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28/05/2014

UN PEU D'HUMOUR.

georges clemenceau, le tigre, humour

 

Clemenceau, homme politique français (1841-1929) surnommé « Le Tigre » était réputé pour son humour.

Au député Jules Ferry qui avait exalté à la chambre des députés le rôle civilisateur de la France à l’égard des « races inférieures » il répondit :

« Races supérieures, races inférieures, c’est bientôt dit ! Pour ma part, j’en rabats singulièrement depuis que j’ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d’une race inférieure à l’Allemand. »

On connaît sa trouvaille pour le titre donné à l’article d’Emile Zola en faveur du capitaine Dreyfus dans son journal L’Aurore : « J’Accuse ! »

Du général Boulanger qui se suicida sur la tombe de sa maîtresse : « Il est mort comme il a vécu, en sous-lieutenant » et encore, pour le même : « La guerre ! C’est une chose bien trop grave pour la laisser aux militaires. »

A un orateur ennuyeux à la Chambre des députés : « Reposez-vous ! – Mais je ne suis pas fatigué ! – Alors, reposez-nous ! »

A la mort d’un illustre savant, il proposa comme épitaphe : « Ci-gît Marcelin Berthelot. C’est la seule place qu’il n’ait jamais sollicitée. »

Clemenceau se plaignait d’un arbre, appartenant au lycée Saint-Louis, qui faisait de l’ombre à son bureau. Le principal le fit abattre « Mon Père, je peux bien vous appeler ainsi puisque vous m’avez donné le jour ! » Le principal lui répondit : « Mon Fils, je peux bien vous appeler ainsi car, grâce à moi, vous avez entrevu le ciel… »

A l’adversaire d’un duel qui recula devant l’épée de Clemenceau « Vous nous quittez déjà ? »

Lors d’une interview, observant son chien qui aboie : « On dirait un vrai ministre ! Il aboie en reculant. »

 « Une dictature est un pays dans lequel on n’a pas besoin de passer toute la nuit devant son poste pour apprendre le résultat des élections. »

« Un traître est celui qui quitte son parti pour s’inscrire à un autre ; et un converti celui qui quitte cet autre pour s’inscrire au vôtre. »

« Tout le monde peut faire des erreurs et les imputer à autrui : c’est faire de la politique. »

« Pour mes obsèques, je ne veux que le strict minimum, c’est-à-dire moi. »

 

Un humour parfois grinçant mais qui est passé à la postérité !

20/05/2014

OBLIGATION SCOLAIRE EN MATERNELLE.

 

élections, enseignement, obligation scolaire en maternelle

Tous les partis se prononcent pour l’obligation scolaire en maternelle. Je trouve que c’est une fausse bonne idée.

Bien entendu, la fréquentation en maternelle donne des chances à l’enfant pour réussir le passage en primaire notamment, mais pas seulement, par l’apprentissage de la langue.

Déjà beaucoup de parents mettent leurs enfants à l’école dès trois ans et parfois à deux ans et demi. C’est compréhensible. L’école est gratuite, les crèches coûtent cher. Dans notre société où les deux parents sont souvent obligés de travailler ne pas mettre son enfant à l’école est un luxe que peu de parents peuvent se permettre.

Mais, il faut bien le constater, les écoles maternelles sont surchargées, les infrastructures ne sont pas au top. S’occuper de mioches de trois ans, quand on en a trente dans sa classe, est vraiment difficile. Je rends hommage aux institutrices dont c’est le quotidien.

Ceci dit, pourquoi dis-je que c’est « une fausse bonne idée » ?

Bonne idée que d’encourager les parents à mettre leurs enfants en maternelle, mauvaise idée que de rendre l’enseignement en maternelle obligatoire.

L’obligation scolaire implique des règles strictes : une obligation de présence.

Ainsi, plus question pour les grands-parents ou plus rarement les parents d’emmener leurs enfants en vacances. Actuellement, à la côte, les estivants en mai et en juin, sont souvent des personnes âgées très heureuses de faire profiter leurs petits enfants d’un bol d’air.

Mai ou juin, parce que les locations sont impossibles en juillet ou août car la location d’un appartement est exorbitant. Même pendant les vacances de Pâques, le prix est majoré.

Pour le moment, il ne s’agit que de rendre l’enseignement obligatoire pour les enfants de cinq ans. Mais, tous les partis envisagent de le rendre obligatoire une année après l’autre donc à quatre ans, puis à trois ans.

Pauvres mioches déposés très tôt le matin, restant très tard à la garderie. Beaucoup de parents ne peuvent pas faire autrement mais pourquoi leur enlever la possibilité de permettre à leurs enfants une journée ou plusieurs sans école ? Je ne vois vraiment pas.

L’enseignement était, paraît-il, une priorité de ces élections. Je n’ai pas entendu grand-chose. Je ne vais pas relever tout ce qui a dans les programmes des partis, tâche impossible et inutile. Les sites internet donnent l’information.

Je relèverai quand même ce qui me semble des promesses qui ne pourront pas être tenues. Exemples : gratuité des repas scolaires et des études, subventionnement de l’enseignement libre au même niveau que l’enseignement officiel, fusion des réseaux.

Des promesses plus électoralistes que réalistes.

Je sais ce qu’est une promesse électorale et en Belgique il est toujours très simple, après les élections, de dire qu’on n'a pas pu obtenir ce qu’on souhaitait « à cause des autres ». Donc, allons-y !

Le calamiteux décret d’inscription s’est invité dans la campagne. Le MR et le FDF demandent sa suppression. Les autres partis y tiennent avec dit pudiquement « une révision » ! Ce n’est pas neuf et les études ont prouvé que l’objectif de mixité sociale n’était pas atteint.

Je rappelle que ce décret, à la base, a été voulu par le PS contre une dizaine d’écoles de l’enseignement libre qui, d’après eux, refusaient d’inscrire certains élèves. L’élitisme est, on le sait, le diable pour le PS. Ceci dans une société qui manque d’élites et où on déplore « la fuite des cerveaux ».

Ce n’est pas pour cela qu’il ne faut pas améliorer l’enseignement pour tous mais chaque enfant est différent et ne pas en tenir compte est cruel.

Je me réjouis d’entendre parler de développer l’enseignement en alternance ou la collaboration entre les entreprises et l’école. Mais je me souviens de l’opposition farouche du PS affirmant que l’école n’était pas là pour servir les entreprises ! Non, mais elle ne devrait pas non plus être destinée à former de futurs chômeurs.

J’aurais sans doute beaucoup d’autres remarques à faire sur les programmes des partis. Je ne vais pas me risquer à parler réforme fiscale, par exemple, ce n’est pas mon domaine...

La campagne électorale s’est animée ces derniers jours. Je crois que tous ceux qui ont suivi les débats ont pu se faire une opinion même si certains ont passé leur temps à dénaturer les propos de leurs adversaires.

Les animateurs ont fait du bon boulot. Ils ont souvent posé les bonnes questions veillant comme le veut la loi, à respecter le temps de parole.

Une question souvent posée me dérange. Demander aux politiques avec qui ils gouverneraient ou ne gouverneraient pas ou pire, quels étaient leur préalable à la formation d’un gouvernement.

Facile pour certains d’affirmer, nous n’accepterons jamais ceci ou cela… Promesses en l’air. Les négociations se font après les élections et qui dit négociations dit compromis.

On verra !

 

16/05/2014

PASCAL BRUCKNER.

pascal bruckner, un bon fils, autobiographie, amour/haine

 

Pascal Bruckner est né le 15 décembre 1948 à Paris. Atteint de primo-infection, il passe son enfance entre l’Autriche, la Suisse puis la France. Il étudie à Paris, au lycée Henri IV puis à l’Ecole pratique des hautes études. Sa thèse a été dirigée par Julia Kristeva.

Depuis 1986, il enseigne dans des universités américaines. Il a collaboré au Nouvel Observateur et au Monde.

Son roman « Les Voleurs de beauté » publié en 1997 a été récompensé par le prix Renaudot.

Ses essais sont nombreux : « Le Nouveau Désordre amoureux » en collaboration avec Alain Finkielkraut, « La tentation de l’innocence » « L’Euphorie perpétuelle. Essais sur le devoir de bonheur » « La tyrannie de la pénitence » « Le Paradoxe amoureux » « Le sanglot de l’homme blanc »

(Billets du 27 août 2009 - 28 octobre 2010 – 15 novembre 2011).

UN BON FILS.

Le livre est une autobiographie publiée deux ans après la mort de son père.

Le livre débute par un chapitre émouvant. Pascal a dix ans, est pieux. Il abjure Dieu de provoquer la mort de son père, si possible en voiture. « Mon Dieu, débarrassez-nous de lui, je vous en prie, je serai très sage. »

A dix ans, il haïssait déjà son père et la haine ne le quittera plus.

Tout le livre lui est consacré. René Bruckner, ingénieur de l’école des Mines de Paris est violent, colérique, trompe sa femme, la bat, l’humilie. Il bat aussi son fils, l’humilie, lui répète qu’il sera toujours un raté, un imbécile. « Les châtiments physiques, sauf s’ils virent à la torture n’ont guère d’importance. On s’endurcit, le cuir devient coriace. (…) Les vraies blessures sont verbales, les jugements négatifs, les vexations qui s’inscrivent en vous en lettres de feu. Mon père voulait absolument me persuader de mon infériorité : j’allais finir clochard, j’étais un cossard, une feignasse, un raté, inapte au travail. »

En plus d’être pervers et sadique, le père de Pascal est antisémite et raciste. « Il ne s’était jamais remis de la défaite de la Wehrmacht et vouait à de Gaulle, aux Anglais, aux Américains une haine éternelle. »

En 1942, devançant le STO de quelques mois, il avait travaillé à Berlin, puis à Vienne jusqu’au printemps 1945, chez Siemens, fournisseur de matériel militaire.

Sa haine des juifs était incommensurable : « Ils ont tout corrompu, tout sali, tout piétiné. Ils veulent dominer le monde, ils se moquent de nos valeurs les plus sacrées. Les seuls juifs que j’apprécie sont ceux qui vivent dans la honte d’être ce qu’ils sont. »

Pascal Bruckner parle aussi de sa mère, une chrétienne soumise, qui refuse de divorcer et accepte tout. Il la chérit mais ne comprend pas qu’elle se laisse ainsi humiliée. Elle accumule les maladies et finit démente après cinquante ans de mariage. « Elle va lui jouer le pire tour qui soit, elle va sombrer dans la démence, mourir en quelques mois, le priver de son souffre-douleur favori. »

Devenu adulte, Pascal décide de vivre de sa plume. Il survit en faisant de petits boulots. A vingt-six ans, il déniche un poste de rédacteur dans une compagnie d’assurances. « Le premier matin, alors que je me rendais au bureau, j’aperçus mon reflet dans une vitrine et ce que je vis m’épouvanta : un jeune gratte-papier, sa serviette à la main, bientôt pris dans la spirale métro-boulot-dodo comme on disait alors et je tournai casaque. Plutôt me serrer la ceinture que déchoir. »

Heureusement pour lui, ses livres remportent un grand succès ce qui lui permet de vivre comme il le souhaitait. De voyager, de donner des conférences. « Les livres m’ont sauvé. Du désespoir, de la bêtise, de l’ennui. » « J’exerce une profession proche de la réclusion volontaire. Ecrire, c’est s’enfermer. »

L’auteur parle longuement de ses rencontres, Barthes, Sartre et surtout, Alain Finkielkraut. « Avec le temps, tels ces jumeaux qui finissent par dissembler l’un de l’autre, nous avons quand même réussi à trouver une divergence et de taille : Alain est profondément pessimiste sur l’avenir du genre humain, je crois à l’inverse au pouvoir de la liberté de surmonter les problèmes qui se posent à elle. Il semble avoir désespéré de l’homme alors que je ne cesse de m’en émerveiller. Il vit dans la nostalgie du passé quand je suis tout entier dans l’appétit du présent. »

Les années passent. Il ne voit plus son père pendant longtemps « relégué au rang d’antiquité ». Celui-ci a connu des revers de fortune. L’âge venant, il développe un diabète. Il décline doucement. L’auteur s’efforce de l’appeler tous les jours pour prendre de ses nouvelles. René Bruckner occupe un petit appartement qui devient un véritable taudis.

Mais la haine de l’auteur pour son père est toujours aussi vivace. La manière dont il en parle fait froid dans le dos. « Il était comme ses cafards qui rôdent autour du malheur des autres pour s’en repaître, avec une mine gourmande. Il aurait voulu que je tombe malade pour se sentir moins seul. »

Un bon fils ? « Il était devenu un fardeau, suscitant rage et mauvaise conscience. Je décidais de jouer au bon fils, malgré tout. Si je l’avais abandonné, je n’aurais pu me regarder dans la glace. »

Son père est très malade. Le diabète ronge ses jambes, il tient bon, refuse d’aller dans une maison de retraite, ne renonce pas à ses idées ce que souhaiterait Pascal Bruckner. « M’aurait-il dit une seule fois qu’il avait commis des erreurs et maltraité ma mère, je l’aurais pris dans mes bras… » « Souvent, je craquais et un jour, devant mon fils choqué, j’explosai : - Putain, il va crever quand ce vieux con ? »

Pascal Bruckner apprendra la mort de son père par un sms laconique de son fils alors qu’il était en vacances.

Que puis-je dire du livre ? Sincèrement,  je regrette de l’avoir lu. J’ai essayé de comprendre l’auteur pour qui j’avais beaucoup d’admiration. La manière dont il parle de son père m’a choquée autant que les propos de celui-ci. Je dois cependant admettre qu'il ne pouvait pas faire autrement.

Pourquoi espérer que, vieux, son père renonce à dire ce qu’il a toujours pensé ? Pourquoi espérer des regrets ? C’est humain mais est-ce possible pour quelqu’un comme son père ?  

Le récit d’un amour impossible. D’un pardon impossible.

 

14/05/2014

AH ! LES DEBATS !

andré comte-sponville, débats électoraux

 

Nous sommes en pleine campagne électorale, période où les débats se multiplient. Les médias se mobilisent et cette année sollicitent particulièrement notre participation. « Faites le test électoral » revient avec insistance sur toutes les chaînes, radio et TV, dans les journaux, sur les sites internet.

« Vous verrez de qui vous êtes proches ». Ils n’osent tout de même pas dire « Vous verrez pour qui vous devez voter » Fort heureusement, car de l’avis de beaucoup, les résultats sont surprenants. Questions neutres apparemment mais la pondération des questions ne l’est pas.

Je reviens aux débats. Qu’en dit l’illustre philosophe, André Comte-Sponville, dans son « Dictionnaire philosophique » ?  

« C’est une discussion publique, donc aussi un spectacle. C’est ce qui rend le débat nécessaire, spécialement dans une démocratie, et presque toujours décevant. Le souci de plaire ou de convaincre tend à l’emporter sur les exigences de la raison. Et l’amour du succès, sur l’amour de la vérité. Toute démocratie, on le sait depuis les Grecs, pousse à la sophistique. Cela ne condamne pas la démocratie, ni n’excuse les sophismes. »

Un spectacle ? Bien sûr, les politiques sont là pour se montrer. Gesticulations, hochements de tête, rires sarcastiques, coupures de la parole, cacophonie quand ils parlent en même temps. Je pourrais ajouter que nous pourrions souvent nous croire sur un ring de boxe.

Je relève les paroles les plus entendues : « Je ne peux pas vous laisser dire cela » Variante : « Je ne vous permets pas… «  ou, à l’animateur, : « J’ai le droit de répondre » Plus fort « Ce que vous dites est faux. »

Les politiques sont là pour plaire ou pour convaincre. Malheureusement, ils doivent répondre en quelques mots à une question difficile, voire cruciale, et, trop souvent, sont plus préoccupés de confondre leurs adversaires qu’à nous convaincre de la vérité de leurs propos.

La vérité, venons-en. Elle devrait être le souci principal, ce n’est guère le cas. Ce qui fait dire au philosophe que le souci de plaire l’emporte sur la raison.

Les sophismes ? J’en rappelle la définition : « Raisonnement valide en apparence mais dont un élément est fautif. »

Dois-je rappeler les batailles de chiffres ? Les papiers brandis comme des trophées ? Les non-dits ? Les phrases tellement vagues qu’elles sont différemment interprétées le lendemain dans les journaux !

J’ajouterai la reprise, souvent insidieuse, des propos parfois très anciens tenus par leurs adversaires. «  Ah ! en x vous avez déclaré… » Une véritable jubilation !

Je le reconnais aisément l’exercice est difficile.

L’exercice de la politique l’est aussi.

Je remercierai donc ceux qui l’exercent en leur souhaitant bonne chance pour le 25 mai.

 

08/05/2014

DEBOUT L'EUROPE !

debout l'Europe, cohn-bendit, verhofstadt, états-nations, europe fédérale

 

Le livre est écrit par Guy Verhofstadt, président du groupe de l’ADLE au Parlement européen et ancien Premier ministre belge et Daniel Cohn-Bendit, co-président du groupe des Verts/Alliance libre européenne.

Leur objectif est d’appeler à voter pour les élections européennes. Ce qu’ils souhaitent, c’est une autre Europe.

D’emblée, ils soulignent combien de citoyens n’ont plus confiance en l’Union européenne qui subit une crise grave. Mais, ils l’expliquent clairement, nous avons besoin de l’Europe. Il ne faut pas « moins d’Europe mais plus d’Europe » Mais «  une Europe unie plutôt qu’une union divisée et anachronique d’Etats-nations ». Autrement dit, une Europe fédérale.

Un constat sévère : « Les Etats membres portent l’entière responsabilité de la débâcle. » Que ce soit la crise de l’euro, la récession, l’accroissement des inégalités entre les riches et les pauvres.

Un argument majeur est que nous avons besoin de l’Europe face à une démographie croissante et la puissance des pays émergents. Que représenteront encore demain les pays européens comme par exemple l’Allemagne ou la France qui se croient toujours de grandes puissances ?

« Nous avons besoin d’une véritable révolution. De créer une grande Union fédérale avec des institutions européennes supranationales. D’institutions communautaires habilitées à définir la politique économique, budgétaire et fiscale pour l’ensemble de la zone euro. D’institutions dotées des outils permettant d’imposer des règles du jeu, sans que les Etats membres ne puissent paralyser le processus. Concrètement, cela implique que nous transformions le plus rapidement possible la Commission européenne en un véritable gouvernement européen avec des ministres européens que nous appelons aujourd’hui commissaires. Ils seraient contrôlés par un Parlement européen aux compétences renforcées, dont le droit d’initiative législative. »

Les auteurs soulignent, à juste titre selon moi, que les députés européens sont plus préoccupés par la défense des intérêts de leur pays que par le bien commun.

Le livre est très argumenté, tous les sujets sont abordés. La paix dont nous jouissons en Europe est-elle acquise pour toujours ? Que penser du multiculturalisme tant décrié, alors qu’il devrait être une chance et est de toute façon inévitable. Ne rien faire et accepter que les droits de l’homme, dont l’Europe était la championne, soient bafoués ? « L’excision féminine, la xénophobie, la lapidation des femmes infidèles, l’esclavage, la traite des êtres humains, l’homophobie, le trafic d’organes, l’apologie de la discrimination des genres par les intégrismes religieux…autant de violences qui prouvent que la bataille pour le respect des droits de l’homme est loin d’être gagnée pour nos sociétés multiculturelles. »

Autre sujet délicat, l’immigration. « C’est grâce à elle que l’Europe pourra maintenir sa prospérité » On ne peut nier que l’Europe connaît un vieillissement rapide au contraire des pays arabes où les jeunes aspirent, comme chez nous, à accéder à une vie active, pacifique et juste.

Le nationalisme ? Les auteurs rappellent qu’il a plongé plusieurs fois l’Europe dans la guerre. L’identité nationale en est le nouveau visage. Faut-il rappeler que c’est au nom de l’identité que les Allemands ont pu protéger les nazis ? Chaque identité est pourtant plurielle comme le rappelait très bien Amin Maalouf. C’est pourquoi les auteurs plaident pour qu’on puisse, si on le désire, garder plusieurs nationalités et qu’on y ajoute un passeport européen. Pensons à ce qui se passe en Hongrie où la démocratie est en danger au nom des droits de la « sainte nation hongroise ».

Les auteurs savent très bien que leurs idées ne plairont pas aux politiques qui tiennent à « leur pouvoir ». Peut-être même pas aux citoyens manipulés souvent par un discours contre l’Europe. C’est tellement facile d’accuser l’Europe quand elle prend des décisions impopulaires ou réclame de réduire les déficits budgétaires pourtant indispensables pour l’avenir.

Une phrase forte : « La démocratie, c’est aussi précéder l’opinion publique et non la suivre aveuglément pour des raisons électoralistes ou politiques. La démocratie, c’est s’adresser à l’intelligence des individus, non à leurs instincts, en les associant à un projet émancipateur. »

Et encore : « de nombreux Etats-Nations, dont la France, ont tenté de réduire l’Europe à une simple organisation intergouvernementale dirigée par les chefs d’Etat et de gouvernement. (…) Le résultat de ce processus est évident : un directoire européen. Quelques Etats membres puissants déterminent ce qui est bon ou mauvais pour l’Europe »

 « Le Conseil européen n’est que le syndicat des intérêts nationaux. « « Le fait que dans ce monde la décision politique appartienne encore aux Etats nationaux est un paradoxe insupportable, puisque ni l’économie, ni le monde financier ne respectent plus les frontières nationales. »

 « Les anciens Etats-nations sont totalement incapables de protéger les acquis sociaux dans le mode globalisé de demain…Seule une Europe forte et unie s’attaquant à armes légales à la concurrence mondiale pourra garantir le bien-être de ses citoyens tout en sauvegardant notre patrimoine démocratique, social et culturel. »

Ce livre, 67 pages, se veut un cri d’alarme mais aussi un appel à une autre Europe. La suite du manifeste est consacrée à un entretien entre les deux auteurs et le journaliste Jean Quatremer. Cela permet de préciser certaines déclarations.

Bien sûr il faudra du temps mais c’est important de rappeler l’importance des élections européennes. Ne votons pas pour n’importe qui…

Je regrette qu’en Belgique on ait décidé de coupler les élections fédérales, régionales et européennes. Le prétexte ? Eviter que les partis soient constamment en campagne ! Ne le sont-ils pas toujours même quand ils gouvernent ?

On ne pouvait pas le prévoir mais le survol de Bruxelles a complètement pollué la campagne électorale. Il est devenu plus urgent de parler avions que chômage ou emplois ! C’est surréaliste !