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02/06/2014

DOMINIQUE VENNER.

dominique venner, l'imprévu dans l'histoire, treize meurtres exemplaires

 

Dominique Venner, né à Paris en 1934 est un historien et essayiste auteur de nombreux ouvrages sur la période de 1914 à 1945.

A dix-sept ans, il s’engage comme volontaire dans la guerre d’Algérie et est décoré de « La croix du combattant. »

Revenu en Métropole, il s’engage en politique. Sa période de militantisme s’achèvera en 1967. Il quitte Paris afin de se ressourcer au plus près des forêts et entame une carrière d’écrivain.

Après avoir fondé et dirigé la revue « Enquête sur l’histoire » disparue à la fin des années nonante, il fonde « La Nouvelle Revue d’Histoire » qu’il dirigera jusqu’à sa mort.

Le 21 mai 2013, il se donne la mort par arme à feu devant l’autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Dans la lettre qu’il laisse il dit avoir choisi le lieu par admiration pour l’édifice qu’il respecte.

« Je suis sain de corps et d’esprit, et suis comblé par ma femme et mes enfants. (…) Je me donne la mort afin de réveiller les consciences assoupies. (…) Je demande pardon par avance à tous ceux que ma mort fera souffrir, et d’abord à ma femme, à mes enfants et petits enfants, ainsi qu’à mes amis et fidèles. »

Sa mort sera un choc pour sa femme et ses amis qui ne s’y attendaient pas du tout.

Parmi ses nombreux ouvrages, je citerai « Le Blanc Soleil des vaincus » « Histoire de la collaboration » « Histoire du terrorisme » « Histoire critique de la Résistance » « Histoire de l’Armée rouge » récompensé par un prix de l’Académie française. Il a aussi consacré de nombreux livres aux armes et à la chasse.

L’IMPREVU DANS L’HISTOIRE. TREIZE MEURTRES EXEMPLAIRES.

A l’origine des conflits mondiaux, il y a souvent le meurtre d’un homme dont dépendait le destin collectif. Dominique Venner analyse treize meurtres exemplaires qui ont forgé l’histoire.

1.     Kiev, 14 septembre 1911 -  Pierre Stolypine - Le meurtre de la Sainte Russie.

2.     Paris, 16 mars 1914 – Gaston Calmette – Un drame personnel dans un drame historique.

3.     Sarajevo, 28 juin 1914 – François Ferdinand – Un coup de pistolet, neuf millions de morts.

4.     Petrograd, 30 décembre 1916 – Raspoutine – Le suicide d’une société moribonde.

5.     Berlin, 24 juin 1922 – Walther Rathenau – Ouvrir la brèche et disparaître.

6.     Marseille, 9 octobre 1934 – Alexandre de Yougoslavie – La vengeance croate.

7.     Mexico, 20 août 1940 – Deux ans d’approche, vingt ans de silence.

8.     Paris, 21 août 1941 – Aspirant Moser – La logique du terrorisme.

9.     Alger, 24 décembre 1942 – Amiral Darlan – La stratégie du billard.

10.  Wolfsschanze, 20 juillet 1944 – Les derniers feux de l’Allemagne secrète.

11.  Dallas, 22 novembre 1963 – John Kennedy – Une mort pour rien ?

12.  Rome, 9 mai 1978 – Aldo Moro – Le paradoxe des conséquences.

13.  Paris, 7 avril 1994 – François de Grossouvre – La mort de l’Elysée

 

« L’assassinat politique fut de tous les temps et de tous les pays. Les hommes ont toujours fait usage de ce procédé expéditif pour assouvir une vengeance, faire place nette d’un concurrent, frapper un ennemi ou se débarrasser d’un quidam encombrant. »

« Il en est de l’assassinat politique comme du terrorisme. Il est de bon ton d’en condamner hautement le principe tout en se réjouissant secrètement quand des gens que l’on n’aime pas sont frappés. »

L’auteur souligne que les meurtres dont il parle n’auraient pas pu avoir lieu sans une défaillance du système de protection des victimes. Notre époque a retenu la leçon et a mis l’accent sur la sécurité. Il ajoute que ces assassinats ont souvent été justifiés moralement.

Les treize meurtres choisis par l’auteur sont analysés en profondeur, impossible de les raconter sans le trahir.  

Quelques précisions tout de même.

L’assassinat de Pierre Stolypine, Premier ministre impérial d’exception dont les réformes spectaculaires accordaient enfin la prospérité à l’immense population paysanne, a déstabilisé le pouvoir des Romanov. Celui de Raspoutine ouvrira la voix à la révolution bolchevique de 1917.

Quand l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’empire austro-hongrois, tombe sous les balles des fanatiques serbes, l’Europe manque cruellement d’hommes d’Etat capables de défendre la cause de la paix contre celle de la guerre. L’attentat de Sarajevo engendrera une guerre mondiale qui fera neuf millions de morts.

Claus von Stauffenberg aurait pu tuer Hitler le 20 juillet 1944. L’épaisseur du bois d’une table qui a protégé le Führer a été un instrument du destin pour quelques mois.

L’assassinat de Kennedy reste encore une énigme. A-t-elle changé le cours de l’histoire ?

« Les hommes font l’histoire mais ils ne savent pas toujours quelle histoire ils font.

Je terminerai par cette citation que l’auteur place en épilogue de son livre :

« L’Histoire nous surprend. Telle est bien la conclusion que l’on peut tirer des treize évocations dans ce livre. Les périodes de calme apparent ont tendance à faire oublier la grande et constante réalité historique. Puis, soudain, comme un coup de canon, l’inattendu s’impose, renversant les certitudes et les plans les mieux établis. »

Je ne connaissais pas l’auteur. Le titre du livre m’avait intriguée,  je n’ai pas été déçue. Ce billet est trop court pour en restituer la richesse. Mais, je voulais au moins le signaler.     

 

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