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30/03/2014

CHRISTIAN JACQ.

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Né à Paris en 1947, Christian Jacq découvre l’Egypte à treize ans à travers ses lectures et se rend pour la première fois au pays des pharaons quelques années plus tard. L’Egypte et l’écriture prennent désormais toute la place dans sa vie. Après des études de philosophie et de lettres classiques, il s’oriente vers l’archéologie et l’égyptologie. Il obtient un doctorat d’études égyptologiques en Sorbonne avec pour sujet de thèse « Le voyage dans l’autre monde selon l’Egypte ancienne ».

Christian Jacq publie alors une vingtaine d’essais dont « L’Egypte des grands pharaons » couronné par l’Académie française. Il est un temps collaborateur de France Culture pour l’émission « Les chemins de la connaissance ».

En même temps, il publie des romans historiques qui ont pour cadre l’Egypte antique et des romans policiers sous des pseudonymes.

Son premier succès est « Champollion l’Egyptien ». C’est le début d’une grande carrière d’écrivain. Ses romans passionnent les lecteurs en France comme à l’étranger. Il est traduit dans trente langues.

Impossible de citer tous ses romans. Cinq volumes sont consacrés à Ramsès II. L’ensemble de la série se vendra à 11 millions d’exemplaires à travers le monde.

BARRAGE SUR LE NIL.

C’est le premier roman qui se passe dans l’Egypte moderne. L’auteur va décrire la montée des intégristes Leur chef, Mohamed Bokar, avait fait des études de sociologie à Londres, à Paris, à New York. C’est en Afghanistan qu’il découvre les vertus du fondamentalisme musulman et l’usage des explosifs.

Safinaz est très claire sur les objectifs des intégristes : « Nous les musulmans fidèles imposeront sa loi à l’Egypte et au monde. (…) Demain règnera la charia, la loi coranique. Nous chasserons les touristes et les étrangers, exterminerons les Coptes, fermerons les banques impies, interdirons l’alcool, rétablirons les châtiments corporels et maintiendrons l’ordre établi par le prophète. »

Le héros du livre, Marek Halter, égyptologue américain, se bat contre les ravages que pourrait causer le barrage d’Assouan. A la tête d’une immense fortune, il a créé sa propre fondation archéologique dont le but est la sauvegarde des monuments pharaoniques. « Il devait vaincre la haute digue d’Assouan, ce monstrueux barrage qui condamnait la mère des civilisations à disparaître. » Il voudrait obtenir la construction d’un canal de contournement afin de rétablir la crue, au moins en partie.

Marek Halter va tomber dans la violence intégriste. Au départ, il apprend l’assassinat de sa fiancée Hélène et jure de trouver les assassins et de la venger. C’est un tout autre combat qu’il va devoir mener.

Il ira de surprise en surprise, servira d’agent de liaison, rencontrera beaucoup de monde, sera manipulé, trahi, ses amis seront tués. Le livre est d’une violence inouïe.

Attentats, explosions d’immeubles, meurtres, les intégristes, remarquablement organisés, ne reculent devant rien au nom d’Allah.

Trois femmes vont jouer un rôle important. Il apprendra qu’Hélène était une terroriste, spécialisée en explosifs. Son mariage était une couverture idéale et un moyen précieux d’avoir des renseignements sur le barrage pour y placer des bombes.

Safinaz est une superbe Egyptienne qui a été sa maîtresse. Elle s’est convertie à l’Islam et est mariée à Mohamed Bokar. Elle est devenue une redoutable terroriste « La femme aux élégants souliers rouges. » La police la recherche et ce n’est qu’à la fin du livre, au moment où elle s’est réfugiée dans une école coranique, dans un petit village, que la police tentera de l’arrêter. Elle n’hésitera pas à prendre un enfant en otage, à le tuer, à en prendre un autre tué lui aussi. Une scène horrible.

Mona aussi s’est aussi convertie à l’Islam. Fille d’un diplomate, elle luttait depuis son adolescence pour la reconnaissance des droits de la femme et de sa dignité. Elle avait été fouettée, en rue,  par de jeunes intégristes parce qu’elle portait une jupe trop courte.

Quand Mark vient demander son aider pour retrouver les assassins d’Hélène, elle va le conduire chez son mari, le colonel Zakaria. Pendant le trajet, une trentaine de jeunes barbus arrêtent la voiture et lui font remarquer qu’elle ne peut pas conduire ni se trouver avec un homme qui n’est pas son mari. Il la traite de prostituée puis lui lance une pierre qui la blesse gravement.

Malgré cela, elle persiste dans la foi musulmane. Son destin sera pourtant différent. Je n’en dirai pas plus pour ne pas trop dévoiler le livre.

Les enquêtes de Mark font du livre un thriller dont on se demande comment tout cela finira. Il ne veut pas quitter l’Egypte comme on lui conseille, sa vie étant souvent en danger. «Ne plus pouvoir vivre en Egypte était pire que la mort. »

Mais l’essentiel du livre se trouve dans la description des violences commises par les intégristes. Les touristes ne viennent plus ce qui nuit à l’économie du pays.

L’auteur va tout de même insérer des passages où Marek fait visiter à Mona des sites épargnés et décrit avec amour « son » Egypte.

J’avoue n’avoir jamais lu de livre de Christian Jacq. J’en lirai peut-être d’autres sur l’Egypte ancienne, cette fois, car il est un écrivain remarquable.

Pour terminer ce joli passage :

« Une vingtaine d’années auparavant, découvrir Le Caire du jardin en terrasse situé derrière la mosquée de Méhémet-Ali procurait un émerveillement. Non seulement le regard dominait la ville, mais encore découvrait-il, dans le lointain, la chaîne sacrée des pyramides édifiées dans le désert. En un instant, la contemplation de cette immensité, où la peine des hommes s’ouvrait sur l’éternité, délivrait l’âme de ses attaches mortelles. »

 

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