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04/12/2013

RAPPORT PISA.

rapport pisa

L’enquête de l’OCDE sur les performances en mathématiques, lecture et sciences d’un échantillon représentatif des élèves de 15 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles vient de paraître. Nos élèves affichent en maths, un score comparable à celui de la moyenne des pays de l’OCDE. Ils progressent en lecture mais pas en sciences.

Les journaux ont largement commenté les résultats. « La Libre » a même publié, le 3 décembre, une comparaison entre les résultats en 2012-2009-2006.

Je ne vais pas reprendre ces analyses, à chacun de les lire et de se faire une opinion. Comme blogueuse, intéressée par l’enseignement, je vais livrer mes propres réflexions.

Ce qu’on oublie souvent et qui est primordial c’est que l’enquête porte sur l’âge des élèves et non sur la classe. Un élève qui se trouve, par exemple en deuxième secondaire, passera le test qui porte sur la matière de troisième qui n’a évidemment pas étudiée.

Les premières places sont occupées par les pays asiatiques. Il y a sans doute beaucoup d’explications mais je noterai que dans ces pays travail et discipline sont des valeurs qu’ils défendent. Les parents sont prêts à beaucoup de sacrifices pour les études de leurs enfants car ils croient aux vertus de l’enseignement.

Les commentateurs ont surtout souligné que notre pays était inégalitaire. Que faut-il entendre par cela ? La réponse est simple, il y a de grandes différences d’une école à l’autre. On réentend les mêmes slogans : « L’excellence pour tous – C’est un  scandale qu’il y ait de bonnes et de mauvaises écoles. » Un peu paradoxal de critiquer les bons résultats obtenus par certaines écoles et en même temps regretter qu’il n’y ait pas assez de jeunes performants !

Ce qui me frappe aussi, c’est de considérer l’école comme ne faisant pas partie intégrante de la société, je veux dire comme étant le reflet de la société. Un monde à part, en somme.

La société est inégalitaire, c’est un fait. On peut le regretter, essayer de l’améliorer mais ne pas y voir une influence sur l’enseignement est stupide.

Les individus eux-mêmes ne sont pas égaux. J’ai l’habitude de dire que tous les enfants sont intelligents mais qu’il y a plusieurs formes d’intelligence. Les parents le savent très bien. Dans une même famille, on trouvera des enfants très habiles de leurs mains, d’autres pas. Certains ont des dons artistiques, sont sportifs ou préfèrent la lecture au sport ou à la musique. Pourquoi voudrait-on que nous soyons tous semblables ?

L’essentiel, me semble-t-il, est d’accepter ces différences. On se moque des « Tu seras comme papa » Pourtant certains parents ont des difficultés à admettre ces différences. J’ai connu des parents qui voulaient absolument inscrire leur enfant en humanités classiques alors qu’il ne rêvait que d’électricité ! Résultat : échec, redoublement avant d’intégrer l’enseignement qui lui convenait.

Notre enseignement est organisé de telle manière que dans les deux premières années du secondaire les programmes sont les mêmes pour tous. Ce qui est sur papier ne l’est pas dans la réalité. J’ai toujours pensé que l’enseignant devait adapter son enseignement au niveau de ses élèves. Ce qui, qu’on me comprenne bien, n’est pas incompatible avec l’objectif de les amener tous le plus haut possible.

Mais enfin, il y a des réalités. Certains arrivent en secondaire ne sachant quasi pas lire. D’autres ne connaissent pas le français et ne le parlent pas chez eux. D’autres vivent dans la pauvreté. Pas facile pour certains d’être attirés par les études lorsqu’on vit dans des conditions matérielles difficiles. Certains y arrivent, pas tous.

Je veux bien admettre qu’il y ait des efforts à faire dans l’enseignement. Que ce n’est pas normal qu’un enfant sorte de primaire sans lire couramment.

Ce qu’on appelle maintenant « la remédiation » est important. Mais, justement, elle serait favorisée par une plus grande liberté laissée aux écoles. Je lisais un article d’un directeur qui se plaignait de ne pouvoir dégager des périodes pour aider les plus faibles parce que les règles étaient très contraignantes. Il souhaitait, par exemple, pouvoir déroger à la règle fatidique d’élèves par classe pour récupérer des heures.

Et justement, l’idéologie actuelle est de laisser moins d’autonomie aux directions et même aux profs. Je le regrette.

J’ai connu l’époque où l’idéologie socialiste rejetait tout contact avec les entreprises. Cela a changé. Je me souviens encore du slogan « L’école n’est pas au service des entreprises ».OK mais c’est dans les entreprises que les futurs élèves devront trouver du travail.

Voilà quelques réflexions. Je n’attache pas beaucoup de valeur au rapport PISA. Ce n’est qu’une étude qui peut faire réfléchir. Mais, de grâce qu’on ne se lance pas dans des réformes qui bien souvent font plus de tort que de bien.

11:32 Publié dans Société | Tags : rapport pisa | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Bonjour, Mado. J'enchaîne avec votre conclusion : avant tout, il faut évaluer les réformes récentes et oser rectifier le cap là où c'est nécessaire.
Les commentaires du professeur Lafontaine de Liège publiés dans La Libre à propos des différences de résultats entre le nord et le sud du pays (où met-on Bruxelles ?) m'ont laissée perplexe, notamment quand elle écrit que "les Flamands disposaient de programmes de cours et de référentiels beaucoup plus précis, mais je ne sais pas si ça joue" (ces derniers mots, en particulier).

Écrit par : Tania | 07/12/2013

Merci, Tania. Je n'ai pas vu cet article. Mais, on peut imaginer que les programmes en Flandre soient différents. Ils ne sont pas imprégnés comme en Wallonie d'une idéologie socialiste pas toujours judicieuse.

Écrit par : mado | 08/12/2013

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