Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

22/11/2014

JACQUES ATTALI.

jacques attali, devenir soi

 

Jacques Attali économiste et écrivain est né le 1er novembre 1943 à Alger. Il a été le conseiller spécial de François Mitterand. Il a fondé et en a été le premier président la « Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Il a présidé la « Commission pour la croissance française ». Il dirige actuellement le groupe « PlaNet Finances ».

Il est l’auteur de nombreux rapports sur les réformes qu’il croyait nécessaire pour le bien de la France sans, il faut bien le dire, être très écouté des Politiques.

Il est aussi l’auteur de soixante-cinq essais, de biographies et de romans. Il est actuellement éditorialiste à L’Express.

Impossible de citer tous ses livres. Je ne reprendrai que ceux que j’ai lus : « Les Juifs, le monde et l’argent » « La Crise, et après ? » « Une brève histoire de l’avenir » « Sept leçons de vie » » « La Confrérie des Eveillés » « Blaise Pascal ou le génie français »

DEVENIR SOI.

Le titre m’avait intriguée. Il existe tant de livres sur une vie réussie, être soi, le bonheur que je me demandais ce que Jacques Attali, éminent économiste, allait apporter de nouveau à ces thèmes abondamment traités par des philosophes ou des psys.

Les premières lignes du livre m’ont fait sursauter « Dans un monde insupportable et qui bientôt le sera bien plus encore… » Puis « Le monde est dangereux et le sera de plus en plus » Un constat sur la violence déchaînée par l’intolérance et les idéologies obscures, l’environnement qui se dégrade, la disparition de l’emploi, les inégalités comme la pauvreté en augmentation, un niveau de vie menacé.

Pour Jacques Attali la plupart des hommes politiques se préoccupent uniquement du quotidien et de leurs électeurs ; les chefs d’entreprise, de leurs actionnaires.

Un jugement sévère justifié sans doute par le souci qu’il a eu constamment de proposer des réformes utiles et d’être rarement suivi.

Il va longuement décrire ce qu’il appelle « L’irrésistible ascension du Mal ».

Face à cela, les citoyens qu’il appelle « Les résignés-réclamants » « Malgré ces désastres à nos portes, et en dépit de l’impuissance croissante des Etats, les hommes et les femmes politiques continuent de faire comme si tout  dépendait d’eux » Et les citoyens de feindre de les croire…

Heureusement, me suis-je dit, le chapitre suivant annonce une renaissance en marche. « Bien des mouvements d’idées poussent à revendiquer la liberté sous toutes ses formes. Bien des individus ont commencé à ne rien attendre des pouvoirs, à se prendre en main, à se débrouiller, à choisir leur vie. Bien des « devenir-soi »sont en cours : ceux-là osent ne pas se laisser dicter leur vie par le désir des autres ; ne pas se contenter de consommer, que ce soit des objets, des services, des prothèses ou de la politique »

Un petit détour dans l’histoire pour revenir à notre monde et l’aspiration à la liberté et à la démocratie.

Pour prouver que le devenir-soi est possible pour tous, l’auteur va très longuement citer ceux qui y sont parvenus. Un chapitre consacré aux artistes, un autre aux entrepreneurs. L’intérêt de ces très longues énumérations est de nous apprendre ou de nous remettre en mémoire ce que certains ont réussi à faire de leur vie, d’où ils sont partis, où ils ont arrivés.

Des artistes connus comme Vivaldi, Mozart, Rossini, Marx, Picasso, Diderot, Hölderlin, Matisse, Rimbaud, Camille Claudel, John Lennon et beaucoup d’autres.

Dans les entrepreneurs, Thomas Edison ou Henri Ford. Plus surprenant, de nombreuses entreprises qui tiennent compte de l’intérêt des générations suivantes, comme la maison Hermès. Plus attendu, ceux qui créent des fondations comme Bill et Melinda Gates ou encore de nombreuses associations comme « Les petits frères des Pauvres » Coluche et « Les Restos  du cœur » «  Médecins sans frontière. »

Jacques Attali ne s’arrêtera pas là, citant Mathieu Ricard, Mohandas Gandhi, Abraham Lincoln et même Mikhaïl Gorbatchev.

Toutes ces personnalités sont classées dans des catégories que je ne reprendrai pas car ce serait vraiment trop long.

J’en arriverai donc tout de suite aux étapes du devenir-soi  sans passer par le chapitre consacré aux philosophes :

1/ Comprendre les contraintes imposées à sa vie par la condition humaine, par les circonstances et par les autres.
2/ Se respecter et se faire respecter ; réaliser qu’on a droit à une belle vie, à du beau et du bon temps.
3/Admettre sa solitude ; ne rien attendre des autres, même de ceux qu’on aime ou qui nous aiment ; et grâce aux étapes précédentes, la vivre comme une source de bonheur.
4/ Prendre conscience que sa vie est unique, que nul n’est condamné à la médiocrité, que chacun a des dons spécifiques. Et qu’on peut même, au cours de sa vie, en mener plusieurs, simultanément ou successivement.
5/ On est alors à même de se trouver, se choisir, prendre le pouvoir sur sa vie.

Tout ce « chemin » est commenté par l’auteur.

J’ai lu le livre avec intérêt pour sa partie historique. Je ne vais pas émettre de jugement sur le « chemin » proposé par l’auteur pour le « devenir-soi. »

J’apprécie le « devenir soi » en opposition au classique « être soi » Je suis bien sûr d’accord sur l’importance que représente le choix de vivre sa vie sans être influencé par ce que nous propose la société actuelle. Est-ce possible ?

Je soulignerai un paradoxe : les principes que défend l’auteur semblent nous amener à l’égoïsme. Or, Jacques Attali les présente comme un moyen de changer le monde.  

 

Les commentaires sont fermés.