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26/11/2014

SIMONE VEIL.

simone veil, ivg, anniversaire, 26 novembre 1974

 

Simone Veil est née le 13 juillet 1927 à Nice.

Rescapée de la Shoah, elle entre dans la magistrature comme fonctionnaire jusqu’à sa nomination comme ministre de la santé en 1974. A ce poste, elle fait notamment adopter la « loi Veil » promulguée le 17 janvier 1975 qui dépénalise le recours par une femme à l’interruption volontaire de grossesse.

De 1979 à 1982, elle est la première présidente du Parlement européen, nouvellement élu au suffrage universel. Elle est Ministre d’Etat, ministre des Affaires sociales dans le gouvernement Balladur puis siège au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007. Elue à l’Académie française le 20 novembre 2008, elle est reçue sous la Coupole le 18 mars 2010.
(Billet du 19 mars 2010

LOI VEIL.

C’est le 26 novembre 1974 que Ministre de la Santé de Valéry Giscard d’Estaing, président récemment élu, que Simone Veil monte à la tribune de l’Assemblée nationale pour présenter aux députés son projet de réforme de la législation sur l’avortement. A l’époque, interrompre une grossesse est considéré comme un crime par le Code pénal.

« Je le dis avec toute ma conviction : l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue. (…) Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femmes. Je m’excuse de le faire devant cette assemblée presque exclusivement composée d’hommes. Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. C’est toujours un drame, cela restera toujours un drame. »

Il y aura trois jours de débats violents. Les insultes pleuvent. « Fours crématoire » « Barbarie organisée et couverte par la loi comme elle le fut par les nazis » « Choix d’un génocide » « Abattoirs où s’entassent des cadavres de petits hommes »

Après le passage de 74 orateurs, Simone Veil reprend la parole, déplorant les analogies avec le racisme scientifique des nazis.

Il lui a fallu beaucoup de courage pour supporter toutes ces injures. Elle a été d’autant plus touchée que trente ans plus tôt, elle avait échappé aux camps de la mort, où ses deux parents et son frère ont péri.

Le 29 novembre 1974, 284 députés contre 189 votent la loi dépénalisant l’IVG. Depuis, la législation a été assouplie à plusieurs reprises.

A l’occasion de ce quarantaine, France 2 diffusera mercredi soir un téléfilm La Loi sur le débat houleux qui a agité l’Assemblée nationale, avec Emmanuelle Devos dans la peau de Simone Veil.

Simone Veil ne s’exprime plus en public depuis la mort de son mari. Elle ne devrait pas sortir de son silence pour cet anniversaire.

C’est parce qu’elle avait été touchée par les dégâts causés par les avortements clandestins, qui touchaient surtout les classes populaires, qu’elle a accepté de se battre pour que le Parlement vote la loi légalisant l’IVG.

Elle le dira dans son discours : « Actuellement, celles qui se trouvent dans cette situation de détresse, qui s’en préoccupe ? La loi les rejette non seulement dans l’opprobre, la honte et la solitude, mais aussi dans l’anonymat et l’angoisse des poursuites. »

Simone Veil : une femme exceptionnelle.

Je reprendrai les derniers mots de Jean d’Ormesson lors de son discours de réception de Simone Veil à l’Académie française : « Nous vous aimons, Madame. »

 

22/11/2014

JACQUES ATTALI.

jacques attali, devenir soi

 

Jacques Attali économiste et écrivain est né le 1er novembre 1943 à Alger. Il a été le conseiller spécial de François Mitterand. Il a fondé et en a été le premier président la « Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Il a présidé la « Commission pour la croissance française ». Il dirige actuellement le groupe « PlaNet Finances ».

Il est l’auteur de nombreux rapports sur les réformes qu’il croyait nécessaire pour le bien de la France sans, il faut bien le dire, être très écouté des Politiques.

Il est aussi l’auteur de soixante-cinq essais, de biographies et de romans. Il est actuellement éditorialiste à L’Express.

Impossible de citer tous ses livres. Je ne reprendrai que ceux que j’ai lus : « Les Juifs, le monde et l’argent » « La Crise, et après ? » « Une brève histoire de l’avenir » « Sept leçons de vie » » « La Confrérie des Eveillés » « Blaise Pascal ou le génie français »

DEVENIR SOI.

Le titre m’avait intriguée. Il existe tant de livres sur une vie réussie, être soi, le bonheur que je me demandais ce que Jacques Attali, éminent économiste, allait apporter de nouveau à ces thèmes abondamment traités par des philosophes ou des psys.

Les premières lignes du livre m’ont fait sursauter « Dans un monde insupportable et qui bientôt le sera bien plus encore… » Puis « Le monde est dangereux et le sera de plus en plus » Un constat sur la violence déchaînée par l’intolérance et les idéologies obscures, l’environnement qui se dégrade, la disparition de l’emploi, les inégalités comme la pauvreté en augmentation, un niveau de vie menacé.

Pour Jacques Attali la plupart des hommes politiques se préoccupent uniquement du quotidien et de leurs électeurs ; les chefs d’entreprise, de leurs actionnaires.

Un jugement sévère justifié sans doute par le souci qu’il a eu constamment de proposer des réformes utiles et d’être rarement suivi.

Il va longuement décrire ce qu’il appelle « L’irrésistible ascension du Mal ».

Face à cela, les citoyens qu’il appelle « Les résignés-réclamants » « Malgré ces désastres à nos portes, et en dépit de l’impuissance croissante des Etats, les hommes et les femmes politiques continuent de faire comme si tout  dépendait d’eux » Et les citoyens de feindre de les croire…

Heureusement, me suis-je dit, le chapitre suivant annonce une renaissance en marche. « Bien des mouvements d’idées poussent à revendiquer la liberté sous toutes ses formes. Bien des individus ont commencé à ne rien attendre des pouvoirs, à se prendre en main, à se débrouiller, à choisir leur vie. Bien des « devenir-soi »sont en cours : ceux-là osent ne pas se laisser dicter leur vie par le désir des autres ; ne pas se contenter de consommer, que ce soit des objets, des services, des prothèses ou de la politique »

Un petit détour dans l’histoire pour revenir à notre monde et l’aspiration à la liberté et à la démocratie.

Pour prouver que le devenir-soi est possible pour tous, l’auteur va très longuement citer ceux qui y sont parvenus. Un chapitre consacré aux artistes, un autre aux entrepreneurs. L’intérêt de ces très longues énumérations est de nous apprendre ou de nous remettre en mémoire ce que certains ont réussi à faire de leur vie, d’où ils sont partis, où ils ont arrivés.

Des artistes connus comme Vivaldi, Mozart, Rossini, Marx, Picasso, Diderot, Hölderlin, Matisse, Rimbaud, Camille Claudel, John Lennon et beaucoup d’autres.

Dans les entrepreneurs, Thomas Edison ou Henri Ford. Plus surprenant, de nombreuses entreprises qui tiennent compte de l’intérêt des générations suivantes, comme la maison Hermès. Plus attendu, ceux qui créent des fondations comme Bill et Melinda Gates ou encore de nombreuses associations comme « Les petits frères des Pauvres » Coluche et « Les Restos  du cœur » «  Médecins sans frontière. »

Jacques Attali ne s’arrêtera pas là, citant Mathieu Ricard, Mohandas Gandhi, Abraham Lincoln et même Mikhaïl Gorbatchev.

Toutes ces personnalités sont classées dans des catégories que je ne reprendrai pas car ce serait vraiment trop long.

J’en arriverai donc tout de suite aux étapes du devenir-soi  sans passer par le chapitre consacré aux philosophes :

1/ Comprendre les contraintes imposées à sa vie par la condition humaine, par les circonstances et par les autres.
2/ Se respecter et se faire respecter ; réaliser qu’on a droit à une belle vie, à du beau et du bon temps.
3/Admettre sa solitude ; ne rien attendre des autres, même de ceux qu’on aime ou qui nous aiment ; et grâce aux étapes précédentes, la vivre comme une source de bonheur.
4/ Prendre conscience que sa vie est unique, que nul n’est condamné à la médiocrité, que chacun a des dons spécifiques. Et qu’on peut même, au cours de sa vie, en mener plusieurs, simultanément ou successivement.
5/ On est alors à même de se trouver, se choisir, prendre le pouvoir sur sa vie.

Tout ce « chemin » est commenté par l’auteur.

J’ai lu le livre avec intérêt pour sa partie historique. Je ne vais pas émettre de jugement sur le « chemin » proposé par l’auteur pour le « devenir-soi. »

J’apprécie le « devenir soi » en opposition au classique « être soi » Je suis bien sûr d’accord sur l’importance que représente le choix de vivre sa vie sans être influencé par ce que nous propose la société actuelle. Est-ce possible ?

Je soulignerai un paradoxe : les principes que défend l’auteur semblent nous amener à l’égoïsme. Or, Jacques Attali les présente comme un moyen de changer le monde.  

 

14/11/2014

DOUNIA BOUZAR.

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Dounia Bouzar (Dominique Amina Bouzar) est née à Grenoble en 1964, d’un père maroco-algérien et d’une mère française d’origine corse.

Docteur en anthropologie, elle est spécialisée dans l’analyse du fait religieux. Elle a publié de nombreux articles, livres, essais et tribunes libres dans les médias.

D’abord éducatrice, elle a été chargée d’études « laïcité » au Ministère de la Justice, a siégé au Conseil français du Culte musulman, puis a été auditrice à l’Institut des hautes études de la défense nationale.

Elle a créé en 2009, avec sa fille Lydia, juriste, un cabinet spécialisé dans l’application de la laïcité et la gestion des convictions auprès des entreprises, des institutions et des politiques.

Œuvre : « L’islam des banlieues : Les prédicateurs musulmans, nouveaux travailleurs sociaux ? » « Etre musulman aujourd’hui » « L’une voilée, l’autre pas » « Quelle éducation face au radicalisme religieux ? » « Etre musulman aujourd’hui » « L’intégrisme, l’islam et nous »

ILS CHERCHENT LE PARADIS ILS ONT TROUVE L’ENFER.

L’auteur a recueilli le témoignage de plusieurs parents dont les enfants sont partis en Syrie pour y trouver le paradis.

L’héroïne principale du livre, si je puis dire, est Adèle, fille de Philippe, psychanalyste et Sophie, enseignante.

Adèle n’est pas rentrée, sa mère s’inquiète. Elle apprend qu’elle a souvent été absente au lycée. En fouillant sa chambre, elle découvre une longue lettre qui lui apprend qu’Adèle s’est convertie à l’islam et est partie pour la Syrie : « Je serai sur la Terre Promise, le Sham en toute sécurité. Parce que c’est là-bas que je dois mourir pour aller au Paradis. Et même si tu n’es pas musulmane, je me suis bien renseignée, je vais pouvoir te sauver. (…)J’ignore quand mon heure viendra. En attendant, je vais soigner les enfants blessés par Bachar el-Assad, puisque toute la terre s’en fout. »

Les parents signalent la disparition à la police, qui, malgré la lettre, répond simplement qu’elle est partie de son plein gré. Sophie apprend aussi, avec stupéfaction, que depuis 2013, les mineurs peuvent quitter le territoire français, avec un passeport valide, sans autorisation parentale.

Sophie va découvrir qu’Adèle avait un second profil Facebook où, convertie à l’islam, elle s’appelle Oum Hawwa et converse avec Abou Moustapha qui la presse de venir en Syrie.

Sur sa page Facebook, des photos de tués en Syrie, des armes, le drapeau d’Al-Quaïda.

Elle va apprendre qu’Adèle est détenue par Al-Nostra, une filière d’Al-Quaïda moins sanguinaires que l’EHL (Etat islamique du l’Irak et du Levant) dont les massacres d’otages ont été diffusés à la télévision.

Abu Oumma est le chef du groupe Al-Nostra français, un ancien bandit, spécialiste des braquages, incarcéré plusieurs années puis converti au jihadisme. C’est lui qui maintient les mineurs en Syrie.

Un long calvaire commence pour les parents d’Adèle. Celle-ci leur téléphone répétant comme un robot : « Je ne manque de rien, je mange bien, je suis dans une belle villa, Allah veille sur moi. » La communication téléphonique est chaque fois coupée.

Sophie n’a plus la force d’affronter ses étudiants, elle est en congé de maladie. Elle reprendra son travail plus tard.

Elle multiplie les appels aux forces de sécurité, dans les médias mais sans succès. Adèle lui téléphonera d’ailleurs pour lui reprocher d’avoir parlé d’elle à la télévision.

Sophie va rejoindre un groupe de parents dont les enfants sont partis en Syrie, qu’ellesappellent « Le rendez-vous des mères orphelines. »

Elle y retrouve la maman de Célia, partie depuis six mois, la maman d’Asia, âgée aujourd’hui de vingt-trois mois, enlevée par son père, pour mourir tous les deux en martyrs. Beaucoup d’autres.

Toutes voudraient aller rechercher leur fille mais Samy, leur déconseille formellement. Musulman pratiquant, il est parti chercher son frère mais est revenu bredouille après avoir failli mourir dix fois.

Le pire pour ces mamans est peut-être la réaction des autorités que résume Sophie. « Cà les arrange que nos gosses aillent se faire tuer là-bas. C’est bon débarras. Dans leur tête, ils sont devenus musulmans. Alors ça fait « présumés terroristes ». Leur seul problème, c’est d’envisager qu’ils puissent revenir en France. »

Un discours incompréhensible pour les parents, qui n’acceptent pas de voir leurs enfants comme des terroristes alors qu’ils les trouvent victimes d’un embrigadement sur internet, devant lequel la France est impuissante.

L’auteur reprend aussi le récit des femmes qui ont vécu la radicalisation de leur mari.

Célia, enceinte, veut revenir. Sa mère Nadine part la rechercher. Un voyage d’horreur que Sophie, partie à sa recherche, parce qu’elle n’a plus de nouvelles, va connaître aussi. Adèle refusera de rentrer.

L’auteur a constaté que beaucoup de ces jeunes ont connu un deuil dans la famille dont les gourous sont arrivés à ce qu’ils se croient responsables. Beaucoup sont issus de parents aisés, souvent athées.

Adèle donnera une explication à son départ. « J’ai choisi de me reconstruire. Dans les bras de Dieu, je sers à quelque chose, je vais régénérer l’univers avant qu’il n’explose. J’ai pris conscience qu’il faut agir, car la fin du monde est pour bientôt. C’est écrit que je dois avoir ce rôle. Quel temps ai-je perdu, que Dieu me pardonne. »

Le livre se termine dans l’horreur. Sophie reçoit un SMS : « Oum Hawwa est décédée aujourd’hui. Elle n’a pas été choisie par Dieu. Elle n’est pas morte en martyr : une simple balle perdue. Espérez qu’elle n’aille pas en enfer. »

L’auteur a choisi de construire son livre comme un roman. Elle nous fait partager la douleur des familles impuissantes et culpabilisées. Leur réaction aussi face à l’incompréhension.

Un livre émouvant qui interpelle et dont je vous conseille la lecture.

 

05/11/2014

MANIFESTATION GENERALE DE JEUDI.

manifestation du jeudi 6 novembre

 

Qu'on se le dise bien, il ne s’agit pas d’une grève mais d’une manifestation !

Comme les syndicats s’attendent à 100.000 personnes à Bruxelles, la question que je me pose : comment fait-on pour participer à une manifestation sans faire grève ?

Il y a, paraît-il, plusieurs solutions : prendre congé, se déclarer malade, obtenir l’accord de son patron (hum !).

Les secteurs touchés sont fort nombreux : la stib serait complètement à l’arrêt, De Lyn, perturbée, certains magasins fermeront, certaines banques, le courrier ne sera pas distribué,  grève – non pardon – non travail des fonctionnaires, absence des enseignants même si les écoles resteront ouvertes.

Je résume : 100.000 personnes ne seront pas au travail mais ne seront pas non plus en grève !

La CGSP assure gentiment qu’il n’y aura pas de « piquets de grève ». Précision amusante puis qu’il n’y a pas grève !

Les trains rouleront normalement pour permettre aux manifestants de rejoindre Bruxelles. A tarif réduit : 50 % de réduction, dit-on. Qui décide ce cadeau ? La direction assimile la manifestation à de grands rendez-vous comme, tenez-vous bien, la prestation de serment du roi Philippe. Hallucinant !

La SNCB a d’ailleurs prévu des trains supplémentaires pour « acheminer les manifestants dans les meilleures conditions » Je suppose que contrairement à ce qui se passe d’habitude, les trains seront à l’heure.

Ce mouvement qualifié de « résistance » est d’après Marc Goblet (FGTB) un rappel de l’importance de la concertation sociale libre, qui, selon lui, ne sera plus possible. Remarquez le « libre » ajouté parce que la concertation sociale est prévue dans l’accord gouvernemental, il le sait bien. Jolie trouvaille de langage.

Jacqueline Galand s’est étonnée des tarifs préférentiels accordés par la SNCB. Elle n’est pas la seule.

Une manifestation qui n’est pas une grève mais qui y ressemble. Je ne peux m’empêcher de penser qu’une grève nationale coûte cher aux syndicats, une manif, non. Alors, allons-y pour la manif et faisons confiance aux travailleurs, ils se débrouilleront.

Ceux qui doivent vraiment se débrouiller sont les otages de cette manif. Pas question de rouler en voiture à Bruxelles. Les voitures stationnées sur le parcours de la manif ont déjà été enlevées. Pas question d’envoyer ses enfants à l’école. On sait ce que signifie une « école ouverte » Les pauvres enfants que les parents obligeront à se rendre à l’école ne seront certainement pas bien accueillis.

Je soulignerai une astuce suprême : la grève est considérée comme une atteinte au droit de travailler. Mais, je vous le dis, en cas de manif, tout le monde peut travailler ! Sans blague !

 

04/11/2014

J. COURTNEY SULLIVAN.

j. courtney sullivan, les débutantes, amitié, féminisme

J. Courtney Sullivan est écrivain et journaliste. Elle est née en 1982 et a fait ses études dans une université privée, uniquement réservée aux filles, le Smith Collège. Elle vit à Brooklyn et est journaliste au New York Times.

Œuvre : « Commencement » « Les débutantes » « Maine ».

Ses livres ont connu un grand succès aux Etats-Unis.

LES DEBUTANTES.

C’est l’histoire de quatre jeunes filles qui se sont connues à l’université et se retrouvent pour assister au mariage de l’une d’entre-elles, Sally, qui a lieu sur le campus de l’université.

L’auteur alterne les chapitres consacrés à chacune d’elles en mêlant leurs souvenirs universitaires et leur vie actuelle.

Célia est une irlandaise catholique qui rêve de devenir écrivain. Elle est charismatique, s’intéressant à ses autres compagnes, conseillère à l’occasion. Elle vient d’une famille aisée.

Bree vient du sud. Elle a été fiancée à seize ans mais a rompu ses fiançailles. Elle est amoureuse de Lara mais vit mal son homosexualité car elle veut se marier et avoir des enfants. Elle sera avocate.

Sally vient de perdre sa mère. Elle est riche mais n’y accorde pas d’importance. Elle va vivre des relations amoureuses et finira par se marier à vingt-cinq ans.

April est une féministe radicale. C’est la seule qui travaille pour payer ses études. Avec Ronnie, elle va monter une société pour tourner des films sur le sort des femmes : crimes d’honneur au Pakistan, mutilations génitales en Afrique, commerce du sexe en Asie et en Europe de l’Est.

L’auteur nous fait connaître l’université bien spéciale de Smith où tout est permis et où règne une grande tolérance.

Les quatre jeunes filles, très différentes, se lient d’amitié à l’université mais cette amitié perdurera même quand elles seront adultes. Elles gardent toutes un excellent souvenir de leur séjour universitaire même si la vie ne répondra pas aux attentes qu’elles avaient quand elles étaient étudiantes.

L’auteur aborde tous les sujets : mariage, grossesse, deuil, vie amoureuse, viol, ruptures, suicide. Les choix de vie des jeunes filles  ne sont pas toujours approuvés par leur entourage ou leurs parents par exemple l’homosexualité. Les parents de Bree refuseront de recevoir Lara.

Le plus intéressant est la vie à Smith. Loin des parents et des pressions de la société, véritable cocon, les jeunes filles peuvent faire leurs expériences et bâtir leurs plans d’avenir car tout semble possible. C’est un univers surprenant pour un lecteur occidental.

Le livre a remporté un grand succès. Roman sur l’amitié, sûrement, c’est le meilleur du livre.

Féministe ? Je suis plus réservée. Elles ont conquis l’indépendance, vivent sans contrainte à l’université mais si elles ont l’air de détester les hommes, elles ont des relations amoureuses…   L’homosexualité est très présente à l’université mais pas acceptée par la société. J’ajouterai qu’en 2000 elles profitent des acquis de celles qui les ont précédées.

J’aurais voulu en savoir plus sur leur réussite professionnelle qui est, selon moi, un vrai critère de l’émancipation des femmes.

Le livre est bien écrit, drôle, parfois émouvant mais je n’ai pas accroché à la deuxième partie.

Un mot sur l’université. Smith fait partie des sept universités féminines de l’Amérique, appelées les « les sept sœurs » Beaucoup de féministes engagées y ont fait leurs études comme Margareth Mitchell en 1922 et l’auteur.

Des citations tout de même du féminisme de l’auteur :

« Le féminisme est la notion radicale que la femme est un être humain. – Les hommes pris par un, on les adore, en groupe, ce sont des demeurés » (sic !)

« En fait, quand une femme écrit un livre qui se rapporte de près ou de loin aux sentiments ou aux relations humaines, on l’estampille littérature pour filles ou romans féminins »

Je ne peux pas être d’accord avec ce jugement d’une critique dont le nom n’est pas cité, repris en quatrième de couverture : 

« Si Les débutantes est d’abord un hymne à l’amitié, c’est également une réflexion passionnante sur l’indépendance des femmes dans notre société. Une réussite. »

A chacun son opinion…