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08/01/2015

CONFUCIUS. (PHARES - JACQUES ATTALI)

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Confucius appelé ainsi par les Jésuites au XVIIe siècle est pour les Chinois Maître Kong. Il serait né en -551 et serait mort en -479.

Son père, qui a neuf filles de sa première épouse conseille le premier ministre d’une principauté en Chine. A soixante-quatre ans, il a une liaison avec une très jeune fille, Zheng Zaï qui vient prier sur la colline de Niquiu pour avoir un fils. Elle met au monde un enfant doté d’une grosse bosse sur la tête d’où le nom de Qiu, pour colline ou bosse.

Le père meurt sans avoir reconnu l’enfant, qui n’a alors que trois ans. Sa mère ne lui révèle pas la vérité sur sa naissance.

Confucius va devenir conseiller de plusieurs politiques voulant leur enseigner la bonne gouvernance. Il sera aussi Premier ministre.

A quarante-deux ans, déçu du pouvoir, il se retire dans son pays natal pour écrire sur la poésie, l’histoire, les rites et la musique.

Il va élaborer une doctrine politique et sociale, une morale, mêlant recommandations sur le bonheur de vivre et conseils sur le gouvernement de la société.

Il vit à une époque d’agitations politiques mais aussi de découvertes de la raison et de l’individu. En Inde, apparaît Gautama Bouddha, qui va doter l’Asie d’une philosophie fondamentale. En l’Iran actuel, Zarathoustra qui fonde ce qui deviendra sous Darius 1er la religion officielle de l’Empire perse. Thalès annonce l’éclipse de soleil du 28 mai -585. Anaximandre dresse la première carte ionienne, représentation géométrique du monde centré sur la mer Egée. Pythagore préfigure l’avènement de la science.

Selon la légende, Confucius aurait rencontré Lao-Tseu (fondateur du taoïsme) qui lui aurait dit : « Un homme brillant et réfléchi, court souvent le risque de perdre la vie parce qu’il aime à dévoiler les défauts des autres hommes. Un homme instruit, savant et habile à la discussion, est souvent exposé au danger parce qu’il met le doigt sur les faiblesses humaines »

Ce que nous pouvons retenir de lui est sa réponse faite à un duc qui lui demande ce que c’est qu’un bon roi. Confucius répond : « Le roi doit être un vrai roi, les ministres de vrais ministres, les pères de vrais pères et les fils de vrais fils » Autrement dit, commente Jacques Attali, quand nul n’est à sa place, c’est l’anarchie. La soumission au père et au prince garantit la cohésion des familles et celle du pays. Mais cette soumission s’accompagne d’un droit de remontrance des enfants et des sujets si le père ou le prince vont dans la mauvaise direction.

Son enseignement est consigné dans des Entretiens qui paraîtront longtemps après sa mort. C’est le seul texte qui lui soit attribué et dont l’authenticité ne fait aucun doute.

Extraits : « Les jeunes gens devraient être de bons fils dans leurs foyers, polis et respectueux en société, prudents et fidèles aimant le peuple et la compagnie des hommes biens » « Les trois vertus nécessaires à tous les hommes sont la prudence, l’humanité et la force. Pour n’être pas stériles elles doivent avoir une qualité commune : être vraies, sincères. » « Le junzi (homme de bien) ne prêche rien qu’il n’ait d’abord mis en pratique. Il considère le bien universel et non l’avantage particulier, tandis que l’homme vulgaire ne voit que l’avantage particulier et non le bien universel. » « Pour gouverner, il convient d’abord de se respecter soi-même. » « La vertu suprême de l’honnête homme est le ren, le respect de soi et des autres. »

Confucius n’a jamais cherché à s’ériger en maître en penser. Il cherchait à développer chez ses disciples, l’autonomie, l’esprit critique, la réflexion personnelle. « Je lève un des quatre coins du voile ; si l’étudiant ne peut découvrir les trois autres, tant pis pour lui. »

Moraliste, oui, mais ce qu’on sait moins est l’importance qui l’accordait à la joie. « Celui qui sait une chose ne vaut pas celui qui l’aime. Celui qui l’aime ne vaut pas celui qui en fait sa joie »

Confucius n’a pas dans le sens où nous l’entendons fondé une religion. Le confucianisme est une morale positive structurée par les rites et vivifiée par la sincérité mettant l’accent sur l’étude et la rectitude. La Chine l’érigera en religion d’état mais son influence s’étendra à toute l’Asie.

Je vais me permettre une citation non reprise par Jacques Attali mais qui me plaît bien : « Ne parlez pas de vous en bien, car on ne vous croira pas, ni en mal car on ne vous croira que trop. »

Vous en trouverez facilement beaucoup d’autres…

 

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