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26/01/2015

LIBERTE D'EXPRESSION.

liberté d'expression, attentats, manifestations, réactions

 

J’ai été comme tout le monde profondément choquée par les attentats contre Charlie Hebdo, à Montrouge et dans le supermarché cacher à la porte de Vincennes.

Pourtant, au fur et à mesure des jours, je me suis sentie mal à l’aise devant les manifestations organisées pour revendiquer la liberté d’expression des journalistes de Charlie Hebdo, l’avatar « Je suis Charlie Hebdo » repris dans tous les médias pendant plusieurs jours, les bousculades devant les librairies pour acheter le journal dont le tirage est monté de jour en jour.

Mal à l’aise aussi devant les critiques des manifestations dans les pays musulmans défendant le prophète, les critiques aussi des réactions de jeunes refusant, dans les écoles, de s’associer aux minutes de silence.

Bien sûr, le « c’est bien fait » m’a choquée. Une réponse inadmissible envoyée à ceux qui défendaient les journalistes de Charlie Hebdo.

Les manifestations étaient faites pour défendre la liberté d’expression. Une liberté fondamentale énoncée par l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme. « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression ».

J’y souscris mais les caricatures m’ont choquée et je me suis posée plusieurs questions. Les humoristes ont-ils tous les droits ? Peuvent-ils se dédouaner des conséquences de leurs dessins ?

Je sais que la liberté d’expression est encadrée par des lois. En Belgique, la loi Moureaux du 31 juillet 1981. L’incitation à la haine ou à la discrimination pour des motifs xénophobes ou racistes est passible de sanctions.

Voilà pour le principe, clair en principe seulement puisqu’elle a été complétée par d’autres lois.

Disons-le franchement, la loi n’empêche pas les discriminations mais c’est un autre débat.

J’ai dû constater les répercussions de l’émotion suscitée par les attentats en écoutant les polémiques à propos du livre de Zemmour ou, c’est plus courant, la condamnation de Dieudonné qui excelle dans la provocation.

 Je ne comparerai certainement pas les journalistes de Charlie Hebdo à Dieudonné. Mais, il est clair que sa condamnation a été mise en exergue comme jamais.

A vrai dire, ma réflexion a plutôt porté sur la liberté d’expression, droit fondamental, certes, mais présentée souvent comme absolue. Je l’ai dit, elle est encadrée par la loi. J’aurais aimé que les médias le rappellent.

J’ai aussi pensé aux jeunes. Les profs ont bien des difficultés pour leur inculquer une valeur fondamentale elle aussi qu’est le respect des convictions des autres.

La religion a fait un retour spectaculaire dans la société. Qu’on le déplore ou non, c’est un fait. Or, l’histoire nous a appris combien elles pouvaient être « meurtrières ».

L’islam n’échappe pas plus que le catholicisme à cette tentation de justifier les pires atrocités par la croyance en Dieu.

Ce qui est nouveau, c’est qu’en occident, nous pensions être arrivés à bannir ces justifications. Mais nous sommes impuissants devant les représailles sanglantes de ceux qui revendiquent la liberté d’expression ou la démocratie ou devant la montée du radicalisme des jeunes.

Pour moi, c’est un paradoxe que de louer ceux qui se moquent des religions et en même temps chercher comment empêcher que les jeunes croient qu’ils peuvent tout faire au nom de Dieu.

Voilà l’origine de mon malaise.

Je suis bien d’accord que les caricatures ne sont un blasphème que pour les croyants. Mais, est-ce sage, dans la société actuelle, de leur donner l’occasion de pouvoir crier au blasphème ?

Aujourd’hui, c’est la banderole du Standard qui fait l’actualité. Condamnation bien entendu mais n’est-ce pas aussi la preuve que certains ont la conviction que tout est permis ?

 

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