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03/02/2015

CLAUDE MONIQUET.

Claude moniquet, ma menace terroriste

 

Claude Moniquet est né à Bruxelles le 3 mars 1958. Il a été un journaliste spécialisé dans les questions de sécurité et a travaillé plus d’une vingtaine d’années pour les médias notamment « Le quotidien de Paris » « Le Point » « L’Express ».

Il a été vingt ans à la DGSE (service de renseignements français) et a parcouru la planète entière : URSS puis la Russie, les Balkans, Israël, les Pays arabes, la Chine, le Vietnam, le Caucase, l’Amérique du nord. Il est considéré comme un spécialiste du terrorisme international.

En 2002, il a fondé l’ESISC, service de renseignements privés.

Il est l’auteur d’une vingtaine de livres portant sur l’histoire, l’espionnage, le terrorisme. « Les dossiers noirs de la Belgique » « Histoire de l’espionnage mondial » « Printemps arabes, printemps pourri » « Le Djihad, histoire secrète des hommes et des réseaux en Europe » « Neo-Dijadistes » « Services secrets pour les Nuls ».

LA MENACE TERRORISTE.

Le livre est une série d’entretiens avec le journaliste Jacques Bredael.

Dans le premier chapitre, Jacques Bredael l’interroge sur son passé. Son père était sous-directeur d’une compagnie d’assurances, sa mère, d’origine française, mère au foyer.

A quinze ans, il se révolte contre son milieu bourgeois et fréquente l’extrême-gauche. Il va même quitter l’école pour travailler dans une imprimerie, ce qu’on appelait alors dans le milieu « s’installer » c’est-à-dire quitter la bourgeoisie pour rejoindre la classe ouvrière.

Il avoue qu’il se déclarait marxiste-léniniste sans savoir exactement ce que cela voulait dire. Il participait aux manifestations et rendait des « services ».

Il lisait beaucoup et était impressionné par un héros des livres de Roger Martin du Gard « Les Thibault » dont le héros Jacques, est en rupture avec son milieu. (Des livres que j’ai beaucoup aimés.)

La rupture se fera en 1979 au cours d’une discussion avec un camarade qui trouvait acceptable la tuerie d’enfants israéliens « pour faire avancer la révolution ».

Il part alors en Israël, pour vivre dans un kibboutz et se donner le temps de réfléchir.

Il y restera longtemps et écrira des papiers pour des journaux. C’est le début de sa carrière de journaliste.

A propos d’Israël, même s’il est très attaché à ce pays, il a toujours soutenu une solution négociée du conflit israélo-palestinien qui aboutirait sur la création d’un état palestinien viable. Il est d’ailleurs opposé à l’occupation en Cisjordanie.

Revenu en Europe, il a travaillé pour une quinzaine de journaux différents et a effectué plusieurs reportages en Pologne et en URSS publiés sous un pseudonyme. Déjà, à l’époque, il écrivait beaucoup sur le terrorisme. (Brigades rouges en Italie, IRA, les CCC en Belgique)

Il devient anticommuniste en constatant que l’URSS n’est  guère le paradis décrit à l’époque.

Il est recruté par la DSGE et pratique le métier dangereux d’informateur. A l’époque, des agents étaient régulièrement arrêtés. Il raconte comment il lui arrivait de faire trois ou quatre heures de déplacement en alternant voiture, marche à pied, tramway, train avant de retrouver son contact.

Déjà, à l’époque, les services secrets étaient intéressés par les réseaux islamistes après les attentats commis en France.

Comme vous avez pu le constater par les livres publiés, il a beaucoup étudié les islamistes et insiste sur les attentats déjoués par les services de renseignements.

Jacques Bredael lui demandera ce qui pourrait arriver chez nous. Je recopie pour ne pas déformer.

« Nous devons faire face à deux menaces distinctes et complémentaires. D’une part, il y a toujours al-Quaïda, c’est-à-dire une mouvance dirigée par Ayman-al-Zawahiri, l’ancien idéologue de Ben Laden, devenu son successeur. Ces gens-là visent, essentiellement, à commettre des attentats massifs, extrêmement traumatisants pour la société du fait de leur ampleur et du nombre de victimes comme le « 11 septembre », Madrid en mars 2014, Londres en juillet 2005. (…) Et puis, il y a la deuxième menace, celle de l’Etat Islamique, l’EL. Ici, pas de grande machine, pas de vaste complot. (…) Lorsque Mehi Nemmouche tue quatre personnes, à Bruxelles, le 24 mars 2014, il est seul. (…) C’est ça la menace de l’EI : le risque à la fois d’actions bien préparées, comme l’attentat de Bruxelles et d’actes isolés mais qui entretiennent la tension et sèment la terreur. (…) Ce que l’on sait, c’est que sur les milliers de djihadistes occidentaux présents en Syrie et en Irak aujourd’hui, un certain nombres sont prêts à commettre et préparent des attentats en Europe et aux Etats-Unis. »

La position de Claude Moniquet est très claire : « Tous ceux qui reviennent doivent être considérés et traités comme des suspects, sans aucun doute. Le risque est trop grand pour se laisser aveugler par un humanisme angélique, qui n’est plus de saison. Il faut d’abord faire le tri… » « Nous avons légalement la possibilité de les mettre en prison, d’examiner leur cas calmement, en prenant du temps, de manière à déterminer qui mérite de rester un certain temps derrière les barreaux, et qui peut être remis en liberté. C’est la seule manière raisonnable d’agir ; on ne peut pas les laisser dans la nature car nous n’avons pas les moyens de les surveiller. »

Cela peut paraître dur mais je pense que Claude Moniquet qui a une très grande expérience du terrorisme ne parle pas à la légère.

Le salafisme ? C’est revenir à un islam des premiers temps, un islam pur, comme celui des « salafs » les pieux compagnons du prophète.

Que veulent-ils ? Détruire  l’occident comme on le dit souvent ? Pour Claude Moniquet, ce que veulent les idéologues c’est que l’occident se dégage, qu’ils puissent établir des régimes islamiques.

Il y a encore beaucoup de points traités par Claude Moniquet et Jacques Bredael, mais c’est impossible de les résumer.

Si j’ai voulu écrire ce billet, c’est pour faire connaître Claude Moniquet que tout le monde voit à la télévision sans savoir, à part sa réputation d’expert en terrorisme, qui il est.

Nulle arrogance chez lui, au contraire, il répond aux questions posées, d’un air calme et je me dis souvent qu’il doit parfois avoir envie d’intervenir beaucoup plus que ce que l’animateur des débats lui permet.

Comme le livre est un entretien mené par un journaliste, il se lit facilement, c’est presque du langage parlé. Je suppose qu’il a été construit à partir d’enregistrements.

Je voulais aussi recommander ses livres et en quelque sorte lui rendre justice car peu de personnes le connaissent.

A titre de comparaison, deux lignes dans Wikipédia contre combien pour d’autres célébrités ?

 

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