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16/04/2014

DAVID FOENKINOS.

david foenkinos, la tête de l'emploi, une vie actuelle, la crise, humour

 

David Foenkinos est né à Paris le 28 octobre 1974. Il étudie les lettres à la Sorbonne tout en se formant au jazz. Il devient professeur de guitare. Son premier roman « Inversion de l’idiotie : de l’influence de deux Polonais » est publié chez Gallimard, en 2001 et reçoit le Prix François Mauriac.

Son œuvre est nombreuse : « Le Potentiel érotique de ma femme » « En cas de bonheur » « Les cœurs autonomes » « Nos séparations » « Le Petit Garçon qui disait toujours non » « Les Souvenirs » « Je vais mieux ».

Il a réalisé une adaptation cinématographique de son roman « La délicatesse », avec Audrey Tautou et François Damien.

Ses romans ont été largement récompensés.

LA TETE DE L’EMPLOI.

Le héros, qui aborde la cinquantaine, raconte sa vie. Il s’appelle Bernard et n’aime pas son prénom. Il est enfant unique ce qui l’intrigue. Ses parents étaient-ils comblés par ce seul enfant ou, au contraire, dégoûtés ?

Son père Raymond, veilleur de nuit dans un hôtel est marié à Martine. Ils ont quatre-vingts ans. Ils vivent leur vie paisiblement. « Le secret de la longévité, c’est sûrement ça : ne pas faire de bruit. Et, il ne faut pas hésiter à utiliser des patins. ».

Lui est marié à Nathalie, psychologue, dont il est toujours très amoureux. Ils ont une fille, Alice.

Après des études de commerce, il entre dans une banque. « Dans les années 80, banquier c’était vraiment une belle profession. Cela imposait le respect, on voyait en vous l’éclat de la réussite. »

Il gravit rapidement les échelons et devient conseiller financier. Il a été embauché parce qu’il avait « la tête de l’emploi », « une bonne tête ».

 Après l’âge d’or de la banque, arrive la crise partie des Etats-Unis avec les subprimes. Tout s’effondre.  Sa banque doit faire des économies et licencie. Il n’est pas viré mais son patron lui demande d’être au guichet une vingtaine d’heures par semaine.

Même s’il conserve son bureau et ses clients, c’est la déchéance. Il est abasourdi, dévasté  mais accepte.

Sa vie va devenir un enfer. Son patron augmente ses heures de guichet, ses clients, qui le voient à cette place, ne lui font plus confiance.

Il n’a rien dit à sa femme mais leurs rapports se détériorent jusqu’à ce qu’elle arrive à lui dire : « C’est cassé entre nous » « Depuis longtemps, ce n’est plus pareil. » Elle parvient à lui faire accepter une séparation temporaire et il s’installe à l’hôtel.

Une nuit, il décide de parler à Nathalie et il constate qu’elle est avec un autre homme. « On venait de me voler ma vie. Je n’avais plus rien. Et ce n’était que le début. »

Le lendemain, il arrête un de ses clients, qui refuse de traiter avec lui puisqu’il est au guichet. Et c’est le drame : « Pinaud m’a fixé un instant, avant de faire demi-tour en silence, et de se diriger vers le bureau du directeur. Que faire ? J’ai essayé de le retenir par son manteau. Il a dérapé, s’est retrouvé par terre. Quand j’ai tenté de le relever, il semblait comme fou. » Une heure plus tard, il est licencié pour faute grave.

Plusieurs semaines passent et il doit bien admettre qu’il ne peut plus payer l’hôtel. Il cherche de l’aide chez des amis mais ceux-ci le remballent.

Une seule solution : retourner chez ses parents. Il retrouve sa chambre où rien n’a été changé : « Je venais de pénétrer dans le mausolée de mon enfance. »

Tout se passe mal. Il n’arrive pas à trouver du travail. Ses parents le traitent comme s’il était un enfant : « Bernard tu n’oublies pas de te brosser les dents ? »

Il déprime et surtout a honte de se retrouver chez ses parents à son âge. Il se rend compte aussi qu’ils ne sont guère enchantés de l’avoir chez eux. Il dérange leur tranquillité.

Il apprend que sa fille, partie à l’étranger, revient et qu’elle a l’intention de venir voir ses grands-parents. Dans sa folie, il décide de lui cacher qu’il a perdu sa situation et invente qu’il se trouve à Poitiers.

Alice vient et, malgré la forte envie qu’il a de la serrer dans ses bras, il reste dans sa chambre.

Son subterfuge va être découvert car parlant à Alice sur Skype, elle se rend compte qu’il est dans sa chambre où un poster est encore accroché. Elle accourt et il lui avoue tout.

Elle va l’aider à refaire son CV mais rien à faire, il ne trouve toujours pas de travail.

Ses parents lui font rencontrer Sylvie, la fille d’un de leurs amis, séparée elle aussi et avec qui il pourrait « refaire sa vie ». « Ca voulait dire quoi refaire sa vie ? Ca voulait dire que la première avait été ratée, et qu’il fallait donc la refaire. »

Ils deviendront amants. Sylvie reprend la quincaillerie de ses parents et ensemble, ils décident d’en faire un coin sex-toys.

L’auteur a décidé de ne pas terminer son livre par un happy end comme on pouvait s’y attendre dans ce genre de livre. Sylvie retourne chez son mari et il se retrouve seul dans l’appartement qu’ils occupaient ensemble et… dans les clous. Pauvre Bernard !

C’est un roman facile, sans trop de mélo même si la vie de Bernard est tragique. Bien actuel, car beaucoup de gens ont tout perdu avec la crise.

Ce qui est difficile à rendre, c’est l’humour, très présent. J’ai beaucoup ri !  

 

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