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19/03/2014

ERIC-EMMANUEL SCHMITT.

éric-emmanuel schmitt, la femme au miroir

Eric-Emmanuel Schmitt est né le 28 mars 1960 à Sainte-Foy-Es-Lyon dans la région Rhône-Alpes. Agrégé de philosophie, il est dramaturge, nouvelliste, romancier et réalisateur. Il est installé à Bruxelles depuis 2002 et a obtenu la naturalisation belge en 2008. Il a été élu à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique le samedi 9 juin 2012.

Son œuvre est tellement abondante que j’en ferai un choix subjectif.

Romans : « L’Evangile selon Pilate « « La part de l’Autre » « Ulysse from Bagdad » « Lorsque j’étais une œuvre d’art » « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran » « Oscar et la Dame rose » « L’enfant de Noé »

Nouvelles : « Odette Toutlemonde et autres histoires » « La Rêveuse d’Ostende ».

J’ajouterai « Ma vie avec Mozart » accompagné d’un disque et « Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent »

Plusieurs de ses livres ont été adaptés au cinéma notamment « Odette Toulemonde » et « Oscar et la dame rose »

Il a reçu de nombreuses récompenses et a été traduit dans plus de cinquante pays.

LA FEMME AU MIROIR.

Le livre raconte l’histoire de trois femmes. Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale de Sigmund Freud, Anny à Hollywood aujourd’hui. Toutes trois se sentent différentes de leurs contemporains et cherchent leur vrai destin.

L’auteur a choisi de raconter leur histoire en les mêlant. Au chapitre consacré à Anne, succède celui d’Hanna puis d’Anny. J’avoue que je n’ai pas aimé cette disposition. Quitter Anne après un court moment pour rejoindre Hanna puis Anny avant de revenir à Anne.

Hanna est mariée à un homme fortuné très amoureux d’elle qui l’exhibe devant l’aristocratie viennoise mais elle n’est pas heureuse ce qu’elle confie dans des lettres à son amie.

Anny est une star que s’arrache tout Hollywood. Elle souffre de son univers factice, consomme de la drogue, de l’alcool et des hommes.

ANNE.

L’auteur commence son histoire par cet aveu « Je me sens différente »

Le jour même de son mariage avec Philippe elle refuse ce destin : « Ce qui lui arrivait – s’unir avec Philippe – s’avérait dérisoire par rapport à cette splendeur, avril qui affermit champs et forêts, le force nouvelle qui épanouit coucous, primevères, chardons bleus. »

Philippe a seize ans, il est robuste, solide et représente un beau parti.

Anne vit à Bruges depuis un an. Auparavant, elle vivait dans une ferme avec sa tante et ses cousines, sa mère étant morte en la mettant au monde sans révéler l’identité du père.

Pour sa tante Godelieve, ce mariage est inespéré. Sa cousine Ida l’envie et ne cache pas son dépit qu’Anne ait été préférée à elle par Philippe.

La grand-mère a apporté un miroir, objet rare à l’époque mais, troublée par les cris d’Ida, elle le laisse tomber. Le miroir est brisé. Anne profite de l’incident pour s’enfuir.

Dans la forêt elle remarque un chêne majestueux qui lui parle : « Je peux t’apprendre beaucoup. (…)Je commencerai ce soir par les vertus de l’immobilité. Ne bouge plus. »

Le matin, elle trouve une grosse miche de pain déposée au pied de l’arbre. Elle imagine que c’est un cadeau de l’arbre.

Anne sera retrouvée et annoncera à Philippe qu’elle ne veut pas l’épouser. Furieux, avec l’aide de sa cousine Ida, il la ligote. Un inconnu survient, la libère et la ramène chez elle. Il lui apprend que c’est lui qui a déposé le pain. Il est moine, s’appelle Braindor et l’ayant observée, il croit qu’elle est promise à un destin exceptionnel.

Anne est chrétienne, sans plus. Elle est surtout émerveillée par un rayon de soleil ou un papillon. Braindor va faire avec elle un long voyage initiatique. Il lui conseille de lire la Bible, ce qui était interdit à l’époque. Elle est choquée. Braindor lui conseille de lire plutôt  Le Nouveau Testament. Anne a de longues conversations avec le moine, tous deux assis près d’un tilleul. Peu à peu elle va se rapprocher de Dieu.

Un épisode va la marquer. Elle a appris que les Brugeois veulent capturer un loup qui fait des ravages à Bruges. Elle veut sauver. « son frère loup ». Elle suit les Brugeois, parvient à les quitter, rencontre le loup et lui parle. Pour les Brugeois, c’est un vrai miracle. Elle devient « celle que le loup a épargnée ». Une notoriété qui lui pèse.

Anne poursuit son travail d’initiation avec Braindor puis rejoint le béguinage.

Elle y trouve la paix mais son destin va basculer. Elle sauve sa cousine Ida d’un incendie, puis une nouvelle fois, d’un suicide. Ida s’est pendue. L’incendie l’a défigurée, elle ne le supporte pas. Anne la sauve, la soigne, rien n’y fait. Ida décide de se venger d’Anne et du médecin qui l’a soignée.

Elle se procure du poison qu’elle met dans la fiole verte avec laquelle Anne soigne la Grande Demoiselle. Celle-ci meurt ainsi que le médecin qui avait soigné Ida.

Anne sera accusée des deux meurtres, de sorcellerie et d’impiété. Le procès a lieu mais Ida raconte comment Anne retrouve le loup dans la forêt, parle aux animaux, se baigne nue, écrit des poèmes impies. Cest sans appel, elle est condamnée au bûcher.

Eric-Emmanuel Schmitt a un vrai talent de conteur.  

Les trois femmes émeuvent mais j’ai préféré Anne. J’y ai retrouvé les questions que se pose souvent l’auteur sur la religion. J’ai aimé sa sincérité, sa bonté, sa générosité. J’ai pris plaisir à la suivre dans la forêt.

De plus, j’aime l’époque, la Renaissance, même si, comme le montre l’histoire d’Anne, tout n’était pas parfait.

J’ai préféré me retrouver à Bruges qu’à Vienne ou à Hollywood. Bruges ? Une ville souvenir.

 

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