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04/11/2014

J. COURTNEY SULLIVAN.

j. courtney sullivan, les débutantes, amitié, féminisme

J. Courtney Sullivan est écrivain et journaliste. Elle est née en 1982 et a fait ses études dans une université privée, uniquement réservée aux filles, le Smith Collège. Elle vit à Brooklyn et est journaliste au New York Times.

Œuvre : « Commencement » « Les débutantes » « Maine ».

Ses livres ont connu un grand succès aux Etats-Unis.

LES DEBUTANTES.

C’est l’histoire de quatre jeunes filles qui se sont connues à l’université et se retrouvent pour assister au mariage de l’une d’entre-elles, Sally, qui a lieu sur le campus de l’université.

L’auteur alterne les chapitres consacrés à chacune d’elles en mêlant leurs souvenirs universitaires et leur vie actuelle.

Célia est une irlandaise catholique qui rêve de devenir écrivain. Elle est charismatique, s’intéressant à ses autres compagnes, conseillère à l’occasion. Elle vient d’une famille aisée.

Bree vient du sud. Elle a été fiancée à seize ans mais a rompu ses fiançailles. Elle est amoureuse de Lara mais vit mal son homosexualité car elle veut se marier et avoir des enfants. Elle sera avocate.

Sally vient de perdre sa mère. Elle est riche mais n’y accorde pas d’importance. Elle va vivre des relations amoureuses et finira par se marier à vingt-cinq ans.

April est une féministe radicale. C’est la seule qui travaille pour payer ses études. Avec Ronnie, elle va monter une société pour tourner des films sur le sort des femmes : crimes d’honneur au Pakistan, mutilations génitales en Afrique, commerce du sexe en Asie et en Europe de l’Est.

L’auteur nous fait connaître l’université bien spéciale de Smith où tout est permis et où règne une grande tolérance.

Les quatre jeunes filles, très différentes, se lient d’amitié à l’université mais cette amitié perdurera même quand elles seront adultes. Elles gardent toutes un excellent souvenir de leur séjour universitaire même si la vie ne répondra pas aux attentes qu’elles avaient quand elles étaient étudiantes.

L’auteur aborde tous les sujets : mariage, grossesse, deuil, vie amoureuse, viol, ruptures, suicide. Les choix de vie des jeunes filles  ne sont pas toujours approuvés par leur entourage ou leurs parents par exemple l’homosexualité. Les parents de Bree refuseront de recevoir Lara.

Le plus intéressant est la vie à Smith. Loin des parents et des pressions de la société, véritable cocon, les jeunes filles peuvent faire leurs expériences et bâtir leurs plans d’avenir car tout semble possible. C’est un univers surprenant pour un lecteur occidental.

Le livre a remporté un grand succès. Roman sur l’amitié, sûrement, c’est le meilleur du livre.

Féministe ? Je suis plus réservée. Elles ont conquis l’indépendance, vivent sans contrainte à l’université mais si elles ont l’air de détester les hommes, elles ont des relations amoureuses…   L’homosexualité est très présente à l’université mais pas acceptée par la société. J’ajouterai qu’en 2000 elles profitent des acquis de celles qui les ont précédées.

J’aurais voulu en savoir plus sur leur réussite professionnelle qui est, selon moi, un vrai critère de l’émancipation des femmes.

Le livre est bien écrit, drôle, parfois émouvant mais je n’ai pas accroché à la deuxième partie.

Un mot sur l’université. Smith fait partie des sept universités féminines de l’Amérique, appelées les « les sept sœurs » Beaucoup de féministes engagées y ont fait leurs études comme Margareth Mitchell en 1922 et l’auteur.

Des citations tout de même du féminisme de l’auteur :

« Le féminisme est la notion radicale que la femme est un être humain. – Les hommes pris par un, on les adore, en groupe, ce sont des demeurés » (sic !)

« En fait, quand une femme écrit un livre qui se rapporte de près ou de loin aux sentiments ou aux relations humaines, on l’estampille littérature pour filles ou romans féminins »

Je ne peux pas être d’accord avec ce jugement d’une critique dont le nom n’est pas cité, repris en quatrième de couverture : 

« Si Les débutantes est d’abord un hymne à l’amitié, c’est également une réflexion passionnante sur l’indépendance des femmes dans notre société. Une réussite. »

A chacun son opinion…

 

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