelle ou en primaire.

Or, il y a déjà une pénurie d’enseignants car on sait que beaucoup quittent l’enseignement après quelques années pour commencer une autre carrière. Ayant fait cinq ans d’études seront-ils plus contents d’être enseignants ? J’en doute.

La formation des enseignants sera-t-elle meilleure ? Impossible de le dire puisqu’on ne sait pas quel sera le programme de ces deux années supplémentaires.

Plus de stages ? Peut-être. Je peux dire que les stages effectués actuellement par les régents dans les écoles suscitent plutôt une crainte voire un rejet de l’enseignement. Il y a une grande différence à débarquer dans une école inconnue pour donner un cours ou être dans sa propre classe.

Je ne peux absolument pas être d’accord avec ces deux réformes. Ignorer la spécificité de chaque niveau est hallucinant. On n’enseigne pas en maternelle comme en primaire, c’est une évidence.

Je dirai aussi que pendant des années on a affirmé que le troisième maternelle ne pouvait pas remplacer la première primaire d’où l’interdiction d’apprendre à lire, par exemple. L’apprentissage de la langue est d’ailleurs évoqué pour justifier l’obligation de la troisième maternelle. J’ajouterai l’apprentissage de la sociabilité qui se fait souvent par des activités qui plaisent aux petits.

Si l’objectif des Ministres est, comme je l’ai entendu, faire face à la pénurie d’enseignants c’est une mauvaise réponse à un réel problème.

 

06/05/2015

SAPHIA AZZEDDINE.

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Saphia Azzedine est née le 12 décembre 1979 à Agadir, au Maroc. A l’âge de neuf ans, elle vient en France. Elle obtient un bac littéraire puis une licence en sociologie.

Sa carrière est impressionnante. Elle a travaillé comme assistante diamantaire à Genève avant devenir journaliste, scénariste, actrice et écrivain.

Son premier roman « Confidences à Allah » est adapté au théâtre d’Avignon. En 2010, elle interprète la sœur de Kad Merad dans « L’italien » d’Olivier Baroux. Un an plus tard, elle adapte pour le cinéma son second roman « Mon père est femme de ménage » avec comme acteur principal François Cluzet. Le film a reçu le prix du Public au Festival International du film comique de l’Alpe d’Huez.

Les romans se succèdent : « La Mecque-Phuket » « Héros anonyme » « Combien veux-tu m’épouser ?» « Bilqiss. »

Bilqiss.

Bilqiss est une femme qui vit dans un pays non précisé où les gens suivent les dogmes et les traditions.

Un jour, elle monte au minaret et fait elle-même l’appel à la prière. Ce qu’elle déclare choque la communauté : « Allah se réjouit surtout de voir le croyant qui accomplit quelque chose, comme toi, le boulanger, que je vois marcher vers son échoppe et qui t’en va pétrir le pain pour ta communauté, toi, le maraîcher, qui dispose le récolte sur ton étal pour être le premier et le mieux placé au marché, toi, le gardien de nos jardins qui les alimente équitablement en eau toutes les heures pour qu’ils soient luxuriants, toi, je te vois aussi, le professeur d’histoire et de géographie, qui corrige tes copies à la lumière du réverbère (…) Je vous vois tous d’où je suis et je crois qu’Allah a pour vous beaucoup d’amour même si vous oubliez de prier ce matin. Dieu est grand. »

Non seulement, elle est montée au minaret pour l’appel à la prière mais elle fait dire à Allah qu’il aime ceux qui travaillent au lieu de faire la prière.

Le livre commence le jour de son procès. D’emblée elle choque l’assistance en déclarant : «  Contrairement à vous, je ne parlerai pas en son nom. Mais j’ai une intuition. Vous adorez Dieu, mais, Lui, Il vous déteste. »

Un tonnerre de protestation se répand dans la salle d’audience et le juge est obligé d’ajourner la séance.

Elle sait qu’elle risque la lapidation mais tout au long du procès, au lieu de manifester du repentir, elle continue ses provocations. On l’avait placée dans une cage pour qu’elle ne soit pas lynchée avant la fin du procès.

Elle a refusé l’aide d’un avocat voulant se défendre seule et surtout mettre le juge dans l’embarras par toutes ses déclarations. « Monsieur le juge, puis-je vous rappeler la sourate 88, verset 21. Dieu a dit : Tu n’es qu’un messager. Et tu n’as point d’autorité sur eux. C’est à Nous de les juger et de les rétribuer sans rien omettre de leurs actions. Alors, je vous le demande, vous prenez-vous pour Dieu ? »

Elle connaissait le juge, un ancien charpentier reconverti dans le droit islamique. Pour la communauté, c’était un homme respectable et très pieux.

Entre lui et Bilqiss va se passer quelque chose d’inattendu. Tous les soirs, il la visite dans sa cellule et essaie qu’elle demande pardon pour éviter la lapidation. Il cherche aussi à savoir pourquoi elle a agi comme cela. L’absence de motif le sidère. Il ne peut pas admettre qu’on fasse des choses « juste comme cela ».

Il retarde aussi le procès tant qu’il peut remettant la séance à plus tard chaque fois que le public réagit aux propos provocateurs de Bilqiss. Les gens s’impatientent. Ils attendent la lapidation qui est toujours un spectacle apprécié.

Une journaliste américaine, Léandra, a appris le procès par internet. Une vidéo est particulièrement choquante pour les Américains, les trente-sept coups de fouet donnés à Bilqiss. « Lorsque ce fut terminé, Bilqiss fut évacuée sur une civière, allongée sur le ventre afin que le monde puisse admirer son dos meurtri, lacéré et cloqué ».

La journaliste décide de se rendre sur place malgré l’opposition de ses amis. Elle logera dans la famille de Bilqiss.

Léandra doit d’abord voir le juge pour lui demander la permission d’assister au procès et surtout de pouvoir rencontrer Bilqiss. Elle pose la question qui lui brûle les lèvres : «  Pourquoi lapider une femme pour une faute si peu grave ? » La réponse est claire : « Notre religion a un but pédagogique :elle organise notre société. (…) Bilqiss pourrait cependant invoquer Dieu publiquement pour échapper au châtiment, mais cette effrontée soutient que l’on ne partage pas le même.Que le sien n’a rien à voir avec le nôtre. »

Léandra rencontrera Bilqiss qui l’accueillera froidement : « Chez vous, on ne fait que parler de soi. Ou parler des autres pour mieux parler de soi. Vous vous épanchez, vous racontez vos déboires, vos joies, vos amours, vos traumatismes, entre amies, sur internet, chez un analyste, dans les magazines, à la télévision, vous êtes des pipelettes narcissiques. (…) Ah, vous les aimez, les femmes musulmanes opprimées…)

Bilqiss et Léandra vont pourtant s’entendre. Et Bilqiss s’avouera : « J’aurais voulu être elle pour avoir une chance d’être celle que j’aurais dû être si j’étais née ailleurs. Celle que j’aurais pu être si l’on ne m’avait privée dès mon plus jeune âge de la plus infime liberté. J’aurais voulu être celle qui éprouvait de la pitié plutôt que celle qui en inspirait. ».

Le juge s’est décidé à la lapidation. Il recherche des pierres, des petites qui font mal mais ne tuent pas, des grosses qui donnent la mort.

Bilqiss l’apprend et elle dit à Léandra qu’elle va être lapidée le lendemain. Que puis-je faire pour vous ? lui demande Léandra. La réponse est inattendue : assister à la lapidation et jeter la première pierre, une grosse qui tue rapidement et empêche la souffrance.

Saphia Azzedine a écrit un roman qui se lit d’une traite même et ce qui pourrait paraître curieux vu le sujet, avec plaisir.

Le livre refermé,  je me suis demandé quel but l’auteur poursuivait en écrivant son roman. Bilqiss est une musulmane qui se réapproprie Allah car elle juge sévèrement ce que les juges ou les hommes plus généralement en ont fait. Est-elle une héroïne qui défend les femmes ? Ce qui est sûr c’est qu’elle hait sa condition de femme. Ainsi en parlant de Léandra  : «  Je m’amusais de la voir porter une burqa alors qu’elle aurait pu se contenter d’un foulard et d’une tunique. (…)Léandra portait la sienne comme un déguisement alors que, pour nous, c’était une seconde peau (…) J’avais d’ailleurs décoloré systématiquement toutes mes burqas dans des litres de Javel pour ne pas donner du relief à leur paysage. Pour hurler en silence tout le dégoût qu’ils m’inspiraient. »

C’est par de petites touches que nous apprenons qui est réellement Bilqiss, une femme très belle, qui adore les livres et les poètes, qui possède des objets interdits comme une pince à épiler… Pire qui a tué son mari et que des amis ont aidée à camoufler l’assassinat. Mais aussi une femme courageuse qui accepte la lapidation et refuse de s’enfuir comme le voudrait Léandra.

 

03/05/2015

OBLIGATION SCOLAIRE A CINQ ANS.

obligation scolaire à cinq ans

 

L’idée n’est pas neuve. Elle refait son apparition. Comme rien n’est simple en Belgique, l’obligation scolaire est du ressort du Fédéral mais la Fédération Wallonie-Bruxelles y est favorable donc cherche le moyen de pouvoir l’imposer. Ils ont donc trouvé une astuce, l’obligation scolaire deviendrait une obligation d’inscription avec peut-être une obligation de présence d’un nombre de jours.

Je reviens à l’obligation scolaire à cinq ans. Comment les politiques justifient-ils cette décision ? 97 % des enfants fréquentent l’école maternelle à cinq ans, je crois même plus tôt. C’est normal. L’école est moins chère que la crèche, la plupart des parents travaillent tous les deux, si la maman est seule, elle ne peut pas faire autrement que d’inscrire son enfant le plus vite possible à l’école.

La mesure ne concernerait donc que 3 % des enfants « qu’il faut absolument aller chercher » pour qu’ils fréquentent la troisième maternelle. D’après nos politiciens, ces 3 % proviennent de milieux défavorisés d’où le caractère social de la mesure.

La fréquentation de la maternelle serait un gage de réussite en primaire. Ce n’est pas tout à fait faux s’il s’agit surtout de l’apprentissage de la langue et de la sociabilité.

Je suis donc d’accord que la fréquentation de la troisième maternelle peut être un plus pour l’enfant mais je suis absolument contre l’obligation.

Pourquoi ? Tout simplement parce que l’obligation entraîne certaines règles notamment la justification de l’absence par un certificat médical. Je crains aussi qu’on établisse un quota de jours d’absence au-delà desquels l’enfant ne pourra pas s’inscrire en primaire.

Impossible donc de faire ce qui est courant actuellement, emmener ses enfants ou ses petits-enfants en vacances en dehors de congés scolaires pour profiter de tarifs plus avantageux par exemple pour la location d’un appartement.

Je me rappelle qu’alors que l’obligation scolaire n’était pas obligatoire, j’avais appris que des enfants étaient busés en troisième maternelle. J’avais été absolument indignée. Le redoublement n’arrange rien. Il y aura sans doute encore ou même plus de redoublements en maternelle alors qu’il est prouvé que la mesure est néfaste. Que dire alors quand elle a lieu en maternelle ? Le petit gosse apprendra donc qu’il doit recommencer son année. Sera-t-il alors mieux armé pour la première primaire ou complètement secoué, révolté par cette sanction ? Qui décidera de cette mesure : l’institutrice ? Selon quels critères ?

Je suis sans doute trop pessimiste mais ma carrière d’enseignante m’a appris beaucoup de choses et malgré moi j’imagine déjà ce qui servira de justification : «  Il n’est pas mûr – il ne sait pas se concentrer – il ne pense qu’à jouer. ».

Il me semble aussi qu’il y a trop peu d’écoles dans certaines régions. Va-t-on alors imaginer un décret comme le funeste décret d’inscription toujours revu mais jamais supprimé ?

Va-t-on surcharger les classes pour pallier à l’insuffisance d’écoles ce qui irait à l’encontre du but annoncé : un plus, un vrai plus pour tous les enfants.

Je n’ai vraiment pas envie d’en dire davantage. J’aimerais me tromper et constater que l’obligation scolaire à cinq ans est vraiment profitable pour tous les enfants.