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17/03/2015

DOMINIQUE FABRE.

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Dominique Fabre est né à Paris en 1960. A trois ans, il est placé dans une famille d’accueil. A douze ans, il habite avec sa mère et sa sœur dans une HLM à Asnières mais est aussitôt placé dans un internat jusqu’à la terminale.  Il obtient une maîtrise de philosophie à Nanterre.

Il a publié une dizaine de romans. « Ma vie d’Edgar » « Celui qui n’est pas là » « Les types comme moi » « Les prochaines vacances » « J’aimerais revoir Callaghan » « Moi aussi, un jour j’irai loin »
(
Billets du 24 août 2011 et 31 janvier 1012)

PHOTOS VOLEES.

Le narrateur Jean a cinquante-huit ans. Il travaillait dans une compagnie d’assurances. Il vient d’être licencié : « Je suis trop vieux, je coûte trop cher » Il n’est pas affecté par ce licenciement car il avait déjà « un pied dehors, depuis longtemps. »

Il vit seul. Hélène et lui ont divorcé car ils n’arrivaient pas à avoir un enfant. Depuis lors, il vit toujours dans le même appartement dans la banlieue de Paris.

Lors de ses promenades, il rencontre beaucoup d’amis dont Hélène avec qui il a gardé le contact,  Elise, qu’il avait beaucoup aimée et qui est mariée à Thierry, Nathalie et Orson. Ses amis lui manifestent beaucoup d’affection.

Il va consulter une avocate, Hélène Amalda, pour obtenir ses indemnités. Il va aussi à Pôle Emploi dans le secteur réservé aux seniors. « On arrive, on prend son ticket à une borne et on attend son tour ; le tour finit toujours par venir » Mais il sait bien qu’il ne retrouvera pas un emploi.

Dans la rue, il rêve, revoit sa vie, ses bons et ses mauvais moments. Il lui arrive même de parler seul. Il pense à son enfance sans père avec une mère qui ne l’aimait pas.

« Je ne parle pas beaucoup, c’est un fait. Je peux même rester des jours sans avoir rien à dire ou personne à qui le dire. Je parle à mon ombre, je parle dans la rue de Rome, quand je vais boire un verre avant de prendre le train, je parle le long des voies en contrebas de la gare Saint-Lazare. Je fais des discours idiots et, même il m’arrive de dire des choses à la glace de la salle de bains. »

Il se confie à son avocate : « A 58 ans, j’ai raté beaucoup de choses. Je n’aime pas le sport, je n’aime pas faire du vélo. J’aurais voulu donner beaucoup d’amour autour de moi mais je n’ai jamais su comment faire. J’ai aimé ma femme, nous avons divorcé. J’ai aimé toute ma vie Elise, une femme aujourd’hui remariée à un type bien, Thierry que j’apprécie. »

Un regard bien pessimiste sur sa vie. Pourtant, il ne déprime pas. Il déambule dans Paris et sa banlieue en regardant attentivement tout ce qui l’entoure. La solitude ne semble pas lui peser. Il est détaché du réel. Parfois, il s’interroge : sa vie aurait-elle pu être autre ?

Un jour, il décide de ressortir ses photos car il a été un photographe professionnel. Ses photos représentent quarante de sa vie. Certaines ont été prises sans l’accord de la personne photographiée, au hasard ; d’autres commandées pour des mariages ou autres événements, les plus précieuses celles des personnes qu’il a aimées.

Il se fait de nouveaux amis. Hachim, rencontré à Pôle emploi et le couple du bar de l’Oiseau bleu où il allait souvent.

Il va se remettre à prendre des photos comme il le faisait avant de travailler pour les Assurances.

Ses amis aiment ses anciennes photos et lui proposent d’en faire une exposition. « Je devais accrocher des photos à l’Oiseau bleu, un café très passant en bas de la rue de Rome où j’ai failli connaître mon père, où j’ai vu ma mère en vitrine avec lui, où j’ai passé beaucoup de temps dans ma vie à boire un verre et rêvasser, et où j’allais exposer trente photos choisies sur quarante ans »

Il craint que personne ne vienne à l’exposition mais tout se passe bien.

Le livre porte essentiellement sur ses souvenirs. Il fait le compte à rebours de sa vie et tente d’en reconstruire les fragments.

Il avait rêvé mieux mais il accepte le présent sans révolte et profite de ce que lui apporte encore la vie : un don pour la photo, quelques amis, peut-être une nouvelle relation.

Peu à peu, grâce à ses amis, il va reprendre confiance en lui et sortir de sa solitude.

Tout est en demi-teinte. Dominique Fabre réussit à créer l’émotion en relatant des choses banales et par la description des lieux.

Le lecteur devient le confident du narrateur. Le livre refermé, cherchera-t-il aussi à repenser à sa vie ?

 

Commentaires

Bonsoir, Mado. J'entendais justement ce matin, au Grand Charivari sur Musiq3, à propos de "Héro%"* quelqu'un dire que l'héroïsme, à notre époque où tout le monde veut sa minute de célébrité, c'était peut-être d'accepter une vie simple, ordinaire, anonyme - comme le personnage de ce roman, peut-être.

*
http://lesfeuxdelaramperogersimons.skynetblogs.be/archive/2015/03/19/hero-theatre-de-la-vie-depardieu-j-j-goldman-8405520.html

Écrit par : Tania | 21/03/2015

Merci Tania pour le lien. Je ne connaissais pas ce site.

Écrit par : mado | 22/03/2015

Les commentaires sont fermés.