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22/10/2014

PATRICK MODIANO.

patrick modiano, pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, prix Nobel de littérature 2014

 

Patrick Modiano, né le 30 juillet 1945 à Boulogne-Billancourt, est un écrivain français, auteur d’une trentaine de romans primés par de nombreux prix prestigieux parmi lesquels le Grand prix du roman de l’Académie française et le prix Goncourt. Le 2 octobre 2014, il a reçu le prix Nobel de littérature pour son roman « Pour que tu ne perdes pas dans le quartier ».

Œuvre : « La Place de l’Etoile » « La ronde de nuit » « Quartier perdu » « Dimanches de l’oubli » « Chien de printemps » « Un pedigree » « « Dans le café de la jeunesse perdue »

Il est aussi l’auteur d’une vingtaine de chansons et de scénario de film dont « Lacombe Lucien »

POUR QUE TU NE TE PERDES PAS DANS LE QUARTIER.

Le héros Jean. Daragane vit dans la solitude. Il ne sort plus sauf pour une promenade le soir. Le téléphone n’a plus sonné depuis des mois. Son portable est sur son bureau mais il ne sait même plus depuis quand il ne l’a plus utilisé. « Il savait à peine s’en servir et se trompait souvent quand il appuyait sur les touches. »

Un jour de septembre où il fait particulièrement chaud, le téléphone sonne. Il hésite à décrocher mais le fait car il craint des sonneries à répétition.

Un inconnu lui apprend qu’il a trouvé son carnet d’adresse et lui propose de le lui rapporter. Il avait écrit son nom et son numéro de téléphone dans le carnet mais ne se souvenait plus de l’avoir perdu.

Il hésite puis se décide à rencontrer l’inconnu. Gilles Ottolini est accompagné d’une jeune fille qu’il présente comme une amie, Chantal Grippay.

Il lui avoue avoir feuilleté le carnet d’adresse et y avoir trouvé le nom de Guy Torstel, qui, lui dit-il, est un personnage de son premier livre « Noir de l’été » Il voudrait en savoir plus sur Torstel qui a été mêlé à un fait-divers sur lequel il enquête.

Daragane ne se souvient de rien. Il y a longtemps qu’il ne s’intéresse plus qu’à un seul, auteur, Buffon, regrettant de ne pas avoir écrit des livres sur les arbres et les fleurs.

Daragane se retrouve piégé par le couple qui le harcèle multipliant les rencontres et les questions.

Malgré lui, Daragane va replonger dans son enfance. Le nom Annie Astrand revient avec insistance. L’inconnu lui affirme qu’elle a fait de la prison sans donner d’autre précision.

Dans le dossier remis par Gilles, il y a une photo d’un gamin. « Cet enfant, que des dizaines d’années tenaient à une si grande distance au point d’en faire un étranger, il était bien obligé de reconnaître que c’était lui. »

Il se souvient qu’Annie l’avait emmené faire une photo qui devait servir à fabriquer de faux papiers.

L’auteur ne précise rien sinon qu’il s’agit de 1952. Gilles,lui, parle d’une affaire sordide  d’après guerre.

Modiano va nous emmener dans une longue recherche du passé de son héros. Un défilé de lieux, de maisons comme celle de Saint-Leu-la Forêt où il a vécu un temps avec Annie.

Des bribes de souvenirs qui justifient la phrase de Stendhal mise en exergue par l’auteur : « Je ne puis pas donner la réalité des faits, je n’en puis présenter que l’ombre. »

Ce qui est certain c’est que Daragane ne vent pas se souvenir de ce passé. Le seul vestige de sa jeunesse consiste en une valise fermée dont il ne peut se séparer mais dont, par chance, il a perdu la clé.

C’est donc malgré lui qu’il apprendra qu’il a été mêlé à cette affaire sordide quand il avait 7 ou 8 ans.

Le titre du livre est un rappel du passé. Un mot glissé dans le poche du garçonnet avec son nom, son adresse et cette phrase : « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier. »

Le passé et le présent s’enlacent. Jeunesse, passé d’écrivain, la vieillesse, une réclusion volontaire à l’ombre d’un arbre planté dans la cour d’un immeuble voisin, dont le feuillage l’apaise.

« On finit par oublier les détails de notre vie qui nous gênent et sont trop douloureux. Il suffit de faire la planche et de se laisser doucement flotter sur les eaux profondes en fermant les yeux. »

Un livre bref, intense, une mélancolie déchirante.

Je ne connais pas assez Patrick Modiano pour en dire plus. C’est le premier livre de lui que je lis sauf il y a très longtemps et dont je n’ai aucun souvenir.

J’ai été déroutée mais j’ai aimé.

 

17/10/2014

DU JAMAIS VU !

déclaration de politique générale, indignité de l'opposition, spectacle affligeant, atteinte à l'image de la Belgique

 

Mardi matin, j’apprends avec étonnement que la déclaration de politique générale sera retransmise à la TV. Il me semblait que ce n’était pas l’habitude. Soit. J’ouvre ma TV pour écouter et je comprends le pourquoi de la retransmission. Laurette Onkelinx interpelle Charles Michel sur deux membres de son gouvernement. Je devrais dire « futur gouvernement » puisqu’il n’a pas encore obtenu la confiance du parlement.

S’en suit un débat houleux. Violences, injures, Siegfried Brack, nouveau dans la fonction, n’arrive pas à maintenir l’ordre.

J’assiste donc à un vrai complot orchestré par l’opposition. Empêcher Charles Michel de s’exprimer, le crédibiliser, noircir le MR en feignant de s’attaquer à la N-A.

J’ai trouvé ce qu’avait fait l’opposition indigne. Non respect de l’ordre du jour, non respect des institutions, non respect du téléspectateur qui ne s’attendait pas à cela.

Dois-je rappeler que les propos tenus par l’opposition auraient dû l’être le lendemain ? La discussion sur la déclaration devait être discutée le mercredi. Elle a d’ailleurs eu lieu dans le même climat injurieux.

Mais, voilà, le mercredi, les débats n’étaient pas diffusés à la télévision…

La chambre accordera la confiance au gouvernement, majorité contre opposition, le jeudi à 23 heures, soit après 30 heures de débats houleux.

Je ne vais évidemment pas entrer dans la polémique orchestrée par l’opposition. Je remarque seulement que la collaboration n’était qu’un prétexte ressorti alors qu’on pouvait croire la page tournée. Il y a eu des condamnations, l’amnistie n’a jamais été accordée.

J’apprends, ce matin, que Di Rupo l’avait envisagée… Retour de bâton.

Conclusion ? L’opposition a perdu. Elle a permis à Charles Michel de s’imposer, de devenir un véritable leader comme certains l’ont dit.

Le PS, le CDH, le FDF ne sortent pas grandis. Se vautrer dans la boue, comme ils l’ont fait, a terni leur image.

Je ne comptais pas m’exprimer mais je ne voudrais pas que mes lecteurs me croient insensible à ce qui s’est passé. Insensible à un spectacle affligeant qui nuit à l’image de la Belgique à l’étranger.

Je suis triste, indignée, mais pas surprise. Il y a longtemps que mon opinion est faite sur certains politiques.

J’en resterai donc là.

 

10/10/2014

HARUKI MURAKAMI.

haruki murakami, l'incolore tsukuru et ses années de pèlerinage, japon, amitié, amour, vie

 

Haruki Murakami est né le 12 janvier 1949 à Kyoto (Japon). Il a écrit de nombreux romans et des nouvelles souvent récompensés. Depuis 2006, il est pressenti pour le Prix Nobel de littérature. Il est un des auteurs japonais le plus lu dans le monde.

Murakami est aussi traducteur de l’anglais en japonais d’une vingtaine de romans.

Fils d’un enseignant de littérature japonaise en collège, Murakami passe son enfance avec ses livres : « J’étais un enfant unique, solitaire, inquiet. Je passais mes journées, enfermé avec mes livres et mes chats. »

Œuvre : « La Course au mouton sauvage » « La Ballade de l’impossible » « Chroniques de l’oiseau à ressort » « Kafka sur le rivage » « Après le tremblement de terre »

(Billet du 17 octobre 2011)

L’INCOLORE TSUKURU TAZAKI ET SES ANNEES DE PELERINAGE.

Le livre débute par l’obsession que Tsukuru Tasaki a de la mort. Il est en deuxième année d’université.  Pendant plusieurs mois, il vit comme un somnambule ou « comme un mort qui n’a pas encore compris qu’il était mort. » Apparemment, il vit normalement, prend une douche chaque matin, fait sa lessive mais n’attache aucune importance à la nourriture. Il va perdre six kilos.

Pourquoi cette obsession ? L’auteur nous dit qu’un événement l’avait sans doute déclenchée. Un événement qui remonte à ses années de lycée.

Cinq adolescents s’étaient liés d’amitié en participant à un travail à vocation sociale. Le groupe s’était soudé. Tous appartenaient à la couche supérieure de la classe moyenne et vivaient dans la banlieue résidentielle de Nagoya.

« Pourtant le hasard avait voulu que Tsukuru Tasaki se distingue légèrement sur un point : son patronyme ne comportait pas de couleur. Les deux garçons s’appelaient Akamutsu – Pin rouge -, Omi – Mer bleue -, et les deux filles, respectivement Shirane – Racine blanche – et Kurono – Champ noir. Mais le nom « Tazaki » n’avait strictement aucun rapport avec une couleur. D’emblée, Tsukuru avait éprouvé à cet égard une curieuse sensation de mise à l’index. »

Après le lycée, Tsukuru décide d’aller étudier dans une université à Tokyo parce qu’un professeur spécialiste de l’architecture des gares y enseignait. Or, Tsukuru s’intéressait depuis toujours aux gares. Ses autres amis étaient restés à Nagoya mais Tsukuru les revoyait pendant les vacances.

Un drame va survenir qui pèsera très lourd sur toute la vie de Tsukuru. Revenu à Nagoya, comme il le faisait d’habitude, ses amis lui apprennent qu’ils ne veulent plus le voir sans en donner la raison. « Si tu y réfléchissait par toi-même, tu devrais sûrement pouvoir le comprendre. »

C’était la première fois de sa vie qu’il était rejeté aussi brutalement.  Il a subi un choc dont il sera incapable de se remettre. Il ne cherche pas à comprendre et ne revient plus à Nagoya.

C’est ce qu’il confie à Sara alors qu’il a déjà trente ans et travaille pour une société ferroviaire.

Sara l’encourage à rechercher ce qui s’est passé, consciente que cet événement pèse lourdement sur Tsukuru.

Elle se débrouille pour savoir ce que sont devenus ses amis et le persuade de les rencontrer pour savoir ce qui s’est passé.

Tsukuru va rencontrer ses anciens amis, l’un après l’autre, sans prévenir de peur d’être rejeté. Il ira même jusqu’en Finlande pour rencontrer Noire.

Le lecteur va le suivre dans ce long pèlerinage à la recherche de la vérité, pour pouvoir se guérir d’une blessure qui l’empêche d’aller vers les autres.

Bleu lui apprendra que Blanche l’avait accusé de l’avoir violée. Même si les adolescents éprouvaient des difficultés à la croire, elle s’était montrée très persuasive et avait obtenu que ses amis n’aient plus aucun contact avec lui.

Comme Noire lui expliquera, Blanche était très mal psychologiquement et, très proche d’elle,  Noire avait décidé de faire ce qu’elle lui demandait même si elle était persuadée que Tsukuru était incapable de faire ce qu’elle disait.

Blanche ne dira jamais qui était son agresseur. Elle mourra étranglée sans que le lecteur apprenne par qui.

Tsukuru va pouvoir vivre pleinement sa liaison avec Sara. Commencer une autre vie.

La musique est très présente dans le livre notamment « Le mal du pays » de Liszt que jouait Blanche.

« La vie ressemble à une partition compliquée, se dit Tsukuru. Elle est remplie de doubles croches, de triples croches, de tas de signes bizarres et d’inscriptions compliquées. La déchiffrer convenablement est une tâche presque impossible… »

L’histoire aurait pu être banale. Un rejet d’un groupe où règne l’harmonie. Plus que l’abandon, c’est l’harmonie qui régnait dans le groupe que regrette Tsukuru. Il devra apprendre ce qu’est la vie pour pouvoir aimer Sara.

Les noms de couleur des personnages ont une grande importance puisque Tsukuru est « l’incolore »

Cet aveu fait à Sara : « … je n’ai pas ce qu’on appelle un moi. Une personnalité. Pas non plus de couleur éclatante. Je n’ai rien à offrir. C’est le problème qui me hante depuis longtemps. Je me suis toujours senti comme un récipient vide. »

Un beau roman imprégné de mélancolie. L’auteur aurait pu en faire un thriller, la quête de la vérité de Tsukuru présenté comme une enquête. L’auteur a choisi d’en faire un pèlerinage. Tsukuru est en quête de son vrai moi qui lui permettra d’accéder à l’amour.

 

09/10/2014

GOUVERNEMENT FEDERAL.

gouvernement fédéral

 

Après les élections, le PS s’empresse de négocier avec le CDH pour la formation d’un gouvernement en Wallonie et à Bruxelles, rejetant dans l’opposition le MR, qui avait pourtant progressé. Une gifle pour les électeurs du MR. Une précipitation qui aura des conséquences sans doute inattendues.

La justification donnée par Di Rupo ne tient pas : il était inutile de se préoccuper du Fédéral avant les régions comme c’est l’habitude. Soit, mais cela ne justifie pas le rejet du MR.

Je ne vais pas refaire toute la saga. Charles Michel et Chris Peeters sont chargés par le roi de former un gouvernement fédéral.

Les deux formateurs vont donc négocier avec la N-VA, premier parti de Flandre, provoquant la rage du PS qui espère toujours être au Fédéral. Ainsi, Laurette Onkelinx qui négocie à Bruxelles fait appel au FDF, qui a fait un bon score. Normal, pourrait-on penser sauf que le MR est de nouveau rejeté. Dois-je rappeler que le FDF n’a pas voulu voter la réforme de l’Etat ce qui a provoqué le schisme entre les deux partis ? Dois-je ajouter qu’Olivier Maingain ne s’est pas caché de vouloir « la peau du MR » ? Joli !

Laurette Onkelinx, persuadée que le PS sera au Fédéral, ne va pas à Bruxelles au contraire de Joëlle Milquet qui va en Wallonie.

Charles Michel et Chris Peeters vont donc négocier avec la N-VA, le CD&V et l’OPEN VLD. Tout se fait dans la discrétion sauf les fuites dans la presse voulues ou pas, je n’en sais rien.

Avant même que les négociations n’aboutissent, on assiste à un délire d’injures de la part du PS et du CDH. Charles Michel a beau expliquer les garanties qu’il a obtenues de la N-VA de constituer un gouvernement socio-économique, appliquant la réforme de l’Etat  mais n’envisageant pas d’en exiger une autre, rien n’y fait.

Je mentionnerai le refus du CDH d’entrer au Fédéral, compréhensible puisqu’il est avec le PS en Wallonie. Ce refus rend pourtant caduque la principale critique faite au futur gouvernement fédéral sur la représentation des Wallons par un seul parti.

Je n’ai pas l’intention de détailler les mesures du gouvernement fédéral, je ne suis pas économiste et les spécialistes font cela très bien.

Alors, me direz-vous, pourquoi ce billet ? J’ai mal vécu tout ce qui s’est passé ces dernières semaines. Je n’avais pas du tout envie de m’exprimer. Ce matin, je veux féliciter le MR pour son courage. Charles Michel a tenu bon malgré les injures. Il le fallait.

Certes, ce sera difficile, mais on peut espérer que la Belgique se portera mieux  à la fin de la législature.

Bart De Wever ne cache pas sa fierté d’avoir réussi à écarter le PS en Flandre et en Wallonie. Réaction normale.

Le PS dans l’opposition au Fédéral est une première. Mais, on peut trouver que vingt-cinq ans de dictature socialiste, c’était beaucoup.

J’ai trouvé toujours déplaisant cette arrogance du PS qui se présente comme le seul parti capable d’assumer le bien commun. Hum ! Le bien commun ou son intérêt propre ?

La Fédération Wallonie Bruxelles aura aussi de grosses difficultés. Paul Magnette ne s’en cache pas.

La gauche comme la droite sera confrontée à des choix difficiles, impopulaires. Allons-nous  vivre des années difficiles ?

C’est certain. Alors, souhaitons à nos politiques d’avoir du courage, de la lucidité, de penser à l’avenir du pays plutôt que de se lancer dans des querelles indignes qui ne feront qu’aggraver une situation difficile.

Un conseil à certains : cessez de regarder dans votre boule de cristal. Seul Dieu connaît l’avenir et c’est très bien ainsi.