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14/05/2014

AH ! LES DEBATS !

andré comte-sponville, débats électoraux

 

Nous sommes en pleine campagne électorale, période où les débats se multiplient. Les médias se mobilisent et cette année sollicitent particulièrement notre participation. « Faites le test électoral » revient avec insistance sur toutes les chaînes, radio et TV, dans les journaux, sur les sites internet.

« Vous verrez de qui vous êtes proches ». Ils n’osent tout de même pas dire « Vous verrez pour qui vous devez voter » Fort heureusement, car de l’avis de beaucoup, les résultats sont surprenants. Questions neutres apparemment mais la pondération des questions ne l’est pas.

Je reviens aux débats. Qu’en dit l’illustre philosophe, André Comte-Sponville, dans son « Dictionnaire philosophique » ?  

« C’est une discussion publique, donc aussi un spectacle. C’est ce qui rend le débat nécessaire, spécialement dans une démocratie, et presque toujours décevant. Le souci de plaire ou de convaincre tend à l’emporter sur les exigences de la raison. Et l’amour du succès, sur l’amour de la vérité. Toute démocratie, on le sait depuis les Grecs, pousse à la sophistique. Cela ne condamne pas la démocratie, ni n’excuse les sophismes. »

Un spectacle ? Bien sûr, les politiques sont là pour se montrer. Gesticulations, hochements de tête, rires sarcastiques, coupures de la parole, cacophonie quand ils parlent en même temps. Je pourrais ajouter que nous pourrions souvent nous croire sur un ring de boxe.

Je relève les paroles les plus entendues : « Je ne peux pas vous laisser dire cela » Variante : « Je ne vous permets pas… «  ou, à l’animateur, : « J’ai le droit de répondre » Plus fort « Ce que vous dites est faux. »

Les politiques sont là pour plaire ou pour convaincre. Malheureusement, ils doivent répondre en quelques mots à une question difficile, voire cruciale, et, trop souvent, sont plus préoccupés de confondre leurs adversaires qu’à nous convaincre de la vérité de leurs propos.

La vérité, venons-en. Elle devrait être le souci principal, ce n’est guère le cas. Ce qui fait dire au philosophe que le souci de plaire l’emporte sur la raison.

Les sophismes ? J’en rappelle la définition : « Raisonnement valide en apparence mais dont un élément est fautif. »

Dois-je rappeler les batailles de chiffres ? Les papiers brandis comme des trophées ? Les non-dits ? Les phrases tellement vagues qu’elles sont différemment interprétées le lendemain dans les journaux !

J’ajouterai la reprise, souvent insidieuse, des propos parfois très anciens tenus par leurs adversaires. «  Ah ! en x vous avez déclaré… » Une véritable jubilation !

Je le reconnais aisément l’exercice est difficile.

L’exercice de la politique l’est aussi.

Je remercierai donc ceux qui l’exercent en leur souhaitant bonne chance pour le 25 mai.

 

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