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27/11/2013

EUTHANASIE.

Ce mercredi, les commissions réunies de la Justice et des Affaires sociales du Sénat devraient approuver l’extension aux mineurs de la loi de 2012 sur l’euthanasie. Elle serait votée par ce qu’on appelle une majorité de rechange. Aux partis de la majorité MR, PS, SP.A et Open VLD se joindraient les écologistes et la N-VA. Le CDH et le CD&V devraient voter contre.

L’éventuel vote en commission ne clôt pas le débat puisque le texte doit être voté par le parlement.

Le débat a été très difficile. La question est très délicate. Fallait-il imposer un âge ? Un enfant est-il capable de discernement ? L’accord des parents était-il nécessaire ?

Un argument du CDH est que l’extension de la loi n’est pas dans l’accord du gouvernement. Objection bien spécieuse car le Sénat y travaille depuis longtemps. Si le débat a lieu c’est tout de même, me semble-t-il, pour arriver à un accord.

Deuxième objection : il n’y a pas d’urgence ce que rejettent ceux qui sont confrontés aux souffrances des enfants.

Troisième objection : les médecins pratiquent déjà l’euthanasie des enfants, en conscience, avec l’accord des parents. C’est reconnu par tous mais c’est bien dans l’illégalité qu’ils le font, est-ce mieux ?

Il semblerait que la question de l’âge ait été abandonnée et c’est bien. Un enfant n’est pas l’autre à tous points de vue et fixer un âge aurait vraiment été ridicule.

L’accord des parents me semble indispensable. Je vois mal un médecin pratiquer l’euthanasie d’un enfant face à une opposition des parents. Il est vrai qu’une partie d’une décision difficile va reposer sur les parents. Et dans ce cas aussi, il y aura des divergences d’un parent à l’autre. C’est très difficile d’accepter l’euthanasie d’un enfant. Mais, c’est aussi très difficile de ne pas pouvoir répondre favorablement à un enfant qui demande à pouvoir partir.

Ce qui m’étonne le plus, c’est que tous les partis n’acceptent pas de laisser la liberté de conscience à leurs membres comme c’est le cas pour toutes les questions éthiques. Mais ce n’est qu’un vote en commission du Sénat, la position pourrait changer lors du vote au parlement.

La commission a rejeté une demande d’extension de la loi aux adultes souffrant de démence. Peut-être pour ne pas susciter le rejet entier du projet. Peut-être aussi que l’on peut considérer que la loi de 2002 y répond. Mais on se souvient de la polémique, parfois injurieuse, à propos d’Hugo Claus.

Autre demande non examinée, le délai de validité de cinq ans pour la déclaration anticipée. Délai court or la loi prévoit que l’on peut annuler sa décision.

Comme en 2002, l’euthanasie a été comparée aux Soins Palliatifs. J’ai été étonnée que les défenseurs des Soins Palliatifs admettent qu’ils avaient recours à la sédation.Tout le monde le savait mais ils le niaient.

C’est la sédation qui me pose problème. Elle est pratiquée sans l’accord de la famille, décidée parfois par un médecin. Quelle différence avec l’euthanasie très encadrée et qui permet à la famille d’être présente et d’entourer le malade de son affection !

Je pensais aussi que le malade était libre de choisir librement l’association des Soins Palliatifs. Ce n’est pas toujours le cas. Certains médecins imposent l’association avec laquelle ils ont des liens directs.

Le problème de la liberté du médecin de pratiquer ou non l’euthanasie me semble une bonne chose. Malheureusement, même si la loi prévoit l’obligation du médecin de conseiller un autre, ce n’est pas respecté. De même pour les hôpitaux. Il faut bien choisir, me dit-on. Ce n’est pas toujours possible.

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais, ceux qui étaient opposés à la loi de 2002, affirmaient qu’elle permettrait aux enfants de se débarrasser de leurs parents. Argument odieux. Bizarrement, ils retournent l’argument en faisant remarquer que plus d’euthanasies sont pratiquées en Flandre qu’en Wallonie. Il faudrait peut-être se demander pourquoi plutôt que d’en faire un argument d’inutilité d’une extension de la loi de 2002.

Les questions éthiques sont toujours délicates. Cela est peut-être superflu mais je rappellerai quand même que chacun est libre de choisir son destin. Ce n’est pas vrai dans d’autres domaines…

Je profite de ce blog pour rendre hommage à l’ADMD qui lutte depuis des années pour permettre à ceux qui le désirent de mourir dans la dignité.

http://www.admd.be/

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