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02/12/2014

GREVES.

grève, légitimité, répercussions, économie du pays

 

C’est difficile, presque inconvenant, de parler des grèves. Les grévistes se sont démenés, ont perdu de l’argent pour une cause qu’ils estimaient juste, les mesures du gouvernement Michel.

Pourtant, je ne peux pas rester insensible aux images violentes diffusées par les médias. Blocage de voitures, chauffeurs molestés, travailleurs attaqués par les piquets de grève. Et aussi, perte de salaires pour ceux qui ne voulaient pas participer à la grève.

Je ne puis pas non plus rester insensible devant certaines déclarations des syndicalistes. « Si les voitures veulent passer, nous ne nous laisserons pas faire » On l’a vu mais est-ce normal ?

« Liège, ville morte : Nous prouvons que nous sommes capables d’annuler l’activité économique. » Cri de triomphe ! Faire du mal à l’économie est donc non seulement légitime, mais un bien clairement revendiqué. Je pourrais dire un peu méchamment que j’avais toujours cru que les syndicats étaient très sensibles à l’économie du pays, source de profits aussi pour les travailleurs. Je sais qu’ils me répondront qu’ils se battent justement contre les atteintes aux pouvoirs d’achat en combattant le blocage de l’index mais tout de même…

J’ai sursauté aussi d’apprendre que le droit de grève était au-dessus de tous les droits constitutionnels. J’avais toujours cru, naïvement, que la Constitution était sacrée. Mais impossible de la respecter quand on abolit le droit de circuler, par exemple.

Trois jours de « grève tournante »  14 novembre, 1er décembre, 8 décembre. Le blocage des trains, des voitures ont fait que ces grèves ont touché Bruxelles et pas seulement les villes concernées.

Trois jours, trois lundis. Les répercussions dans l’enseignement ont été lourdes. Ce sont les mêmes cours qui ont été supprimés et c’est impossible de les rattraper sauf pour certaines matières comme le français ou les maths où on peut essayer de rattraper le cours perdus un autre jour. Au forcing.

Novembre et surtout décembre. Les mois pendant lesquels on prépare les examens ou le moment pendant lequel ils ont lieu. Ajoutons la grève nationale du 15 décembre qui suivra la grève tournante du 8 décembre à Bruxelles et on comprend que certaines écoles bruxelloises ont décidé de reporter les examens en janvier.

Un préjudice pour les élèves. Les examens auront lieu après 15 jours de vacances ! C’est du jamais vu.

Les grèves n’ont pourtant pas fait l’unanimité. Dans la population d’abord, chez les commerçants, les PME, les entreprises. Une perte sèche de revenus. Plus grave, chez les plus petits, une menace pour leur survie.

La Libre écrivait : « Les grèves servent-elles vraiment à quelque chose ? » Bonne question quand on se rappelle les grèves des années précédentes qui n’ont pas empêché les gouvernements de faire voter leurs lois.

« Il n’y a pas eu de concertation sociale » clament les syndicats. Le gouvernement, lui, rappelle que la concertation est inscrite dans l’accord gouvernemental mais que les syndicats la refusent. Il faut être deux pour négocier et on ne négocie pas quand les syndicats sont dans la rue. Cela me paraît logique.

Nous aurons certainement après le 15 décembre les chiffres des économistes sur ce que la grève a coûté à l’état.

En attendant, les travailleurs bruxellois qui ont dû se débrouiller pour aller travailler quand il n’y avait pas de train ont vécu des journées infernales. Tout le monde n’a pas une voiture !

Un tout petit exemple. Ma FO est furieuse. Elle perd deux journées de titres-services, soit 16 chèques ! Mais, bien sûr, pour un bien « futur » Elle n’en a cure, elle se demande comment elle va supporter cette perte d’argent.

Les syndicats sont tout puissants. Les citoyens, de gré ou de force, n’ont qu’à subir. Les policiers aussi qui ont été confrontés à des grévistes en colère.

Quatre jours ! Était-ce indispensable ?

Je n’en dirai pas plus. Même si la liberté d’expression  inscrite dans la Constitution n’a plus la valeur que je pensais, je l’exercerai quand même. Me lira qui voudra.

 

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