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28/01/2015

COMMEMORATION.

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« Plus jamais ça »

Il y a septante ans, le 27 février 1945, l’Armée rouge découvrait le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz, en Pologne, qui allait devenir le symbole de la barbarie nazie.

Survivants de l’Holocauste, chefs d’Etat et têtes couronnées se sont réunis hier rappelant l’horreur des camps mais affirmant aussi leur crainte de voir monter l’antisémitisme. Un million et demi d’humains y ont été exterminés provenant de plusieurs pays d’Europe, des Juifs mais aussi des Tsiganes, des résistants polonais et russes.

La Belgique était représentée par le roi Philippe et la reine Mathilde, Charles Michel et Didier Reynders.

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Le plus grand et le plus meurtrier de tous les camps d’extermination et de concentration nazis, Auschwitz-Birkenau, est le seul à avoir été préservé tel qu’il avait été abandonné par les Allemands en fuite devant l’Armée rouge. Il reste les ruines des chambres à gaz et des fours crématoires que les nazis ont fait sauter avant de fuir.

D’autres camps d’extermination nazis en Pologne  ont été complètement détruits par les Allemands pour en effacer les traces.

Pas de discours politiques, seuls les survivants ont raconté l’enfer qu’ils ont vécu et demandé que ce ne soit pas oublié.

Madame Simone Veil avait prononcé un discours lors de la cérémonie internationale du 27 janvier 2005 :

« Plus d’un million et demi d’êtres humains avaient été assassinés : le plus grand nombre simplement parce qu’ils étaient juifs. Sur la rampe, toute proche d’ici, les hommes, les femmes, brutalement débarqués des wagons, étaient sélectionnés en une seconde, sur un simple geste des médecins SS.

Que serait devenu ce million d’enfants juifs assassinés, encore bébés ou déjà adolescents, ici ou encore les ghettos, ou dans d’autres camps d’extermination ? Des philosophes, des artistes, de grands savants ou plus simplement d’habiles artisans ou des mères de famille ? Ce que je sais, c’est que je pleure encore chaque fois que je pense à tous ces enfants et que je ne pourrai jamais les oublier. »

Nous, les derniers survivants, nous avons le droit et même le devoir, de vous mettre en garde et de vous demander que le « plus jamais ça » de nos camarades devienne réalité. »

N’ont pas été oubliés les milliers qui ont sauvé les Juifs et ont été sacrés « Justes parmi les Nations »

Image du diplôme et de la médaille :

Médaille et diplôme.JPG

De nombreux livres ont été consacrés à la Shoah parmi lesquels celui de Primo Lévi « Si c’est un homme » témoignage majeur et glaçant de son expérience dans le camp.

La veille des commémorations, le réalisateur américain, Steven Spielberg, auteur du film « La Liste de Schindler » avait affirmé dans un discours que les Juifs étaient encore aujourd’hui confrontés aux « démons vivaces de l’intolérance » « Antisémites, extrémistes radicaux et fanatiques religieux commettent de nouveau des crimes. »

« Le plus jamais ça » est non seulement un appel à se souvenir de l’horreur mais aussi un appel à la tolérance et au respect de la dignité de l’homme.

 

26/01/2015

LIBERTE D'EXPRESSION.

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J’ai été comme tout le monde profondément choquée par les attentats contre Charlie Hebdo, à Montrouge et dans le supermarché cacher à la porte de Vincennes.

Pourtant, au fur et à mesure des jours, je me suis sentie mal à l’aise devant les manifestations organisées pour revendiquer la liberté d’expression des journalistes de Charlie Hebdo, l’avatar « Je suis Charlie Hebdo » repris dans tous les médias pendant plusieurs jours, les bousculades devant les librairies pour acheter le journal dont le tirage est monté de jour en jour.

Mal à l’aise aussi devant les critiques des manifestations dans les pays musulmans défendant le prophète, les critiques aussi des réactions de jeunes refusant, dans les écoles, de s’associer aux minutes de silence.

Bien sûr, le « c’est bien fait » m’a choquée. Une réponse inadmissible envoyée à ceux qui défendaient les journalistes de Charlie Hebdo.

Les manifestations étaient faites pour défendre la liberté d’expression. Une liberté fondamentale énoncée par l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme. « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression ».

J’y souscris mais les caricatures m’ont choquée et je me suis posée plusieurs questions. Les humoristes ont-ils tous les droits ? Peuvent-ils se dédouaner des conséquences de leurs dessins ?

Je sais que la liberté d’expression est encadrée par des lois. En Belgique, la loi Moureaux du 31 juillet 1981. L’incitation à la haine ou à la discrimination pour des motifs xénophobes ou racistes est passible de sanctions.

Voilà pour le principe, clair en principe seulement puisqu’elle a été complétée par d’autres lois.

Disons-le franchement, la loi n’empêche pas les discriminations mais c’est un autre débat.

J’ai dû constater les répercussions de l’émotion suscitée par les attentats en écoutant les polémiques à propos du livre de Zemmour ou, c’est plus courant, la condamnation de Dieudonné qui excelle dans la provocation.

 Je ne comparerai certainement pas les journalistes de Charlie Hebdo à Dieudonné. Mais, il est clair que sa condamnation a été mise en exergue comme jamais.

A vrai dire, ma réflexion a plutôt porté sur la liberté d’expression, droit fondamental, certes, mais présentée souvent comme absolue. Je l’ai dit, elle est encadrée par la loi. J’aurais aimé que les médias le rappellent.

J’ai aussi pensé aux jeunes. Les profs ont bien des difficultés pour leur inculquer une valeur fondamentale elle aussi qu’est le respect des convictions des autres.

La religion a fait un retour spectaculaire dans la société. Qu’on le déplore ou non, c’est un fait. Or, l’histoire nous a appris combien elles pouvaient être « meurtrières ».

L’islam n’échappe pas plus que le catholicisme à cette tentation de justifier les pires atrocités par la croyance en Dieu.

Ce qui est nouveau, c’est qu’en occident, nous pensions être arrivés à bannir ces justifications. Mais nous sommes impuissants devant les représailles sanglantes de ceux qui revendiquent la liberté d’expression ou la démocratie ou devant la montée du radicalisme des jeunes.

Pour moi, c’est un paradoxe que de louer ceux qui se moquent des religions et en même temps chercher comment empêcher que les jeunes croient qu’ils peuvent tout faire au nom de Dieu.

Voilà l’origine de mon malaise.

Je suis bien d’accord que les caricatures ne sont un blasphème que pour les croyants. Mais, est-ce sage, dans la société actuelle, de leur donner l’occasion de pouvoir crier au blasphème ?

Aujourd’hui, c’est la banderole du Standard qui fait l’actualité. Condamnation bien entendu mais n’est-ce pas aussi la preuve que certains ont la conviction que tout est permis ?

 

15/01/2015

MAÏMONIDE. (PHARES - JACQUES ATTALI)

 

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STATUE A CORDOUE.

 

Moïse Ibn Maïmoun, dit Maïmonide, (1135 – 1204) est une figure intellectuelle du judaïsme médiéval.

Médecin, juge, théologien, philosophe, commentateur d’Aristote, Maïmonide est né à Cordoue, dans une Espagne islamisée.

Les persécutions des juifs vont faire qu’il vivra dix années d’errance. D’abord dans différentes villes du sud de l’Espagne, à Fès au Maroc, en Palestine, puis en Egypte.

Dans sa jeunesse, à Cordoue, les juifs sont tolérés comme les chrétiens. Ils sont dhimmis, c’est-à-dire protégés moyennant le paiement d’une taxe.

La situation change en 1149, des juifs et des chrétiens sont massacrés, d’autres sont convertis de force ou chassés. Après trois siècles de vie commune, l’Islam chasse les autres monothéistes.

« Face à cette tragédie les communautés d’Andalousie interrogent les rabbins : que faire ? se convertir ? mourir ? partir ? mais où aller ? »

Certains rabbins conseillent de partir comme le fera la famille de Maïmonide ; d’autres conseillent de se convertir. Le père de Maïmonide dit qu’un juif converti de force reste juif s’il continue à prier en secret et à pratiquer la charité. Il décide d’emmener sa famille à Fès où ils resteront cinq ans. Les juifs seront chassés comme ils l’avaient été à Cordoue.

Comme son père, Maïmonide conseille de se convertir pour sauver sa vie et fuir dès que cela devient possible pour revenir au judaïsme.

La famille choisit cependant de partir pour la Palestine, terre entre les mains des croisés et disputée par les musulmans. La situation des Juifs y est misérable.

Après la mort de son père, Maïmonide poursuit ses études talmudiques, soutenu financièrement par son frère David qui faisait le commerce des pierres précieuses.

Maïmonide décide d’emmener la famille en Egypte, terre musulmane mais qui à la réputation de se montrer plus accueillante pour les Juifs. Son frère meurt au cours du voyage. Ne voulant tirer aucune contribution de ses travaux sur la Torah, il devient médecin. Il soignera même Saladin gouverneur de l’Egypte.

Pour Maïmonide, le peuple juif doit faire régner la justice sur la terre pour réaliser la pensée de Dieu. Le Messie, tellement attendu par le peuple juif, ne sera qu’un homme au service de la paix. Ils considèrent que ceux qui se présentent comme étant le Messie et promettent des miracles sont des charlatans. «  Le jour viendra où la terre sera remplie de la connaissance de Dieu comme l’océan est rempli d’eau. »

Maïmonide croit que la foi et la raison sont compatibles parce que toutes deux de création divine. Il ne croit pas non plus au jugement dernier de chaque âme individuelle. Il rejette le fatalisme de certains exégètes de l’Islam. Pour lui, l’homme est libre de faire le bien ou le mal.

Au contraire de ce qu’affirment certains penseurs juifs ou chrétiens, Dieu n’a pas de forme humaine. Ainsi, si la Bible affirme que Dieu créa l’homme à son image, ce n’est qu’une image. « De Dieu, on ne peut rien dire sinon qu’il est distinct de l’univers et n’a aucun substrat matériel. »

Maïmonide va rédiger une dizaine de traités médicaux. Inspiré par Aristote et le Talmud, il affirme que le psychisme a un impact sur le corps.

Il va rédiger le « Guide des perplexes », appelé communément « Le guide des égarés »en arabe, comme ses autres livres, dans lequel il formule treize propositions qui résument le judaïsme. Ainsi, la foi en Dieu doit être complètement désintéressée. « L’exercice de la justice, de la vérité et de l’amour constitue en soi ses propres récompenses. Les pratiques magiques, la superstition, les pèlerinages, le culte des tombes des saints et l’astrologie relèvent pour lui du blasphème. »

Une controverse opposait les communautés juives. Certains comme Maïmonide pensaient que les Juifs devaient  étudier la science ; d’autres, qu’il ne fallait étudier que la Torah.

Le Guide des égarés sera traduit en hébreu, puis en latin et aura un grand retentissement dans la chrétienté notamment par sa description de l’abstraction de Dieu.

De plus en plus écrasé par son double travail de médecin et de juge, Maïmonide  mourra à soixante-six ans épuisé par sa tâche.

Voici comme il décrit sa vie :

« J’habite Fostat et le Sultan demeure au Caire ; ces deux lieux sont séparés par une distance de quatre lieues. Mon service à la Cour du Sultan est très pénible. Je dois rendre visite au Sultan tous les matins, très tôt. (…)Ainsi, régulièrement, je me trouve au Caire dès l’aube et ne reviens à Fostat que dans l’après-midi. Je suis alors presque mort de faim et je troue chez moi toutes les salles remplies de monde, non-juifs et juifs, notables et gens du peuple, juges et plaignants, amis et ennemis, une foule hétéroclite qui attend mon retour. (…) Le va-et-vient dure jusque tard dans la nuit(…) Aucun juif ne peut avoir d’entretien privé avec moi, sinon, le jour du Shabbat. Ce jour-là, la communauté ou à tout le moins la majorité de ses membres, vient chez moi après la prière du matin et je les instruis sur ce qu’ils doivent faire pour l’ensemble d la semaine. Nous étudions un peu ensemble jusqu’à midi, après quoi ils partent. Certains reviennent après la prière de l’après-midi et on étudie de nouveau jusqu’à la prière du soir. »

Ceci n’est qu’un bref aperçu de l’œuvre de Maïmonide. Esprit rationaliste, son œuvre fut déterminante sur le développement du judaïsme.

Cela fait parfois du bien de retourner dans le passé pour retrouver une sérénité ébranlée par  l’actualité. J’ai une pensée émue pour toutes les victimes de la barbarie de ces derniers jours.

 

08/01/2015

CONFUCIUS. (PHARES - JACQUES ATTALI)

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Confucius appelé ainsi par les Jésuites au XVIIe siècle est pour les Chinois Maître Kong. Il serait né en -551 et serait mort en -479.

Son père, qui a neuf filles de sa première épouse conseille le premier ministre d’une principauté en Chine. A soixante-quatre ans, il a une liaison avec une très jeune fille, Zheng Zaï qui vient prier sur la colline de Niquiu pour avoir un fils. Elle met au monde un enfant doté d’une grosse bosse sur la tête d’où le nom de Qiu, pour colline ou bosse.

Le père meurt sans avoir reconnu l’enfant, qui n’a alors que trois ans. Sa mère ne lui révèle pas la vérité sur sa naissance.

Confucius va devenir conseiller de plusieurs politiques voulant leur enseigner la bonne gouvernance. Il sera aussi Premier ministre.

A quarante-deux ans, déçu du pouvoir, il se retire dans son pays natal pour écrire sur la poésie, l’histoire, les rites et la musique.

Il va élaborer une doctrine politique et sociale, une morale, mêlant recommandations sur le bonheur de vivre et conseils sur le gouvernement de la société.

Il vit à une époque d’agitations politiques mais aussi de découvertes de la raison et de l’individu. En Inde, apparaît Gautama Bouddha, qui va doter l’Asie d’une philosophie fondamentale. En l’Iran actuel, Zarathoustra qui fonde ce qui deviendra sous Darius 1er la religion officielle de l’Empire perse. Thalès annonce l’éclipse de soleil du 28 mai -585. Anaximandre dresse la première carte ionienne, représentation géométrique du monde centré sur la mer Egée. Pythagore préfigure l’avènement de la science.

Selon la légende, Confucius aurait rencontré Lao-Tseu (fondateur du taoïsme) qui lui aurait dit : « Un homme brillant et réfléchi, court souvent le risque de perdre la vie parce qu’il aime à dévoiler les défauts des autres hommes. Un homme instruit, savant et habile à la discussion, est souvent exposé au danger parce qu’il met le doigt sur les faiblesses humaines »

Ce que nous pouvons retenir de lui est sa réponse faite à un duc qui lui demande ce que c’est qu’un bon roi. Confucius répond : « Le roi doit être un vrai roi, les ministres de vrais ministres, les pères de vrais pères et les fils de vrais fils » Autrement dit, commente Jacques Attali, quand nul n’est à sa place, c’est l’anarchie. La soumission au père et au prince garantit la cohésion des familles et celle du pays. Mais cette soumission s’accompagne d’un droit de remontrance des enfants et des sujets si le père ou le prince vont dans la mauvaise direction.

Son enseignement est consigné dans des Entretiens qui paraîtront longtemps après sa mort. C’est le seul texte qui lui soit attribué et dont l’authenticité ne fait aucun doute.

Extraits : « Les jeunes gens devraient être de bons fils dans leurs foyers, polis et respectueux en société, prudents et fidèles aimant le peuple et la compagnie des hommes biens » « Les trois vertus nécessaires à tous les hommes sont la prudence, l’humanité et la force. Pour n’être pas stériles elles doivent avoir une qualité commune : être vraies, sincères. » « Le junzi (homme de bien) ne prêche rien qu’il n’ait d’abord mis en pratique. Il considère le bien universel et non l’avantage particulier, tandis que l’homme vulgaire ne voit que l’avantage particulier et non le bien universel. » « Pour gouverner, il convient d’abord de se respecter soi-même. » « La vertu suprême de l’honnête homme est le ren, le respect de soi et des autres. »

Confucius n’a jamais cherché à s’ériger en maître en penser. Il cherchait à développer chez ses disciples, l’autonomie, l’esprit critique, la réflexion personnelle. « Je lève un des quatre coins du voile ; si l’étudiant ne peut découvrir les trois autres, tant pis pour lui. »

Moraliste, oui, mais ce qu’on sait moins est l’importance qui l’accordait à la joie. « Celui qui sait une chose ne vaut pas celui qui l’aime. Celui qui l’aime ne vaut pas celui qui en fait sa joie »

Confucius n’a pas dans le sens où nous l’entendons fondé une religion. Le confucianisme est une morale positive structurée par les rites et vivifiée par la sincérité mettant l’accent sur l’étude et la rectitude. La Chine l’érigera en religion d’état mais son influence s’étendra à toute l’Asie.

Je vais me permettre une citation non reprise par Jacques Attali mais qui me plaît bien : « Ne parlez pas de vous en bien, car on ne vous croira pas, ni en mal car on ne vous croira que trop. »

Vous en trouverez facilement beaucoup d’autres…

 

06/01/2015

PHARES : 24 DESTINS.

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Jacques Attali, né  à Alger en 1943, est surtout connu comme économiste, conseiller de François Mitterrand, auteur de nombreux rapports mais il est aussi romancier, journaliste, biographe, chroniqueur.  

Son livre Phares contient 24 microbiographies de personnalités connues ou inconnues. Très différentes les unes des autres, elles proviennent de tous les continents, de toutes les époques.

Dans sa préface, l’auteur les présente comme ayant eu une grande influence sur sa pensée. Il rappelle qu’il avait déjà consacré une biographie à Blaise Pascal, Karl Marx, Mohandâs Gândhi et François Mitterrand.

Son choix est très clair. « Je m’intéresse au destin de ceux qui laissent une trace durable dans l’Histoire, en donnant un sens au devenir du monde, par la philosophie, l’art, la science et l’action, économique et politique. »

Les personnalités retenues répondent à une autre exigence : tous se sont évertués à devenir soi. Je pense fatalement à son dernier livre « Devenir soi ».  (Billet 22 novembre 2014).

Les noms peuvent parfois surprendre. On ne s’étonnera pas d’y trouver Confucius, Aristote, Thomas d’Aquin, le juif Maïmonide,  le mystique Maître Eckhart ou le philosophe anglais Thomas Hobbe. Ils ont tous eu une influence très grande sur leur époque et, je pourrais même dire, sur la nôtre.

Connus aussi Madame de Staël, Darwin pour sa théorie de l’évolution, récemment remise en question par certains, le scientifique Thomas Edison.

Par contre, le lecteur s’étonnera peut-être d’y trouver Giordano Bruno, accusé d’hérésie pour avoir développé la théorie de l’héliocentrisme et d’un univers infini et pas Galilée, beaucoup plus connu de nos contemporains.

Avant de lire le livre, le lecteur s’étonnera sans doute du choix d’Ahd-el-Kader, premier résistant à la colonisation au Magreb, Ho Chi Minh, fondateur de la nation vietnamienne ou Simon Bolivar, libérateur de l’Amérique du sud.

Etonnant aussi d’y trouver le peintre Caravage et le musicien Richard Strauss.

J’avoue que je ne connaissais pas du tout les figures asiatiques comme Acoka, sans qui le bouddhisme aurait peut-être disparu, Shrimas Râjchandra, fondateur du jaïnisme ou l’empereur japonais Meiji, promoteur de la modernité dans un pays encore dominé par la féodalité.

Tous ne sont pas des modèles mais, dit Jacques Attali, leurs erreurs peuvent nous guider.

Je ne voudrais pas donner par cette énumération l’impression que le livre est difficile. Il se lit très facilement. Les chapitres sont courts et comme ils n’ont aucun lien les uns avec les autres, le lecteur choisira de se pencher d’abord sur ceux qui l’intéressent.

Mon billet d’aujourd’hui n’est qu’une présentation mais j’y reviendrai.

Je m’en voudrais de ne pas citer le paragraphe qui termine la préface :

« En découvrant leurs aventures on comprendra mieux, je l’espère, combien chaque vie est précieuse et comment des milliards de vies construisent, à chaque instant, la grande histoire de l’humanité. »

Parole d’espérance d’un auteur à qui on a souvent reproché son pessimisme.