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10/10/2014

HARUKI MURAKAMI.

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Haruki Murakami est né le 12 janvier 1949 à Kyoto (Japon). Il a écrit de nombreux romans et des nouvelles souvent récompensés. Depuis 2006, il est pressenti pour le Prix Nobel de littérature. Il est un des auteurs japonais le plus lu dans le monde.

Murakami est aussi traducteur de l’anglais en japonais d’une vingtaine de romans.

Fils d’un enseignant de littérature japonaise en collège, Murakami passe son enfance avec ses livres : « J’étais un enfant unique, solitaire, inquiet. Je passais mes journées, enfermé avec mes livres et mes chats. »

Œuvre : « La Course au mouton sauvage » « La Ballade de l’impossible » « Chroniques de l’oiseau à ressort » « Kafka sur le rivage » « Après le tremblement de terre »

(Billet du 17 octobre 2011)

L’INCOLORE TSUKURU TAZAKI ET SES ANNEES DE PELERINAGE.

Le livre débute par l’obsession que Tsukuru Tasaki a de la mort. Il est en deuxième année d’université.  Pendant plusieurs mois, il vit comme un somnambule ou « comme un mort qui n’a pas encore compris qu’il était mort. » Apparemment, il vit normalement, prend une douche chaque matin, fait sa lessive mais n’attache aucune importance à la nourriture. Il va perdre six kilos.

Pourquoi cette obsession ? L’auteur nous dit qu’un événement l’avait sans doute déclenchée. Un événement qui remonte à ses années de lycée.

Cinq adolescents s’étaient liés d’amitié en participant à un travail à vocation sociale. Le groupe s’était soudé. Tous appartenaient à la couche supérieure de la classe moyenne et vivaient dans la banlieue résidentielle de Nagoya.

« Pourtant le hasard avait voulu que Tsukuru Tasaki se distingue légèrement sur un point : son patronyme ne comportait pas de couleur. Les deux garçons s’appelaient Akamutsu – Pin rouge -, Omi – Mer bleue -, et les deux filles, respectivement Shirane – Racine blanche – et Kurono – Champ noir. Mais le nom « Tazaki » n’avait strictement aucun rapport avec une couleur. D’emblée, Tsukuru avait éprouvé à cet égard une curieuse sensation de mise à l’index. »

Après le lycée, Tsukuru décide d’aller étudier dans une université à Tokyo parce qu’un professeur spécialiste de l’architecture des gares y enseignait. Or, Tsukuru s’intéressait depuis toujours aux gares. Ses autres amis étaient restés à Nagoya mais Tsukuru les revoyait pendant les vacances.

Un drame va survenir qui pèsera très lourd sur toute la vie de Tsukuru. Revenu à Nagoya, comme il le faisait d’habitude, ses amis lui apprennent qu’ils ne veulent plus le voir sans en donner la raison. « Si tu y réfléchissait par toi-même, tu devrais sûrement pouvoir le comprendre. »

C’était la première fois de sa vie qu’il était rejeté aussi brutalement.  Il a subi un choc dont il sera incapable de se remettre. Il ne cherche pas à comprendre et ne revient plus à Nagoya.

C’est ce qu’il confie à Sara alors qu’il a déjà trente ans et travaille pour une société ferroviaire.

Sara l’encourage à rechercher ce qui s’est passé, consciente que cet événement pèse lourdement sur Tsukuru.

Elle se débrouille pour savoir ce que sont devenus ses amis et le persuade de les rencontrer pour savoir ce qui s’est passé.

Tsukuru va rencontrer ses anciens amis, l’un après l’autre, sans prévenir de peur d’être rejeté. Il ira même jusqu’en Finlande pour rencontrer Noire.

Le lecteur va le suivre dans ce long pèlerinage à la recherche de la vérité, pour pouvoir se guérir d’une blessure qui l’empêche d’aller vers les autres.

Bleu lui apprendra que Blanche l’avait accusé de l’avoir violée. Même si les adolescents éprouvaient des difficultés à la croire, elle s’était montrée très persuasive et avait obtenu que ses amis n’aient plus aucun contact avec lui.

Comme Noire lui expliquera, Blanche était très mal psychologiquement et, très proche d’elle,  Noire avait décidé de faire ce qu’elle lui demandait même si elle était persuadée que Tsukuru était incapable de faire ce qu’elle disait.

Blanche ne dira jamais qui était son agresseur. Elle mourra étranglée sans que le lecteur apprenne par qui.

Tsukuru va pouvoir vivre pleinement sa liaison avec Sara. Commencer une autre vie.

La musique est très présente dans le livre notamment « Le mal du pays » de Liszt que jouait Blanche.

« La vie ressemble à une partition compliquée, se dit Tsukuru. Elle est remplie de doubles croches, de triples croches, de tas de signes bizarres et d’inscriptions compliquées. La déchiffrer convenablement est une tâche presque impossible… »

L’histoire aurait pu être banale. Un rejet d’un groupe où règne l’harmonie. Plus que l’abandon, c’est l’harmonie qui régnait dans le groupe que regrette Tsukuru. Il devra apprendre ce qu’est la vie pour pouvoir aimer Sara.

Les noms de couleur des personnages ont une grande importance puisque Tsukuru est « l’incolore »

Cet aveu fait à Sara : « … je n’ai pas ce qu’on appelle un moi. Une personnalité. Pas non plus de couleur éclatante. Je n’ai rien à offrir. C’est le problème qui me hante depuis longtemps. Je me suis toujours senti comme un récipient vide. »

Un beau roman imprégné de mélancolie. L’auteur aurait pu en faire un thriller, la quête de la vérité de Tsukuru présenté comme une enquête. L’auteur a choisi d’en faire un pèlerinage. Tsukuru est en quête de son vrai moi qui lui permettra d’accéder à l’amour.

 

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